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ENTREZ LIBRES

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Voyage au pays de l’art brut



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Aloïse


 

 

La plupart des artistes qui se consacrent à l’art brut ont le plus souvent une démarche anecdotique; ils concrétisent leurs rêves plus qu’ils n’ont une démarche artistique.
Ce n’est pas le cas pour deux d’entre eux qui émergent du lot. Je veux parler d’Aloïse mais aussi de Gaston Chaissac, à qui nous avons déja consacré un article. Chez eux, l’intellect prend autant de place que l’inconscient, ce qui n’est certainement pas le cas de leurs congénères. Ils ont une recherche purement picturale.
Aloïse est née à Lausanne, ville où elle fait ses études. Sa jeunesse sera marquée par le décès de sa mère, alors qu’elle est à peine âgée de onze ans.
Après avoir obtenu son baccalauréat, elle rêve de devenir cantatrice. Mais c’est bien connu… les rêves restent dans la boîte à rêves… et Aloïse ne sera pas cantatrice mais couturière.

 
 
A la suite d’une déception amoureuse, elle va s’expatrier en Prusse où elle occupera divers postes de gouvernante ou d’institutrice privée.
C’est ici un des grands tournants de sa vie. Elle va être employée chez le chapelain de l’empereur Guillaume II.
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Et voilà Aloïse amoureuse folle du roi de Prusse. Comme on peut s’en douter, Guillaume II a d’autres chats à fouetter. Nous sommes à la veille de la guerre. Et les amours d’Aloïse resteront des amours imaginaires. La guerre ayant éclaté, Aloïse se voit contrainte de retourner en Suisse dans sa famille. Là, elle manifeste avec tant d’exhaltation ses sentiments religieux, pacifistes et humanitaires que tout le monde s’inquiète. En 1918, sa famille finit par la faire enfermer à l’asile d’aliénés de Cery.
 

 

 
Deux ans plus tard,   elle sera internée à vie à la Rosière. C’est alors qu’elle commence à dessiner “en douce”. Elle fera d’abord des dessins au crayon ( à la mine de plomb comme on disait à l’époque). Elle écrit des petits textes, des poèmes, des lettres. Plus tard, elle écrira même une cosmogonie.
Elle supporte difficilement les moments où elle est lucide. Elle écrit à sa famille  “Ici, on nous éteint le plus possible”.
Aloïse peint généralement sur du papier d’emballage avec tout ce qui lui tombe sous la main : craies, dentifrice, crayons…

Pour réaliser de grands tableaux, elle coudra ensemble plusieurs dessins.

 

Son médecin-traitant, Jacqueline Porret-Forrel s’intéresse tout particulièrement à son œuvre peint mais aussi à ses écrits. C’est grâce à cette dernière qu’à compter de 1936 ses créations seront préservées de la destruction.

 

Aloïse s’éteint en 1964.
Une fois encore, c’est à Jean Dubuffet que nous devons la découverte d’Aloïse.

 


 

 

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Voyage au pays de l’art brut     
 
 
Adolphe-Julien Fouéré


 
Décidemment, l’ouest de la France est très riche en créateurs singuliers. Aujourd’hui, c’est à Rotheneuf que nous nous rendons, à la rencontre d’un étrange curé.
Adolphe-Julien Fouéré est né à Saint Thal (35) le 4 septembre 1839. Rien de particulier concernant sa prime jeunesse.
En 1863, à vingt-quatre ans, il est ordonné prêtre et affecté à Rotheneuf, qui se situe entre le Mont-Saint-Michel et l’estuaire de la Rance.
 
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En 1870, il devient subitement sourd et muet. Sans doute en avait-il assez entendu, peut-être n’avait-il plus rien à dire… C’est ainsi que la voix de Dieu devint impénétrable pour ses paroissiens qui à dater de ce jour le surnommèrent l’Ermite ou l’Ancien recteur.

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C’est seulement vingt-quatre ans plus tard qu’il va commencer son œuvre. Allez donc savoir quel diable l’a piqué?... Voila-t-y pas que notre curé, armé d’un ciseau et d’un maillet, se met à sculpter les rochers environnants…

 
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Que sculpte-t-il ? Je vous le donne en mille : l’histoire de la famille des Rotheneuf.
Vers la fin du XVI ème siècle, cette famille connue dans toute la région, va s’illustrer par des faits et des méfaits. Etablissant leur territoire entre le Mont-Saint-Michel et Saint-Malo – plus exactement entre deux criques : le gouffre de l’enfer et le gouffre du paradis, ils vont se livrer à toutes sortes de rapines et de contrebande.


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Les Rotheneuf eurent, grâce, ou à cause de leurs exploits, une renommée qui alla bien au-delà de la Bretagne. Trafiquants et hommes d’armes de tout poils se mirent à leur service. A commencer par le célèbre Jean de Caulnes – dit l’Egyptien – qui, à cette époque ce n’était pas très courant, parlait plusieurs langues. D’autres personnages atypiques se joignirent à eux. Tous portaient des sobriquets significatifs : le Fakir, l’Ours, le Haut Queue.
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Les Rotheneuf furent exterminés par les troupes révolutionnaires. On raconte que leur chef est mort les armes à la main, dévoré par un monstre surgi des flots.

Durant les seize dernières années de sa vie, l’abbé va sculpter plus de trois cents personnages sur environ 500 m2 de rochers. On retrouvera tous les héros du clan des Rotheneuf, mais aussi des monstres, des démons, toutes sortes de chimères.

 
 

Abandonné durant plusieurs années, ce lieu est maintenant réhabilité et je ne saurais trop vous conseiller de vous y rendre.

 

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                           Voyage au pays de l’art brut


 
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Robert Tatin - La Frénouse
 
 
 
Comme c’est le temps des vacances, qu’il fait beau, très beau, .. trop beau, j’ai décidé de continuer mon tour de France des fous de l’art brut dans leurs drôles d’ateliers. Et justement, ça tombe bien, puisque notre homme du jour  était compagnon charpentier du tour de France. De plus, il était originaire de Laval, comme l’illustre douanier dont nous avons parlé dans notre dernier article.
 
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Robert Tatin - Lettre  fenêtre
 
 
Il naît en 1902. Son père était forain. Il ne fréquentera que très peu l’école. Encore très jeune, il est employé en tant que tâcheron chez le père Baglin à Laval.
De 1918 à 1922, il réside à Paris où il fréquente de nombreux artistes d’avant-garde, parmi lesquels Pablo Picasso, Chagall etDubuffet.



Robert Tatin - Pablo Picasso
 
 
Il parcourt ensuite le pays pour effectuer son tour de France de compagnon charpentier.
Par la suite, il va voyager. D’abord en Europe : Italie, Suisse, Corse, Sardaigne, etc…
En 1951, il part en Amérique du Sud. Au Brésil, il obtiendra une petite renommée en tant que peintre et céramiste.

 
 
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Robert Tatin - L'homme au camelia


 
Son goût des voyages ne le quittera jamais. Il dira de lui, en plaisantant : “Je suis un auto-dit-d’acte”.
 En 1961, de retour à Paris, il obtient le Prix de la Critique.
Il découvre, dans un petit village (Cossé-Le-Vivien), une minuscule maison en ruines (La Frénouse). Elle est très ancienne – une partie daterait du sixième siècle. Il la choisit pour son orientation (est/ouest) ; c’est elle qui va servir de base à ce qui sera l’œuvre de sa vie. C’est là qu’il sera enterré.
 
 
 

 
Son musée, aujourd’hui.
 
 
Il fut inauguré par André Malraux (décidément, toujours lui !…).
Pour y accéder, on arrive par une allée d’environ  quatre-vingt mètres de long, pompeusement nommée “Allée des géants”. De chaque côté de cette dernière sont alignés dix-neuf statues. Elles ont une particularité = les premières mesurent deux mètres cinquante, les dernières quatre mètres de haut… et comme l’allée est en pente, le visiteur a l’impression que le chemin est horizontal !
 

 
La Frénouse - Allée des géants
 
Les deux premières statues, Jeanne  d’Arc et Vercingétorix, représentent son enfance, lorsqu’il apprenait l’histoire de France.
Les deux suivantes, le verbe “être” et le verbe “avoir”.
Au troisième rang, on trouvera la Vierge de l’Epine (nom du lieu) et sainte Anne (c’est le côté mystique et religieux – peut-être devrais-je dire supersticieux ..).
 
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Robert Tatin - Alfred Jarry
 
Je vous laisse le soin de passer en revue les autres statues lors de la visite que vous ne manquerez pas de faire à La Frénouse.
 
 

 
 
Robert Tatin - Toulouse-Lautrec
 
 
De nombreux personnages illustres y figurent également. Je cite en vrac : le douanier Rousseau, Toulouse-Lautrec, Picasso, Rembrandt, Van Gogh, Alfred Jarry (et sa bicyclette), Delacroix, Léonard de Vinci, Jules Verne…
 
 
Robert Tatin - Suzanne Valadon et Utrillo
 
 
Aux quatre coins cardinaux correspond une porte : la porte Notre-Dame-de-tout-le-monde symbolise le lien entre la terre et le ciel. Elle est dédiée à tous nos pères et à toutes nos mères.
Il y a aussi la Porte du Soleil, celle de la Lune et la Porte des Géants.


