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ENTREZ LIBRES

Publié le par BMC

" Nous avons dû nous séparer des enfants
Les chats étaient allergiques"

 

“Il y a un mystère dans ma vie (...) dont la base est que je ne suis pas né à Marseille le 4 septembre 1896, mais que j’y suis passé ce jour-là, venant d’ailleurs, parce que, en réalité, je ne suis jamais né et que je ne peux pas mourir. Pour les ânes médico-légaux, c’est du délire ; pour certains de la poésie ; pour moi, c’est de la vérité comme un bifteck pommes frites ou un coup de vin blanc au comptoir d’en face”


                                                                                         Antonin Artaud

 

 


          BMC De la série "Mes naissances" Attention les enfants regardent

Ils n’auront pas connu les souffrances natales et post-natales, ils n’auront jamais d’impôts à régler. Ils ne rencontreront jamais personne pour leur barrer le chemin, leur dicter ce qu’ils doivent faire. Ils ne seront pas contraints de choisir une religion, pas contraints non plus d’aller au nom de je ne sais quel dieu, ou quelle patrie, faire la guerre.
Non plus obligés de faire des enfants.
En France, une femme fait en moyenne deux enfants, pour peu que se soit deux filles, elles feront elles aussi, deux enfants chacune. En progression géométrique imaginez ce que cela représente. Vous vous souvenez des deux grains de blé sur la première case de l’échiquier, quatre sur la deuxième et ainsi de suite jusqu’à la soixante quatrième case, tous les greniers de France et de Navarre ne suffisaient plus…
Messieurs les Terroristes, vous pouvez ranger vos Kalachnikov, elles ne risquent pas de blesser ceux qui ont la chance de ne pas être nés, ceux qui non plus ne connaitront pas le virus Ebola ou d’autres saloperies de ce genre.
On m’a souvent dit : "Tu ne veux pas d’enfants, tu verras, tu le regretteras". Le vieux bonhomme que je suis devenu ne regrette rien, ne vous déplaise ! Si tu avais eu des enfants, ils auraient pu, plus tard, s’occuper de toi pour tes vieux jours. Cela est-il une raison valable pour avoir des enfants ? Faut-il penser en premier lieu à nous , ou à eux ?
Peut-être seraient-ils devenus accros à je ne sais quelle drogue, non les enfants que je n’ai pas eus ne feront pas le bonheur des dealers.
Non les enfants que je n’ai pas eus ne feront pas non plus ce qu’auraient secrètement souhaité leurs parents. De quel droit choisir à leur place ?
Je ne regrette pas de n’avoir jamais pratiqué l’art d’être grand-père, ça m’a évité de devenir gaga.
Après ma disparition (lorsque j’aurais entamé mon deuxième centenaire) je promets de faire le nécessaire pour ne pas revenir. Si à ce moment-là, vous voyez paraître un arc-en-ciel, "une pluie de fleurs" comme le disent si bien les Tibétains, c’est sans doute que le vioque anarchiste s’est dissout dans la claire lumière, le mythe de l’éternel retour ce n'est pas pour ma pomme.

Mes Chers Enfants, vous ne connaîtrez pas la douleur de la naissance, et non plus celle de la mort.

Publié le par BMC
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Petite fleur - Photo BMC

 

DEUX PAS VERS LA LUMIERE



“Il y a un mystère dans ma vie (...) dont la base est que je ne suis pas né à Marseille le 4 septembre 1896, mais que j’y suis passé ce jour-là, venant d’ailleurs, parce que, en réalité, je ne suis jamais né et que je ne peux pas mourir. Pour les ânes médico-légaux, c’est du délire; pour certains de la poésie; pour moi, c’est de la vérité comme un bifteck pommes frites ou un coup de vin blanc au comptoir d’en face”
 
                                                                              Antonin Artaud



En 1957 j’habitais en Belgique, un triste jour je reçu du consulat de France une convocation pour rejoindre au plus vite Brive la Gaillarde afin de remplir mes obligations militaires, c’est comme ça que l’on disait à l’époque. C’était la guerre d’Algérie, “la pacification”, enfin vous connaissez la suite... J’avais la ferme intention d’être objecteur de conscience, malheureusement la famille veillait, mon père crut bon de me rappeler comment son frère était mort à la guerre. Comme si cela allait m’encourager! Enfin j’abandonnais cette idée qui a été probablement le plus grand regret de ma vie.
Je suis arrivé à Brive avec 11 jours de retard, c’était déjà ça de gagné.

J’étais attendu de pied ferme, à peine passé le poste de garde on m’amena manu militari jusqu’au bureau du capitaine commandant la compagnie.
- Ça fait longtemps qu’on vous attendait !
- Excusez-moi Monsieur, mais comme j’habite en Belgique, le temps que je reçoive mes papiers...
A voir sa tête je voyais bien ce qu’il devait penser : “il me prend pour un idiot ou quoi ! ”
- Bon en tout cas il faudra que vous rasiez votre barbe, et puis sachez qu’ici il n’y a pas de Monsieur, vous devez m’appeler mon capitaine.
- Non Mon cap.. j’ai l’intention de garder, ma barbe.
Le capitaine qui commençait à ne pas apprécier la plaisanterie me répondit que dans ce cas je devrai faire une demande au colonel par voie hiérarchique. Bien m’en pris, j’obtint l’autorisation de la garder à condition de laisser tout pousser sans la tailler. Depuis Napoléon (au fait c’était quoi son prénom à celui-là ?) une loi stipulait que seul les marins, allez donc savoir pourquoi, avaient le temps de tailler correctement leurs barbes, mais à Brive la gaillarde il n’y avait pas de marine.  Je fus grâce à ce subterfuge, barbu exempté de garde et de défilé.
Monsieur le capitaine prit congé de moi en ces termes:
- Bon comme vous voulez, vous serez affecté à la première section en temps que grenadier voltigeur (Ce n’est que plus tard qu’à ma demande je suis devenu infirmier). L’expression me plut beaucoup, je n’imaginais pas que des militaires pouvaient à ce point faire preuve de poésie. Moi qui n’ai jamais pu lancer une grenade à plus de trois mètres, ce n’était pas ce qui me convenait le mieux, pour la voltige non plus je n’étais pas très doué, mais bon ici on ne discute pas.

Le jour même, avec mes futurs “coreligionnaires” nous étions convoqué dans une salle, où un quelconque sous officier demanda à ceux qui savaient écrire de bien vouloir noter leur première impression, l’un d’eux résuma très bien la situation en six mots:


“Ciel gris, murs gris, matière grise”

Et nous voici maintenant 28 mois (moins 11 jours) après le jour où j’aurais normalement dû faire mes premiers pas au service de la France. Il leur aura fallu tout ce temps pour s’apercevoir que finalement je n’étais pas  de la bonne graine à fusil. je suis enfin libéré, et comme il n’est pas question que je retourne en Belgique, c’est tout naturellement que je décide de m’installer à Paris, ville des arts, des musées et de tout ce qui me passionne. En ce temps là il suffisait d’ouvrir le journal à la page des petites annonces, et c’était dans la poche. Comme je ne pouvais pas espérer vivre de ma peinture, j’ai commencé ma carrière comme commercial, 50.000Fr. par mois payés en espèces dans une enveloppe marron, c’était pas terrible mais ça permettait de survivre.


C’est Boulevard de Courcelles, dans les beaux quartiers face au parc Monceau que j’ai négocié le prix de ma chambre de bonne, la propriétaire en voulait 13.000 Fr. 
Je lui ai expliqué que comme j’étais superstitieux ça me posait problème, sans doute ai-je été suffisamment convaincant le loyer fut ramené à 12.000.
A vrai dire ça ne méritait pas davantage, après avoir passé l’entrée de service de l’immeuble il fallait descendre quelques marches, tourner au niveau des poubelles pour ensuite remonter 7 étages à pied. La pièce minuscule   se trouvait tout au fond d’un interminable couloir Kafkaïen, elle était éclairée par un demi œil de bœuf. Elle aurait très bien convenue à un moine trappiste, le mobilier était réduit à un petit lit en fer, une table de toilette un broc, une cuvette, une table et une chaise, pas de chauffage et l’eau à l’autre bout du couloir. Pas question de brancher le moindre appareil électrique, les plombs de l’étage sautaient et plongeait tout le monde dans l’obscurité.


Pardonnez-moi cette introduction un peu longue, mais je crois qu’il était important de planter le décor.

Et c’est maintenant que tout commence :

Un soir, qui allait sans doute devenir le moment le plus important de ma vie, après une journée tout ce qu’il y a de plus banale, je m’étais endormi comme  d’habitude, je crois me souvenir qu’il faisait très froid.
Au milieu de la nuit j’ai subitement  pris conscience de me trouver en train de flotter au dessus de mon corps, c’était bizarre je me regardais dormir et pourtant j’étais au dessus, je n’avais pas conscience d’être dans un autre corps, je ressentais très bien ma respiration, c’est tout. J’avais une curieuse impression celle d’occuper tout l’espace de la pièce, une chose était certaine Je ne rêvais pas, j’étais dans un état de conscience différent, je me sentais capable de résoudre tous les problèmes, jamais je n’avais été aussi lucide, jamais je ne m’étais senti aussi bien. je prenais conscience des objets de l’intérieur, je ne vois pas comment le dire autrement. Des objets en question irradiait une lumière bleue. Beaucoup plus tard j’ai eu l’occasion à la centrale atomique de Saclay de me retrouver sur “le plongeoir” (c’est comme ça qu’on l’appelle)  de la pile atomique au cœur de la piscine, et le bleu qu’irradiaient les barres me rappela mon expérience c’était exactement la même lumière.

Jamais de ma vie je ne m’étais senti si bien, la chambre n’était pas bien grande je me trouvais près du plafond et c’est à ce moment qu’est survenu une chose bien étrange: je suis passé à travers le mur, je voyais tout en perspective, il devait être tard l’immeuble en face avait quelques fenêtres allumées, c’est à ce moment que j’ai pris conscience du vide en dessous de moi j’ai été pris de vertige et instantanément j’ai regagné mon corps physique, celui-ci me paraissait lourd comme du plomb. Ne vous étonnez pas si plus tard dans mes séries de peinture il y en a une qui s’intitule “Le poids de la matière”.
Jusqu’au matin je ne me suis pas rendormi, je venais de vivre une expérience exceptionnelle, je prenais conscience de l’événement que cela représentait. Je savais maintenant que l’esprit pouvait exister en dehors du corps, je savais aussi que plus jamais je n’aurai peur de la mort, tout ça je le savais avec toute ma masse, rien ni personne ne pourra jamais me faire douter de cela. Non l’esprit ne demeure pas dans le cerveau comme le pensent les occidentaux. Il n’est pas non plus dans le cœur comme le disent les orientaux, pourquoi serait-il situé dans un organe?

Et maintenant se posait la grave question, fallait-il en parler ? J’allais passer pour un doux dingue. J’imaginais ce que penseraient mes interlocuteurs : “Tu as fumé la moquette ou quoi ? ”, une ou deux fois j’ai essayé, cela provoquait généralement un petit sourire en coin qui en disait long. “Ah oui ce rêve ue tu m’as raconté”. Non ce n’était pas un rêve. A cette époque personne n’avait jamais  entendu parlé de ce genre de baliverne. Je pris donc le partie d’enfouir tout ça dans le cimetière de mon jardin secret, à cette époque il y avait encore un peu de place.

Bien sûr j’ai cherché dans la littérature existante ce qu’il pouvait y avoir sur le sujet. Mais en dehors des livres d’occultisme, il n’existait rien. J’ai lu et relu la méthode de dédoublement personnel de Charles Lancelin. Je suis même allé chez un pharmacien demander que l’on me fasse une préparation censée aider à sortir de mon corps, malheureusement celle-ci contenait certaines drogues illicites, et bien entendu, je n’avais pas d’ordonnance. Je me rappelle la tête du potard lorsque je lui ai expliqué l’usage que je voulais en faire.

Enfin en 1975 paraissait un ouvrage sérieux sur le sujet, le docteur Raymond Moody publiait “La vie après la vie”. Dans ce livre de nombreux témoignages faisaient état de sorties hors du corps, et à un niveau bien supérieur à celui que j’avais connu. Tous racontaient la même histoire, quelle que soit leur nationalité ou leur religion, les enfants aussi (voir leurs dessins). Cela commençait toujours par la décorporation telle que je l’avais vécue suivie du passage dans un tunnel qui menait à une lumière blanche très forte mais qui n’éblouissait pas. Ceux qui s’y sont “baignés” disent avoir ressenti une impression d’amour, de chaleur intense, inimaginable sur terre. Parfois la personne voit en quelque secondes défiler sa vie. Le temps et l’espace semblent ne plus exister à ce niveau. Comme je ne vais pas vous raconter tout le livre du célèbre docteur, je vous conseille de le lire. Cet ouvrage fit beaucoup parler et ceux qui avaient vécu ce genre d’histoire se décidèrent enfin à dire des choses, les langues se délièrent. De nombreux médecins, particulièrement des anesthésistes, s’intéressèrent à la question. Le docteur Moody et bien d’autres firent paraître de nombreux autres ouvrages sur le sujet. En parler n’était plus tabou.

 

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Comment expliquer que le peintre Jérome Bosch (1453 - 1516 ) peignit le fameux tunnel?


Les expérimentateurs (c’est ainsi qu’on les nomme) ne sont pas forcément des mystiques, ils n’ont pas forcément une croyance particulière, ce sont des gens comme vous et moi. Parfois certains ajustent leur expérience en fonction de leur religion, mais c’est quand même toujours le même schéma de base, même si pour certains la lumière au bout du tunnel est assimilée à leur Dieu.
Après avoir vécu ce genre d’événement on voudrait bien le vivre à nouveau.  J’ai  lu et relu le livre des morts tibétains, lui aussi racontait la même chose. Aux tibétains on pouvait faire confiance, cela ne faisait jamais que plus de 3.000 ans qu’ils étudiaient le problème, et comme de plus ils ne sont pas déiste leur connaissance est plus basée sur la philosophie et l’expérimentation que sur une quelconque foi religieuse. Pour eux l’expérience post-mortem semble encore faire partie du Samsara, mais ne compliquons pas les choses.

Même les scientifiques se sont intéressés à la question voir, entre autres le livre du physicien Jean E. Charon : “Mort voici ta défaite”.Dans cet ouvrage le célèbre physicien explique que les électrons entrant dans la constitution de notre corps ressemblent à de minuscules “trous noirs”. Ces éléments enferment un espace et un temps différents. Cet espace-temps nouveau possède des qualités qu’il faut bien se résoudre à qualifier de spirituelles. Ce serait dans ces électrons “pensants” appelé éons que notre esprit tout entier serait contenu. Ces particules ayant une vie pratiquement éternelle, dans le passé comme dans le futur, je vous laisse imaginer la suite. Pour en savoir plus lire le livre de J.E.Charon.

Voir aussi les recherches menées par Elisabeth Kubler Ross.

Les témoignages sont trop nombreux pour êtres cités dans ce billet. La plupart des expérimentateurs ont vécu ces expériences après avoir subi  un accident violent. Souvent alors même qu’ils sont endormis par anesthésie ou considérés comme “mort clinique” parfois depuis plus d’une heure, ils reviennent et curieusement le plus souvent ils semblent ne pas garder de séquelles de leur passage de l’autre coté du miroir. Voir plus loin quelques témoignages vidéo. Parfois cela peut arriver durant le sommeil, mais c’est plus rare, mon histoire personnelle en témoigne.
Souvent les victimes, endormies artificiellement, inconscientes, vont à leur réveil faire des déclarations étonnantes, révéler des choses qu’elles ne pouvaient pas voir, pourquoi tel chirurgien s’est-il comporté de telle ou telle façon, pourquoi tel autre n’avait pas les mêmes vêtements. Parfois elles rapportent des conversations que nul n’avait pu répéter, conversations parfois tenues loin de la salle d’opération ?
Après cette expérience leurs vie est le plus souvent transformée, les valeurs matérielles ne comptent plus, une expérimentatrice qui avant son expérience était professeur de danse à son réveil se retrouve sculpteur. Un homme qui était garagiste ne comprend pas pourquoi le mot quanta “le poursuit” alors même qu’il ne sait pas ce que cela veut dire, pour se débarrasser du problème il ira chez un libraire et racontera un gros mensonge “figurez-vous c’est pour un concours, on me demande des renseignement concernant quanta?” le libraire lui trouva un livre sur la physique des quantas et l’homme s’aperçut à son grand étonnement qu’il comprenait presque tout.

Il y a des cas plus dramatiques : celui d’un homme qui venait d’avoir un accident de moto et voyait les urgentistes discuter pour savoir si sur l’homme en question on pouvait prélever le cœur, et lui d’en haut voulait crier “arrêtez je suis vivant”, de retour dans ce que vous appelez le monde de la réalité  il a bien dû raconter cette histoire mais sans doute pas aux médecins. De quoi faire réfléchir sur les dons d’organes...


Les expérimentateurs disent tous, lors de leurs expériences, lire dans la pensée des personnes, elle savent à l’avance ce qu’elles vont dire. De même la vue n’est plus directive, on voit de tous les cotés à la fois sur 360 degrés.
Pour se déplacer il suffit de penser à l’endroit où l’on veut se rendre, l’effet est immédiat.

Comme les images valent souvent mieux qu’un long discours voici quelques documents que je vous conseille de consulter, il en existe des quantités sur le net.

                    

                                                   
                                               
Quelques liens sur ce blog
               
                                       
                              
                     
             
                               
                              
                           
                      
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Publié le par La Muse

 

 

Cher papa Noêl, kikou lol

 

C'est avec beaucoup d'avance que je t'envoie cette lettre, mais la difficulté de la tâche me laisse à penser qu'il te faudra beaucoup de temps pour dénicher dans ta hotte mon cadeau ....

Je désire plus que tout, pour mon petit Noël, recevoir un cerveau.
même d'occasion
même atrophié
même lobotomisé
méme un cerveau lent
même un cerval (=demi-cerveau), si tu ne trouves rien d'autre qu’un hémisphére

Le souci étant qu'il me faut un cerveau féminin, de manière à ce que ne soit pas logée dedans une énorme bite prenant toute la place ...

Je prendrai soin de placer sous la cheminée, à côté de mes souliers, un bac empli de formol

Si toutefois ma demande te parait considérablement exagérée, je me contenterai d'une teinture pour cheveux dans les tons bruns, mais très bruns

En te remerciant

 

Kissous, kissous

 

Publié le par BMC
Publié dans : #B.M.C.

 

 

 

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Bernard Lorjou devant l'Assassinat de Charon Tate en 1970

 

 

 

Lorjou était un véritable autodidacte ; d’ailleurs comment aurait-il pu avoir un maître ? Chez lui tout est prétexte à se révolter, cela apparaît dès ses premières peintures. Comme Goya pour qui il a une très grande admiration, il va choisir des sujets en rapport avec l’actualité, il se veut témoin de son temps.

 

 

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1953 - Peste en Beauce - 260 x 350 cm

 

 

Tout événement politique ou social devient pour lui un combat quotidien. Picasso ne disait-il pas :“ La peinture n'est pas faite pour décorer les appartements. C'est un instrument de guerre offensif et défensif contre l'ennemi.”  Lorjou va prendre l’affirmation de Picasso au pied de la lettre et comme vous allez le voir, durant toute sa vie, il sera en bataille permanente contre toutes les injustices. Chez lui la peinture devient dynamite.

 

 

 

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1964 - Chien de policier, Blancs et noirs 

 

 

Picasso a peint Guernica. Chez Lorjou, chaque tableau,  chaque exposition, sera à sa façon un nouveau Guernica.

 

 

Lorjou le dynamiteur commence véritablement à peindre vers 1934, il a vingt-six ans ; déjà, le sujet en dit long sur ce qui suivra : son tableau s’intitule “La conquête de l’Abyssinie  par les Italiens”. Il sera exposé au Salon des Indépendants de 1936 (et détruit par la suite).

 

 

 

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1970 - La Mort de Mishima - 280 x 340 cm.

 

 

Durant la guerre, il se retire à Blois où ses parents tiennent une petite épicerie. Bien entendu, les événements ne le laissent pas indifférent, lui qui est toujours prêt à se révolter.

 

Comme pendant cette période, il ne mange pratiquement que des légumes, par la suite, l’habitude aidant, il deviendra végétarien.

 

 

 

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1957 - Godillot & Tournesol - 60 x 120 cm.

 

 

 Il faudra attendre 1945 pour qu’il réalise sa première exposition, Galerie du Bac à Paris.

 

Le succès ne viendra pour lui qu’en 1948, lorsqu’il recevra conjointement avec Bernard Buffet le Prix de la Critique (à cette époque, les prix voulaient encore dire quelque chose).

Comme je vous l’ai dit dans un article récent, nous sommes en pleine guerre, les figuratifs d’un côté, de l’autre les abstraits. Il faut choisir son camp. Pour Bernard Lorjou, comme vous, vous en doutez, il va prendre fait et cause pour la figuration, et comme il ne fait rien à moitié, il va déclencher une véritable croisade contre l’abstraction. Pour ça, il crée le groupe “Homme témoin”, groupe dont feront partie, entre autres, le critique Jean Bouret, les peintres Yvonne Mottet (l’épouse de Bernard Lorjou), Bernard Buffet, Jean Couty, André Minaux.

 

 

 

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1967 - Famine en Inde - 248 x 325 cm.