 
 


Robert Tatin - La porte de la lune
 
 

  A côté de l’entrée, se tient un dragon.


 


 
Robert Tatin - Dragon
 
 
Robert Tatin voulait établir un lien entre la pensée orientale et la pensée occidentale, qu’il jugeait beaucoup trop étroite.
 
 

 
Robert Tatin - Sinaï ou fleur de lis
 
 
N’oublions pas son œuvre peint, qui, s’il était beaucoup moins anecdotique que ses réalisations architecturales, était – à mon avis – beaucoup plus intéressant du point de vue artistique.
 
 
Robert Tatin - Café de Flore
 
 
Robert Tatin mit douze ans (aidé, il faut le dire, par sa femme) pour terminer son œuvre; il y a vécu pendant vingt ans.
 

Robert Tatin - La Frénouse
 

 

 

 

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Quand un philosophe vous répond, on ne comprend même plus ce qu'on lui avait demandé.
 
                                               André Gide
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Je suis une vieille grosse pute !
Traduction = je suis une femme plus toute jeune et (passagèrement, si, si !!) légèrement enrobée…

Grosse colère !!!

Dans un sens, je suis rassurée… Materrazi n’a pas balancé d’insulte raciste à Zizou. Il a seulement “traité” sa sœur et sa mère (qu’est-ce qu’elles avaient à voir avec un match de foot ?? qu’on m’explique…)
C’était donc seulement des insultes sexistes !
Ouf !
Encore que…
Y en a marre. On est plus de la moitié de la population mondiale, nous les filles, et y a encore des gros tarés qu’ont pas capté !

Alors, autant vous le dire tout de suite : je suis une femme, je suis musulmane, je suis juive, je suis black, je suis tutsi, je suis tchetchène, je suis libanaise, je suis tibétaine, je suis blonde et je la ramène …

Mesdames les “Chiennes de garde”, quand vous aurez fini de bronzer sous le soleil des tropiques, peut-être qu’il faudrait passer à l’attaque ? Un bon procès, non ? Suis prête à me porter partie civile..

Marre des insultes sexistes, racistes et autres saloperies en “iste”.

Allez les filles = on se secoue la touffe !!!!!
 

http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/fabriquenew/photos/320120369-photo.jpg
http://www.radiofrance.fr/
 
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Henri Rousseau dit "Le Douanier"  

 

La différence n’est pas facile à faire pour le néophyte.
L’art naïf, comme l’art brut, est pratiqué par des personnes dépourvues de toute culture artistique et ne connaissant généralement rien – ou presque – à la technique. Ils ignorent tout des canons de l’Art, de même qu’ils ne tiennent aucun compte des modes.
Aussi bien les uns que les autres trouveront un style et une technique particulière qu’ils utiliseront toute leur vie, ne cherchant que rarement à l’améliorer.
 
L’art naïf est un art populaire. C’est un art d’imagier. Il est spontané. Sans doute a-t-il quelque chose à voir avec l’art des enfants. Il est généralement pratiqué par des “gentils”: il a presque toujours un côté ingénu. C’est souvent la peinture du bonheur, parfois un peu gnan-gnan, surtout chez les faux-naïfs (ça existe !). Le plus souvent, le naïf raconte une histoire, son œuvre est presque toujours anecdotique.
En voici pour preuve quelques titres =

De Henri Rousseau, dit “le douanier Rousseau” :
- La bohémienne endormie
- La cariole du père Juniet
- Le repas du lion


De André Beauchant :
- Saint Martin prêchant dans les forêts de Touraine
- Le char d’Appolon
- Bonjour grand-père
 
etc…

L’art naïf  raconte la vie, souvent il l’enjolive. Les couleurs utilisées sont franches et pures.
 
Même si un naïf, comme le douanier Rousseau, peint la guerre, on se dit que dans ce monde-là il ne peut rien nous arriver … et on signe pour deux ans de légion (non, je déconne !).
Le peintre naïf ne cherche pas à innover. Il peint généralement de manière traditionnelle, sur toile et à l’huile. Les astrologues diraient qu’il a un côté Vierge.


Celui qui pratique l’art brut est probablement l’antithèse du naïf. A sa façon, c’est un anarchiste. Très loin des idées reçues, il fait ce que bon lui semble. Il n’a ni règles, ni principes. Il va, pour s’exprimer, utiliser les matériaux qui lui tombent sous la main, n’importe quelle peinture, etc…
 
Ne pas confondre avec celui qui pratique l’art pauvre et qui va VOLONTAIREMENT choisir des matériaux simples.
Ceux qui pratiquent l’art brut sont souvent des personnes rejetées par la société. On les trouve souvent chez les aliénés, les prisonniers, tous les renégats de la société. Il y a chez eux un côté autiste; ils vivent dans leur monde.
L’art brut, plus que tout autre (sauf peut-être le surréalisme) est l’expression de l’inconscient. Les scientifiques parlent d’art psychopathologique. Ce sont souvent des psychiatres qui découvrent ces artiste (voir le cas d’Aloïse).

 

 

 

 Art brut - Aloïse Corbaz - dite: Aloïse

 

 
L’art brut a souvent un côté obsessionnel, répétitif, encore une fois le côté autiste.
Le peintre “brut” peint l’ombre de la chose plus que la chose elle-même (les Egyptiens disaient “le divin dedans des choses”).
L’art brut est une expression spontanée. L’artiste qui le pratique commence souvent son œuvre à un âge avancé; il découvre qu’il peut enfin exprimer “tout ce qu’il a sur la patate”.
C’est l’art des révoltés, des mediums, des illuminés. L’artiste crée par une énorme pulsion qui va jusqu’à l’illumination.

 

 

 

 

  Abbé Fouéré - Rochers sculptés

 



Les graffitis – ceux de la tour du prisonnier à Gisors, par exemple – peuvent être assimilés à de l’art brut. L’école des graffitistes (voir Jean-Michel Basquiat) aurait pu en faire partie. Mais très vite (trop vite) le monde de l’art s’en est emparé et de nombreux “artistes” sont miraculeusement devenus “graffitistes”…
 
http://entrezlibres.free.fr/art-brut-art-naif/basquiat.jpg
Les tags n’ont rien à voir avec cet art puisqu’ils obéissent à des règles; ils se ressemblent tous. Celui qui tague s’inspire, consciemment ou non, de ce qu’il a vu. Souvent  sans le savoir il a une démarche picturale.

Comme vous pouvez le constater, les définitions de l’art naïf et de l’art brut tiennent autant à la personnalité de l’artiste qu’à l’œuvre accomplie. C’est ce qui rend la tâche difficile pour les reconnaître.
Bien entendu, ce qu’on appelle aujourd’hui les “arts premiers” n’ont pas grand-chose à voir avec l’art naïf ou même l’art brut. Ces créations étaient le plus souvent tributaires de contraintes religieuses ou magiques et obéissaient à des règles immuables. Quant aux artistes, ils gardaient l’anonymat.

A propos de l’art brut, je voudrais rendre un hommage tout particulier à celui qui l’a ainsi nommé, Jean Dubuffet, qui fut non seulement un des plus grands peintres de notre temps, mais aussi le découvreur et le collectionneur d’art brut que l’on sait. A partir de 1945, il va amasser plus de 5000 œuvres et comme la France ne manifestait pas beaucoup d’intérêt pour cette merveilleuse collection, Jean Dubuffet en fit don à la Suisse. Si vous passez du côté de Lausanne, vous savez ce qu’il vous reste à faire…


   
*

 

Publié le par La Muse
Publié dans : #La Muse



 
 
C’était en juin 1988. Nous habitions un appartement en centre-ville, au rez-de-chaussée, avec une véranda donnant sur un petit jardin privatif et totalement clos.
J’étais occupée à faire le ménage. Mon esprit n’était pas focalisé sur une idée particulière – en fait, je  devais ne penser à rien…
En traversant la véranda, je jette un vague regard oblique sur le jardin et m’arrête pile en voyant, à quelques mètres de moi, derrière la vitre,  un être qui semblait vaguement humain (mais que je ne ressentais pas comme tel), en plein millieu du massif, courbé en deux, totalement immobile, qui semblait regarder le sol.
Il était blond, les cheveux frisés me sembla-t-il (mais je ne suis pas tout-à-fait certaine), son buste raide, totalement à l’horizontale, était revêtu de quelque chose de bleu clair lumineux. Il portait un pantalon beige/marron clair.
Je suis restée totalement immobile à le regarder. Je n’étais absolument pas effrayée. Lui ne bougeait pas.
Quelque chose me disait que si je détournais le regard ne serait-ce qu’un instant, il disparaîtrait. Alors je suis restée, longuement.
Et puis, naturellement, il a fallu que je vérifie mon impression. Alors, sans bouger la tête, j’ai légèrement dévié mon regard. Et bien entendu, quand j’ai voulu le fixer de nouveau, il avait disparu…
Sur le moment, j’ai trouvé ça très drôle ! Pour une hallucination, ça semblait vraiment réel ! (en même temps, je vous rassure, j’en ai pas tous les jours, des hallucinations ! Des crises de delirium non plus !)
Quand BMC rentre quelques heures plus tard pour déjeuner, je commence à vouloir lui raconter la vision de cet “allié” mais il me coupe la parole.
“Ne dis rien, je le vois.”
Et de me le décrire à son tour. Très exactement au même endroit. Même position du corps. Buste bleu et jambes de bois pour lui. A part très vaguement l’endroit, je n’avais pas eu le temps de lui dire quoi que ce soit..
Il est intéressant de noter que, bien que positionnée au même endroit dans la véranda et juste aux côtés de BMC, je n’ai rien vu à cet instant.
Chacun de notre côté – sans nous concerter – nous avons griffonné un dessin et une vague description … étrangement semblables.


 
        

 
Le dessin de B.M.C.
 





Le dessin de La Muse

 

PS : “l’allié”, c’est encore en référence à Castaneda. Laissez tomber, on aurait aussi bien pu le surnommer le fantôme, le zombie ou l’intrus
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Publié le par BMC
Publié dans : #B.M.C.
 


Voyage au pays de l’Art brut
 
Augustin Lesage peintre, medium et guérisseur
 
 
         
Augustin Lesage
 

Mon seul mérite est la sincérité.
Que les hommes ne me l’arrache pas..”
A.    Lesage



Nous sommes le 1er mars 1911. Augustin Lesage, âgé de trente-cinq ans, travaille au fond de la mine. Il est seul dans une minuscule galerie où il pioche depuis plus de deux heures. Il s’arrête un instant pour se désaltérer, lorsqu’il entend un énorme grondement venu de nulle part, suivi d’une voix qui lui dit : ”Un jour, tu seras peintre.”
Inutile de dire qu’en tant que mineur de fond, il ne connait rien au monde de l’Art. Cette voix provoque chez lui une immense frayeur. Il ne comprend pas pourquoi “on” lui a dit cela..


 

 
Augustin Lesage


Un an plus tard, dans un café, il a une discussion avec un collègue qui le convainc de participer à une réunion spirite organisée par monsieur Jean Beziat, guérisseur de son état.
C’était la grande époque du spiritisme, aussi se laissa-t-il convaincre assez facilement. Avec quelques amis, il va participer à une séance, au cours de laquelle, par écriture automatique, le medium va lui révéler ceci :
Sois sans crainte, suis bien mes conseils. Oui, un jour tu seras peintre et tes œuvres seront soumises à la science. Tu trouveras cela ridicule dans les débuts. C’est nous qui guiderons ta main. Ne cherche pas à comprendre. Surtout, suis bien nos conseils. Tout d’abord, nous allons te donner par l’écriture le nom des pinceaux et des couleurs que tu iras chercher chez monsieur Poriche à Lillers. Tu trouveras chez lui tout ce qu’il te faudra.”


          
Augustin Lesage


Peu de temps après, il reçoit une grande toile de trois mètres sur trois dont il ne se souvient pas avoir passé commande… La trouvant beaucoup trop grande pour un débutant comme lui, il décide de la découper en plusieurs morceaux. Au moment d’agir, la main qui tient les ciseaux tremble de telle façon qu’il se ravise et décide de la laisser entière. Et sa voix intérieure de lui dire :” ne découpe pas la toile; elle se fera, tout s’accomplira.”
Cette peinture, presque abstraite – pour l’époque, c’était plutôt étonnant – ne sera terminée qu’un an plus tard.


          
Augustin Lesage
 

Lesage participe maintenant régulièrement aux séances spirites. Il pense que ses œuvres lui sont dictées par des Esprits, en particulier sa petite sœur Marie, décédée en bas-âge. Mais aussi par Léonard de Vinci et Apollonius de Tyane, qu’il appellera “Marius de Tyane” (????).
Il travaille douze heures par jour dans la mine. Puis, s’ensuit la peinture… mais toute la fatigue s’envole dès qu’il commence à peindre..



                  
Augustin Lesage
 

Il va produire plusieurs tableaux puis va se découvrir un don de guérisseur. C’est à ce moment-là – et sur les conseils des “Esprits” qu’il va quitter la mine et son dur labeur.
Pendant quelque temps il ne peint plus et consacre le plus clair de son temps à ses patients.
Très vite, les médecins du coin le traduisent en justice pour exercice illégal de la médecine. Trente personnes viennent témoigner à son procès. Il sera acquitté le 14 janvier 1914.
Au cours de ce procès, Augustin s’adresse au président et lui prédit ceci :
“Monsieur le président, dans quelques temps vous viendrez me voir en tant que patient."  Prédiction qui s’est effectivement réalisée.
En 1916, Augustin est mobilisé. Il se retrouve dans la région d’Auchel, qu’il ne quittera plus jusqu’à sa mort.
En 1923, il entame une carrière de peintre professionnel. C’est à cette même époque qu’il renconte l’égyptologue Moret et découvre grâce à lui la peinture égyptienne.
1937 : Augustin peint une toile intitulée “La moisson en Egypte”. Pendant son exécution, ses guides lui disent “Tu retrouveras la fresque authentique lors d’un voyage”. Quelques semaines plus tard, il va effectivement en Egypte. Au cours d’une visite, le guide présente une fresque qui vient juste d’être découverte. A ce moment-là, aucune reproduction n’existe. Personne ne la connaît. Il s’agit, si l’on peut dire, d’une “réplique” exacte du tableau de Lesage. Le peintre égyptien, dont on connait le nom, s’appelait Mena. Bien entendu, Augustin décide qu’il est une réincarnation de Mena.
 

       
 
Augustin Lesage


Ces rapports avec le milieu spirite lui permettent d’entrer en contact physiquement avec des écrivains, des peintres et des scientifiques.
Les plus grandes sommités du monde scientifique et médical décident de tenter une expérience. Ils l’installent durant six semaines dans un laboratoire. Là, coupé du monde, il peint cinq heures par jour, observé par neuf scientifiques, venus des quatre coins du monde.
C’est la réalisation de la prédiction qui lui avait été faite. On s’en souvient : “Tes œuvres seront soumises à la science”.
En 1925, il expose à Paris et connait un franc succès.
A partir des années 30, sa peinture semble décliner; elle devient de moins en moins intéressante. De 1950 à 1953, il devient presque aveugle et peint avec difficulté. Le président Roosevelt lui achète une toile dont il ne se séparera jamais.
1954 : décès d’Augustin Lesage.

Augustin Lesage produira environ huit cents tableaux. Tous sont soigneusement répertoriés.
 


 
 
Augustin Lesage
 

 

 
 
Publié le par BMC
Publié dans : #B.M.C.




 
Voyage au pays de l’Art brut
 
Plombier-zingueur, peintre, musicien, sourcier, medium, guérisseur.


 
Fleury-Joseph Crépin
 
Dans le genre allumé, celui-là il est pas mal non plus…
Durant son enfance et son adolescence, il souffre de troubles occulaires. Il sera opéré deux fois mais conservera toute sa vie une très mauvaise vue.
Après son certificat d’études, il apprend le métier de plombier-zingueur en même temps que la musique, pour laquelle il semble très doué.



 
Fleury-Joseph Crépin - Peinture sans titre.
 
Dans les années 1900, il compose pour clarinette des polkas que le soir il va jouer dans le café-bal que tient son papa. Toujours dans le domaine de la musique, il dirige une fanfare composée de trompettes et de cors (!).
En 1901, il se marie et s’établit comme plombier-zingueur tandis que son épouse tient une quincaillerie.
A cause de (ou grâce à) sa mauvaise vue, il ne sera pas mobilisé pour la grande guerre (1914).
Madame Crépin mettra au monde deux filles dont l’aînée deviendra folle en 1927.
A la suite de cette épreuve, notre homme abandonne la “direction d’orchestre”.
En 1931, il commence à s’intéresser à la radiesthésie; bien que continuant son métier, il devient officiellement sourcier et radiesthésiste.


                
Fleury-Joseph Crépin - Peinture sans titre.
 

La même année – il a cinquante-six ans – il entre en relation avec le cercle spiritualiste de Douai où il rencontre Victor Simon qui lui présente le pas-encore-célèbre peintre-medium Augustin Lesage, dont nous aurons certainement l’occasion de reparler.
L’année 1931 semble bénéfique pour lui : c’est cette même année qu’il va découvrir ses dons de guérisseur. Il soigne par imposition des mains et même à distance, par télépathie.
 
                
Fleury-Joseph Crépin - Peinture sans titre.
 
Un soir, alors qu’il copie de la musique (il est à ce moment-là âgé de soixante-trois ans), sa main se met à tracer automatiquement un dessin et une voix mystérieuse résonne à ses oreilles : “Peins trois cents tableaux et la guerre s’arrêtera”.
Ne connaissant rien à la peinture et bien qu’ayant une très mauvaise vue, il va d’abord tracer des croquis sur un cahier d’écolier, pour ensuite les agrandir en se servant d’une règle et d’un compas et ainsi les transposer sur toile.
Il dessine et peint dans un état mediumnique. Sur sa droite il voit des ombres : ce sont ses anges-gardiens qui viennent le soutenir dans son travail. Ils lui dictent les couleurs qu’il doit mettre.
 