 

 

En 1950, Paul Rebeyrolle, qui militait en faveur de l’art figuratif, reçoit le Prix de la Jeune Peinture. Pour les pro-abstraits, c’est “la goutte d’eau qui met le feu aux poudres”. Malraux prophétisera : “La grande peinture n’est plus figurative”. La bataille fait rage, Lorjou la mènera toute sa vie.

 

 

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1963 - La mort de Jean XXIII - 400 x 350 cm.

 

      

 

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1970 - L'assassinat de Sharon Tate - 350 x 400 cm.

 

 

Curieusement Lorjou qui fait une peinture d’esprit très “français” va être adopté par les Américains, alors mêmes qu’en France il n’est vraiment connu que des seuls initiés. De plus, c’est l’époque où l’Amérique s’affranchit de l’Europe ; l’École de New York est en train de naître, la peinture française n’est pas la bienvenue.

 

 

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1968 - Hiroshima - Le Cri -

 

 

En 1957 Lorjou, qui ne fait rien comme tout le monde, va construire une cabane sur l’esplanade des Invalides au cœur d’une fête foraine, il y expose “Les massacres de Rambouillet”.

    1958, Lorjou transplante sa cabane à l’exposition universelle de Bruxelles, il y présente “Le roman de Renard”, plaidoyer contre la guerre d’Algérie.

 

 

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1967 - Viet-Nam - 245 x 325 cm.

 

 

En 1959, il va exposer chez Wildestein “Le bal des fols”, une très belle expo qu’il présentera à nouveau à Paris dans un local loué exprès, rue du faubourg saint Honoré. Le musicien Marcel Despard compose une musique spécialement pour cet événement. À l’entrée de l’exposition se trouve à la disposition des visiteurs des lithographies tirées à un très grand nombre d’exemplaires et au dos desquelles sont imprimées des sentences. Souvent, il s’agit de fables de La Fontaine dont le sens a été détourné à la gloire de la peinture figurative.

 

 

 

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1976 - Chat & poisson - 114 x 146 cm.

 

 

En 1963, Lorjou présente ses tableaux de grandes dimensions. L’un d’entre eux, “Le guide”, représente le Général De Gaulle avançant en aveugle muni d’une canne blanche. C’est au lendemain de la guerre d’Algérie, personne ne veut prendre le risque d’exposer ce tableau. Lorjou loue une péniche sur laquelle il installe ses œuvres. Elle effectuera de nombreuses navettes avant d’être arraisonnée.

 

 

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1961 - Le Guide - La Guerre d'Algérie - 166 x 125 cm.

 

 

Lorjou fait de nombreuses expositions toujours en marge du marché de l’art.  En 1965, exposition “Les centaures et les motocyclettes”, l’expo a lieu à Sarcelles et, ce qui est plus original, en plein air.

 

Lorjou produit beaucoup, maintenant il peint “Les rois de Charlemagne à Charles De Gaulle”, “La mort de Jean XXIII”.

 

1968, Voyages au Japon, Lorjou va peindre sa série sur Hiroshima. 1968 sera l’année marquée par le décès d’Yvonne Mottet.

En 1970, exposition au Musée Galliera “L’assassinat de Sharon Tate” . L’exposition sera présentée en Belgique et au Japon.

En dehors de ses sujets à scandales Lorjou va peindre la tauromachie, le cirque et aussi des fleurs et des natures mortes.

 

 

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1985 - Sida Homme -

 

 

C’est seulement en 1984 qu’il va exposer dans sa ville natale, Blois. À propos de la ville de Blois, il faut tout de même vous dire que Bernard Lorjou “prenait son pied” de la façon suivante. De temps à autre il, louait quelques emplacements publicitaires parmi les mieux placés et y placardait des affiches représentant une tête de mort. À Blois, tout le monde savait ce que cela voulait dire… En effet, quelques jours plus tard Lorjou distribuait des tracts sur lesquels était dénoncés un scandale. On peut comprendre après cela que les élus locaux n’aient pas mis beaucoup d’enthousiasme pour lui consacrer une exposition.

 

 

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1982 - Sabra et Chatilla - 200 x 240 cm.

 

 

Lorjou qui lorsqu’il était à Paris habitait Montmartre, ne supportait pas que l’on puisse porter atteinte à la commune libre. Comme des Américains voulaient racheter “La Bohème”, le célèbre bistrot de la place du Tertre, pour en faire un fast-food,  Lorjou engagea le combat, peignit de grands calicots qu’il installa sur les toits environnants. L’affaire fut entendue, les Américains rangèrent leurs carnets de chèques.

 

1985 sera pour Lorjou sa dernière expo manifeste, sur le thème du sida.

 

Le 26 janvier 1986, âgé de soixante-dix-huit ans, Lorjou nous quitte pour le paradis des peintres. Depuis ce temps, chaque fois que j’entends gronder le tonnerre, je me dis : “Tiens c’est Lorjou qui se fâche, il vient de rencontrer un peintre abstrait qui a eu la mauvaise idée de se retrouver au Paradis”

    

Personnellement, je regrette beaucoup que ce peintre ne soit pas davantage connu en France. Il faut dire que l’anarchiste, le provocateur Lorjou avait fait ce qu’il fallait pour être rejeté du milieu de l’art. Pourtant je pense que le temps fera son œuvre et remettra enfin Bernard Lorjou à sa juste place, c’est-à-dire parmi les plus grands de cette fin de siècle.

 

Bernard Lorjou a eu le courage de dénoncer toutes les injustices, les guerres, de l’Algérie au Viêtnam. Il a milité contre le racisme en Amérique. Je ne peux pas ici citer toutes les causes qu’il a défendues de la misère en Inde à la lutte contre le sida.

 

Je regrette également que ses œuvres ne soient pas davantage présentées. Le jour où aura lieu une importante rétrospective Lorjou, je suis certain que ce sera une révélation pour un grand nombre d’amateurs. J’attends ce jour avec impatience.

 

 

 

 

 

Site Bernard Lorjou

 

 

 

Association Bernard Lorjou

 

 

 

 

Remerciements :  Je tiens à remercier ici, tout particulièrement , Mesdames Junko Shibanuma, Yvonne Henocque et Monsieur Alexandre Rhodes  grâce à qui j’ai pu illustrer cet article.

 

 

 

 

❏❏❏ 

 

 

 

 

Publié le par BMC

J’ai devant ma maison un rosier il se nomme Bataclan, il ne fleurit plus, mais je sais que bientôt les roses réapparaitront. Merci à Barbara d’avoir écrit ce si beau texte. La vie finit toujours par reprendre ses droits.

 

Rosier Bataclan

Perlimpinpin

 

Pour qui, comment quand et pourquoi ?
Contre qui ? Comment ? Contre quoi ?
C'en est assez de vos violences.
D'où venez-vous ?
Où allez-vous ?
Qui êtes-vous ?
Qui priez-vous ?
Je vous prie de faire silence.
Pour qui, comment, quand et pourquoi ?
S'il faut absolument qu'on soit
Contre quelqu'un ou quelque chose,
Je suis pour le soleil couchant
En haut des collines désertes.
Je suis pour les forêts profondes,
Car un enfant qui pleure,
Qu'il soit de n'importe où,
Est un enfant qui pleure,
Car un enfant qui meurt
Au bout de vos fusils
Est un enfant qui meurt.
Que c'est abominable d'avoir à choisir
Entre deux innocences !
Que c'est abominable d'avoir pour ennemis
Les rires de l'enfance !
Pour qui, comment, quand et combien ?
Contre qui ? Comment et combien ?
À en perdre le goût de vivre,
Le goût de l'eau, le goût du pain
Et celui du Perlimpinpin
Dans le square des Batignolles !
Mais pour rien, mais pour presque rien,
Pour être avec vous et c'est bien !
Et pour une rose entr'ouverte,
Et pour une respiration,
Et pour un souffle d'abandon,
Et pour ce jardin qui frissonne !
Rien avoir, mais passionnément,
Ne rien se dire éperdument,
Mais tout donner avec ivresse
Et riche de dépossession,
N'avoir que sa vérité,
Posséder toutes les richesses,
Ne pas parler de poésie,
Ne pas parler de poésie
En écrasant les fleurs sauvages
Et faire jouer la transparence
Au fond d'une cour au murs gris
Où l'aube n'a jamais sa chance.
Contre qui, comment, contre quoi ?
Pour qui, comment, quand et pourquoi ?
Pour retrouver le goût de vivre,
Le goût de l'eau, le goût du pain
Et celui du Perlimpinpin
Dans le square des Batignolles.
Contre personne et contre rien,
Contre personne et contre rien,
Mais pour toutes les fleurs ouvertes,
Mais pour une respiration,
Mais pour un souffle d'abandon
Et pour ce jardin qui frissonne !
Et vivre passionnément,
Et ne se battre seulement
Qu'avec les feux de la tendresse
Et, riche de dépossession,
N'avoir que sa vérité,
Posséder toutes les richesses,
Ne plus parler de poésie,
Ne plus parler de poésie
Mais laisser vivre les fleurs sauvages
Et faire jouer la transparence
Au fond d'une cour aux murs gris
Où l'aube aurait enfin sa chance,
Vivre,
Vivre
Avec tendresse,
Vivre
Et donner
Avec ivresse !

 

                                     BARBARA

 

 

Hommage national

Publié le par BMC
Publié dans : #B.M.C.

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Non je ne vais pas ici vous raconter l’histoire du résistant, du préfet, de l’homme de gauche qu’était Jean Moulin. J’imagine, j’espère, que vous la connaissez très bien. En revanche peu de personnes savent que Jean Moulin dès son plus jeune âge était passionné par l’art. En classe, il passait son temps à dessiner, à caricaturer ses camarades ou ses professeurs. Ses premiers dessins sont dans le style de Poulbot, pour un début, on peut lui pardonner…

 

Dès 1922 il expose à Chambéry au Salon de la Société Savoisienne des Beaux Arts, des pastels (un picador), des aquarelles et des dessins.

 

En 1930, il va fréquenter le monde artistique, des écrivains, des poètes comme  Max Jacob. À cette  époque, il publie des dessins humoristiques destinés à la revue “Le Rire”. Compte tenu de sa situation, il est à ce moment-là sous préfet de Châteaulin dans le Finistère, il juge utile de se trouver un pseudonyme :Romanin sera son nom d’artiste.

Romanin est le nom d’un château en ruine proche de Saint Andiol, lieu où le jeune Jean Moulin passait ses vacances. 

Plus tard il sera nommé préfet d’Eure-et-Loir, où il décidera de rester au moment de l’invasion allemande dans le seul but de protéger les populations civiles.

 

 

 

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Armor de Tristan Corbière, Editions Helleu, 1935

 

 

Pour illustrer le recueil de Tristan Corbière Armor, “Romanin” exécute huit gravures dont la plus célèbre pour “La pastorale de Conlie”. Il réalise là une planche sinistrement prémonitoire, lui qui n’arrivera jamais jusqu’au camp auquel on le destinait va dessiner un charnier semblable à ceux que l’on découvrira un peu plus tard à Buchenwald.

Il arrive parfois que certaines personnes ont le pressentiment d’événements importants. Malheureusement, sur le moment, il est bien difficile d’interpréter ces signes.

 

 

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Romanin gravure – La pastorale de Conlie 1935

 

 

En 1940, Jean Moulin est arrêté une première fois pour “refus de complicité avec les autorités allemandes”. Tout ça parce qu’il refuse d’accuser une troupe de tirailleurs  d’avoir commis des atrocités qui en fait sont dues aux bombardements de la Luftwaffe.

Passé à tabac, maltraité par les soldats ennemis, Jean Moulin ne le supporte pas, muni d’un morceau de verre, il  tente de mettre fin à ses jours en se tranchant la gorge. Par bonheur il échappe à la mort. C’est depuis ce temps-là que vous verrez sur presque toutes ses photos Jean Moulin avec une écharpe pour dissimuler sa cicatrice.

 

Durant les années 30, Jean Moulin a commencé une collection de peintures avec, entre autres, des œuvres de Soutine, Chirico, Survage, Goerg, Albert André, et bien d’autres peintres. En tant que collectionneur, il fait la connaissance de marchands comme Pétridès ou Bernheim, ce qui lui sera comme on le verra plus loin bien utile.

 

Dès lors que Jean Moulin est engagé dans la résistance son activité nécessite  de nombreux déplacements. Comme il doit trouver un alibi, tout naturellement lui vient l’idée d’ouvrir une galerie d’art. Le travail d’un responsable de galerie consiste à courir les salles de ventes, rencontrer ses confrères, et aussi les amateurs. En cas de doute, il n’y a plus de suspicion possible. Il peut  ainsi s’absenter aussi souvent que possible sans que cela paraisse louche. Comme il a  gardé un très bon souvenir de son passage dans le midi (il y avait séjourné dans sa jeunesse), il décide de jeter son dévolu sur la ville de Nice, De plus Nice comporte un fort potentiel en clientèle fortunée, et amateurs d’art.

C’est aux 22, rue de France dans une ancienne librairie qu’il ouvre la Galerie Romanin. Le bail est signé le 12 octobre 1942. Comme le magasin comporte un petit appartement au premier étage, cela convient parfaitement bien. Durant la résistance, il servira à abriter les “amis de passage”, d’autant qu’il possède plusieurs issues…

 

 

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Georges Mandel Dessin de Romanin

 

 

Jean Moulin avait fait la connaissance d’une certaine Colette Pons à qui il comptait laisser la direction de la galerie, et qui connaissant ses activités ferait ce qu’il faut pour le protéger en cas de danger.

Il ne reste plus qu’à solliciter du préfet des Alpes-Maritimes l’autorisation d’ouvrir une galerie destinée à la vente de tableaux et sculptures modernes ; pour appuyer cette demande la Galerie Romanin s’engage à promouvoir les “jeunes peintres locaux”. Comme à cette époque l’art moderne n’intéresse, il faut bien le dire, pas grand monde et qu’il n’y a que très peu de concurrents sur la ville de Nice, l’autorisation est donnée sans difficultés. 

 

La galerie est rapidement installée, quelques toiles venant de chez Pétridès viennent meubler les cimaises. Des contacts sont pris avec Matisse et Bonnard qui consentent à laisser en prêt plusieurs œuvres, ajoutez à cela quelques tableaux de la collection personnelle de Jean Moulin. C’est ainsi que démarre la Galerie Romanin.

 

Le vernissage a lieu le 9 Février 1943. C’est un succès, il y a des peintures de ceux qui vont marquer leur époque : Bonnard, Degas, Dufy, Friesz, Rouault, Matisse, Chirico (à l’époque où il peignait encore bien). Le préfet est là ainsi que le “tout Nice”, des collectionneurs, des amateurs d’art de tous poils, vrais ou faux snobs, enfin tout ce qui est nécessaire à la réussite d’un beau vernissage.

 

La presse locale ne manque pas de relater l’événement, très vite la galerie est fréquentée par de nombreux artistes les frères Prévert, Jacques et Pierre, le peintre Tal-Coat, des musiciens comme Django Reinhart.

 

Rapidement des contacts se font avec les autres marchands de la région, entre autres Katia Granoff et Aimé Maeght.

 

Jean Moulin, aurait aimé faire des expositions “révolutionnaires”, il souhaitait exposer Kandinsky, ou s’il avait pu Picasso, mais cela était trop risqué, il ne fallait pas attirer l’attention sur lui aussi c’est sur des peintres beaucoup moins subversifs qu’il va s’appuyer : Renoir, Chabaud, Suzanne Valadon, Utrillo, Marie Laurencin et aussi Othon Friesz, qui, s’en souvient-on aujourd’hui avait fait le “triste voyage à Berlin” en compagnie de Derain et Van Dongen, mais c’est une autre histoire qu’il faudra bien que je vous raconte un jour.

 

Jean Moulin est de plus en plus pris par ses activités de résistant, heureusement Colette Pons qui bénéficie d’une confiance totale, s’occupe de tout. Les différents déplacements de Jean Moulin sont tout à fait justifiés, il achète des tableaux à Paris qu’il revend à Nice, le fonctionnement de la galerie ne peut intriguer personne, et c’est bien là le but recherché.

 

 

 Daniel Cordier

 

Jean Moulin est passionné par son métier de marchand d’art, son secrétaire Daniel Cordier raconte que chaque fois qu’il déjeunait avec lui, Jean Moulin ne cessait de parler  peinture, voici ce qu’il écrira plus tard :“ Jean Moulin fut mon initiateur à l’art moderne. Avant de le rencontrer, en 1942, j’étais ignorant de cet appendice vivant de l’histoire de l’art. Il m’en révéla la vitalité, l’originalité et le plaisir. Surtout il m’en communiqua le goût et la curiosité”

C’est ainsi que Daniel Cordier allait découvrir l’art moderne et plus tard devenir lui aussi galeriste, dois-je vous rappeler le legs très important qu’il fit au Centre Georges Pompidou, comportant notamment plusieurs Dubuffet. C’est un peu à Jean Moulin qu’on le doit. C’est dans sa galerie que j’ai vu pour la première fois un Johns ou un Rauschenberg (le lit que devait racheter plus tard Léo Castelli).

 

Le 21 Juin 1943 Jean Moulin est arrêté par Klaus Barbie, il a prévenu Colette Pons “s’il devait m’arriver quelque chose, vous serez prévenue par un télégramme ainsi rédigé : “Vendez tout comme convenu”. Malheureusement le télégramme en question arrive avec bien du retard envoyé par la sœur de Jean, Laure Moulin , c’est presque avec un mois de retard que Colette Pons déménage de nuit et sur une charrette à bras la précieuse collection de la Galerie Romanin.

 

En 1944 Aimé Maeght manifesta l’intention d’installer une succursale de sa galerie   dans le local du 22 rue de France. Laure Moulin s’y opposa formellement.

 

Tout le monde connaît l’histoire : Torturé à mort, Jean Moulin n’a pas parlé et n’est plus en état de le faire, son tortionnaire lui tend un papier et un crayon. Jean Moulin fera la caricature de son bourreau, ce sera là son dernier dessin.

 

Jean Moulin décède dans le train qui l’amène en Allemagne le 8 Juillet 1943. Hitler qui voulait le voir en sera pour ses frais. Les deux anciens peintres auraient pu avoir une conversation entre artistes, mais probablement ne faisaient-ils pas partie de la même école…

 

Le 19 décembre 1964 les cendres présumées (les preuves de leur authenticité sont douteuses) de Jean Moulin entrent au Panthéon.  Ceux qui l’ont entendu se souviennent encore du célèbre discours de Malraux,  un autre amateur d’art.

 

 

 

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Discours d’André Malraux sur le parvis du Panthéon :

 

“Comme Leclerc entra aux Invalides, avec son cortège d'exaltation dans le soleil d'Afrique, entre ici, Jean Moulin, avec ton terrible cortège. Avec ceux qui sont morts dans les caves sans avoir parlé, comme toi ; et même, ce qui est peut-être plus atroce, en ayant parlé ; avec tous les rayés et tous les tondus des camps de concentration, avec le dernier corps trébuchant des affreuses files de Nuit et Brouillard, enfin tombé  sous les crosses ; avec les huit mille Françaises qui ne sont pas revenues des bagnes, avec la dernière femme morte à Ravensbrück pour avoir donné asile à l'un des nôtres. Entre, avec le peuple né de l'ombre et disparu avec elle - nos frères dans l'ordre de la Nuit…”

“C'est la marche funèbre des cendres que voici. À côté de celles de Carnot avec les soldats de l'an II, de celles de Victor Hugo avec les Misérables, de celles de Jaurès veillées par la Justice, qu'elles reposent avec leur long cortège d'ombres défigurées. Aujourd'hui, jeunesse, puisses-tu penser à cet homme comme tu aurais approché tes mains de sa pauvre face informe du dernier jour, de ses lèvres qui n'avaient pas parlé ; ce jour-là, elle était le visage de la France... ”

 

      ♢      

 

 titre documentaire voici quelques mauvaises reproductions des œuvres de Romanin :

 

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Romanin – Le marin aux trois filles

 

 

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Romanin – Gravure

 

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Romanin – Gravure

 

 

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Romanin – Gravure

 

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Romanin – Montparnasse

 

 

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Romanin - Foujita

 

 

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Romanin

 

 

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Romanin – Plaza de toros

 

 

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Romanin – Banquet démocratique

 

 

 

 

 

 

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Le Pape est mort, un nouveau Pape est appelé à régner. Araignée ! Quel drôle de nom pour un pape, pourquoi pas libellule ou papillon ?

                                                                                          Jacques Prévert

 

 

Comme tout le monde le sait conclave vient du latin cum (avec) clavis (la clef). Autrement dit enfermé à clef.

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Clément IV

 

C’est à Clément IV que nous devons le spectacle auquel nous allons bientôt assister, parait-il pour la dernière fois. Pour ceux qui ne me croiraient pas, voir les prophéties de Saint Malachie (qui ne profitent jamais).

 

D’ailleurs à ce sujet, voici quelques précisions: Le saint homme (Malachie) nous donne la liste des 111 (à son époque) papes à venir. Il ne nous  délivre pas les noms mais une devise correspondante à chacun d’entre eux. Pour Benoit XVI ce sera: “La gloire de l’olivier”, les branches d’olivier sont parait-il le symbole de l’ordre de Saint Benoit.

 

Et pour le 112° et dernier pape  la devise est très claire, il se nommera Petrus (aucun lien avec le vin) Romanus. Pierre le romain (aucun rapport avec le bistrot).

 

Certains prétendent qu’entre les deux derniers papes, il y aurait  des antipapes. Je  laisse cette hypothèse à leur imagination délirante. Cela  semble-t-il n’est pas très sérieux.