 
              
Fleury-Joseph Crépin - Peinture sans titre.

 
Pendant toute la réalisation de l’œuvre, il entend de la musique.
Sa vue ne l’empêchera pas de peindre des sujets d’une très grande précision. Il ne révèlera jamais le procédé qui lui permet de consteller ses œuvres de goutelettes de peinturee parfaitement qualibrées, ressemblant à des perles. Il dira à leur propos : “Sur certaines toiles, j’ai fait jusqu’à 1 500 points à l’heure”.
“Je ne comprends pas ce qu’on me fait faire”, ajoutera-t-il.
Ses tableaux représentent le plus souvent des architectures symboliques, des temples. Ce sont des sortes de mandalas. Il arrive qu’il y ait de curieux personnages ou des animaux.
La symétrie semble jouer un rôle important. Tous les tableaux sont soigneusement datés et numérotés.
Il est intéressant de noter la ressemblance entre les œuvres d’Augustin Lesage et les siennes – la méthode de création étant la même.
 

 
Augustin Lesage

 
Le trois-centième tableau sera achevé le 7 mai 1945, veille -  comme chacun sait - de l’armistice, signée le 8 mai 1945.
En novembre 1947, Fleury-Joseph Crépin entend à nouveau des voix : “Tu dois réaliser à nouveau quarante-cinq merveilleux tableaux pour obtenir la paix dans le monde”. Cette même voix le prévenait également qu’il mourrait après avoir réalisé son trois-cent-quarante-cinquième tableau…
En fait, il est mort bien avant, d’une congestion cérébrale, le 8 novembre 1948. Et le monde n’a toujours pas retrouvé la paix…
 

Fleury-Joseph Crépin - Peinture sans titre.

 
On enfermera toutes les esquisses qui lui avaient servi de base pour ses peintures, dans son cercueil.
Certains prétendent que  ses œuvres ont un pouvoir magique bénéfique.
Aujourd’hui, ses tableaux se vendent entre 4 et 6 000 €, ce qui, bien entendu était loin d’être le cas de son vivant…
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N’apprends qu’avec réserve.
Toute une vie ne suffit pas pour désapprendre ce que, naïf, soumis, tu t’es laissé mettre dans la tête – innocent ! – sans songer aux conséquences.
 
           Henri Michaux –  “Poteaux d’angle”


 
Le monde ne s’offre pas à nous directement. La description du monde s’interpose toujours entre nous et lui. Donc, nous sommes toujours littéralement un pas en arrière, et notre expérience du monde est toujours une mémoire de cette expérience. Nous ne faisons que remémorer, remémorer, remémorer…

               Carlos Castaneda – “Histoires de pouvoir”


 
Si un homme veut être assuré de la route qu’il suit, il lui faut fermer les yeux et marcher dans la nuit.

               Saint Jean-de-la Croix


 








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Voyage au pays de l'art brut



 
Raymond Isidore dit Picassiette
 
Sans doute connaissez-vous Chartres. C’est certainement un des lieux les plus magiques de France. Bien sûr, la cathédrale (en particulier la deuxième crypte).
C’est dans ce lieu que vers les années 1900 va se produire une chose étonnante. Si le cœur vous en dit, appelez ça un miracle.
Voici ce qu’en racontera plus tard l’heureux bénéficiaire :
J’étais aveugle (c’est ainsi qu’on disait autrefois) quand j’étais enfant; c’est dans la cathédrale que j’ai vu pour la première fois de ma vie. Il faisait sombre, d’abord je n’ai pas vu grand-chose, et puis les vitraux…”
 
 
 
 
La destinée de certains individus hors du commun semble tracée dès l’enfance.
Raymond Isidore est né le 8 septembre 1900 dans une famille modeste. Bien qu’ayant recouvré la vue, il ne voyait pas beaucoup son père qui avait une fâcheuse tendance à préférer le bistrot à la cathédrale.
 

Les cathédrales de France
 
 
Dès l’âge de treize ans, il va être obligé de travailler, apprenti mouleur à la fonderie de Chartres puis mouleur aux établissements Teisset.
Il habitera chez ses parents jusqu’en 1924, date à laquelle il va se marier avec Adrienne Dousset, de onze ans son aînée, qui débarque dans sa vie flanquée de ses trois marmots.
 
Adrienne Dousset  - Madame Isidore
 
En 1928, il achète pour 450 francs quatre acres de terrain en jachère; c’est là qu’il va construire sa maison.
Assez vite, des problèmes de santé l’obligent à quitter sa profession de mouleur. Il est alors engagé par la ville comme cantonier et sera rapidement affecté en qualité de balayeur (c’est comme ça qu’on disait autrefois) au cimetière
.
 
 
 
Le balayage est un art peu connu du grand public; ne nécessitant pas une grande concentration, il permet de méditer longuement.
Aussi notre ami ne va-t-il pas s’en priver, n’interrompant son travail que pour laisser passer les enterrements et leur cohorte de noir vêtue.
Il réfléchit : “Pourquoi (c’est lui qui parle) sur les morts on met des fleurs ? Pourquoi n’en met-on jamais sur les vivants ?”



 
Chartres vu par Isidore
 
Et comme Adrienne adore les fleurs, toute sa vie il y en aura partout.
En 1930, il commence la construction de sa maison; trois pièces (une cuisine et deux chambres) qu’il construira seul. Elle est entourée d’un petit jardin.
Encore une fois, le destin choisit souvent à notre place. Comme le célèbre facteur Cheval butant sur une pierre qui allait lui révéler sa vocation, Raymond va trouver quelques morceaux de vaisselle cassée, et là il ne peut s’empêcher de les ramasser. En rentrant chez lui, il les dépose dans un coin du jardin. Et finalement décide d’en faire une mosaïque.en les collant sur le mur. Faire revivre ce que les hommes mettaient au rebut, voila qui allait devenir le but de sa vie.
 
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La cuisinière
 
Tout allait y passer. D’abord l’extérieur, les sols, les murs, jusqu’au faîte du toît. Enfin, l’intérieur, du sol au plafond… Tout, vous dis-je : le poste de T.S.F (c’est comme ça qu’on disait autrefois), la machine à coudre, l’armoire, les pots de fleurs et même la cuisinière. Tout devient mosaïque. Il va passer sa vie à refaire le vitrail qui lui a donné la lumière.
 
 
Le lit
 
Voici ce qu’il dit : “L’esprit m’a dicté ce que je devais faire pour embellir la vie. Beaucoup de gens pourraient en faire autant, mais non : ils n’osent pas. Moi, j’ai pris mes mains et elles m’ont rendu heureux, je voudrais être un exemple”.
Il prétendait être guidé par une force spirituelle.
Dans la maison, les rares endroits où il n’y aura pas de collages seront peints. Une fresque représente le mont Saint-Michel… qu’il n’a jamais vu.
Comme beaucoup de visionnaires, son panthéon foisonne de toutes sortes de dieux, et aussi d’animaux qu’il adore. Des chiens, des chats, un dromadaire, un cerf, etc…
 
 
Le chat et le lapin
 
Les voyages qu’il ne fera jamais, il les fait en esprit, sans jamais sortir de chez lui.
En 1956, il achète une petite parcelle de terrain jouxtant sa maison. Il va y construire la chapelle et la maison d’été.

 
 
La chapelle

 
 
Le 7 septembre 1964, Raymond Isidore transite vers un autre monde, celui dont il avait rêvé toute sa vie.
En 1981, la ville de Chartres achète la maison.
En 1982, elle est classée monument historique.La maison faite de mille morceaux n’a pas été détruite (en mille morceaux). Elle se trouve à Chartres au 22 de la rue du Repos.

Si vous passez par là… dites-lui bonjour pour moi.


 
 Raymond Isidore
 
 
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Joseph Ferdinand Cheval

 
Voyage au pays de l'art brut 



“Dieu, dont les desseins sont impénétrables, se sert de ses humbles créatures pour les accomplir.”

                                                                      Ferdinand Cheval


 
Par tous les temps, sur des chemins escarpés et caillouteux (nous sommes en 1879), Joseph Ferdinand Cheval va à pied effectuer sa tournée de facteur : 32 kilomètres. A titre de comparaison, le marathon fait 42 kilomètres…
Tout en marchant, notre facteur rêvasse; il voit des palais extraordinaires. Il dira plus tard : “Dans ces moments, j ‘étais comme en transe”. Il semble en effet agir comme un medium. Kilomètre après kilomètre, les idées s’enchaînent, se bousculent dans sa tête.
 

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Si par hasard, dans son courrier, il y a une carte postale venue des colonies, l’image se superpose à son rêve. Son château va hériter de sculptures bouddhiques, d’étranges cariatides, de minarets. Comme on dirait aujourd’hui, Ferdinand se fait son cinéma. Mais tout cela reste du domaine du virtuel.
 

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Un jour à marquer d’une pierre blanche – c’est le cas de le dire, son pied va heurter un curieux caillou. Machinalement, il le ramasse et le met dans sa poche.
Ce n’est que le lendemain, en l’examinant plus attentivement, qu’il va prendre la décision devenue célèbre : “Puisque la nature fait les sculptures, je ferai le reste”.
 
 

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De ce jour, il va ramasser les pierres tout au long de sa tournée. Dans un premier temps, il se contente d’en remplir ses poches.Imaginez 32 kilomètres avec des cailloux plein les poches… Plus tard, il ira de place en place, kilomètre après kilomètre, faire des petits tas de pierres d’environ 40 kilos, qu’il reviendra chercher la nuit avec sa brouette (et encore du chemin parcouru en plus !).
 
 
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Ferdinand Cheval
 
Il semblerait qu’il ait aussi utilisé sa fameuse brouette durant sa tournée. Imaginez un instant le tableau … Nous sommes dans les années 1880, dans la France profonde, au cœur de la Drôme. Un “brave paysan”, genre "angelus de Millet", attend son courrier et voit débarquer notre homme portant le costume de l’administration, sacoche en bandoulière, poussant une brouette remplie de pierres..
 

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Rien d’étonnant à ce que Ferdinand soit considéré comme l’idiot du village – lou ravi, comme on dit en Provence.
Travaillant jour et nuit, souvent à la faveur de la pleine lune ou s’éclairant avec une lampe à pétrole, il teminera sa construction en 1912 – 10 000 journées de travail et 93 000 heures.
 

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Son palais mesure 26 mètres de long sur 12 mètres de large et 14 mètres de hauteur.
En 1969 André Malraux (encore lui) fit inscrire Le Palais des Merveilles à l'inventaire des monuments historiques.
 
 

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Je ne vous parlerai que peu de la décoration baroque, les photos se suffisent à elles-même. Sachez seulement que les personnages les plus illustres y figurent, d’Adam et Eve à Vercingétorix en passant par Socrate. On va du palais oriental au chalet suisse ou au château médiéval.
 
A l’intérieur se trouvent deux cavernes. Dans l’une d’elles sont déposés ses outils et la fameuse brouette, au dessus de laquelle figurent ces vers de notre facteur bien-aimé :

Je suis la fidèle compagne
Du travailleur intelligent
Qui chaque jour dans la campagne
Cherchait son petit contingent


La deuxième grotte était destinée à sa sépulture. Il n’obtint pas l’autorisation d’y être inhumé.
Sur le mur est écrit “J’ai voulu dormir ici”.
 

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Le palais achevé, Ferdinand n’allait pas en rester là. Puisqu’on lui interdisait sa sépulture au cœur de son palais, il allait construire au cimetière d’Hauterives “le tombeau du silence et du repos sans fin”.
 
 
Durant encore huit années, à 78 ans révolus, il va construire son tombeau. Il s’y couchera à l’âge de 88 ans.
 
 

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Le tombeau du silence et du repos sans fin

 

Sur cette terre, comme l’ombre nous passons. Sortis de la poussière, nous y retournerons.”

      
          Ferdinand Cheval




Le tombeau a été également classé monument historique.
 

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Plus opiniatre que moi se mette à l'œuvre
 
Il est intéressant de constater que Ferdinand Cheval – dit le facteur Cheval – a vécu en même temps que Henri Rousseau – dit le douanier Rousseau – et Antonio Gaudi, dont nous aurons l’occasion de reparler.
 
 
“La vie sans but est une chimère”

       
Ferdinand Cheval
 

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Publié le par Calaube
Publié dans : #Guest Stars
(Par Calaube)

 
Je supporte difficilement les réveils brutaux, le matin. Ce que j’aime c’est quand elle vient doucement près de moi et que je sens son souffle tiède sur ma nuque. C’est un jeu, elle le sait. Je joue aussi, et même si ses pas se font légers sur le parquet, je l’entends arriver, mais, je garde les yeux fermés et surtout, même si mon cœur s’emballe un peu, je maîtrise ma respiration pour qu’elle ne me trahisse pas. C’est un moment merveilleux d’amour et de tendresse qui nourrit chacun de mes débuts de journée. Ce matin là, le chat en s’étirant, avança l’heure de mon éveil, mais, hors de question de me lever et de commencer ma journée sans mon plaisir quotidien. Je restais donc sans trop bouger, goûtant les minutes qui me séparaient de mon ravissement. Le chat lové contre moi ronronnait, chacun son plaisir. Le ciel progressivement s’éclaircissait. Bientôt, l’été ! J’adore l’été, l’océan, faire du vélo sur les chemins. Je pense aussi au bassin, quand on se promène ensemble, main dans la main. Et que de temps en temps, elle s’arrête, elle se tourne vers moi, me regarde, et me dit : « tu sais quoi ? » là, encore je joue, alors bien sûr, je réponds : « non ». Et, avec un sourire immense, elle : « hé bien, je t’aime !! ». Allez ! Sans exagérer, elle a du me poser cette question au moins un millier de fois. Mais même si parfois, je réponds : « je sais, je sais », je reçois son amour en plein cœur. Je l’aime aussi. Donc ce matin là, j’attendais sa venue. La maison encore silencieuse, elle dans son lit, moi dans le mien, je n’ai jamais obtenu d’elle, qu’elle m’accepte dans son nid à demeure. De temps en temps quand vraiment, vraiment ma solitude nocturne me pèse trop, elle ouvre ses bras et ses draps. Et je peux me lover contre elle et m’enivrer de sa douceur. L’attente de ces moments intenses augmente le bonheur que j’ai à la retrouver.
Même le chat s’est arrêté de ronronner, dans la quiétude matinale, le moindre son prend de l’ampleur. Les volets en s’ouvrant habillent le silence. La journée commence ! Ses pas furtifs se rapprochent. Fermer les yeux, respirer calmement et régulièrement, et, surtout positionner ma nuque, adroitement mais, négligemment découverte. La porte doucement s’entrouvre, sa chaleur la précède. Elle entre précautionneusement, son plaisir étant de me surprendre… je ne frémis pas. Elle retient ses cheveux pour ne pas qu’ils la devancent. Elle se penche, son odeur exquise me fait frissonner. Son souffle, enfin s’égare dans les cheveux fins de ma nuque. « Bonjour… mon ange » je soupire de ravissement. «As-tu bien dormi… mon trésor » je vibre de contentement. « Huuummm ! Oh oui, maman ! ». « Il est l’heure ma chatte, l’heure du petit déjeuner… tu me retrouves dans la cuisine ? ». La petite fille que je suis, jubile, encore une fois. J’ai pu savourer de ce moment magique. Mais avant de la rejoindre en me délectant des effluves de chocolat échappés de la cuisine, je glisse une main derrière mon oreille et je la referme délicatement autour de l’un des baisers déposé par ma mère. Puis je le dépose délicatement dans ma boite à bonheurs. Je fais des provisions.
La journée commence et, c’est en chantant que je me précipite vers la source chocolatée





 
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Publié le par BMC
Publié dans : #B.M.C.

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Peinture BMC

Pourquoi la peinture intéresse-t-elle si peu de monde ?
Pourquoi n’en parle-t-on presque pas à la télévision ?
Pourquoi ne l’enseigne-t-on pas (ou presque pas) dans les écoles ?

Souvent, je me suis posé ces questions, sans pour autant trouver de réponses satisfaisantes.

Si, à l’occasion d’un “micro-trottoir”, vous demandez “Pouvez-vous me citer le nom d’un peintre contemporain ?” … attendez-vous au pire. On va vous citer (je vous jure que je n’exagère pas) Chagall, Renoir, Buffet ou même Picasso et Matisse… Tout juste si on ne parlera pas de Van Gogh ou Léonard de Vinci (“Ah oui, celui qui a inventé le Da Vinci code !”)

Par ailleurs, si vous demandez à ces mêmes personnes “Quelle musique aimez-vous ?”, cela ira de Mozart à Pascal Obispo (Pablo Picasso ?).

En littérature, de Dan Brown à François Weyergans en passant par Christian Jacq (!!!)

Mais dans chacun de ces domaines, tout le monde aura une idée bien arrêtée – même si elle est souvent carrément farfelue.

Je rêve du jour où le promeneur lambda répondra à la fameuse question “Des peintres contemporains, aujourd’hui (29 juin 2006)… mais oui, il y en a plein de très bons. Tenez, je cite au hasard ceux qui me viennent à l’esprit : Anselm Kiefer, Antoni Tapies, Pierre Alechinsky, Miguel Barcelo, Jasper Johns, Jean-Pierre Raynaud… Vous en voulez d’autres ???” “Non merci, c’est bien comme ça...
Après tout, on peut rêver…

Au fait, Zinedine, c’est pas un peintre ? Si vous connaissez la réponse, merci de me le dire; je voudrais pas crever idiot.





 
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Publié le par BMC
Publié dans : #B.M.C.
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J’avais des doutes, mais à présent, j’en suis sûr : Zidane n’est pas un peintre, c’est un footballeur. Il paraît qu’il est parti sur un coup de tête. Et moi qui croyais que les têtes, c’était permis au foot…
Un méchant Italien lui aurait dit des choses terribles. Celui-là, il mériterait deux ans de ballon.
En tous cas, les supporters avaient bien fait les choses; à force de crier “allez les bleus”, les Italiens – qui étaient en bleu – ont fini par gagner.
Trop c’est trop, la coupe est pleine. Il est temps d’y mettre un point final.