 

Mais revenons à nos moutons. A l’origine Clément IV s’appelait Gui Foulques, ou Fouquois, même peut être Foucault (avec l’accent gardois difficile de s’y retrouver). A son époque il était plus connu dans sa bonne ville de Saint-Gilles (Gard) sous le sobriquet de “le Gros”.

 

“Le Gros” à, d’abord été avocat ; comme à son époque le mariage pour tous n’avait pas été inventé, il se maria normalement avec une femme dont il eut plusieurs  enfants. Bien entendu, les mœurs avaient évolué et ce n’est tout de même pas  le fait d’avoir, dans quelques moments d’égarement, fait plusieurs enfants qui allaient l’empêcher d’être pape, d’autant qu’entre temps sa femme était passée rendre visite à Saint Pierre.

 

Le pontificat de Clément IV s’étendit du 5 février 1265 au 29 novembre 1268.

C’est à Viterbe (à Rome, c’était la guerre) que s’installe le Saint Siège. Clément fréquente des tas de gens très bien, entre autres Roger Bacon (l’illustre aïeul du peintre Sir Francis) et surtout son pote Saint Thomas d’Aquin.

 

Clément IV était un pape très à cheval sur les principes. Un jour où l’armée de Conradin de Souabe défilait le long du palais Dominical, depuis la loggia papale, il en profita pour hypocritement excommunier l’armée toute entière. (Je ne sais pas si ça figure dans le livre des records).

 

Mais tout a une fin, même les papes, ce fut le tour de Clément IV.

Et il fallut bien organiser une nouvelle élection.

 

C’est à Viterbe en 1271 que se tint le premier conclave. Les cardinaux convoqués en urgence devaient trouver un remplaçant à Clément, ils prirent tout leur temps. Il faut dire que la cantine était plutôt du genre ★★★★. Durant une année il ne se passa rien, en dehors des agapes. Comme cette situation ne pouvait pas durer, Bonaventure, ministre général des franciscains (le futur Saint Bonaventure) prit les choses en main, en accord avec le Seigneur de Viterbe il décida d’enfermer les cardinaux dans une seule pièce dont on retira le toit “afin que l’Esprit Saint puisse se manifester”. Si vous faites une demande au Ciel n’oubliez pas de retirer la toiture, ou alors allez vous agenouiller sur votre pelouse, autrement ça ne marche pas. Comme cela ne suffisait pas les cardinaux furent mis au pain sec et à l’eau. On menaça même de les affamer.

 

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Saint Bonaventure

 

Les cardinaux devenus enfin raisonnables élisent 6 d’entre eux  qui finissent enfin par se mettre d’accord.

Il fallut tout de même près de trois ans pour obtenir un résultat.

 

Pour le prochain pape j’espère qu’il n’y aura pas de difficultés, ce serait dommage d’être obligé d’enlever le toit de la Sixtine !

 

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P.S. À tout hasard je porte à la connaissance des cardinaux qui pourraient me lire, et qui n’en auraient pas eu connaissance, qu’il est strictement interdit de tweeter sous peine d’excommunication durant tout le conclave.

 

 

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Cet article s’adresse à tous ceux qui pensent que les peintres contemporains ne connaissent rien à la technique, qu’ils ne savent même pas dessiner.
 
Combien de fois ai-je entendu ce genre de réflexion !

Je crois nécessaire de préciser que toutes les images que vous allez voir sur cet article ne sont pas des photos, mais soit des dessins, soit des peintures voire  même des sculptures.

L’hyperréalisme est né aux Etats-Unis, où, d’ailleurs il porte un autre nom : le photoréalisme. Cette école de peinture est indéniablement issue du pop art et de la volonté des artistes de réagir face à la société de consommation et à la publicité (ce n’est pas le cas pour tous, mais pour la majorité d’entre eux). Même si souvent une photographie sert de modèle au peintre, la performance n’en est pas diminuée pour autant.

Voici quelques exemples de peintres les plus représentatifs de cette école.



 
Ralf Goings
 

Né le 9 mai 1928. Peintre et photographe, il peint toujours d’après des photos qu’il a fait lui-même. Le monde du fast-food n’a plus de secret pour lui.
 

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 Ralph Goings – Peinture


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 Ralph Goings – Peinture
 
Jerry Ott

Jerry Ott est né en 1947. Il emploie un peu toutes les techniques allant jusqu’aux œuvres à trois dimensions. C’est un des artistes les plus connus, aux USA.

 
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 Jerry Ott – Peinture
 
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 Jerry Ott – Peinture


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 Jerry Ott – Peinture
 
Robert Cottingham
 

Le plus américain des hyperréalistes, très influencé par Edward Hopper, il travaille souvent par séries.


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 Robert Cottingham - Peinture


 
Don Eddy
 
Photographe de formation, pour réaliser ses peintures il se sert de plusieurs photos de référence du même sujet de façon à obtenir une profondeur de champ exagérée. Bouddhiste convaincue, sa peinture est une sorte de méditation sur le monde du Samsara.


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          Don Eddy – Peinture


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Don Eddy – Peinture
 
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Don Eddy – Peinture
 
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Don Eddy – Peinture


 
 
Richard Estes
 

Né en 1936. C’est le spécialiste des reflets.


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 Richard Estes - Peinture
 
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 Richard Estes  – Peinture
 
 
Norman Rockwell   (1894 – 1978)
 
Peintre et illustrateur de l’Amérique telle que nous nous la représentons, son œuvre ne manque pas d’humour. Ce peintre est malheureusement assez peu connu en France. Beaucoup de charme et de poésie dans son œuvre.


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Norman Rockwell – Peinture


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Norman Rockwell - Peinture  
    

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Norman Rockwell – Peinture


 
 
Audrey Flack
 

Peinture très féminine à la fois par la composition mais aussi par les couleurs.


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Robert Bechtle
 
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 Robert Bechtle - Peinture


Il n’y a pas qu’en Amérique que l’on fait de la peinture hyperréaliste.

 
Jacques Monory
 

Peintre français né en 1924, travaille beaucoup par séries, on connaît surtout ses camaïeux de bleu.
 
 
 
 
 
Ron Mueck 
 
 
Il n’y a pas qu’en peinture que sévit l’hyperréalisme, certains d’entre vous auront déjà découvert cet artiste dans l’article que je lui ai consacré sur ce blog.



 
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Ron Mueck - Sculpture (Détail)
 
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Ron Mueck – Sculpture
 




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             Mona Lisa

 

Fernando Botero est né en Colombie à Medellin le 19 avril 1932.

Il a juste quatre ans lorsque son père, représentant de commerce qui prospecte sa clientèle à cheval décède.

Sa mère élève difficilement Fernando et ses deux frères. Un de ses oncles décide d’inscrire le jeune Fernando dans une école de tauromachie, il y passera deux années et en gardera toute sa vie une peur panique des taureaux, ce qui ne l’empêchera pas de peindre la corrida.

1948 - Botero obtient un prix au Salon des artistes colombiens, c’est le début de sa carrière de peintre.

1951- Il s’installe à Bogotá

Dès l’âge de vingt ans, il va entreprendre de nombreux voyages durant lesquels il va fréquenter différentes Académies et s’initier à plusieurs styles de peinture.

1952 – Espagne

1953 -1969 -1971- 1973 France

1953-1967 Mexique

1957-1960-1972  Etats-Unis

1959- Brésil

1966-1967 Allemagne

 En 1960, il s’installe à New York où il fréquente les artistes de l’école de New York.

1973- Botero quitte New York pour Paris, c’est l’époque de ses premières sculptures.

1974 - Grave accident de voiture, décès de son fils Pedro.

Aujour d’hui Botero partage son temps entre New York, Paris et la Toscane où Aujour d'hui, il possède toujours un atelier.

 

Son épouse actuelle, Sophía Vári, est également peintre et sculpteur de statues monumentales

           

Il lui arrive de se rendre en Colombie, c’est toujours entouré de plusieurs hommes armés jusqu’aux dents qu’il se déplace. Il faut dire que dans son pays d’origine et compte tenu de sa fortune (c’est un des peintres les plus chers de la planète) il est une cible privilégiée pour tous les amateurs de rançons, ce qui, comme vous le savez, ne manque pas en Colombie. 

 

             

Botero sera toujours fidèle à l’esprit de son pays d’origine. Sa peinture est influencée par des scènes de la vie quotidienne colombienne, les décors et aussi les personnages sont atypiques, cela donne parfois une impression de naïveté. Botero s’autoproclamera “Le plus colombien des artistes colombiens. Il cultive la maladresse, c'est sans doute ce qui donne du charme à sa peinture.

À compter de 1974, date à laquelle il a un important accident de voiture dans lequel son fils décède et où lui-même est assez gravement blessé,  ses peintures gagnent en “profondeur”, comme si cet accident avait servi de révélateur ; à partir de maintenant, sa peinture va subir un changement significatif, il peint 50 toiles pour dénoncer la barbarie américaine dans la prison irakienne d’Abou Ghraib. Botero sait que la peinture n’est pas un simple panneau décoratif destinée au salon de quelques petits-bourgeois, la peinture est un révélateur. Robert Oppenheimer disait (je cite de mémoire) “Seuls les artistes et les savants peuvent aider à l’évolution de l’humanité”. Bien entendu ne pas prendre cette affirmation au pied de la lettre, je ne vous ferai pas ici l’injure de citer en totalité le célèbre poème de Sully Prudhomme : “Le laboureur m’a dit en songe”… Vous connaissez la suite.  

 

Si j’apprécie le fait que Botero s’insurge en faveur d’une juste cause c’est tout à son honneur, trop peu d’artistes le font. Voici ce qu’il écrira :“La conduite des Américains m’a fait un choc, comme au reste du monde, en particulier parce que les Etats-Unis posent en modèle de compassion et aussi parce qu’ils agissent au mépris total de ce qu’établit la Convention de Genève, dont ils sont signataires”.

Je regrette que restant fidèle au style de sa peinture, le côté joli, acidulé, naïf de son travail enlève toute la force nécessaire à cette révolte. Imaginez ce qu’aurait pu en faire un Picasso, un Rebeyrolle, un Lorjou

 

Beau t’es gros !

 

En tout cas comme peinture c’est “gonflé”, Botero a trouvé un truc et il l’exploite au maxi. C’est avec sa “Nature morte à la mandoline”, tableau d’inspiration cubiste peint en 1957, qu’il découvre son style. À compter de maintenant il va transformer tous ses personnages (et objets) en baudruches prêtes à éclater, curieusement ses personnages ne paraissent pas obèses et encore moins malades, ils respirent la santé, c’est là le paradoxe de cette peinture.

 

 

Botero s’inspire parfois des grands classiques de toutes les époques.

 

 

 

Caroline Rivière par Ingres

 

 

 

Caroline Rivière par Botero

 

Le volume prenant de plus en plus d’importance dans son travail, il était tout à fait normal que Botero se tourne vers la sculpture. Il va réaliser un très grand nombre de sculptures monumentales que vous avez peut-être eu l’occasion de voir, à Paris ou ailleurs. Dans son œuvre sculpturale il y a un relent de style “précolombien” qui ajoute encore à sa personnalité.

 

        

 

Le 10 juin 1995 un attentat à Medellin blesse 217 personnes et en tue 28. L’oiseau de Botero est complètement détruit. Cet oiseau étant censé symboliser La Paix, Botero fait don d’une nouvelle sculpture destinée à être placée à côté de ce qui reste de l’ancienne.

 

Botero a fait don aux villes de Bogotá et de Medellin d’environ 200 peintures, sculptures ou dessins, et aussi de plusieurs œuvres de sa collection personnelle, et pas des moindres : Monet, Renoir, Picasso, Matisse, Henry Moore.

 

       

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             Il existe aujourd’hui deux musée Botero, l’un à Bogotá et l’autre à Medellin.

 

 

 

    La prison d’Abou Ghraib par Botero

 

 

 

 

 

 

 

           

                   

                           Botero fait partie de ses artistes qu’on aime ou pas, mais dans tous les cas, difficile de rester indifférent.

 

      

 

Fernando Botero

 

 

       ♘♘♘♘♘♘♘♘♘♘

 

 

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J’ai connu quelqu’un qui disait : “ La seule chose qui puisse donner une idée de l’infini, c’est la connerie humaine”. En voici un bel exemple :

 

Anselm Kiefer est très probablement le plus important artiste contemporain, j’ai déjà eu l’occasion de vous en parler dans ce blog.

 

En 1993 Kiefer (Avec un seul f s.v.p.) s’était installé en France plus exactement dans un petit village du Gard connu jusque-là, pour sa célèbre foire annuelle d’antiquité. J’ai nommé Barjac.

 

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Au lieu-dit “La Ribaute”, Kiefer rachète une ancienne filature au milieu de 35 hectares de terrain, il va au cours des ans y construire un grand nombre d’installations monumentales, des œuvres dépassant parfois 10 mètres de hauteur. Tanks en terre glaise, livres et bibliothèque en plomb.  Petit à petit, le lieu se construit, des tours, des tunnels, un immense atelier, une serre, un lac artificiel, bref l’artiste crée un monde décalé à l’image de ce que j’ai appelé dans ma peinture “Les restes du monde”. Kiefer qui est né en 1945 et qui  n’a pas connu la guerre, crée une œuvre tragique marquée par la culpabilité allemande, mais aussi empreinte d’une profonde spiritualité.

 

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Et voici que l’inimaginable se produit. Kiefer, “l’intellectuel”, dérange, cela ne plaît pas aux gens du coin, entre autres les chasseurs  qui souhaiteraient le voir s’en aller. Lorsqu’on n’a pas accès à l’art contemporain, on est en droit de se poser des questions, au moins essayer de comprendre. NON, ici, c’est comme ça depuis toujours, il n’y a pas de raison que ça change, “On n’a jamais vu ça”  Si mes pauvres parents qui ont travaillé à la filature voyaient !”- j’en passe et des meilleurs. Peut-être la jalousie y est-elle pour quelque chose. Kiefer est riche, très riche, il passe dans sa voiture de sport et, de plus ce n’est pas tous les jours la même… Il n’en faut pas plus pour déranger les autochtones. Ce qui devait arriver arriva :

 

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Janvier 2008, l’atelier est cambriolé, on pourrait penser que quelques collectionneurs véreux ont commandé ce cambriolage, sachant que ce genre d’œuvre est invendable dans le milieu de l’art, aucun marchand ne prendrait ce risque. Non pas du tout, vous allez peut-être avoir du mal à le croire, les cambrioleurs ayant appris que Kiefer avait  fait de nombreuses sculptures en plomb ne voulaient s’en prendre qu’au fameux plomb qui transiterait probablement par l’intermédiaire d’un receleur qui, de plus, le rachèterait probablement à vil prix. Plusieurs sculptures de Kiefer évaluées à plus d’un million d’euros pièce ont été emportées ou  vendues au prix du kilo de plomb !!!!

 

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Certaines sculptures ont été retrouvées dans les bois environnants, mutilées, réduites en morceaux.

 

Kiefer a maintenant quitté Barjac, une trentaine d’œuvres sont encore sur le site. Il avait été question que la fondation Guggenheim rachète l’ensemble, malheureusement cela n’a pas pu se faire. Que va devenir ce lieu ? Nous avons encore tous en tête ce qu’il est advenu des œuvres de Dubuffet chez Renault. Souhaitons qu’une solution soit trouvée, n’en déplaise à une certaine partie de la population locale (Dieu merci, il doit bien y avoir quelques exceptions).

 

 

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À ce jour Kiefer à passé, le dossier à l’état français à qui il souhaiterait offrir ce domaine conjointement avec l’Allemagne. Si cela se faisait, ce serait un beau symbole, et un beau cadeau.

 

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Kiefer s’est installé provisoirement à l’est de Paris à Croissy-Beaubourg . Il vient d’y racheter un ancien entrepôt de La Samaritaine, 35.000 m2. C’est là qu’il travaille provisoirement, aidé d’une dizaine d’employés qui se déplacent à vélo à l’intérieur des locaux.

 

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Maintenant, Kiefer déménage au Portugal, au sud de Lisbonne. Souhaitons-lui plus de chance qu’à Barjac.

 

 

JE VOUS L’AI TOUJOURS DIT : L’ART ÇA DÉRANGE !

 

Dommage que la France n’ait pas su retenir chez elle un artiste aussi important, mais de toutes les façons Kiefer est un artiste universel.

 

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Anselm Kiefer

 

 

Chute des étoiles en préparation

 

 

★★★★★★★★

 

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Francisco de Goya, Vicente López Portaña.

Francisco José de Goya y Lucientes, dit Francisco de Goya, né le 30 mars 1746 à Fuendetodos, près de Saragosse, et mort le 16 avril 1828 à Bordeaux.

 

Les vieilles - Huile sur toile -181 x 196 cm. - Musée des Beaux-Arts de Lille.

 

Son père, José Goya, était maître doreur. Le jeune Francisco put ainsi s’initier à l’art dès son plus jeune âge.
Très tôt Francisco travailla dans l’atelier de son père, c’est beaucoup plus tard à l’âge de treize ans qu’il s’inscrivit à L’Académie de dessin de Saragosse.


Son apprentissage fut plutôt laborieux, sa peinture n’avait pas beaucoup de succès, il n’obtint aucun prix au concours de peinture de San-Fernando. Trois ans plus tard, il se présenta à Rome dans l’espoir d’obtenir une bourse, sans résultat. Sans doute à cette époque, lui manquait-il une certaine maitrise du dessin.

 

Deux vieillards mangeant de la soupe - Huile sur toile - 49,3 x 83,4 cm. -

Musée du Prado


Vers 1763,  un parent éloigné de Goya, un certain Francisco Bayeu, artiste-peintre de son état, avait été appelé à Madrid pour participer à la décoration du Palais royal. Bayeu, bien qu’on n’en parle pas beaucoup dans différentes biographies fut certainement celui qui initia le jeune Goya à la peinture, c’est lui qui lui ouvrit la voie, et lui permit d’affirmer son style.

 

Tres de mayo - Huile sur toile - 345 x 266 cm. - Musée du Prado


En 1767, Goya décide de se rendre en Italie par ses propres moyens, il va d’abord s’installer à Rome, puis Venise et Bologne. Il découvre les peintures de Rubens, Raphaël, Véronèse et bien d’autres encore.
Grâce à l’Académie de France à Rome, il trouve du travail. C’est l’époque où il découvre Le Caravage et les fresquistes baroques. Pour la première fois, il va enfin recevoir une mention au concours des scènes historiques.

 

Le chien - Fresque sur plâtre transférée sur toile - 131,5 x 79,3 cm.

Musée du Prado.


En octobre 1771, Goya retourne enfin à Saragosse, son père est très malade. C’est aussi à cette époque qu’il va obtenir sa première commande pour peindre la fresque du dôme de la basilique del Pilar à Saragosse. Francisco Bayeu apprécie énormément le travail de Goya. Goya va épouser la sœur de Francisco, Josefa. Maintenant, Goya peint l’ensemble des peintures de la Chartreuse d’Aulx Dei, toujours à Saragosse.


Goya s’installe définitivement à Madrid, d’artisan, qu’il était, il fit évoluer sa situation au point d’être nommé peintre royal.
Maintenant, on peut dire que le style de Goya s’apparente au néo-classicisme.

 

Le Sabbat des sorcières (Le Grand Bouc) - Peinture sur toile - 140 x 438 cm.

Musée du Prado
 

Son œuvre s’oriente sur des sujets plus réalistes, il va s’éloigner des sujets religieux. La série sur les désastres de la guerre en témoigne.
Je ne reviendrai pas sur la Maja nue, vous pourrez voir l’article que je lui ai consacré.


En 1775, Goya va travailler pour la Fabrique royale de tapisserie, il réalisera plusieurs cartons, la plupart se trouvent au Musée du Prado.
Goya sera admis à l’Académie royale des beaux-arts de San Fernando, et nommé Peintre de la cour de Charles IV.

 

Duel au gourdin, la rixe - Huile sur plâtre transférée sur toile -123 x 266 cm.

Musée du Prado

 

La procession de Saint Isidore - Huile sur plâtre transférée sur toile

140 x 438 cm. -

Musée du Prado

 

 

 

Saturne dévorant un de ses fils - Peinture murale transférée sur toile -

146 x 83 cm.

Musée du Prado

 

 

Les mariées au balcon - Huile sur toile - 194,9 x 125,7 cm.

Metropolitan Museum of Art, New-York

 

Femmes riant - Huile sur plâtre transférée sur toile - 125,4 x 65,4

Musée du Prado.

 

Le sabbat des sorcières - Huile sur toile - 44 x 31 cm.

Fondation Lázaro Galdiano Madrid.

 

Goya graveur.

 

Goya réalisa de très nombreuses gravures, en particulier sur la Tauromachie et les Caprices.

 

Ils se font beaux - Eau forte extraite des Caprices

 

 

 


Goya qui est un chercheur va utiliser presque toutes les techniques, eaux-fortes, aquateintes, pointe sèche, burin etc.

N’oublions pas que Goya fut aussi un grand portraitiste.

 

La laitière de Bordeaux

 

 

Suite à une maladie Goya est mort complètement sourd, ce qui n’empêche pas de peindre.

 

 

 

 

Liens sur ce blog

 

Goya – Tauromachie

 

GOYA - LA MAJA DESNUDA - LA MAJA VESTIDA .

 

 

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“NOTRE PÈRE À TOUS” DISAIT PICASSO”.

 

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Paul Cézanne (19 janvier 1839 - 22 octobre 1906), Autoportrait.
Huile sur toile 64 x 53 cm. (Vers 1875)
Musée d'Orsay, Paris (Donation Jacques Laroche)


La peinture de Cézanne est généralement assimilée à l’impressionnisme, sans doute est-ce plus une question d’époque plutôt que de style. Durant cette période, il y eut trois peintres qui, à mon avis, vont donner naissance à l’art “dit moderne”.