- Et à part ça ?
- A part ça, rien. Ah si, la Corée du Nord se dit prête à une guerre totale en cas de vengeance des Etats-Unis. Il y a aussi un premier cas de grippe aviaire (humain) à nos frontières, en Espagne. Non, ce n’est pas le Pape (j’ai dit “humain”). A Bagdad, douze morts dans un attentat. Enfin, rien de spécial… Pas de quoi en parler aux infos télévisées…

Oui, je sais, cet article ne vaut pas trois francs zizou. La canicule, peut-être, ou le besoin de me défouler. On aura l’occasion d’en reparler en tête-à-tête.
Moi, le foot, j’y comprends rien. Je préfère le rugby, c’est plus simple.
Je vous quitte, j’ai rendez-vous à l’Elysée.

PS : Au fait, “Beaucoup de bruit pour rien”, c’est de Shakespeare ?




 
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Publié le par Complik Clé
Publié dans : #Guest Stars


 

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Louis Calaferte
                                          


B.M.C m’a gentiment prêté deux livres de Calaferte (auteur que je ne connaissais pas jusqu’alors)… « Tu verras, je pense que ça te plaira… »
Sacré B.M.C, tu ne m’avais pas précisé l’ampleur de la claque que j’allais me prendre, et c’est mieux comme ça (une claque est toujours plus efficace quand on s’y attend le moins)… Non, tu m’as juste dis : « c’est bien… »
Je me suis donc plongée dans le "Requiem des innocents", et je n’en suis pas ressortie indemne. J’ai été surprise, choquée, je ne trouve pas le mot correct, de voir que les problèmes de banlieues, avec les misères sociales, étaient aussi lourds il y a cinquante ans qu’aujourd’hui. Je ne suis pas débile non plus, j’ai bien conscience que la misère n’est pas la spécialité de notre époque. Tous les hommes qui nous gouvernent (berk, je n’aime pas ce mot !) devraient lire ce livre, et je n’écris pas cela à la légère… Encore une fois, si j’avais de supers pouvoirs, je collerais le nez de chaque « gouvernant » dans ce bouquin, juste pour qu’ils voient…
Parce que, quand même, ça fait bizarre que Calaferte rapporte le discours d’un gars imbuvable qui vient dans la Zone (la banlieue si vous préférez) et qui s’exclame : « Il faut chasser la racaille !!! » Je rappelle que Calaferte a écrit ce bouquin il y a plus de quarante ans, ça fait froid au cœur…
Oh, ne vous inquiétez pas, il ne nous fait pas du misérabilisme Calaferte, il n’essaie pas de se faire plaindre, il avait bien compris que la pitié des autres ne servait pas à grand’chose. Non, il se contente de raconter sa vie. Sa vie et celle des oubliés, des écorchés, de ceux que ni la société ni les parents ne veulent, les Innocents, comme il les nomme si bien. SI VOUS POUVIEZ LIRE CE LIVRE, et sa suite, "Le partage des vivants", je pense que ça remuerait pas mal de choses en chacun. Et ça fait du bien, parfois, de remuer en nous…
A bon lecteur, salut…

Et merci encore à B.M.C …

 
 
 

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B.M.C.  -  de la série “ L'enfer du décor”


 
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Publié le par BMC
Publié dans : #B.M.C.


1ère partie : Vincent Van Gogh
 

 
15 mai 1990, monsieur Saito, directeur de la Daishowa Paper Manufacturing, est dans son bureau de Tokyo.
Sa secrétaire lui passe une communication téléphonique :
- Monsieur, vous êtes en direct avec Christie’s à New-York.
- Moshi-moshi …
- Saito san, le tableau qui vous intéresse va être mis en vente tout de suite. Ne quittez pas …
Le commissaire-priseur fait son annonce :
- Vincent Van Gogh – Portrait du docteur Gachet !
Il énumère les dimensions, donne les noms des anciens propriétaires de l’œuvre, cite les experts, détaille l’état du tableau et enfin annonce la mise à prix.
Comme on pouvait s’y attendre, c’est très cher …
 
 

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Vincent Van Gogh  -  Portrait du docteur Gachet

 
- Allô, monsieur Saito, vous êtes d’accord pour enchérir ?
- Oui, oui
- Merci de nous prévenir si vous arrêtez les enchères, etc, etc…

Sans doute, le cœur de monsieur Saito a dû battre un peu plus vite; dans ces moments d’intense émotion, l’esprit fonctionne en accéléré.
Maintenant, notre acheteur potentiel commence à se poser des questions : “Et si le Van Gogh en question n’en était pas un ? Si les experts s’étaient trompés ? Après tout, c’est déjà arrivé…”

Circonstance aggravante, il connaît très bien l’autre portrait du docteur Gachet qui se trouve au Musée d’Orsay, à Paris.
Il ressemble bigrement à celui qu’il convoite, mais il a une très mauvaise réputation… De nombreux spécialistes prétendent qu’il aurait été peint par le tristement célèbre Claude Emile Schuffeneker.

 
 

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Vincent Van Gogh  -  Portrait du docteur Gachet
Musée d'Orsay - Paris
 
Maintenant, si vous m’y autorisez, j’aimerais faire une parenthèse sur ce personnage (Nous reviendrons par la suite à notre Japonais de service).
 
Claude Emile Schuffeneker :
 

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Claude Emile Schuffeneker  -  Paul Gauguin dans son atelier

 
Peintre mineur, il a fait partie de l’école de Pont-Aven – ce qui lui a permis de rencontrer Gauguin et sans doute Van Gogh. Comment s’est-il procuré des originaux de Gauguin et Van Gogh, Dieu seul le sait… En tous cas, pas en les achetant. (Dois-je vous rappeler que Van Gogh n’a vendu qu’un tableau durant toute sa vie “Les vignes rouges”).
 
 

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Vincent Van Gogh  -  Les vignes rouges
 
 
Dans un premier temps, Schuff (nous l’appelerons ainsi), encouragé par son frère Amédée, agent de change et à l’occasion marchand d’art, ainsi que par le critique Otto Wacker, va “exécuter” (c’est le mot qui convient…) des copies de Van Gogh et Gauguin.
 
 
 

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Vincent Van Gogh  -  Les souliers

 
Connaissant parfaitement les couleurs utilisées par ces peintres, leur technique, les supports, c’est pour lui  un jeu d’enfant.
Il lui arrive aussi de retoucher les originaux.. pour “leur donner plus de valeur”!
 

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Vincent Van Gogh  -  Le jardin de Daubigny
 
En voici un exemple : il existe une célèbre toile de Van Gogh“Le jardin de Daubigny”. On sait que Vincent avait l’habitude d’écrire presque tous les jours à son frère Théo. Dans ses lettres, il donne énormément de détails sur son travail. Dans l’une d’elles, il parle du “Jardin de Daubigny”, du chat sur la pelouse. Il joint un croquis sur lequel figure le fameux chat. Mais il ne parlera jamais d’une deuxième version. Schuff en aurait fait une copie. Se trouvant par la suite en possession de l’original, il crut bon de supprimer purement et simplement le pauvre animal afin de faire croire qu’il existait deux versions du même tableau – avec et sans chat.
 
 
 

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Vincent Van Gogh  -  Le jardin de Daubigny
 
Sans doute pour les mêmes raisons a-t-il modifié d’autres œuvres – ne serait-ce que pour ajouter une signature.

Il est probable que Schuff ait fait plusieurs copies des fameux “tournesols”… A ce propos, Van Gogh dans son courrier parle de deux tournesols… il est possible qu’il en ait fait quatre … Il en existe quatorze !!!
Je n’ose penser qu’il y ait entre dix et douze faux !?...


 

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9 des 14 Tournesols
 
Il est vrai que Schuff a été concurrencé par d’autres faussaires. Mais il est probablement le seul à avoir opéré du vivant des peintres, ce qui lui conférait un énorme avantage.

Nous nous devons de reconnaître que Schuff et ses amis avaient tout de même un œil exercé pour trouver une quelconque valeur à des œuvres unanimement rejetées ! C’est, ne l’oubliez pas, l’époque du Salon où triomphent Cabanel, Detaille, Cormon et autres… Nous sommes en 1880.
 
 

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Edouard Detaille  -  Le rêve passe
 
Pour en terminer avec Schuff, voici la fin de cette triste histoire :
Vincent, devenu fou, s’est suicidé le 29 juillet 1890. Son frère Théo mourra fou lui aussi, deux mois plus tard,  atteint de syphilis.
 