 

I. Cézanne, le peintre de la raison, qui va par ses théories et surtout par son œuvre être à la base du cubisme et de tout ce qui va en découler. Sur ce tableau, on entrevoit très nettement une prémonition de ce que seront les peintures cubistes de Braque et Picasso.

 

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Paul Cézanne, la Montagne Sainte-Victoire vue des Lauves ,
Huile sur toile, 65 x 81 cm. (1902 - 1904)
Philadelphia Museum of Art,

 

II . Vincent Van Gogh, le peintre de la passion, l’initiateur de l’expressionnisme moderne.

 

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Vincent Van Gogh, Autoportrait à l’oreille bandée
Huile sur toile 51 x 45 cm. Fev 1889
Collection privée, Chicago.


III Claude Monet, peintre de la sensibilité ira jusqu’à l’abstraction. Même si le premier tableau abstrait fut peint par Kandinsky en 1910, il faut bien reconnaître que certaines œuvres de Monet deviennent presque totalement abstraites.

 

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 Monet, Le pont japonais
Huile sur toile 89 x 116 cm.

 

À la période dite impressionniste correspond un certain nombre de peintres dont l’importance n’est pas contestable et je ne voudrais pas diminuer leur mérite. Mais pour moi, il s’agit avec les trois que je viens de citer de ceux que l’on pourrait appeler “Les 3 piliers de l’art moderne”.

Revenons, si vous le voulez bien à notre cher Cézanne.


LA JEUNESSE

 

Le petit Paul naît à Aix le 19 janvier 1839. Bien que faisant partie de la bourgeoisie locale son père vit en concubinage avec une de ses anciennes ouvrières, attitude très choquante pour l’époque. Ils ne se marieront (à l’église) qu’en 1844. C’est seulement en 1847 que Paul Cézanne et sa sœur Marie seront reconnus officiellement par leur père. En 1854 naîtra la deuxième sœur de Cézanne prénommée Rose.

 

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Paul Cézanne - Louis-Auguste Cézanne lisant “L’Evénement”
Huile sur toile 198,5 x 119,3 cm. 1866
National Gallery of Art, Washington


Louis Auguste Cézanne tient un magasin de chapeaux sur le cours Mirabeau. Les affaires prospèrent au point que lorsque la Banque Bargès fait faillite, Louis Auguste décide de la racheter en s’associant avec un dénommé Cabassol. Ainsi se retrouve-t-il à la tête de la nouvelle et unique banque d’Aix : banque Cézanne & Cabassol.

Louis Auguste Cézanne voit en son fils le futur directeur de la banque. Aussi décide-t-il que Paul fera des études de droit.

Pour le moment Cézanne fréquente le collège Bourbon où il va se lier d’amitié avec un certain Émile Zola.

 

 

PAUL, EMILE & BAPTISTIN

 

 

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Paul Cézanne, Portrait d’Emile Zola
Huile sur toile 25,8 x 20,8 cm. (Vers 1862 - 1864)
Musée Granet Aix-en-Provence France

 

On ne le sait pas toujours, mais Cézanne est d’origine italienne, à l’époque où il rencontre Zola celui-ci est toujours italien et ne sera nationalisé français qu’à l’âge de 21 ans. Émile est chétif, il parle en zézayant, avec un accent parigot, et, pour comble, il est un très bon élève. Il n’en faut pas plus pour être pris pour cible par ses petits camarades. Le “françiot” va devenir leur souffre-douleur.

Cézanne qui pourtant n’est pas dans la même classe va très vite se rendre compte de ce qui se passe. Il intervient et comme il est grand et fort, n’a aucun mal à remettre de l’ordre. Mais le règlement de l’école est formel, Cézanne est sévèrement punie. La légende raconte que pour le remercier de l’avoir défendu Zola lui apporta un panier de pommes.

Cézanne et Zola resteront très liés durant toute leur jeunesse, mais il y a un troisième larron dénommé Baptistin Baille qui réussira dans le domaine scientifique d’abord en physique, professeur à l’Ecole Polytechnique il finira sa carrière comme astronome à l’Observatoire de Paris. Les trois amis découvriront ensemble la musique, la littérature, la peinture. Leurs fréquentes promenades sont agrémentées de discussions sans fin et particulièrement dans les domaines que je viens de citer.

Cézanne qui joue du cornet et Zola de la clarinette iront plusieurs fois interpréter une aubade sous le balcon de telle ou telle fille qu’ils espèrent séduire, mais, dit-on, sans succès. À moins que l’on considère les bassines d’eau froide comme une réussite.

De cette époque, ils garderont le souvenir de jours heureux. Dans ses lettres Cézanne évoquera souvent cette période, Zola dans ses écrits transcrira les expériences vécues à Aix (qu’il nommera Plassans). Voir dans l’Assommoir Gervaise qui se souvient du temps où elle était blanchisseuse à Plassans. La famille Rougon-Macquart a ses origines à Plassans, c’est dire à quel point Aix avait marqué Zola.

 

 

CÉZANNE LE PEINTRE


De nos jours, cela peut paraître bizarre, mais à l’époque, on ne disait pas Non à son père, aussi lorsque le jeune Paul est envoyé à la Faculté de droit, il n’a pas le choix. Pourtant, il a maintenant découvert la peinture, suivi des cours à l’école de dessin d’Aix, il a même installé un atelier dans la propriété paternelle du Jas de Bouffan.

 

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Le Jas de Bouffan

 

C’est maintenant l’âge où l’on pressent ce que l’on veut vraiment faire, Cézanne sait qu’il sera peintre. Il sait aussi que la route sera longue, que son père a d’autres ambitions le concernant.

Son ami Zola rentre à Paris. Cézanne rêve de Paris qui est la capitale des arts.

En 1861 Cézanne a 22 ans. Depuis Paris, Zola lui écrit de nombreuses lettres. Il lui raconte un rêve dans lequel il a écrit un livre que Cézanne va illustrer.


 

À NOUS DEUX PARIS !

 


Cézanne n’y tenant plus abandonne ses études, fait le plein d’huile d’olive et monte à Paris. Inutile de dire qu’il n’a pas été facile de convaincre Louis Auguste.

Il aurait bien voulu rentrer à l’Ecole des Beaux-Arts, mais il échoue au concours d’entrée à cause d’un “tempérament excessif”, Cézanne est très colérique, il lui arrive souvent de s’en prendre à son chevalet. Il détruira bon nombre de ses toiles, en fait il se bat contre lui-même.

Cézanne est très marqué par cet échec. Il retourne à Aix où son père, comme on pouvait s’y attendre, lui trouve immédiatement une place à la banque.

En fait, il s’agira d’un passage éclair. Cézanne ne pense qu’à une chose : retourner à Paris, retrouver son ami Émile et devenir peintre.

De retour à Paris, c’est à l’Académie Suisse qu’il continuera ses études artistiques. C’est là qu’il va rencontrer Renoir, Monet, Guillaumin, Sisley et surtout Camille Pissarro avec qui il deviendra très ami. Cézanne présentera ses amis peintres à Zola, qui par la suite écrira de nombreux articles en faveur des impressionnistes. C’est aussi Cézanne qui présentera Alexandrine à Zola, il sera même témoin à leur mariage.

Cézanne bénéficie d’une maigre pension que lui alloue son père, mais il s’en contente.

Il fait de plus en plus d’allers-retours entre Paris et la Provence.

1863 - Exposition au Salon des Refusés.

1864 - Cézanne est refusé au Salon, qu’il dénomme : “ Le Salon de Bouguereau”

1865 - Nouveau refus au Salon.

1866 - de retour à Aix Cézanne a une production abondante.

 

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Paul Cézanne, Achille Emperaire, peintre
Huile sur toile 200 x 210 cm. Vers 1868
Musée d’Orsay, Paris.

 

 


 LA LIAISON AVEC HORTENSE ET “L’ARRIVEE DU PETIT PAUL”

 

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Paul Cézanne, Hortense Fiquet
Huile sur toile 46 x 38 cm. (1873-1877)
Collection privée, France.


En 1869 Cézanne rencontre Hortense Fiquet qui est modèle à l’Académie Suisse. Cette liaison est soigneusement cachée à son père. Le couple s’installe près de Marseille. Cézanne fait très souvent la route à pied pour rejoindre Aix. Il ne fallait surtout pas que son père se doute de quoi que ce soit. En janvier 1872 va naître de cette union un garçon nommé Paul.

 

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Paul Cézanne, Portrait de Paul, fils de l’artiste
Huile sur toile 17,1 x 15,2 cm. (Inachevé)
Metropolitan Museum of Art, New York.


Cézanne fait régulièrement la navette entre Aix et la capitale. En 1872, il s’installe quelque temps à Auvers-sur-oise et rencontre le Docteur Gachet. Il peint sur le motif en compagnie de son fidèle ami Camille Pissarro. Il expose avec ses amis impressionnistes dans l’atelier du photographe Nadar. Ses œuvres sont rejetées par un public scandalisé.

 

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Paul Cézanne, La maison du pendu, Auvers-sur-Oise .
(Exposé chez Nadar en 1874)
Huile sur toile 55 x 66 cm.1873
Musée d’Orsay, Paris

 


C’est en 1876 que Louis Auguste Cézanne ouvrant le courrier de son fils (celui-ci avait 37 ans) apprend qu’il est grand-père, et que son fils a une liaison avec une certaine Hortense dont il n’a jamais entendu parler.

La réaction ne se fait pas attendre, il déshérite son fils.


 

1882 - Cézanne est enfin reçu au Salon pour la première fois.

À partir de 1882, Cézanne va retourner en Provence, il s’installe d’abord à L’Estaque près de Marseille et en 1885 à Gardanne.

 

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Paul Cézanne, Le Golfe de Marseille vu de l’Estaque
Huile sur toile, 73 x 100 cm. 1885
The Metropolitan Museum of Art, New york.

 

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Paul Cézanne, Gardanne
Huile sur toile 100 x 65 cm. 1886
Fondation Barnes USA.

 

1883 Monet et Renoir rendent visite à Cézanne.

 

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Paul Cézanne, Nature morte à la commode
Huile sur toile, 71 x 90 cm. vers 1885
Nouvelle Pinacothèque, Munich.


En 1886, quelques mois avant sa mort, Louis Auguste accepte que son fils se marie avec Hortense et qu’il hérite de ses rentes.

Le 23 octobre 1886 Louis Auguste meurt laissant à son fils un héritage confortable.

 

Entre-temps Zola avait réussi sa conquête de Paris. "L’Assommoir“ lui avait assuré le succès et la maison de Médan était en cours d’aménagement.

Dans une période difficile, Zola a aidé financièrement son ami Cézanne. Mais les choses vont se gâter.

Un peintre qui ne réussit pas fini toujours par lasser, même ceux qui y croyaient. Pour Zola c’est la réussite dont il avait toujours rêvé, mais son ami Cézanne qui va bientôt avoir 50 ans est toujours au fond du trou. C’est de cette constatation que va naître en 1886 “l’Œuvre”. Zola s’inspire de la vie de Cézanne pour nous conter l’histoire d’un peintre raté, refusé au Salon, tout comme Cézanne . Totalement incompris, Claude Lantier, alias Cézanne, finira par se pendre devant ses grandes toiles. Difficile de ne pas faire un rapprochement avec Cézanne et ses grandes baigneuses.

 

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L’ŒUVRE, édition originale

 

Zola envoi l’Œuvre à son “ami”. Cézanne rompt tout contact avec Zola.

 

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Paul Cézanne, Le Château Noir
Huile sur toile,97 x 74 cm.1904
Washington National Gallery

 

1887 - Cézanne loue une pièce au Château Noir, il va également louer un cabanon dans la carrière Bibémus pour entreposer son matériel lorsqu’il se rend à la Sainte Victoire.

 

 

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Paul Cézanne, La carrière de Bibémus
Huile sur toile, 65,1 x 81 cm. 1895
Muséum Folkwang, Essen.

 

En 1891 Cézanne s’installe au Jas de Bouffan avec sa mère. Sa femme ira habiter rue de la monnaie à Aix !!!


En 1895, le célèbre marchand Ambroise Vollard qui n’a alors que 27 ans, organise une rétrospective Cézanne. 150 œuvres.

 

 

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Paul Cézanne, Portrait d’Ambroise Vollard
Huile sur toile, 100 x 81 cm. 1899
Musée du Petit Palais, Paris

 

La critique commence à s’intéresser à son travail. Cézanne a 56 ans, on regarde enfin sa peinture. Vollard organise une deuxième exposition en 1898. En dehors de quelques rares exceptions (Ambroise Vollard, le Docteur Gachet, Victor Choquet, Le Père Tanguy), ce sont surtout les peintres qui comprennent son message.

 

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Paul Cézanne, Portrait de Victor Choquet
Huile sur toile 46 x 36 cm.
Collection privée,


Jusque-là, Cézanne avait très peu exposé sauf chez le père Tanguy. Vous connaissez sans doute le portait que Van Gogh a fait de lui.

 

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Vincent Van Gogh, Portrait du père Tanguy
Huile sur toile, 92 x 75 cm. 1887
Musée Rodin, Paris.

 


Le père Tanguy tenait une minuscule boutique de couleur pour artiste rue des Martyrs à Paris. Sa boutique était si petite qu’il ne pouvait mettre qu’un tableau en vitrine. Pourtant si vous aviez eu la chance de le connaître à cette époque, vous auriez pu vous fournir en Van Gogh et en Cézanne à des prix défiant toute concurrence.

 

Le peintre et théoricien de l’art Émile Bernard, mais  aussi Maurice Denis, les critiques Gustave Geoffroy, Roger Marx vont s’intéresser à Cézanne et comprendre enfin à quel point le message qu’il essaie de faire passer est important.

 

1899 - Cézanne vend Le Jas de Bouffan, il espère acquérir Le Château Noir. L’affaire ne se fait pas. Il emménage au 23, rue Boulegon (siège de l’ancienne banque).

 

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Le 23 rue Boulegon. Qui fut le siège de l’ancienne banque Cézanne & Cabassol.

 

1900 - Maurice Denis peint l’hommage à Cézanne.

 

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Maurice Denis,Hommage à Cézanne
Huile sur toile 180 x 240 cm. 1900
Musée d’Orsay, Paris
De gauche à droite : Redon, Vuillard, Mellerio, Vollard, Denis, Sérusier, Ranson, Roussel, Bonnard, Marthe Denis.

Le tableau de Cézanne présenté sur le chevalet a appartenu à Gauguin.


Cézanne commence enfin à être reconnu.
En 1901 il se fait construire un grand atelier dans la périphérie d’Aix spécialement aménagée pour y peindre de grandes toiles ( les baigneuses).

 

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Le grand atelier

 

1902 - Visite d’Ambroise Vollard à Aix.

1904 - Visite à Aix d’Émile Bernard et Charles Camoin. Maintenant tout le monde veut rencontrer Cézanne.

1905 - Cézanne expose au Salon d’Automne, il a 66 ans.

Octobre 1906 Paul Cézanne revient de peindre sur le motif, près de la Sainte Victoire, il est surpris par un violent orage, il a un malaise. Des charretiers de passage le reconduisent à sa maison de la rue Boulegon. Il meurt à 67 ans d’une pneumonie le 23 octobre 1906.

 

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1907 - 56 œuvres de Cézanne figurent dans une rétrospective organisée par le Salon d’Automne. La même année Picasso peint les demoiselles d’Avignon.


Comme je l’ai écrit précédemment, les premières œuvres de Cézanne n’ont rien d’impressionnistes, c’est ce qu’il appelait “sa période couillarde”. Personnellement je la qualifierais plutôt de romantisme baroque.

 

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Paul Cézanne, Le baiser de la Muse, d’après Frillé
Huile sur toile 82,5 x 66 cm. Vers 1859 - 1860
Musée Granet Aix-en-Provence,France

 

Il faut dire que ses premiers tableaux reflétaient l’influence de Delacroix, peintre pour lequel il avait une profonde admiration, et aussi des réalistes, en particulier Courbet. Sans compter tous les autres peintres, qu’il “côtoyait” au Louvre.

Non seulement sa peinture était très “classique”, mais il y avait un côté que l’on pourrait qualifier d’espagnol, je pense à Murillo et même à Zurbaran.

Heureusement pour nous Cézanne a viré sa cuti, ce ne sont certainement pas ces œuvres-là qui nous auraient laissé un souvenir impérissable.

Dès les premiers tableaux, on s’aperçoit que chez le maître d’Aix la forme et la composition priment sur la couleur. Chez lui la couleur est plus là pour souligner la forme que pour créer une impression comme ce serait le cas chez Pissarro ou Monet. Je ne veux pas dire que Cézanne n’attachait aucune importance à la couleur, il en parlera souvent, mais il ne l’utilisera pas comme un peintre impressionniste ou pointilliste, qui eux vont se soucier de juxtaposer les tons complémentaires de telle ou telle façon, par exemple pour l’ombre d’un objet.

À titre indicatif voici quelle était la palette de Cézanne :


Jaune brillant, Jaune de Naples, Jaune de chrome, Ocre jaune, Terre de Sienne naturelle,Terre de Sienne brûlée, Vermillon, Ocre rouge, Laque de garance, Laque carminée fine, Laque brûlée,Vert Véronèse, Vert émeraude, Terre verte, Bleu de cobalt, Bleu outremer, Bleu de Prusse, Noir de pêche.

En ce qui concerne le blanc, je n’ai aucun renseignement, peut-être a-t-il utilisé le blanc de céruse, dont à l’époque, on ne connaissait pas encore la nocivité.

Au début Cézanne “s’embourbe” dans une pâte épaisse. Bien qu’il n’utilise pas le bitume comme son maître Delacroix, les fonds sont souvent noirs ou foncés. Par exemple, dans “L’Assasinat”


LA PENDULE NOIRE

 

 

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Paul Cézanne, La pendule noire
Huile sur toile 55,7 x 74,3 cm. 1869 - 1870
Musée d’Orsay, Paris

 

Dans “La pendule noire” (1867), on va se rendre compte à quel point Cézanne attache de l’importance à la composition. Ce tableau est organisé selon des verticales et des horizontales, comme beaucoup plus tard aurait pu le faire Mondrian.

 

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Remarquez le “cadrage” très particulier pour une peinture de l’époque, cadrage qui serait celui d’un photographe contemporain mais, sûrement pas d’un peintre de 1870.

Je ne résiste pas à l’envie de vous conter la petite histoire de cette toile dont la sobriété et le dépouillement feraient facilement penser à une vanité. Tout l’esprit de Cézanne est dans ce tableau.

Vers 1869, date approximative à laquelle il fut peint, Zola habitait aux Batignolles, rue de la Condamine (lire “l’Œuvre” ou Zola raconte les soirées du jeudi chez Sandoz, alias Zola) . Dans cette toile Cézanne avait réuni quelques objets chers à son ami. La pendule, bien sûr, son encrier, sa tasse à thé.

Curieux de constater que la pendule n’a pas d’aiguilles, venant d’un esprit aussi rigoureux que celui de Cézanne, ce n’est certainement pas un hasard. Peut-être voulait-il arrêter le temps, peut-être pressentait-il sa future brouille avec Émile ?

Pour l’explication du coquillage, voir un psy qui aura certainement beaucoup plus de choses à dire que je ne pourrais le faire sans tomber dans de la psychologie de bistrot.

Par la suite, ce tableau ira dans la célèbre maison de Médan où, après leur “fâcherie”, il se retrouvera face au mur dans le grenier.
Aujourd’hui, cette toile est au Musée d’Orsay où vous pourrez l’admirer et raconter son histoire à ceux qui ne la connaîtrait pas encore.


Décidément très marqué par Manet, Cézanne va peindre “Une moderne Olympia”, là aussi, il en existe deux versions. La première a été réalisée quatre ans après celle de Manet. Il y a dans ce tableau une très belle recherche au niveau de la composition, mais l’ensemble reste encore très académique.

 

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Paul Cézanne - “Une moderne Olympia, première version
Huile sur toile 1867-70
Collection privée.

 

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Paul Cézanne - “Une moderne Olympia” deuxième version
Huile sur toile, 46 x 55 cm. 1873 - 1874
Musée d’Orsay Paris.


Dans la deuxième version, on trouvera une influence impressionniste beaucoup plus marquée. Il faut dire qu’entre-temps Cézanne a rencontré Pissarro qui l’a fortement “impressionné”. Mais chez Cézanne le cerveau aura toujours la priorité sur l’œil, Cézanne est plus un cérébral qu’un instinctif, chez lui tout est réfléchi. Renoir peint pour s’amuser en se laissant aller à son instinct. Chez Cézanne, rien n’est laissé au hasard.

On connaît tous la célèbre formule de Cézanne : “ Il faut traiter la nature selon le cube, la sphère et le cône”.
Et Émile Bernard ajoutait : “Si on est capable de dessiner parfaitement un cube, un cylindre et une sphère, on peut alors dessiner tout ce que l'on voit, que ce soit une table, une fenêtre, un paysage ou un visage... car tout objet, tout corps est structuré à partir de ces formes simples”.

 

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Paul Cézanne, Le Garçon au gilet rouge
Huile sur toile,79,5 x 64 cm. 1888 -1890
Fondation Emil G. Bûhrle, Suisse

La toile a été volée en 2008 ainsi qu’un Van Gogh, un Monet et un Degas. Seul le Garçon au gilet rouge a été retrouvé en 2012 en Serbie ?