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Le dernier tableau de Vincent
 
Théo laisse une veuve, Johanna Van Gogh. Cette dernière n’avait manifesté que très peu d’intérêt pour Vincent qu’elle n’avait rencontré que quatre ou cinq fois. “V’la-t-y-pas”, comme on dit, qu’elle hérite d’environ cinq cents œuvres de Van Gogh (imaginez ce que celà représenterait aujourd’hui) …
 
 

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Vincent Van Gogh par lui-mème
 
 
Immédiatement, Schuff se précipite chez la veuve et la convainc assez facilement d’échanger quelques tableaux prétendument de Vincent, lui donnant parfois plusieurs toiles contre une qu’il “trouvait extraordinaire”. Vous avez compris le but de cette opération : deux ou trois faux contre un original, jolie affaire … Quant à Johanna, elle voyait sa collection augmenter d’autant. Finalement, tout le monde était content.
 
 

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Claude Emile Schuffeneker par lui mème

 
Des tableaux récupérés, Schuff allait encore en faire des copies. Quant à ceux qui étaient passés dans les mains de Johanna, ils furent tous authentifiés : ils ne pouvaient pas être faux, puisqu’ils venaient directement de son beau-frère…
 
 

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Vincent Van Gogh  -  Etude
Il existe aussi des copies d’époques faites par le docteur Gachet et son fils. Mais ces tableaux-là sont connus, n’ont jamais été présentés comme authentiques et sont très facilement identifiables grâce aux techniques modernes d’analyse.
 
 

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Vincent Van Gogh  -  Crâne

 
Une exposition fut organisée à Berlin en 1928. Elle présentait des Van Gogh pas encore secs (Vincent était mort depuis 1890) … Le marchand d’art Otto Wakery  y expose trentre peintures venant d’un mystérieux collectionneur russe dont personne n’a jamais entendu parler. Ces tableaux figurent probablement dans le catalogue de l’œuvre complet (je n’en suis pas sûr mais c’est vraisemblable).
 
 
 

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Vincent Van Gogh  -  La nuit étoilée
 


Pardonnez-moi ce long détour…

 
Nous voici revenus plus de cent ans plus tard, le 15 mai 1990. Monsieur Saito est toujours au téléphone. Les enchères montent. Les représentants des musées et galeries du monde entier ne peuvent plus suivre. Nous sommes maintenant “entre nous” : quelques milliardaires que l’on peut compter sur les doigts d’une main sont au téléphone ou ont un représentant dans la salle.
Je vous fais grâce de la suite .. le maillet s’abat. “Adjugé 82,5 millions de dollars pour notre correspondant au téléphone”.

Et surtout, soyez gentils, ne me demandez pas de vous raconter l’histoire de monsieur Saito, qui quelque temps après cet achat, s’est retrouvé en prison pour corruption.. Il est mort en 1996.

Et le tableau, me direz-vous ? Il semblerait que c’était un vrai Van Gogh. Il allait être présenté dans le cadre de l’exposition de la collection du docteur Gachet. Exposition qui devait ouvrir le 30 janvier 1999 (Paris, Grand Palais). Et bien, croyez-moi si vous voulez, le tableau avait … disparu ! Vous m’avez bien compris, DISPARU …et depuis, personne ne l’a retrouvé.
 
 

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Vincent Van Gogh  -  Asile deSaint-Remy
 

Autre histoire :
 
Toujours chez Christie’s. Toujours un Japonais, monsieur Yasuo Goto, assureur de son état. Cette fois-ci, c’est un tournesol qui est sur la sellette. Il était depuis longtemps  par de nombreux experts attribué à “notre ami Schuff”. Monsieur Goto va l’acquérir pour finalement la modique somme de 39,92 millions de dollars.
Détail qui a son importance dans l’authentification des tableaux de Van Gogh, c’est le musée d’Amsterdam qui fait autorité dans ce domaine : toute œuvre qui n’est pas adoubée par le musée est considérée comme fausse. Ça n’a probablement aucun rapport avec ce que je viens d’écrire, mais monsieur Goto – vous savez, celui qui vient d’acheter un tournesol – monsieur Goto est un homme extraordinairement altruiste : il vient de faire un don au musée Van Gogh de 102 millions de francs, ce qui a permis de construire une aile supplémentaire. Il ne reste plus qu’à “fabriquer” quelques “tournesols” pour la garnir ! Merci
monsieur Goto …
 
 

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Amsterdam musée Van Gogh


Une dernière histoire pour la route :
 
Le jardin à Auvers”, toujours de Van Gogh. Ce tableau appartient à la famille Walter qui décide de le mettre en vente. Il est estimé en 1992 à 320 millions de francs. Il se vendra 200 millions (seulement). Le tableau ayant été classé monument historique ne pouvait pas quitter la France. Résultat : le banquier Jean-Marc Vernes va payer 55 millions et promet cette toile en dation comme droit de succession. L’état, qui pense faire une affaire, règle la différence, soit 145 millions de francs  (+55=200MF)  payés par le contribuable. Ce tableau est reconnu officiellement faux. Remis en vente en 1996 (bien que faux, estimé tout de même 50 millions de francs), il ne trouvera pas d’acquéreur.


 

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Vincent Van Gogh  -  Le jardin à Auvers
 
Depuis le décès de Jean-Marc Verne, le tableau, suite à un jugement de justice aurait miraculeusement retrouvé son authenticité …

Résumé : sur environ sept cents œuvres attribuées à Vincent Van Gogh, il y en aurait entre cinquante et cent de fausses, peut-être même plus, mais ne soyons pas trop opt
imistes…
                   
 

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B.M.C.  -  Les hommaginaires  -  Vincent
 

                         À suivre, si vous voulez bien….
 
Publié le par BMC
Publié dans : #B.M.C.


  (Vrais ou faux -Deuxième partie)

 

 

 
L'image “http://entrezlibres.free.fr/van-meegeren/tete-vm.jpg” ne peut être affichée car elle contient des erreurs.
Van Meegeren
 
Les Vermeer de Van Meegeren


 
Nombre de faussaires  sont souvent des peintres ratés. C’est précisément le cas de l’homme qui nous intéresse : Henricus Antonius van Meegeren (1889-1947).
Restaurateur de tableaux et professeur de peinture. Arrivé à la quarantaine, ne voyant pas son talent reconnu,, il va virer sa cuti, afin, si l’on peut dire, de prendre sa revanche sur le monde de l’Art.
Il étudie par le menu l’œuvre du maître de Delft. Technique, pigments, support etc…
Ensuite, il va passer à l’action :
Tout d’abord, découvrir une toile du XVIIème, d’un auteur inconnu, relativement grande (elle se vendra plus cher si elle est grande). De plus, chez Vermeer, les grands formats sont rares.
La deuxième opération va consister à faire disparaître l’image figurant sur la fameuse toile en la ponçant avec une pierre ponce et de l’eau, mais en prenant bien soin de laisser visibles les craquelures.
Ensuite, “poser” le dessin des personnages et du décor, inspiré directement des originaux.
Lors de l’exécution proprement dite, il va utiliser les mêmes pigments : le lapis lazuli pour le bleu, le jaune de plomb (les si beaux jaunes de Vermeer). Il en profite pour intégrer de la résine à la peinture. Chose que Vermeer ne faisait probablement pas.
Comme en ce temps-là le four à micro-ondes n’avait pas encore été inventé, il cuisait son “tableau-tarte” dans le four de sa cuisinière, histoire de le faire vieillir.
C’est de ce four qu’est sorti son premier vrai-faux Vermeer, “Les pélerins d’Emmaüs”.
 

 
Van Meegeren - Les pellerins d'Emmaüs
 
C’était le moment idéal pour faire émerger miraculeusement de nouvelles œuvres du maître. Nous sommes – ne l’oublions pas – dans les années 30 et Vermeer (1632-1675), qui était largement méconnu de son vivant, n’a été “re-découvert” que vers 1860, par un certain John Smith. Mais ce ne sera qu’en 1935, suite à une exposition au musée d’Amsterdam, que le maître va être adoubé par la critique.
Aujourd’hui, il reste moins de quarante tableaux authentifiés; ils étaient déjà tous répertoriés en 1935.
Van Meegeren vient de terminer ses “Pélerins d’Emmaüs”. Il va d’abord les “tester” en les présentant à l’expert Abraham Brédius qui n’en croit pas ses yeux et affirme qu’il s’agit bien d’un original.
En 1937, la Galerie Royale de Rotherdam achète le tableau pour la coquette somme de 500 000 florins.
Encouragé par ce succès et profitant de la situation trouble de l’occupation allemande, Van Meegeren va peindre toute une série de faux Vermeer :


 


Van Meegeren - Le Christ et la femme adultère

 
- Jacob bénissant Isaac
- La Cène
- Le Christ aux outrages
- Le Christ et la femme adultère

- La lavandière

En 1943, le “Lavement des pieds” est vendu aux enchères 1,25 million de florins.
Ce n’est qu’au sortir de la guerre que cet afflux de nouveaux Vermeer va inquièter critiques, collectionneurs et marchands. Tout ce beau monde discute, se dispute pour savoir si oui ou non il s’agit bien de peintures authentiques.
Finalement, ce sera en faisant le décompte des œuvres pillées par les nazis que l’on va découvrir le pot-aux-roses. “Le Christ et la femme adultère” avait été vendu à Gœring et il fut relativement facile de remonter à l’origine de la vente jusqu’à notre Hollandais de service.
Très vite, il avouera avoir conçu sept faux, dans le seul but, ajouta-t-il, de tromper l’ennemi (allemand) et ainsi lui prendre son argent.
Il faut se remettre dans le contexte de l’époque : on n’allait pas lui remettre une médaille mais, tout de même, ce pouvait être considéré comme  une “attitude patriotique”. On le condamna à un an de prison. Il mourut deux mois plus tard dans sa cellule, le 31 octobre 1947.
 