 

En 1872, le séjour de Cézanne à Auvers- sur-Oise qui durera un an, va lui permettre de remettre en question les bases de son art.

On imagine facilement les discussions entre Cézanne, Guillaumin, le docteur Gachet et surtout son ami Pissarro.

 

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Paul Cézanne, La maison du docteur Gachet
Huile sur toile, 46 x 38 cm. 1873
Musée d’Orsay, Paris

 

 

Durant cette période (1872 - 1873) Cézanne, Pissarro, Guillaumin et, bien entendu, le docteur Gachet travailleront ensemble dans le grenier de la maison qui a été aménagé en atelier de gravure. Ils y effectueront de nombreuses estampes.

C’est maintenant que Cézanne va se libérer du “bourbier” dans lequel s’enfonçaient ses premières œuvres. La touche devient plus nette, les couleurs plus franches. S’il n’est toujours pas franchement impressionniste, il a retenu les leçons de Pissarro.

 

 

LA NATURE MORTE CHEZ CEZANNE


“Avec une pomme, je veux étonner Paris !”

                            Cézanne

 

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Paul Cézanne, Pommes et serviette
Huile sur toile 49 x 60 cm. 1879 - 1880
Collection privée.

 

Cézanne peint sur le motif. S’il s’agit d’un paysage, il est toujours possible de choisir un certain angle de vue, mais impossible de déplacer le clocher de l’église s’il n’est pas au bon endroit.

 

Avec la nature morte, l’artiste, dispose les éléments comme il l’entend, rien n’est laissé au hasard. Cela convient particulièrement bien à Cézanne qui prendra un soin tout particulier à la composition de ses natures mortes.
Cela ira du plus simple :

 

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Paul Cézanne,Nature morte, poire et pommes vertes
Hule sur toile, 22 x 32 cm.
Musée d’Orsay, Paris.

 

Et parfois au plus compliqué :

 

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Paul Cézanne – Nature morte, pommes et oranges
Huile sur toile, 74 x 93 cm. 1895
Muséz d’Orsay, Paris

 

CEZANNE, ET LE PAYSAGE

 


Jusqu’en 1872 Paul Cézanne avait toujours peint en atelier et jamais “sur le motif ” comme on disait à l’époque.

À la demande insistante de son ami Camille Pissarro, Cézanne s’installe pour quelque temps, d’abord à Pontoise et ensuite à Auvers-sur-Oise chez le docteur Gachet.

 

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Camille Pissaro et Cézanne à Pontoise

 

L’influence de Pissarro va être notable durant la période où ils travailleront en commun (1872 -1873). Ce sera certainement à ce moment que la peinture de Cézanne n’aura jamais été aussi impressionniste. De cette époque, “La maison du pendu”, “La maison du docteur Gachet” ; il y aurait bien d’autres exemples.

 

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Paul Cézanne,L’Etang des sœurs à Osny près de Pontoise
Huile sur toile 60 x 73 cm.
Courtauld Institute of Art Gallery, Londres

 

De retour à Aix, Cézanne n’aura de cesse d’aller peindre d’après-nature, mais maintenant sa peinture favorisera toujours le côté construit. Cézanne trouve vraiment son style. L’influence de Pissarro disparaît. Ce qui n’empêchera pas Cézanne de vouer durant toute sa vie une très grande admiration pour son confrère et ami.

 

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Paul Cézanne, Le pont de Maincy
Huile sur toile, 60 x 75 cm. 1878 - 1879
Musée d’Orsay, Paris


Probablement Cézanne n’aurait pas revendiqué la paternité du cubisme, mais difficile d’imaginer que ce dernier ne soit pas né de sa peinture. Les premières œuvres de Braque et Picasso sont directement inspirées de Cézanne. Voir par exemple de Braque “Viaduc à l’Estaque”

 

 

LA SAINTE VICTOIRE

 

 

Il existe 11 peintures de la Sainte victoire et 17 aquarelles.

 

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Paul Cézanne, Le Château Noir devant la Montagne Sainte-Victoire
Aquarelle et mine de plomb, 31,6 x 48,7 cm.
Albertina, Vienne.


Dans ces aquarelles, on va se rendre compte à quel point Cézanne souhaitait tout ramener à l’essentiel, sur ces petits chefs d’œuvres ne reste plus que quelques lignes et autant dire pas de couleurs. Ne subsiste que les caractéristiques fondamentales du paysage.

 

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Paul Cézanne,La Montagne Sainte-Victoire vue des Lauves
Aquarelle et mine de plomb sur vélin 29,8 x 46,2 cm. 1901 - 1906
Musée Granet, Aix-en-Provence,France

 

Comme on le sait, Cézanne était “obsédé » par la sainte victoire, il y retournera sans cesse. Il était un perfectionniste et non un laborieux, comme certains le laisseraient entendre. Il peignait lentement, revenant sans cesse sur l’œuvre en cours, on se rend compte du travail accompli pour réaliser autant de tableaux.

 

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Paul Cézanne,La Montagne Sainte-Victoire
Huile sur toile, 65 x 81 cm. 1895
Nelson-Atkins Museum of Art, Kansas City.

 

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Paul Cézanne, La Montagne Sainte-Victoire
Huile sur toile 1902 -1906
Metropolitan Museum of Art, New york.

 

 

 

CEZANNE ET LE PORTRAIT

 


Il y a aussi les autoportraits. Hormis Van Gogh, peu de peintres de cette époque ont en fait autant.

 

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Paul Cézanne, Autoportrait
Huile sur toile 64 x 53 cm. 1873 -1876
Musée d’Orsay, Paris

 

Difficile pour Cézanne de trouver des modèles suffisamment patients… Cela aussi explique ses nombreux autoportraits.

 

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Paul Cézanne, Portrait de Vallier
Huile sur toile 54 x 64 cm.1906
Collection privée, Chicago USA.

 

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Paul Cézanne, Portrait de Victor Choquet
Huile sur toile, 46 x 38 cm. 1877
Colombus Museum of Art, USA


Victor Choquet était un homme modeste, pas bien riche, mais qui, à une époque où personne ne s’intéressait aux “impressionnistes”, a su voir avant tout le monde l’intérêt de ces peintres. En fonction de ses moyens, il achetait quelques tableaux, et particulièrement des Cézanne dont il adorait la peinture. Il existe aussi un portrait de lui peint par Renoir.

 

CEZANNE ET LES GRANDES BAIGNEUSES

 

Mais c’est bien avec “ Les grandes baigneuses” que Cézanne va arriver à l’accomplissement de ses théories.

 

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Paul Cézanne, les grandes baigneuses
Huile sur toile,132,4 x 219,1 cm.Vers 1900 - 1905
Fondation Barnes USA.

 

Il est curieux de constater que les peintres qui produisent de petits tableaux se surpassent souvent dans les grands formats, ce fut le cas pour Cézanne.

 

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Paul Cézanne, Les Grandes Baigneuses
Huile sur toile 210,5 x 250,8 cm. Vers 1894 - 1905
Philadelphia Museum of Art.

 

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Paul Cézanne, Les Grandes Baigneuses
Huile sur toile 82 x 101,2 cm. 1900
The Barnes Foundation, Merion, Pennsylvania.

 


Cézanne va aussi s’intéresser à la composition avec plusieurs personnages, en particulier avec ses célèbres joueurs de cartes.

                                                                          ☆

 

LES JOUEURS DE CARTES


Il en existe plusieurs versions.

 

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Paul Cézanne, Les Joueurs de cartes
Huile sur toile, 1893 - 1896
Musée d’Orsay, Paris

 

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Paul Cézanne, Les Joueurs de cartes
Huile sur toile,65,4 x 81,9 cm. Vers 1890- 1892
Metropolitan Museum of Art, New York


 

Cézanne sait tout peindre, il peint même des fleurs - la preuve :

 

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Paul Cézanne, Le Vase bleu
Huile sur toile, 50 x 61 cm.1885 - 1887
Musée d’Orsay, Paris

 

Pour la petite histoire : En 1973, dans le cadre de l’amitié franco-polonaise fut organisée, sous la houlette du ministre des beaux arts Jacques Duhamel et de son confrère polonais, une exposition d’artistes ayant participé au Salon d’Automne (Cézanne y avait eu droit à une rétrospective). La toile de Cézanne “Le vase bleu” y figurait, ainsi que des œuvres de Bonnard, Gauguin, Vuillard, Matisse, Marquet, Juan Gris, Braque et j’en passe…

Parmi les contemporains, on pouvait voir : Bernard Buffet, Gérard Schneider, Chastel, Marzelle, Rohner. Bref, il y avait en tout 135 peintures triés sur le volet.

Allez donc savoir pourquoi on m’avait demandé de participer à cette exposition avec un tableau : “Requiem pour une étoile” . Cette toile avait bien été exposée au Grand Palais à un Salon d’Automne dont j’ai oublié la date., mais je ne sais pas qui avait pu choisir mon nom parmi les quantités de peintres ayant participé à ce salon. Sans doute ne le saurai-je jamais. Plusieurs tableaux que j’avais exposés au Salon d’Automne furent détruits ou repeints, celui dont il est question est toujours en ma possession et même s’il n’est pas au mur, je le revois toujours avec plaisir.

 

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BMC, Requiem pour une Etoile
Technique mixte sur toile,130 x 162 cm.
Collection de l’artiste

 

L’exposition a eu lieu à Varsovie puis à Katowice.


Tout ça c’était pour vous dire que j’ai eu au moins une fois dans ma vie l’occasion d’exposer avec certains de mes artistes favoris. Vanité des vanités !!!!
 

 

 

⭐️

 

 

 

C’est effrayant, la vie !

                                                                                Paul Cézanne

 

 

 

 

Publié le par BMC
Publié dans : #B.M.C.
 
C'était dans un temps très lointain, j'étais à cette époque-là petit, si petit (comme dit un humoriste dont j'ai oublié le nom , pardon pour lui), si petit donc que tous ceux qui me voyaient de près pensaient que j'étais loin.

Je n'ai jamais su mon âge, même à l'époque où on peut compter les années sur les doigts d'une main. Encore aujourd'hui j'ai des difficultés à trouver le nombre fatidique. Si on me demande : "Quel âge avez-vous ?", je sors ma calculette. Voyons, en quelle année sommes-nous? Ah oui, 2006, vous êtes sûr? 
 
Bon, je suis né en ? attendez ... c'était l'année ? non, je ne me souviens plus. Pourtant, je me souviens de ma naissance, mais dans la chambre où je suis né, il n'y avait pas de calendrier. J'ai beau chercher, non rien qui y ressemble. Un crucifix au-dessus du lit = en tous cas, c'était après J.C. ?
Le seul calendrier de la maison se trouvait à la cuisine .. je n'allais tout de même pas, à peine né , mi-reptile, mi-tortue, descendre un étage, juste pour satisfaire votre (future) curiosité !

Quel âge avez-vous ? La calculette ayant rempli son office, un nombre apparait alors, qui généralement semble satisfaire mon interlocuteur.

Le calcul va sans doute se corser lorsque j'aurai entamé mon deuxième centenaire ! Compter avec deux chiffres, passe encore, mais avec trois .. Enfin, il me reste quelques années pour m'entraîner. 
 
 

 

Château de Saint Loup - B.M.C  aux alentours de 1950
 
Retour à la case départ : j'étais à cette époque petit, si petit, etc, etc.. Je devais avoir cinq ou six ans (la calculette fut inventée bien plus tard). Assis devant le bureau de la chambre, armé d'un outil redoutable : un crayon de couleur. De couleur verte. Le crayon vert est celui qui est le plus utilisé par les enfants.

Et là, on est en droit de se poser la question : pourquoi le vert plutôt que le rouge, qui l'est moins que le bleu ? (Je ne sais pas si vous l'avez remarqué, mais dans l'art de couper les cheveux en quatre, je suis assez doué.)

Bref, armé de mon crayon vert, me vint l'idée saugrenue de tracer une ligne verticale d'environ sept à huit centimètres de haut (pas de calculette et pas non plus de règle graduée).

J'étais seul dans la chambre et c'était fort dommage. S'il y avait eu quelque membre de la famille, il se serait certainement écrié " Où va-t-il chercher tout ça ?.." Mais , solitude de l'artiste, devant ma feuille presque blanche, il y avait seulement le fameux trait vert, agrémenté de quelques traces de doigts. Abandonné du genre humain, comme dit le poète, je continuais inexorablement mon oeuvre.
 
Pourquoi, à ce moment, me suis-je mis à tracer des lignes obliques, une à gauche pour commencer, une à droite pour continuer et ainsi de suite ........... Dans ces moments de concentration profonde, il arrive que le génie se manifeste. Ce fut le cas ! J'arrivais à compter les lignes : une verticale, quatre inclinées à gauche, quatre à droite ? oui, c'est bien sûr, j'avais tracé neuf lignes.
Alors la lumière se fit dans mon esprit. Le sol se dérobait sous moi et, tel Moïse recevant les Tables de la Loi, je compris qu'il m'arrivait quelque chose d'exceptionnel : je venais de dessiner un sapin ! Mais celui-là n'avait rien à voir avec le "vulgaire". On n'en ferait jamais un cercueil. On aurait pu me montrer en photo les plus beaux sapins de cette terre, je n'aurais jamais échangé le mien pour l'un d'entre eux, fut-il du Caucase, des Vosges, de Corée ou, mieux encore, sapin de Noël croulant sous les cadeaux.
 
 
LE MIEN ETAIT PLUS VRAI QUE LE VRAI.

 
Vu mon âge, je ne me posais pas la question en ces termes, mais comment un sapin réduit (si j'ose dire) à l'état de symbole pouvait-il avoir plus d'importance que ce qui, pour la plupart d'entre nous, est la REALITE ? Si vous demandez au premier imbécile venu (tiens, il est encore là, celui-là?) ce qu'est un sapin, il vous conduira dans un bois, vous désignera un arbre et vous dira : "Voilà, ça c'est un sapin! . je peux le toucher, tandis que si je touche le tien , c'est la feuille de papier que je touche". Je pourrais lui rétorquer que le papier est fait avec du bois, mais là, ça nous entraînerait trop loin!
 

                                

Le toucher est-il une preuve d'existence ?


Saint Thomas, qui est la référence dans ce domaine, ne voulait pas croire que Jésus était revenu. Jésus lui dit "Regarde la plaie que j'ai au côté". Thomas enfonce sa main dans le creux de la blessure et répond "Maintenant, je te crois".

Il venait de faire l'expérience du vide. Et pourtant il crut. A méditer!

Lorsque le petit prince demande à St Ex de lui dessiner un mouton  et malgré les efforts du célèbre aviateur , c'est lorsque celui-ci dessine une simple caisse que le petit prince s'écrie : "Voilà, c'est comme ça que je le voulais, le mouton".
 

                                               

 

 

Eh bien moi, mon sapin, c'est comme ça que je le voulais (voir image, réalisée avec trucage, l'original ayant disparu durant la guerre).

 

 

                                            

 

 

 

Tant pis si les grandes personnes n'y comprennent rien.
 
 Les grandes personnes, ce sont celles qui disent, par exemple :
 
-    Moi, je vais te dire ...
-    Moi, qui ai fait des études...
-    Moi, qui connais le plus grand, le plus...
-    Moi, qui ai serré la main de tel ou tel personnage plus ou moins célèbre...

-    Moi, qui ai eu l'occasion d'en parler à la télé...
C'est aussi celui qui un jour, lors d'une discussion animée, a sorti : "Dieu, Dieu, d'accord ! et MOI dans tout ça ?" (Je ne crois pas en un dieu révélé, mais tout de même, je trouve qu'il attige, celui-là, non ?).
 
Ici, se pose le douloureux problème de la réalité relative et de la réalité profonde.

Si j'étais né dans un monde d'aveugles et que j'essayais d'expliquer ce qu'est VOIR... Comment faire ? Et les couleurs ?

Imaginez :  Si le monde n'était qu'un songe et qu'un jour on découvre une autre réalité que celle qui nous est familière... Mais ne comptez pas sur moi pour vous donner des réponses, je ne connais que les questions !
 
Un jour, j'expliquais  à un ami que certaines des étoiles que nous voyons briller n'existent plus depuis longtemps. Croyez-moi si vous le voulez, mais il n'a jamais voulu me croire!

Connaissez-vous le langage des oiseaux ? C'était la langue utilisée au moyen-âge par les constructeurs de cathédrales. Les jeux de mots, la phonétique étaient utilisés. Appelée parfois "langue verte" ou "langue des voyous" (= voyants).

 
Exemple : SAPIN représente à la fois l'arbre et l'action de peindre.

Avouez qu'il est bien choisi, mon exemple! (lire à ce sujet "Les demeures philosophales" de Fulcanelli)
 
A propos de Paul Klee, un qui s'y connaissait en symbolisme (et en chats), je crois me souvenir que c'est dans "Théorie de l'Art Moderne" qu'il parle de ce qu'il appelle "le poisson de Colomb" :
Tracez deux lignes courbes une tournée vers le bas et l'autre vers le haut, touillez et vous obtenez un poisson.
 
 
 

              


C''était son mouton, son sapin...
 
Comme c'est une de mes marottes, je reviendrai sur le symbolisme dans l'Art. Mais rassurez-vous, j'en ai d'autres, des marottes ...

 
  
 

 

Publié le par Clémence Tombereau
Publié dans : #Guest Stars
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B.M.C - L'enfer du décor
 
 
J’ai découvert le monde de B.M.C lorsque j’avais treize ans. Aujourd’hui, presque quinze ans après, cet univers me fascine toujours. Il y a des goûts que l’on a à treize ans et que l’on perd ensuite. Mais il existe des goûts qui perdurent même après l’adolescence, que l’on garde toute une vie, il en va ainsi de l’œuvre de B.M.C …

Le monde de B.M.C est un monde parallèle, comme un reflet criant de la réalité, comme une anamorphose de nos états d’âme, des paysages ou des visages, des restes du monde qui contemplent la vraie vie.

 

Dans le monde de B.M.C, on trouve des yeux ronds comme le monde, des yeux pleins de questions, des mains qui s’accrochent, d’autres qui se détachent ou invitent le spectateur à visiter une autre réalité.
On y trouve des cris colorés, des sourires morbides, des soupirs plus vivants que les nôtres.
On y voit la douleur, et les angoisses de l’humain y côtoient une grâce éternelle. Il y a du sang aussi, l’essence de la vie qui en effraie certains.
Les crucifiés, les toreros, les fameux touilleurs, la négresse verte, les squelettes, les grands hommes comme Antonin Artaud, Francis Bacon, Nicolas Flamel et bien d’autres encore, tout ce petit monde se pose sur la toile… J’ai bien dit « se pose »… Et pourtant…
Pourtant le spectateur voit le mouvement, la marche, les sentiments mobiles. Il voit la torsion, l’œuvre n’est pas statique, c’est peut être pour cette raison que certains ont le mal du réel face à ces vies de tableaux.
Mais si l’on accepte d’y plonger, de visiter de l’œil chaque recoin, alors là… C’est un microcosme complexe qui s’ouvre, et Sésame crie… sur un monde à part.

Dans tous les cas, qu’on aime ou qu’on déteste, on ne peut rester insensible face à une œuvre de B.M.C, tout être normalement constitué aura une réaction, il paraît donc judicieux d’avoir la curiosité d’y jeter un (voire de multiples) coup(s) d’œil…

 

 

                                     Clémence Tombereau

 


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B.M.C. - Les gros yeux


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B.M.C. - Mes naissances

  


 

 
 
 
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Publié le par BMC
Publié dans : #B.M.C.
 
Premier exemple : Vous êtes présent à un vernissage. C'est pas forcément marrant, mais vous n'avez pas eu le choix.

Regardez autour de vous et voila ce qui arrive :

Le premier imbécile venu regarde longuement un tableau, on dira celui-ci :

 
 
 

 
     B.M.C - Les restes du monde 

 
 

 Après une très longue minute de concentration (comme vous n'êtes pas sans savoir, la longueur des minutes n'est pas une question de temps - et tant pis pour ceux qui ne comprennent pas ...), l'illustre visiteur (ceux qui viennent aux vernissages sont rarement visiteurs, mais toujours illustres) finit par s'exprimer :

 

    "Le cadre est magnifique!"

 

    L'artiste s'étrangle, avale rapidement son petit four, ingurgite une flûte de champ et se précipite vers le bar pour refaire le plein. Puis il repart à la recherche du deuxième imbécile.

 

    Généralement, il n'a pas loin à aller.

 

 

    Deuxième exemple. Et deuxième imbécile :

 

    "Vous mettez combien de temps pour faire un tableau comme celui-ci?"

 

    Perplexité de l'artiste !!!

 

    "Excusez-moi, je n'ai pas de chronomètre dans mon atelier.." Non, je ne peux pas répondre à ça .. Je ne sais d'ailleurs pas combien de temps j'ai mis. Il m'arrive de commettre trois tableaux dans la nuit. Il m'arrive aussi d'en laisser traîner un pendant des mois dans un coin de l'atelier.. Je ne sais plus très bien quoi répondre.

 

    A ce propos, permettez-moi un aparté. Vous connaissez peut-être l'histoire de l'empereur de Chine et du peintre de la cour ?

    Comme je suis gascon et / donc bavard, je m'en vais vous la conter :

 

    Cela se passait il y a fort longtemps, à l'époque han (c'est celle que je préfère). L'empereur de Chine convoque le meilleur peintre du royaume et lui intime l'ordre de peindre un coq. L'empereur exige, le maître s'exécute, ainsi le veut la tradition...

 

    Les mois passent, les années passent. L'empereur, sentant sa fin venir, convoque le peintre.

 

    Vieux, usé et fatigué, le maître se présente au palais.

 

    L'empereur, vieux, usé et courroucé, exige que l'artiste peigne le coq séance tenante, faute de quoi il aura la tête tranchée.

 

    "Qu'on m'apporte une feuille de papier, des pinceaux et de la couleur."

    Et l'artiste, en moins de cinq minutes, dessine le plus beau coq que la Chine ait connu jusqu'à ce jour.

 

    L'empereur, pas plus vieux, pas plus usé mais de plus en plus courroucé, lui dit : "Pourquoi tout ce temps ? C'est inadmissible ! Tu es un misérable !Tu auras la tête tranchée !".

 

    Alors, le maître qui, comme beaucoup de peintres, est un vieux sage, demande - en respectant, ça va sans dire - l'étiquette, que l'empereur lui fasse l'honneur de se rendre à son atelier. Et là, il lui montre tous les coqs qu'il a peint durant les trente dernières années. A raison de quinze coqs par jour, cela fait 164.250 coqs. Et 164.251, avec celui qu'il vient de faire. Pendant ces trente ans, il s'était entraîné à dessiner des coqs...

 

    Afin qu'il eût le seul et unique exemplaire, l'empereur exigea un autodafé (qui consista à brûler les 164.250 coqs).

     Puis il fit trancher la tête du peintre !

 

    Question : Combien de temps l'artiste a-t-il consacré à peindre le seul et unique coq restant ?

 

    Réponse : Bien malin qui le dira ?

 

    Picasso peignait plusieurs tableaux en une journée. Braque a mis sept ans pour venir à bout du  "billard".

 

    Si vous dites : "ce tableau, je l'ai fait en une heure", alors on pensera "il s'est vraiment pas foulé la rate; je ne vais tout de même pas payer ce prix-là pour une heure de travail !".

    Si vous dites : "j'ai mis six mois avant de le mener à bien", on pensera "c'est un laborieux, il ne doit pas être très doué !". ("on" est un con).

 

    Georges Mathieu, après avoir préparé ses fonds sur la toile "se jette dessus" et, en quelques mouvements, certes très spectaculaires, achève son tableau en une poignée de secondes. C'est ce qui lui a valu l'admiration enthousiaste des Américains = c'était - semble-t-il - l'homme qui gagnait le plus d'argent en un minimum de temps !!

 

    A propos d'argent, il faut bien en parler du prix des oeuvres d'art :

    Ne parlez jamais d'argent à un peintre, car il va penser que vous parlez argent (la couleur) et très vite, vous vous apercevrez que vous n'êtes plus sur la même longueur d'onde.

 

    Combien de fois ai-je entendu des collectionneurs dire : "De toute façon, pour un peintre vivant, je ne dépasse jamais plus de .....€". Et comme disait très justement l'ami Richard :"Toi, ta peinture, tu en vivras quand tu seras mort .."

 

 B.M.C. Mort-Bide

 

    Deuxième histoire. Deuxième gasconnade :

 

    Ambroise Vollard passait sa vie sur une chaise à somnoler au fond de son magasin. Un client potentiel entrait. Le pas-encore-célèbre marchand consentait à interrompre sa sieste pour recevoir le visiteur. Et subito reprenait son sommeil paradoxal. Enfin réveillé par la voix de son visiteur :

     -   "Combien ce Cézanne ?"

     -   réponse (par exemple) ;10.000 francs.

     -  Le client : "C'est beaucoup trop cher !"

    -   Ambroise Vollard : "10.200 francs"

    -   Le client :"Vous vous moquez de moi ?"

    -   Ambroise Vollard : "10.300 francs"

    Le client repartait, et revenait quelques jours plus tard afin d'acheter le tableau  à 10.300 francs.

    Par la suite, les amateurs savaient que ce n'était pas la peine de discuter le prix avec Ambroise Vollard ..

 

 

    Revenons à notre vernissage :

 

 

                    B.M.C.- Petit déjeuner SOUS l'herbe

 

    Peinture suivante = imbécile suivant(e).

"Ce tableau me plait beaucoup. J'aimerais l'offrir à mon mari pour son anniversaire. Mais comme c'est un grand chasseur, si vous pouviez ajouter trois canards ?"

    (connard ...)

 

    (Attention, il n'y a pas QUE des imbéciles aux vernissages, on a aussi le droit d'inviter quelques amis, ce qui peut aider à tenir le choc).

    

    Imbécile suivant :

 

    "Ah, Maître, j'ai beaucoup entendu parler de vous. Je suis ravi de vous rencontrer. Figurez-vous, voilà..., j'ai un salon Louis XVI d'époque, les murs y sont tendus de soie bleu Nattier (encore un peintre qui méritait mieux que de laisser son nom à une vulgaire toile de fond..). Et, sur le mur principal, à côté de mon Watteau, j'ai un vide d'environ 40X40cm.  En fait, ce serait bien de trouver une oeuvre dans ce format. Et bien entendu, bleue !"

 

 

    Abrégeons, suite de l'exposition :

 

    B.M.C. - Tauromachie

 

    Imbécile suivant. Là, c'est la famille qui s'y colle. Gentiment, ayant appris que je faisais une expo, le téléphone sonne : "Allo, c'est toi? alors tu peins toujours?"  Ils ont sans doute oublié que ça fait jamais que plus de soixante ans que je peins ? Réponse : "Ah non, maintenant, je tricote!"... mais comme je suis plutôt gentil, je ne leur dirai jamais  ça !

 

    Il y a aussi les vagues connaissances, en visite à l'atelier : "Oh! Celui-là, il ferait très bien dans mon séjour !"

 

    "Et tous ces tableaux que tu as chez toi.. Ca ne sert à rien : tu ne peux pas tout mettre au mur..."

 

 

😽   

Publié le par BMC
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Tout d’abord je tiens à remercier Viviane, sans qui je n’aurais peut-être jamais connu cette étrange histoire (voir le blog de Viviane: “Ballade d’artiste”).

   

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Pour des raisons que l’on peut comprendre et par respect pour la famille, je ne ferai figurer aucun nom propre, ni même le nom du village. II suffit de savoir que la scène se passe quelque part dans un hameau du Béarn.

 

Les personnages :

 

Jean dit Jeannot

Le père Alexandre

La mère Joséphine

La sœur aînée Simone

La deuxième sœur Paule

 

Fin 1930 Alexandre et Joséphine achètent une ferme dans un petit village du Béarn. Circonstance aggravante, ils ne sont pas originaires de la région. À cette époque, toute personne qui n’est pas native du coin est considérée comme “estranger”. Venir d’ailleurs est toujours suspect. De plus la maison en question ressemble plus à une maison de maître qu’à une vulgaire ferme. Quarante hectares de terre, de nombreuses vignes.  Il n’en faut pas plus pour créer un climat de jalousie au sein du hameau.

 

Jeannot et ses deux sœurs fréquentent l’école du bourg. Ils sont de très bons élèves. Jeannot sera le seul de sa classe à décrocher son certificat d’études. Avoir son certif, à cette époque et au fin fond de la France profonde, n’était pas si courant que ça. Aussi monsieur le curé décide que Jean ira au séminaire. Quant à l’instit, il souhaite le diriger vers l’école normale (Don Camillo et Pepone, je vous ai reconnus).

 

Comme on pouvait s’y attendre, le père n’est pas de cet avis. Jeannot doit rester à la maison et par la suite reprendre l’exploitation à son compte.

 

À la maison, tout le monde travaille d’arrache pied, aussi l’argent ne manque pas. Bientôt ils achètent une traction, mais aussi un tracteur, alors même que leurs voisins  labourent avec un attelage de bœufs ou un cheval.

 

Jeannot est maintenant amoureux, il voudrait bien se marier. Mais il n’est pas question de faire un mariage d’amour, ici on se marie par intérêts. Bref, le mariage ne se fera pas, ce qui très probablement va laisser de lourdes séquelles dans l’esprit de Jeannot.

 

1959, la guerre d’Algérie. Jeannot est mobilisé dans les paras. Un béret rouge sur la tête, une tenue camouflée. À ce moment-là, les paras sont souvent regardés comme des demi-dieux. Qu’a-t-il vécu en AFN (Afrique Française du Nord), on n’en sait pas grand-chose. Toujours est-il que courant 1959 Jeannot bénéficie d’une mystérieuse permission (vu les circonstances, il était très difficile d’obtenir ce genre de dérogation).

 

Un jour, les voisins voient Jeannot, Paule et leur mère fouiller les environs, les bois, ils semblent rechercher le père, Alexandre. Ce dernier sera retrouvé pendu dans la grange.

 

Bien entendu les habitants du lieu ne vont pas se priver de raconter toutes sortes d’histoires. Des rumeurs circulent. Ces gens sont bizarres, ils parlent peu, ne sont pas franchement intégrés, c’est toujours et encore des “estrangers”.

 

On dit ; peut-être n’est-ce pas seulement une rumeur, que quelque temps avant ce drame Paule aurait quitté la région et serait revenu “délestée” d’un bébé qui n’était pas le bienvenu. Cela pourrait-il être la cause du suicide du père ? Bien entendu la rumeur (toujours elle) comme on pouvait s’y attendre va parler d’inceste.

 

Jeannot voulait s’engager dans l’armée, suite au suicide de son père, il pense que ce ne sera plus possible, chez les paras, on ne veut pas de fils de pendu. Nouvelle déception.

 

Simone, la sœur aînée, est maintenant mariée. Son mari n’a qu’une idée, récupérer la ferme ; lorsqu’ils se rendent compte que ce n’est plus possible, le couple se fâche définitivement avec la famille.

 

Ne reste plus à la maison que la mère Joséphine, la sœur Paule et, bien entendu, Jeannot.

 

Et c’est maintenant que tout bascule. En 1965 Jeannot entend des voix ; il se rend chez les voisins et tire un coup de fusil dans leur salle à manger, les mystérieuses voix lui ont commandé de tuer les voisins. Ce jour-là, par chance, il n’y aura pas de mort. 

 

À partir de maintenant Jeannot ne va pratiquement plus parler hormis à sa sœur Paule et à sa mère.

 

Une antenne vient d’être installée sur la colline face à la maison. Paule et Jeannot sont persuadés que c’est le Pape qui l’a faite installée pour pouvoir les espionner. Tout est bon : De Gaulle, l’église, même le maquis ? Je ne suis pas un spécialiste de la chose, mais je pense qu’à ce niveau, on peut parler de schizophrénie.

 

Maintenant Jeannot, fusil en bandouillere dont il ne se sépare plus, fait régulièrement des rondes sur son tracteur tout autour de la maison.

 

Le maire du village est prévenu, un médecin délivre un certificat de placement dans ce que l’on appelle encore un asile de fous. Les autorités s’en mêlent, une plainte est déposée au Procureur de la République. Trente gendarmes sont dépêchés afin de surprendre Jeannot  en flagrant délit de démence, ils reviennent bredouille. Jeannot résiste !

 

Jeannot a tenu bon, la famille vit maintenant en autarcie, à peine si Paule emprunte le tracteur pour aller une fois par semaine au marché faire quelques courses, elle non plus ne parle à personne.

 

On imagine aisément les discutions familiales, cette ambiance ne peut qu’être propice au développement de la démence.

 

Au hameau, tout le monde a peur, on sait Jeannot capable du pire, mais comment faire ? Les voisins n’en peuvent plus de ce climat, ils   déménagent.

 

Jeannot ne s’exprime plus guère que par onomatopées, il éructe plus qu’il ne parle.

 

Un jour de 1971, fait exceptionnel, le vétérinaire est appelé pour voir les bêtes. Lorsqu’il entre dans la cuisine, la mère est assise devant la cheminée. Raide morte, sans doute depuis plusieurs jours. Jeannot et sa sœur tentent en vain de la réchauffer pour la faire revivre (si vous avez un mort à la maison, n’essayez pas, ça ne fonctionne pas).

 

La nouvelle se propage dans le village. Jeannot et Paule sont formels, ils veulent garder leur mère à la maison. Comment ont-ils fait pour obtenir l’autorisation, difficile de comprendre. Toujours est-il qu’ils enterrent leur mère sous l’escalier, son tricot entre les mains ; ils déposent quelques fruits, du saucisson et une bouteille de rouge, “pour le voyage” et referment le trou.

 

Jeannot décide de rester près de sa mère, il s’installe dans l’ancienne salle à manger qui jouxte la pièce où elle  est enterrée. Il ne se nourrit pratiquement plus. C’est là qu’il va mourir d’inanition à l’âge de 33 ans.

 

Paule voudrait que son frère soit enterré dans la maison à côté de sa mère. Mais cette fois-ci, non seulement l’autorisation d’enterrer Jeannot à la maison lui est refusé, mais le corps de sa mère sera transféré au cimetière et enseveli avec celui de Jeannot à même la terre.

 

Paule est maintenant seule, à son tour elle va délirer, elle se nourrit uniquement de maïs, refuse toute nourriture fournie par l’assistante sociale. Elle pense que l’on cherche à l’empoisonner. Elle est vêtue de sacs de pommes de terre attachés par des ficelles. Le maire la visite, essaie de la raisonner, ce à quoi elle lui  répond que de toute façon elle va partir chez Farah Diba, loin de cette antenne qui leur a fait tant de mal. Par souci humanitaire on ne lui coupe pas l’électricité. Bien entendu elle ne s’occupe plus ni de la culture, ni des animaux qu’elle laisse mourir. C’est seulement en 1993, vingt ans après le décès de son frère, qu’on la retrouvera morte dans la porcherie.

 

Et c’est maintenant que commence la véritable histoire :

 

Vu l’état de saleté de la maison, les héritiers décident de faire venir un couple de brocanteurs afin de la vider de cet amoncellement d’immondices. Inutile de vous décrire l’état des lieux, poussière, moisissures, odeur de pourri, cadavres d’animaux, j’arrête ici cette description sordide.

Dans la pièce qui servait de chambre à Jeannot, une épaisse couche de poussière recouvre le parquet. Machinalement la femme du brocanteur repousse les déchets qui jonchent le sol et découvre des lettres sculptées à même les lames de chêne. Il s’agit de mots sculptés au couteau   et agrémentés de clous. Oserais-je dire : des mots crucifiés. Le texte intégral occupe environ 15 mètres carrés et se situe autour du lit de Jeannot. Il se trouve que le père de la personne qui a découvert ce parquet est psychiatre. Mis au courant, il propose aux héritiers de déclouer le parquet et de le remplacer par un neuf. Marché conclu, le psychiatre repart avec ses lames de parquet.

 

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Le parquet en question sera par la suite exposé en de nombreux lieux consacrés à l’art brut.

 

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Personnellement j’ai du mal à considérer ce parquet comme une œuvre d’art à part entière du point de vue sculpture et certainement pas comme une œuvre littéraire. Mais avouez que l’histoire est intéressante.

 

Voici le texte intégral du fameux parquet:

 

« La religion a inventé des machines à commander le cerveau des gens et bêtes et avec une invention à voir notre vue à partir de rétine de l'image de l'oeil abuse de nous santé idées de famille matériel biens pendant sommeil nous font toutes crapulerie l'Eglise après avoir fait tuer les juifs à Hitler a voulu inventer un procès type et diable afin prendre le pouvoir du monde et imposer la paix aux guerres l'Eglise a fait les crimes et abusant de nous par électronique nous faisant croire des histoires et par ce truquage abuser de nos idées innocentes religion a pu nous faire accuser en truquant postes écoute écrit et inventer toutes choses qu'ils ont voulu et depuis 10 ans et abusant de nous par leur invention a commandé cerveau et à voir notre vue a partir image rétine de l'oeil nous faire accuser de ce qu'il nous font à notre insu c'est la religion qui a fait tous les crimes et dégâts et crapulerie nous en a inventé un programme inconnu et par machine à commander cerveau et voir notre vue image rétine oeil… nous faire accuser nous tous sommes innocent de tout crime tort à autrui nous Jean Paule sommes innocents nous n'avons ni tué ni détruit ni porte du tort à autrui c'est la religion qui a inventé un procès avec des machines électroniques à commander le cerveau sommeil pensées maladies bêtes travail toutes fonctions du cerveau nous fait accuser de crimes que nous n'avons pas commis la preuve les papes s'appellent Jean XXIII au lieu de XXIV pour moi et Paul VI pour Paule l'Eglise a voulu inventer un procès et couvrir les maquis des voisins avec machine à commander le cerveau du monde et à voir la vue image de l'oeil fait tuer les juifs à Hitler ont inventé crimes de notre procès. »

 

Pour ce qui est de l’interprétation de ce texte, ce n’est pas si simple qu’il y paraît. Aussi je préfère laisser à chacun le soin du décodage… Notez tout de même que Jean (dit Jeannot) se prend pour Jean XXIV et fait succéder sa sœur Paule à Paul VI.

 

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Le Plancher de Jeannot est depuis cinq ans la propriété de l'entreprise de médicaments Bristol-Myers Squibb. Il est exposé désormais, dans la rue face à l'hôpital Sainte-Anne.

 

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A propos du plancher de Jeannot

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L'art de se faire estamper (1)


Vous connaissez tous l’expression “se faire estamper”… vous allez voir à quel point elle est justifiée ! 

En préambule, je tiens à préciser pour le neophyte, que l’on qualifie généralement  d’estampe ou de gravure toute œuvre multiple imprimée sur papier, à condition que ce ne soit pas par un procédé mécanique : imprimerie offset, photocopie, etc…
Il existe un grand nombre de techniques allant de la lithographie à l’eau-forte en passant par l’aquateinte ou la sérigraphie – et bien d’autres encore, nous y reviendrons plus en détails..

Une amie me dit un jour “Je viens d’acheter une lithographie originale de Salvador Dali – elle est super-géniale,  numérotée 15 sur 250 exemplaires et, bien entendu, signée par l’artiste. Bien sûr, je l’ai payée un peu cher, mais ça valait le coup, non ? Qu’en penses-tu?”


Je savais qu’elle avait cassé sa tirelire pour effectuer cet achat – par délicatesse, je n’ai rien dit ! Pourtant, il faut vous dire que pour un amateur d’estampes, la simple signature de Salvador Dali mérite un large détour…

Ce n’est un mystète pour personne : Salvador Dali vouait un véritable culte à l’argent, qui arrivait continuellement sur ses comptes “comme une colique” (c’est lui qui le disait…). Ce n’est pas pour rien non plus qu’André Breton avait transformé le nom de Salvador Dali en Avida Dollars… Bref, Dali voulait de l’argent et savait que ses œuvres multiples allaient lui en rapporter beaucoup. Je passe sur les détails; si vous le désirez je vous raconterai sa vie… enfin, si vous insistez !
 
Vers la fin, Dali, qui avait été un admirateur d’Hitler,  habitait – ce n’était sans doute pas un hasard – à l’hôtel Meurice, qui comme chacun sait était le siège de la Kommandantur, de sinistre mémoire. Peut-être même la suite qu’il occupait était-elle celle où Von Choltitz reçut le célèbre coup de téléphone “Paris brûle-t-il?”.

Mais revenons à nos moutons, Dali est dans ses appartements, spécialement décorés par le maître. Entre autres “bricoles”, il y a un schopper le long du mur (à tout hasard, pour ceux qui ne le sauraient pas, c’est une moto transformée à roue avant “tirée”).
On frappe à la porte : “Maître, ce sont les papiers”. Et voilà que l’on dépose des feuilles de papier immaculées et visiblement de très bonne qualité.
Et Dali, gesticulant comme il en a l’habitude, de signer une à une les fameuses feuilles… Et, à chaque fois qu’il signe, “ting” – c’est le timbre de la caisse enregistreuse qui résonne…
Il y a déjà longtemps que Dali ne peint plus. Il passe son temps à contempler sa “colique”.

Et maintenant, voici l’histoire qui se raconte :

Un “artiste” – bien qu’aujourd’hui tout le monde connaisse son identité, je préfère utiliser ce terme –, un “artiste” donc va, en s’inspirant des anciennes œuvres du Maître, en créer de nouvelles. Qui, bien entendu, seront imprimées sur les fameuses feuilles déjà signées…
Par la suite, les héritiers n’auront aucun scrupule à dire qu’il s’agissait bien d’œuvres originales, puisque signées de la main du Maître…

Sans doute allez-vous penser que j’exagère… Attendez la suite, nous ne sommes qu’au début de l’histoire !

Maintenant, notre artiste a préparé  sa pierre (je passe sur les détails techniques). L’éditeur va commencer l’impression. Il est d’usage, en fonction du tirage prévu, que 10% des tirages soient marqués “épreuve d’artiste”, ou E.A. ou H.C.
Donc, sur un tirage à 250 exemplaires, il devrait y avoir théoriquement 25 épreuves d’artiste. Mais une fois vendus, qui ira les compter ? vous ? moi ?..
Alors pourquoi ne pas en faire 40… 50… allez, disons 50 en plus des 250 prévus…
 
Le prmier tirage est maintenant terminé (300 exemplaires). Vous ne pensez tout de même pas qu’on va en rester là… Non, un deuxième tirage, qui, lui, sera numéroté en chiffres romains (!), donc, 300 +300=600.
Les deux premiers tirages étaient sur papier d’arches..on va en faire deux autres sur vélin : 600+600=1200.
Encore deux sur papier japon : 1200+600=1800.
Encore deux sur papier vergé : 1800+600= 2400.
Encore deux sur papier japon nacré : 2400+600=3000.

Arrêtons-nous là pour le papier. Encore que….
Les premiers exemplaires avaient un fond bleu. 3000 épreuves sur fond bleu .. eh bien, pourquoi s’arrêter là … on repart pour une série de 3000 sur fond jaune !
3000+3000=6000.
Et encore 3000 avec un fond gris : 6000+3000=9000.
J’arrête ici, bien que…

Que disait-elle, mon amie ? “Tu as vu ma gravure, il n’en existe que 250 exemplaires..”

En 1960, du vivant de l’artiste (mort en 1989), la douane a saisi des milliers de feuilles signées par Dali, qui franchissaient la frontière espagnole… Combien sont passées ?...

Si je vous ai raconté cette histoire, c’est simplement dans l’espoir de vous rendre prudent le jour où vous achetez une gravure.Sachez tout de même que la grande majorité des artistes est honnête… mais les marchands, eux, parfois beaucoup moins…

 
Au fait,1200 € x 9000 gravures… ça fait combien ?
 
10.800.000,00 €
 
 
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La gravure, des origines à Goya


L’estampe est un domaine très mal connu du grand public. La plupart du temps, on imagine qu’il s’agit simplement de la reproduction pure et simple d’une peinture ou d’un dessin.
En fait, il n’en est rien. L’estampe est bien une œuvre originale que l’artiste va créer de toutes pièces en dessinant sur une pierre lithographique ou sur une plaque métallique préalablement vernie (là encore, je ne veux pas vous embêter en décrivant toutes les techniques).

L’estampe date du début de notre ère. Elle fut inventée en Chine, en même temps que l’on découvrait la fabrication du papier. Au début, elle servait à imprimer des images de Bouddha.
En occident, c’est vers le XIVème siècle – avec l’arrivée du jeu de cartes – que va se développer la gravure. Au début, ce sera surtout la gravure sur bois. En dehors des jeux de cartes, ce seront  des images pieuses qui seront imprimées.


 
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Un premier exemple que l’on connaisse d’estampe, considérée comme œuvre originale, c’est la célèbre “Bataille des hommes nus” de Piero Benci Pollajuolo, qui date de 1480. C’est probablement la première fois qu’un artiste signait une œuvre gravée.

 
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Piero Benci Pollajuolo

A peu près à la même époque, Andrea Mantegna va graver quelques planches pour servir de modèles à ses élèves. Ces gravures restant à l’atelier n’étant pas destinées à la vente.

 
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Andrea Mantegna
 
Avec Albrecht Dürer commence véritablement ce qui est convenu d’appeler la gravure d’art.

 

Albrecht Dürer - La mélancolie

Sa première estampe est datée de 1497. Bien qu’étant un très grand peintre, Dürer sera surtout connu pour ses gravures. A l’origine, il était orfèvre et c’est lui qui fera passer la gravure de l’artisanat à l’art.

 
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Albrecht Dürer - Hercules

Vers 1600, Claude Gellée dit le Lorrain réalise quarante-six eaux-fortes.

 
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Rembrandt van Rijn
 
C’est avec Rembrandt que la gravure va être considérée comme œuvre d’art authentique. Rembrandt va, durant toute sa vie, améliorer la technique, effectuant lui-même les tirages – toujours sur les meilleurs papiers, même à la fin de sa vie alors qu’il était dans la misère.

 
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Rembrandt van Rijn

Il va utiliser les bavures laissées par le burin (les barbes). La pierre ponce lui servira à polir sa plaque. Toutes sortes de procédés seront utilisés, un peu comme le fera beaucoup plus tard Georges Rouault.

 
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Rembrandt van Rijn

Certaines épreuves comportent sept états différents. C’est dire à quel point Rembrandt cherchait la perfection…

 
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Rembrandt van Rijn
 
Vers 1740, le célèbre architecte, graveur et archéologue Giovanni Batista Piranèse va graver ses fameuses prisons. Regardez, ça se passe de commentaires…

 
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Giovanni Batista Piranèse
 
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Giovanni Batista Piranèse
 
Jean-Antoine Watteau – qui, rappelons-le, mourut à l’âge de trente-sept ans, et bien que son œuvre peint soit relativement important – a eu le temps de renouveler la gravure en mélangeant deux techniques différentes : eau-forte et burin. Ses gravures étaient souvent réalisées par d’autres graveurs, dont le jeune François Boucher, qui commençait la carrière que nous lui connaissons. Il existe une quarantaine d’estampes de Watteau.

Dès 1730, on cherche par tous les moyens à “colorer” les gravures (J.C. Leblond s’y est ruiné), à imiter la peinture… on ira même jusqu’à coller des estampes sur des toiles.
Beaucoup de recherches sont faites. On imprime successivement les trois couleurs de base et on ajoute le noir. Tout ça ne marche pas très bien. Jusqu’au jour où, grâce à Louis-Philibert Debucourt et Jean-François Janinet, la couleur va naître.

Dès 1760, le Japon connaissait l’âge d’or des estampes avec Kitagawa Outamaro et surtout Katsushika Hokusai – artistes qui furent “re-découverts” par Claude Monet et Vincent Van Gogh.


 
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Katsushika Hokusaï

Et pour “finir en beauté” comme on dit… Goya. Là non plus, il n’y a rien à dire… ouvrez grands vos petits yeux !

 
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Francisco Goya
 
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Francisco Goya
 
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Francisco Goya
 
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L'art de se faire estamper (1)
 
L'art de ne pas se faire estamper (3)
 
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L'art de ne pas se faire estamper (5)
 
 
 
 
 À suivre… si vous le voulez bien   ...
 
   
 
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La gravure, de Goya au XIXème siècle.
 
 
Honoré Daumier - L'amateur d'estampes
 

En 1728, le grand collectionneur et ami de Watteau, Jean de Julienne, qui est à ce moment-là directeur de la Manufacture des Gobelins, va réunir une équipe de quarante-quatre graveurs parmi les plus doués du moment. Ils réaliseront bientôt deux ouvrages : la première partie comprendra trois cent cinquante planches gravées d'après des dessins de Watteau. La deuxième partie sera publiée en 1735 et comprendra deux cent cinquante gravures, toujours d'après Watteau et supervisées par ce dernier. Avec les estampes tirées à part, il existe environ sept cents planches d'après Watteau, qui aujourd'hui sont connues sous le nom de "Recueil de Julienne". A ce moment il n'existe pas de règles précises permettant d'attribuer à une estampe la particularité d'estampe originale. Elles ne sont gènéralement pas signées par l'artiste.  François Boucher, qui avait activement contribué en tant que graveur à la fabrication du fameux recueil, fera lui aussi de la gravure; il existerait environ quarante estampes de Boucher. A la même époque et dans le même esprit, il faudrait aussi citer Jean-Honoré Fragonard et, côté italien, Tiepolo, et sans doute, bien d'autres encore..

 
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Giovanni- Battista Tiépolo
 
Au Japon, à la même période, l'estampe connaît un très vif succès avec Kitagawa Utamaro, le peintre des courtisanes et Katsushika Hokusai, le peintre du Fuji-Yama, qui, on ne le sait pas toujours, finira sa vie en faisant des caricatures = "les gros et les maigres". Il est aussi l'auteur de la célèbre vague intitulée "Le mont Fuji vu de Kanagawa" .

 
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Katsushika Hokusai - Le mont Fuji vu de Kanagawa
 
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Kitagawa Utamaro

C'est au XVIII ème siécle que la gravure va prendre son essort en France. Comme la photo n'existe pas encore, pour voir des peintures, il faut aller dans les palais, les chateaux, les églises ou les quelques lieux publics où elles se trouvent. Les musées n'existent pas encore.  A partir de maintenant, on va pouvoir diffuser un grand nombre d'images représentant les œuvres des maîtres de la peinture. Bien entendu il ne s'agit pas là d'œuvres originales, ces estampes sont fabriquées en très grand nombre, gravées par des "copistes" spécialisés dans ce genre de travail, elles ne sont pas numérotées et encore moins signées. Donc rien à voir avec un original. Il s'agit purement et simplement de reproductions qui cherchent à imiter l'œuvre originale.  Cette abondante diffusion de reproductions va contribuer à la démocratisation de l'art pictural, elle va également permettre d'imprimer toutes sortes de documents comme des cartes géographiques ou des images de mode.  Les estampes françaises bénéficient d'un grand renom grâce à leur qualité due au savoir-faire d 'artisants  hautement qualifiés. La gravure sur bois qui avait été très employée à l'origine est maintenant pratiquement abandonnée, sauf, peut être, pour l'impression de tissus en camaïeu.  C'est maintenant que vont apparaître les nouvelles techniques: eau-forte, manière noire, aqua-teinte, le pointillé etc...  Au XIX° siècle le goût de l'image se développe de plus en plus, tous les salons bourgeois sont "tapissés" d'estampes. On commence à imprimer des images lithographiques dans les journaux. Vous avez sans doute vu d'anciens exemplaires du Petit Journal.

 
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Certaines gravures de reproduction se vendront à des milliers d'exemplaires. C'est le cas de  "La naissance d'Henri IV" d'après Eugène Dévéria (une horreur!). Lamartine raconte que "L'arrivée des moissonneurs" d'après Léopold Robert (c'est pas beaucoup mieux que le précédent ) s'est vendu par million...(Rassurez-vous il n'en reste presque plus. 

 
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Léopold Robert - L'arrivée des moissonneurs

Avec l'avènement des écrivains romantiques va se développer l'illustration lithographique des ouvrages de luxe: de Victor Hugo à Shakespeare, un grand nombre d'illustrateurs vont s'en donner à cœur-joie.  La lithographie va permettre l'illustration d'ouvrages techniques ou de médecine.  Du jour où la photographie fit son apparition, en particulier avec Félix Tournachon dit: Nadar,  tout fut remis en question.
 
 
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Théophile-Alexandre Steinlein

 
 Ingres ainsi que de nombreux graveurs signèrent une pétition affirmant que la photographie n'était pas un art et ne pouvait en aucun cas être confondu avec l'estampe.  En septembre 1862, Edouard Manet publie une eau-forte dans le n°1 de la revue de la société des aquafortistes.

 
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Edouard Manet

 Edgard Degas va, lui aussi s'adonner à la gravure mais ne publie pas officiellement ses planches qu'il réserve généralement à ses amis (si, si, il en avait quelques uns! )  Comme Degas, Camille Pissaro réserve sa production à ses amis. Il aurait parait-il produit plus de deux cents estampes originales. Paul Gauguin pratiquera la gravure sur bois qui correspond tout à fait au côté primitif de son art.

 
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Paul Gauguin

  C'est au début du XIX° siècle que vont s'imprimer les premières affiches lithographiques. Bien entendu Toulouse-Lautrec, mais aussi: Chéret, Bonnard, Steinlein etc...  Dans les années 1900 "La revue Blanche" qui avait permis à un grand nombre d'illustrateurs de se faire connaître disparaît. En Allemagne c'est "Pan" qui disparaît à son tour.  A ce moment là, beaucoup de peintres sont découragés et abandonnent  la gravure.
 
Les Nabis, avec Bonnard mais aussi Paul Gauguin, James Ensor, Odilon Redon, Edouard Munch. Le célèbre marchand Ambroise Vollard se retrouve avec un stock de gravures qu'il mettra plus de vingt ans à écouler. De nombreux livres édités par Vollard sont des chefs-d'œuvres dont à l'époque personne ne voulait.
 
Durant tout le XIX° siècle les amateurs sont un peu perdus entre les "copistes", la photographie, le début de l'imprimerie "mécanique"  Dans un prochain article, nous verrons, si vous le voulez bien comment est survenu le renouveau de l'estampe, et son développement actuel.  
 
 
                                                                           
 
 
            
                                    
            
A suivre...si vous le voulez bien...



 
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La gravure au XX siècle
 
 
Dès le début du siècle, nous assistons à l’essor de la bande dessinée. Avec en particulier Bécassine qui apparaît dès 1905, elle sera bientôt rejointe par d’autres :« Les pieds nickelés »,« Zig et Puce », « Félix le Chat » et tous les héros de Walt Disney « Mickey » <<Tarzan » « Popeye » etc.
L’avènement de la bande dessinée va accentuer ce besoin d’images qui apparaît aussi bien dans les journaux que sur les murs avec l’affiche qui est de plus en plus anecdotique et où l’illustration devient indispensable.
Les amateurs d’art ont été quelque peu échaudés par le «trop plein » de gravures de ses dernières années. Gravures quasi-industrielles destinées à faire connaître les peintures académiques du Salon, œuvres sans goût et sans saveur que fuiront tous les vrais connaisseurs.
Heureusement pour nous, il y aura quelques rares marchands et en même temps éditeurs qui vont faire preuve de clairvoyance et éditeront des gravures d’artistes à un moment où plus personne n’y croit. Encore une fois ce seront les mêmes noms qui reviennent : Ambroise Vollard et Henri Kahnweiler. Ce dernier va éditer la célèbre série des saltimbanques de Picasso (1905). À eux deux, ils vont « récupérer » tous les très bons peintres-graveurs qui, il faut bien le dire, n’intéressent pas grand monde. Parmi eux on citera les noms (entre autres) de : Jacques Villon Juan Gris, Marcoussis, Georges Braque.
 
Dans le domaine de l’estampe au XX˚ siècle, il convient de faire une place toute particulière à Jacques Villon, qui comme chacun le sait était le frère de Marcel Duchamp et du sculpteur Raymond Duchamp-Villon. Durant toute sa vie, il va non seulement graver mais aussi améliorer la technique, c’est lui qui exécutera de nombreuses estampes pour la chalcothèque du musée du Louvre dont nous aurons l’occasion de reparler. Pour la petite histoire, c’est Jacques Villon qui disait : « En peinture, ce qui est difficile ce sont les quarante premières années »
 
Un autre artiste qui me paraît très important dans le domaine de l’estampe est James Ensor. Artiste malheureusement reconnu bien trop tard et si, à la fin de sa vie, on va le qualifier de « prince des peintres » durant toute celle-ci il sera la risée du public ; il faut vous dire que le noble anarchique y était pour quelque chose. Homme révolté probablement, mais sans doute avait-il ses raisons.
 
De nombreux peintres expressionnistes vont s’adonner à l’estampe : Oskar Kokoschka, Emile Nolde, Ernst Ludwig Kirchner. En Angleterre, Stanley William Hayter fonde l’atelier 17 qui permettra à de nombreux artistes de pratiquer toutes les techniques.
 
En 1918 Georges Rouault, à la demande d’Ambroise Vollard, commence une série de dessins qui va servir de base pour une suite de 58 estampes en noir et blanc intitulées : « miserere ». Les tirages seront terminés en 1927. Voici ce qu’écrit Georges Rouault : « Sur chaque planche, avec plus ou moins de bonheur, sans cesse ni arrêt, j’ai travaillé avec différents outils :il n’y a là aucun secret .Insatisfait, Je reprenais le sujet indéfiniment, réalisant jusqu’à douze ou quinze états successifs ; j’aurais voulu que tout soit de même qualité.J’avoue même que je m’y étais attaché et que je ne fus pas du tout insensible à la demande d’un ambassadeur des Etats-Unis qui voulait passer à l’or certains de ces cuivres et les faire incruster dans les murs de l’ambassade » (Miserere Edition Le Léopard d’or - Paris 1991)  Les gravures furent éditées en 1927. Ambroise Vollard fit rayer les plaques afin d’éviter une réédition sauvage.
Par la suite le désormais célèbre marchand demandera à Marc Chagall de réaliser une suite d’estampes pour illustrer la bible.
Ambroise Vollard sera aussi l’éditeur de Picasso. Il édita de nombreuses séries, entre autres les minotaures.
Durant la deuxième guerre mondiale, la production d’estampes va diminuer. il faudra attendre les années 60 pour qu’il y ait un regain de faveur. il faut dire que le prix des peintures ayant considérablement augmenté, les amateurs allaient se tourner vers l’estampe.
 
À la même période, les conditions concernant les gravures d’art sont définies avec beaucoup plus de précision, nombre de tirages, épreuve d’artistes, les marchands sont  beaucoup plus responsabilisés. Si vous achetez une estampe, vous n’êtes plus obligés de vous « faire estamper. » Bien entendu il est relativement facile de faire de fausses gravures, mais vu le risque encouru aucun marchand sérieux ne s’aventurera à le prendre.
Si aujourd’hui vous vous décidez pour l’achat d’une gravure adressez-vous au représentant officiel de l’artiste plutôt qu’à tout autre. Vous ne payerez pas plus cher. 
 
Avec le renouveau de l’estampe, les prix vont flamber : Méfiez-vous des ventes sur le net. Vous trouverez aussi bien des œuvres originales tout à fait intéressantes que des leurres. Dans mon prochain article, je vous parlerai, si vous le voulez bien,   de tout ce qui permet de reconnaître une vraie d’une fausse estampe.
 
 
 
Liens sur ce blog
 
L'art de se faire estamper (1)
 
L'art de ne pas se faire estamper (2)
 
L'art de ne pas se faire estamper (3)
 
L'art de ne pas se faire estamper (5)
 
 
 
 
 
 
À suivre…  Si vous le voulez bien
 
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TOUT CE QU'IL FAUT SAVOIR AVANT D'ACHETER UNE ESTAMPE
 
La dimension : On va vous donner une dimension qui peut être celle du papier comme celle de la partie imprimée. Une petite gravure peut figurer au centre d’une grande feuille ; il existe aussi des gravures sans marges. C’est pourquoi il faudra toujours se renseigner sur la dimension des marges.
 
Le papier : Il existe des quantités de papiers destinés à l’estampe de types et de qualités différents ; cela va du papier d’arches au japon en passant par le vélin. Chaque artiste a ses préférences, chaque éditeur aussi.
 
Le tirage : ou si vous préférez le numérotage. Sur chaque gravure, vous allez voir apparaître deux nombres séparés par une barre de fraction, le premier indique le numéro de votre épreuve, le deuxième le nombre de tirages. Par exemple une estampe numérotée 23/150, cela voudra dire qu’il s’agit du vingt-troisième tirage sur un total de 150. Il faut savoir qu’avant même de tirer les 150 planches, il sera imprimé ce que l’on appelle généralement des épreuves d’artiste (ou E.A.).   Elles représentent 10% du tirage numéroté. Dans notre exemple, il y aura donc 15 épreuves d’artiste, qui dans certains cas peuvent être marquées « hors commerce » (ou H.C.). Certains peintres particulièrement scrupuleux iront jusqu’à numéroter les épreuves d’artistes, généralement en chiffres  romains. Avant de décider de l’impression d’une gravure, il va être fait plusieurs épreuves d’essai, certains éditeurs et artistes n’hésitent pas à les commercialiser ; dans ce cas, elles seront marquées épreuve d’essai.
 
La signature : Les estampes sont signées au crayon de la main de l’artiste, il existe des gravures dont la signature a été imprimée en même temps que l’image. C’est ce que l’on appelle des gravures signées dans la planche. La différence est parfois difficile à faire pour un néophyte et certains marchands peu scrupuleux d’en profiter.

Où acheter une estampe ?  Pour être certain de ne pas se faire estamper le mieux est encore de l’acheter, lorsque cela est possible, directement à la galerie qui représente l’artiste. Une galerie qui a pignon sur rue ne prendra pas de risques. Si vous deviez acheter un Picasso, plutôt que d’aller dans une obscure salle de ventes, autant se rendre à la Galerie Louise Leiris qui a représenté Picasso durant toute sa vie et vous donnera avec la facture le certificat d’authenticité (si vous deviez un jour la revendre…) Vous ne la payerez pas plus cher.
 
Bien sûr, vous allez me dire « et le net ? ». Sur la toile, on trouve de tout et si vous n’êtes pas un spécialiste, on vous y attend comme au coin du bois. Un exemple : On peut trouver une reproduction d’une estampe de Dali (encore lui !) imprimée en offset, comme un vulgaire journal, prix de revient nul ; bien entendu, la signature est imprimée en même temps que l’image. Pour leur donner un vague air d’authenticité, elles sont numérotées au crayon et vendues 150,00 €. Vous trouverez aussi des gravures originales d’après Picasso, cela veut dire que certaines planches ont été faites en reproduisant une œuvre du maître. C’est ce que fait Marina Picasso, qui signe <<collection Marina Picasso», donc il n’y a pas d’arnaque. De plus le bénéfice de ses ventes va en grande partie à des œuvres humanitaires. Mais si on n’est pas prévenu on peut penser détenir un original de Picasso.

Autre inconvénient du net, il est impossible de voir si la signature est « dans la planche » ou de la main de l’artiste. Un bon conseil, n’achetez jamais une estampe sans la voir. Un bon moyen de reconnaître une fausse estampe : à l’odeur, une « bonne » litho sent très fort l’encre grasse.

Pour ceux qui auraient peur de se faire estamper :


Il existe un lieu où vous allez avoir le choix entre 13.000 estampes, c’est  la chalcothèque du musée du Louvre, située au premier étage au-dessus de la librairie. Vous y trouverez certainement votre bonheur. Les estampes sont tirées à la demande. Bien entendu, elles ne sont pas numérotées, mais portent (estampé en relief) le cachet de la réunion des musées nationaux. Les prix sont très raisonnables. Un exemple, vous pouvez acquérir une lithographie de Pierre Alechinsky (dimension de la feuille 63 x 90 cm.) pour 180,00 € (dans le commerce la même signée par l’artiste et numéroté vous coûterait sans doute près de 1.500,00 €.).  Souvenez-vous de la reproduction de Dali pour 150,00 €… Vous pourrez aussi acquérir une gravure d'après Rembrandt, ou une très belle carte ancienne etc.
 
Les prix : Il y en a à tous les prix. Une gravure originale de Rembrandt s’est vendue 800.000,00 € .Une de Picasso datée de 1937 pour 1.000.000.00 €.  La grande odalisque de Matisse 666.000,00 €. Une « Marilyne » d’Andy Warhol 347.000,00 €.
Vous pouvez acheter de très belles estampes entre 300,00 et 1000,00 €. et ainsi commencer votre carrière de collectionneur.



 
 
Liens sur ce blog
 
 
 
L'art de ne pas se faire estamper (3)
 
 
 
Si vous voulez en savoir un peu plus sur les différentes techniques de gravure, voici quelques liens utiles.
 

 

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TM = Technique mixte.

ST = Sans titre.

 

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BMC - De la série “Mes naissances” - TM - “Attention les enfants regardent” - 110 x 75 cm.

 

Je ne sais pas pourquoi j’ai envie de vous dire ça, peut-être le moment est-il venu. Je ne suis plus tout jeune alors… Peut-être vaut-il mieux ne pas perdre de temps. De toute façon, cela ne changera rien à la suite des événements. 

 

Merci à tous ceux qui on cru en ma peinture. 

 

Ils ne sont pas nombreux, mais je sais qu’ils sont sincères. 

 

En premier lieu, bien entendu, Ma Muse, sans elle jamais je n’aurais réalisé ce que j’ai fait. C’est bien grâce à elle que j’ai tout quitté pour consacrer tout mon temps à ma peinture. Quand je dis, j’ai tout quitté, je devrais dire, “nous avons tout quitté”. Elle était totalement partie prenante dans cette affaire. Nous travaillions dans la même société, elle était ma secrétaire, j’avais un poste important dans une entreprise japonaise dont je ne vous donnerai pas le nom, mais il ne vous faudra pas beaucoup d’imagination pour trouver, dois-je dire qu’il commence par C et finit par n. 

 

Après maints entretiens avec mes patrons japonais, l’affaire fut conclue, il aura tout de même fallu trois ans, de discussions, d’incompréhensions, pour en venir à bout. Mes chers Japonais ne comprenaient pas : “Comment BMC-San, vous avez la chance de travailler  avec nous et vous voulez nous quitter ?” Pour un Japonais, c’était inimaginable. Tout ça pour faire de la peinture ! 

 

Ils semblaient avoir une certaine estime pour moi ? 

 

Bref, le départ fut pour nous une libération, même si on ne savait pas très bien où nous allions.

Les années qui suivirent furent difficiles, pour ne pas dire très difficiles. Plusieurs fois il s’en est fallu de peu que nous ne nous retrouvions à la rue. Je ne vais pas ici vous raconter toutes les ruses  pour échapper aux huissiers, toutes les fois où nous avons descendu les tableaux à la cave pour les soustraire aux yeux des représentants de la loi. La vente de quelques meubles ou gravures de collection etc. 

 

Tout cela serait bien trop long à vous raconter et sans doute un peu fastidieux. 

 

Aujourd’hui ceux qui ont cru en ma peinture sont toujours là. Alors je voudrais dire MERCI, à l’ami Richard (et Dorine), un des premiers à m’avoir acheté plusieurs tableaux.

 

Et aussi à ceux qui n’ont jamais douté. Merci Doris de croire encore et depuis toujours en ma peinture. 

 

Et merci à tous les anonymes qui sur mon blog ont manifesté leur intérêt pour mon travail.

 

Quelques peintures de BMC

 

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BMC - De la série “La mort” - “La dernière bataille” - TM - 110 x 75 cm.

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BMC - De la série “Cruci-Fiction” - TM - ST - 110 x 75 cm.

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BMC - De la série “Les prisonniers” - TM -ST - 110 x 75 cm.

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BMC - De la série “Les restes du monde” - TM - ST -65 x 50 cm.

 

Voir la suite dans les albums BMC

 

  ♡♡♡

 

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     Dédié à Loulou Heyral   

 

 

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Comment toi, BMC., tu peux aimer la corrida ?

 

Toi qui adore les animaux. Toi et tes chats. Toi qui ne ferais pas de mal à une mouche ????

 

C'est dur d'assumer ses ambiguités. Attendez la suite.

 

La première fois, c'était à Nîmes, dans les années soixante : Litri, Camino. Le troisième torero,  j'ai oublié son nom. Un ami m'avait dit "Tu n'aimeras pas, mais il ne faut pas mourir idiot. Et au moins, tu pourras en parler en connaissance de cause".

 

 

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Photo BMC

 

Je n'étais pas très fier en me dirigeant vers les arènes. J'étais mal dans ma peau, un peu comme, tout petit, la première fois que l'on m'avait emmené chez le coiffeur et que je me demandais ce qui allait bien pouvoir m'arriver?

L'ambiance autour des arènes est très particulière. Soleil. Musique. Pastis. Odeur de crottin. Vendeurs d'affiches. Chapeaux en papier. Sans parler de ceux qui essaient de vous refiler à prix d'or des billets (vrais ou faux) places garanties à l'ombre.

 

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Photo BMC

La chapelle où les toreros se recueillent avant la corrida (Nîmes)

 

Nous sommes un peu en avance. Assis sur une pierre deux fois millénaire, j'observe : l'espace est impressionnant. La foule, de plus en plus dense, s'agglutine jusqu'en haut des gradins. Les places réservées des premiers rangs sont maintenant occupées. Le nom du premier torero est affiché. Le poids du toro est de 435 kilos.

 

 

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Photo BMC

 

 La pendule indique 16 heures et 59 minutes. Les portes s'ouvrent. On aperçoit quelques silhouettes colorées. Musique Maestro = le Grand Air de Carmen : C'est le paseo.

 

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Photo BMC

Selon un protocole immuable, tous les participants entrent : d'abord les toreros, le chef de lidia à gauche, le plus jeune au centre, avec ou sans leur montera (chapeau) selon qu'ils ont  ou non déjà toréé dans cette arène.

 

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Le défilé traverse toute l'arène pour s'immobiliser face à la présidence. Les toreros saluent, déposent leurs capes d'apparat.

 

Un grand silence règne. Tous les yeux, 20 000 personnes, 40 000 yeux sont tournés vers la sortie du toril.

 

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Tel un monstre de l'antiquité, la bête surgit. Peut-être, à ce moment-là, se réveillent dans notre inconscient, quelques "souvenirs"  de vies antérieures, de sacrifices, de mythologie? Que sais-je ?

 

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Photo BMC

 

La tauromachie est tout sauf un spectacle. C'est avant tout un art. Pourquoi croyez-vous que les peintres s'y soient tellement intéressés ? La corrida est un rite auquel le spectateur participe. Qui dit rite dit initiation. Si vous vous laissez "prendre au piège", vous n'en sortirez pas indemne.

 

Le toro était enfermé dans un "cabinet sombre". Il se retrouve ébloui, face à une lumière aveuglante. Ce passage brutal de l'ombre à la lumière le rend furieux .

 

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Photo BMC

 

Les peons agitent leur cape (la cape est généralement rose avec l'intérieur jaune ( il y a de rares exceptions). Ils vont attirer l'attention de l'animal, le "fixer", regarder comment il se déplace, essayer de comprendre son comportement. Aucun toro ne réagit de la même façon. Si, par malheur, le fauve boîte, a un comportement "bizarre",  le public demande  le changement. Le président, s'il le juge opportun, sort un mouchoir vert et le toro est remplacé (c'est très rare).

 

Maintenant, le maestro fait son entrée. Suit une série de passes de cape. Il en existe des quantités, qui, chacune porte un nom particulier : la véronique est inspirée par la façon dont sainte Véronique aurait essuyé le visge de Jésus, la serpentine, la chicuelina, la gaonera, la larga à genoux, etc...

 

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Photo BMC

 

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A présent, les picadors font leur entrée. Ils sont l'objet de toutes les polémiques concernant la corrida. La pique est indispensable pour tester la bravoure du toro, sa puissance.

 

 

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Photo BMC

 

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Ayant subi l'épreuve dela pique, il n'a plus le même comportement. Ses charges deviennent plus précises, plus droites, beaucoup plus dangereuses aussi. Généralement, c'est le président qui demande d'arrêter la pique en agitant un mouchoir blanc.

 

C'est  le tour des banderilleros.

 

Les poses de banderilles sont un des moments les plus spectaculaires de la corrida. Parfois, c'est le maestro lui-même qui les pose(Le plus souvent les peons) . Je me souviens de Nimeno II, debout le long des tablas (la barrière qui entoure la piste) plantant les banderilles alors qu'il se trouvait coincé entre le toro et les planches.

 

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Photo BMC

 

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 C'est maintenant que tout va commencer. Le matador ôte sa montera. Soit il "brinde" (dédicace) cette corrida au public ; dans ce cas, il salue l'ensemble des spectateurs et pose son couvre-chef à l'endroit précis où il a l'intention de tuer le toro. Soit il donne sa montera à garder à la personne à laquelle il dédie sa faena (dernière partie de la corrida).

 

 

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Après avoir déposé sa cape, il prend maintenant la muleta. Très différente de la cape, la muleta est taillée dans une pièce de tissu rouge. Beaucoup plus petite, elle est aussi plus légère ( ce qui pose problème lorsqu'il y a du vent) A nouveau, le maestro va enchaîner une suite de passes. C'est un des moments où il va prendre le maximum de risques.

 

L'animal, de plus en plus conscient que ce chiffon rouge n'est qu'un leurre va s'intéresser à l'homme qui sa cache derrière. C'est maintenant que s'exprime tout l'art du torero.

 

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           tauromachie,corrida,

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tauromachie,corrida,

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tauromachie,corrida,

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tauromachie,corrida,

Photo BMC 

La faena peut durer plus ou moins longtemps. C'est le torero qui décide. Maintenant le silence se fait. Le matador se prépare pour l'estocade (probablement le moment le plus risqué pour lui).

Je ne connais personne qui aime voir tuer un toro. Pour que la mort soit la plus rapide possible, l'épée doit être enfoncée jusqu'au poumon.

 

La faena peut durer plus ou moins longtemps. C'est le torero qui décide. Maintenant le silence se fait. Le matador se prépare pour l'estocade (probablement le moment le plus risqué pour lui).

Photo BMC

 

La faena peut durer plus ou moins longtemps. C'est le torero qui décide. Maintenant le silence se fait. Le matador se prépare pour l'estocade (probablement le moment le plus risqué pour lui).

Photo BMC

 

Il y a deux façons de donner l'estocade :

        -    a volapie : le torero, face à l'animal, se "jette" entre les cornes et enfonce son épée,

        -    a recibir : le torero ne bouge pas et attends que le fauve, de lui-même, se jette sur l'épée.

 

 

Il y a deux façons de donner l'estocade : - a volapie : le torero, face à l'animal, se

Photo BMC

 

Comme vous le savez sans doute, suivent les "récompenses"; une oreille, deux oreilles, deux oreilles et la queue.

 

  vuelta,

Photo BMC

 

En général, le public (si c'est mérité) réclame une oreille en agitant un mouchoir blanc. Le président ( après s'être fait un peu prier , “tirer l'oreille”) abaisse son mouchoir.

 

Il arrive que le public réclame une deuxième oreille, que le président n'accorde pas. Dans ce cas, on assiste à un phénomène qui rend perplexe les néophytes : la foule applaudit (le torero) et ensuite hue (la présidence). (bravo!) (Hououou!) ( "y sont fous, ces Romains")

 

 

tauromachie,corrida,

Photo BMC

         

Si le toro a été excellent,il a droit à une vuelta (un tour de piste). Il peut aussi être grâcié. Dans ce cas, le matador simule la mise à mort. Il finira ses jours au campo en tant qu'étalon, et aura sans doute beaucoup d'histoires à raconter à ses congénères...

 

 

                                                                                               

        A suivre ... (ou pas !)

 

 

 

 

 

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  Art et Tauromachie Deuxième partie

 

 

 

 

 

 

Goya tauromachie 

 

 

 

      

 

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  tauromachie,

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Publié le par BMC

           Dédié à Loulou Heyral  

 

 

  corrida,

Photo BMC

 

 

Comment, lorsqu’on n’a aucun don d’écrivain, raconter l’inracontable ?

 

Le 21 septembre. À Nîmes, c’est la féria des Vendanges. Ce jour-là, Marie-Sara doit recevoir l’alternative des mains de Conchita Cintron. Si vous aimez l’art équestre, ne vous privez pas du spectacle que procure une corrida à cheval. Je reconnais qu’il y a de quoi être “scotché”.

 

 

conchita cintron,

Conchita Cintron

 

 

L’image de Conchita Cintron (69 ans à l’époque, décédé le 17 février 2009 à l'âge de 86 ans) restera à jamais imprimée dans ma mémoire.

 

 

conchita cintron,

Conchita Cintron

 

 

Mais tout ça n’était rien à côté de ce qui allait suivre :

Etait ensuite programmée une corrida à pied avec Curro Romero.

 

    Curro Romero, le pharaon de Séville.

 

C’est pas un torero, c’est une légende. Certains aficionados attendent depuis des décennies (je n’exagère pas) de voir une de ces faenas dont il a le secret et dont on parlera durant des années.

 

 

curro romero,

Curro Romero à Seville

 

 

Seulement voila… Curro face à un toro a plutôt tendance à lui tourner le dos et partir sous une pluie de coussins et la bronca (huées) des spectateurs. L’histoire raconte qu’un jour, circonstance agravante : en Espagne, il a quitté l’arène en courant. Les policiers (ça rigolait pas là-bas à cette époque) l’ont retrouvé dans le hall de la gare, en habit de lumière, prêt à sauter dans le premier train… C’était tout simplement passible de prison !

 

 

dubout,

Dessin de Dubout

 

Mais revenons à notre corrida. Conchita Cintron descend de son cheval et s’adresse au “pharaon” en ces termes : “J’ai entendu dire que parfois vos faenas … etc, etc…” J’ai un peu l’impression de vous raconter l’histoire du corbeau et du renard… En tous cas, c’est ce qu’il ne fallait pas dire – ou plutôt ce qu’il fallait dire ! – au maestro pour le mettre en condition.

 

C’est enfin le tour de Curro Romero.

 

La porte du toril s’ouvre. Le fauve fait son entrée. Les péons agitent leur cape. Le maestro fait trois pas dans l’arène. D’un revers de la main, il renvoie tout le monde derrière les burladeros.

 

 

 

curro romero,

Curro Romero

 

 

Cet homme de 58 ans à l'époque  est ridicule. Un peu chauve, largement bedonnant. En costume de lumière, on s’attendrait à le voir sur la scène du Chatelet aux côtés de Luis Mariano, mais certainement pas face à un monstre au cœur de l’arène…

  

Et le miracle s’accomplit. Le torero, à une extrémité des arènes, cite le toro, les pieds joints. Tel une cariatide, il reste de marbre face à la charge du toro, qui s’élance de l’autre bout de l’arène.. Première passe de cape. Olé! Quelqu’un, à côté de moi, murmure “C’est une véronique d’anthologie”. Ses pieds n’ont pas bougé. La cape tourne. La bête semble soudée à elle. L’homme et l’animal ne font plus qu’un.

 

Un silence impressionnant règne dans l’arène. Vingt mille personnes et pas le moindre éternuement. Pas le moindre murmure. À croire que les mouches se sont arrêté de voler… Le torero, le toro, les spectateurs ne forment plus qu’un être unique. Oserai-je employer le terme d’égrégore ?

 

Suit une faena comme on peut en voir une fois dans une vie – et encore, avec beaucoup de chance… On a tous  le souffle coupé.

 

 

CE JOUR-LÀ, LE TEMPS S’EST ARRÊTÉ.

 

 

Ce fut un ressenti physique, très fort et partagé par l'ensemble du public : nous étions quelque part hors de l'espace et du temps.

 

Mais tout a une fin. Curro Romero doit tuer son toro. Bien entendu, il le fera comme il sait le faire : très mal. Carrément placé sur le côté (eh! eh! c'est moins dangereux !). Ce qui ne lui vaudra qu’une oreille.

 

Mais tous ceux qui ont assisté à cette corrida ne l’oublieront jamais. Il y a des images qui restent ancrées dans nos souvenirs. Ces images ne font pas partie du passé; elles refont surface chaque fois que nous y faisons appel.

 

Puis Curro Romero fait sa vuelta (tour de piste). Attention, on ne lance pas de fleurs au “pharaon” !  Heureusement, tout le monde, à tout hasard et sans conviction, avait apporté un petit brin de romarin…

 

Cette corrida a été tellement extraordinaire qu’un livre entier a été écrit sur ce combat.

 

Comme tout ce qui fait parler, la corrida en a fait dire, des bêtises. Et ce n’est certainement pas fini.

 

Tout le monde pense que c’est la couleur rouge qui rend le toro furieux.

 

     “Enfants, voici des bœufs qui passent,

    Cachez vos rouges tabliers”

 

    (Victor Hugo – La légende de la nonne)

 

 

Une corrida avait été organisée à New-York, il y a longtemps, C’était pour le moins insolite. Tous les défenseurs des animaux cherchaient un moyen de l’empêcher. Ils eurent cette idée "géniale" : d’accord, à condition de ne pas utiliser de “chiffon rouge” !..

 

 

 

la corrida verte, bmc,

Photo BMC

 

La corrida verte par BMC - 4 Panneuax de 110 x 75 cm.

 

 

Cette course eut lieu. On utilisa une muleta verte. Ce qui, bien sûr, ne changea rien au comportement du toro, au grand dam de tous les anti-corrida.

 

J’aimerais maintenant m’adresser à tous les détracteurs de la tauromachie :

 

Bien sûr, je n’aime pas voir souffrir un animal. Si demain on me demande de signer une pétition pour interdire la corrida, honnêtement, je ne sais pas bien quel sera mon comportement. Sans doute, signerai-je des quatre pattes.

 

Mais ce que je n’arrive pas à comprendre, ce sont ces gens qui vont, avec raison certes, défendre les bébés phoques, s’insurger contre le commerce de la fourrure (je suis de tout cœur avec eux), mais qui, hypocritement, s’attablent devant une escalope de veau. Vous avez déjà vu un petit veau ? C’est adorable “oh qu’il est mignon !” Seulement voila, le même élevé en batterie, attaché entre quatre planches, bourré d’antibiotiques et d’anti-stress … Et les poulets … Il y a aussi la langouste qui DEMANDE à être ébouillantée vivante, le homard qui DEMANDE à être coupé en deux, vivant… Vous savez comment on tue les lapins ?..

 

Peut-être, j’ai pas tout compris.

 

En tous cas, une chose est certaine : si demain je dois renaître taureau, je préfère bien vivre quatre ans toro au campo en broutant l’herbe des meilleures prairies andalouses, pour ensuite mourir en me battant plutôt que vivre quelques mois entre quatre planches (c’est déjà un cercueil) pour être ensuite tué “proprement” au pistolet électrique.

 

Et des bêtises, on en dit beaucoup aussi concernant les chevaux.

S’il est vrai que dans les années 1900, le cheval n’était pas protégé, on assistait alors à un carnage. Heureusement vint un certain monsieur Heyral (le papa de Loulou, à qui est dédié ce texte) qui a inventé le caparaçon.

 

  caparaçon,

  Photo BMC

 

Sans entrer dans le détail, le caparaçon est une sorte de grand manteau de cuir armé, attaché sous le ventre du cheval et descendant jusqu’aux pattes. Avec cette armure, le cheval ne risque rien. Il arrive exceptionnellement qu’il soit renversé. Dans ce cas, c’est le plus souvent l’homme qui risque d’être coincé sous le cheval. Mais c’est tout-à-fait exceptionnel. Aujourd’hui, les chevaux de picadors français finissent leurs jours dans une “maison de retraite équine" en Normandie ou ailleurs.

Je voudrais également parler de tous ceux qui souhaitent la mort du torero… Face à un tel état d’esprit, il n’y a pas grand-chose à dire. Dois-je vous dresser la liste de tous ces jeunes gens qui, rêvant de devenir torero, ont perdu une jambe ? Lisez les revues tauromachiques à la rubrique “blessures”. Combien de toreros sont morts dans l’arène ? Combien se sont retrouvés handicapés à vie?  Je ne souhaite à personne de voir le “spectacle” d’un toro s’acharnant sur un homme…

 

 

 

toro,

  Photo BMC

 

 Pour terminer, j’ai envie de vous raconter :

 

“ la belle histoire” :

 

 

1er mai 1991. Les arènes Paul Ricard. C’est en Camargue, des petites arènes, presque privées. Ce jour-là était organisé un festival taurin. C’est un peu, si l’on peut dire, une corrida “entre amis”. Le torero ne revêt pas l’habit de lumière. Souvent d’anciens matadors ou des peons participent. Ce jour-là, il y avait entre autres concurrents, le directeur de l’école de tauromachie de Nîmes. Disons, c’est très convivial.

 

 

Louis heyral,

 

 

Nous parlons longuement avec Loulou Heyral (c’est l’homme des chevaux). Ma Muse (allez-donc savoir pourquoi) lui demande de signer ce qu’elle appelle son carnet de pouvoir, dédicacé par nombre des grands toreros du moment.

 

 

corrida;

 

La corrida a lieu dans une ambiance bon-enfant.

Nous allons partir. Au sortir de la course, nous sommes hélés de loin par Loulou (bien qu'il soit en grande conversation avec une bonne dizaine de personnes) qui agite la main en criant “Salut les amoureux!!!” On ne l’a plus jamais revu. Probablement est-il en train d’effectuer une dernière vuelta au paradis des chevaux…

 

loulou heyral,

 

      Loulou Heyral   -   Photo B.M.C.

 

 

 

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