 
 

 

Pour la petite histoire, durant son procès on lui demanda de réaliser un de ses fameux faux. Il s’exécuta, et même si, comme on peut le comprendre, ce ne fut pas un des meilleurs, il suffit tout de même à convaincre les experts commis par le tribunal.
 
 
 


Van Meegeren Jesus enseignant
 
En 1947, de nombreux critiques, contre toute attente  juraient encore que “Les pélerins d’Emmaüs” était un vrai Vermeer. La polémique durera longtemps. Tous les musées possédant des Vermeer les firent expertiser, analyser, etc.. Enfin toutes les méthodes furent mises en œuvre.
Un tableau intitulé “La jeune fille assise devant un virginal” fut classé comme faux (sans doute par prudence). Le célèbre collectionneur belge Frédéric Rollin, qui pourtant n’était pas un spécialiste de ce genre de peinture, en voyant le tableau chez un marchand londonien, en tomba littéralement amoureux. Pour l’acheter, il dut revendre un Bonnard, un Klee, un Riopelle, qui eux, bien entendu, ne souffraient pas de doute quant à leur authenticité. Il fallut encore treize ans pour que “La jeune fille devant un virginal” soit reconnu comme un vrai Vermeer sans aucun doute possible. Treize ans d’investigation avec toutes les techniques  modernes auront eu raison de la rumeur : l’œuvre était bien de la main du maître.

 
 

 
Johannes Vermeer de Delft  -  Jeune fille asise devant un virginal


 
N’essayez pas de faire cuire vos tableaux, ça ne marche plus…

 
Publié le par BMC
Publié dans : #B.M.C.
 
 
 

  
 
Johannes Vermeer de Delft  -  L'art de la peinture
 
Maintenant que l’on a parlé des faux (voir mon dernier article), il est temps de s’intéresser aux originaux.


“Rien n’est plus beau, je crois, qu’un Vermeer que l’on montre à la femme qu’on aime.”
                                           
Sacha Guitry
          
Sa vie pourrait se résumer ainsi : 43 ans et 36 tableaux.
Il n’y a pas beaucoup à dire sur Vermeer, pour la bonne raison qu’on ne sait pas grand-chose le concernant. Son père était tisserand et propriétaire d’une petite auberge. Apparemment, il pratiquait aussi, à l’occasion, le métier d’antiquaire. Ce qui a probablement donné à son fils le goût de la peinture.
Johannes apprend la peinture dans l’atelier de Carel Fabritus.
En 1653, âgé de vingt et un ans, il se marie. Il aura quinze enfants dont plusieurs mourront en bas âge.
La même année, il est reçu dans la bonne ville d’Anvers, à la Guilde de saint Luc (patron des peintres, pour ceux qui ne le sauraient pas), dont avait fait partie son père. Il en deviendra deux fois vice-président.
Qu’est devenue l’auberge tenue par son père ? Aucun renseignement précis à ce sujet. On sait seulement que Vermeer habitait une petite maison sans prétention, où il ne devait pas être facile de loger sa nombreuse famille, le premier étage étant dévolu à l’atelier.
Probablement, pour vivre, fit-il le commerce d’œuvres d’art (pas les siennes) et de gravures. Il fut consulté comme expert à propos de peintures vénitiennes, qu’il jugea pour la plupart fausses.
A-t-il rencontré Pieter de Hooch ? On sait que ce dernier est arrivé à Delft en 1654 (Vermeer avait vingt-deux ans). A regarder leurs œuvres respectives, on serait fondé de le penser.
 
 

 
Pieter de Hooch
 

 
Johannes Vermeer de Delft  -  Le concert
 
Au moment de sa mort (à quarante-trois ans), il n’arrivait plus à faire vivre sa famille. Sa femme aurait dit qu’il avait perdu la santé à cause de cela et qu’il en serait mort en un jour et demi.
Vermeer laissait derrière lui de nombreuses dettes et au minimum onze enfants. Pour payer le boulanger, sa veuve donna un ou deux tableaux (pour une bouchée de pain…).
 
 

Johannes Vermeer de Delft  -  Diane et ses compagnes
 
On connaît l’acte de succession dressé après sa mort : très peu de ses tableaux y figurent. Or, peu de temps après, un marchand de Harfleur était en possession de vingt-six toiles du maître… Comment se les est-il procurés ? Dieu seul le sait..
On oublia Vermeer. Il fut découvert par quelques spécialistes près de deux cents ans après sa disparition, et seulement en 1935 par le grand public.
 
 

 Johannes Vermeer de Delft  -  L'astronome


De la peinture de Vermeer

 
En 1966, j’ai eu la chance de visiter une des plus importantes expositions Vermeer. Elle avait été organisée à l’orangerie des Tuileries à la demande d’André Malraux.
Voici ce que j’ai envie de dire quarante ans plus tard : il se dégage de ses œuvres une poésie intimiste qu’on ne trouve qu’assez rarement en peinture. Sans doute chez Chardin, mais pour moi, Chardin, c’est “Vermeer traduit en français”.
 
 

Johannes Vermeer de Delft  -  La lettre d'amour
 
 
Ses tableaux sont envahis par la lumière. Bien que souvent cette dernière vienne de la gauche (généralement par une fenêtre), elle donne l’impression d’émaner du sujet lui-même. Vermeer réduit tout à l’essentiel. Malraux parlait à son propos “d’abstraction sensible”. Cette simplification radicale apaise l’esprit. Voir un tableau de Vermeer est une cure de jouvence: on se sent lavé, nettoyé, que dis-je … purifié. Non, je n’exagère pas.
Quand le regard se pose sur une de ses œuvres, le silence se fait en nous. C’est aussi la peinture du silence.
Marcel Proust disait de lui : “Il est une énigme dans une époque où rien ne lui ressemble ni ne l’explique.”
 

Johannes Vermeer de Delft  -  Le verre de vin
 
 
Vous l’aurez sans doute compris, j’aime beaucoup la peinture de Vermeer.
 
Lien
 
 
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Publié le par La Muse
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N'avez-vous jamais eu l'impression d'être observé ? Cherchez plus, j'ai trouvé! Sur le site de la NASA, grâce au téléscope Hubble, la nébuleuse planétaire Helix, dans la constellation du Verseau, surnommée "l'oeil de Dieu"

 

 
 
 


Les nébuleuses sont des bulles de gaz en expansion autour d'une étoile mourante.
Les couleurs dépendent des éléments chimiques contenus dans les bulles. Le rouge correspond à des atomes d'hydrogène, le vert à de l'oxygène, le bleu et le rose à de l'azote, etc..
Quant aux halots lumineux, ils sont provoqués par les vents stellaires.

Alors maintenant, tout le monde le petit doigt sur la couture du pantalon ... on se tient à carreau !


 
 
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Publié le par La Muse
Publié dans : #La Muse

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Photo B.M.C.
 
 
           Ce chemin a-t-il un cœur ?

 


 

N’importe quoi peut te servir de chemin. C’est pourquoi il ne faut jamais oublier qu’un chemin est seulement un chemin; si tu sens que tu ne dois pas le suivre, alors sous aucun prétexte ne continue d’y avancer. Pour obtenir une telle lucidité d’esprit, il faut discipliner sa vie. Alors, seulement, tu pourras comprendre que tout chemin n’est qu’un chemin auquel tu peux renoncer si ton cœur le désire sans faire affront à personne, ni à toi, ni aux autres. Mais ta décision de poursuivre sur un chemin ou de l’abandonner doit être libre de peur ou d’ambition.
Je te préviens, considère chaque chemin en toute liberté et avec une grande attention. Essaie-le autant de fois que tu le jugeras nécessaire. Puis pose-toi, et à toi seul, une question – une question que seul un vieil homme peut se poser.
Lorsque mon benefactor m’en parla, j’étais bien trop jeune et mon sang était trop ardent pour que je puisse la saisir. A présent, je comprends la question et je vais te la dire :

“ce chemin a-t-il un cœur ?”

Tous les chemins sont les mêmes; ils ne conduisent nulle part. Il y a des chemins qui traversent la forêt, d’autres qui vont dans la forêt. Dans ma propre vie, je puis dire que j’ai parcouru de longs, longs chemins, mais je suis arrivé quelque part. Et maintenant la question de mon benefactor a pris tout son sens. Ce chemin a–t-il un cœur ? Si oui, le chemin est bon, si non, il est inutile.
Ces deux chemins ne conduisent nulle part, mais l’un d’entre eux a un cœur et l’autre n’en a pas. L’un est propice à un merveilleux voyage; aussi longtemps que tu le suis, tu ne fais qu’un avec lui. L’autre te fera maudire ta vie. L’un te rend fort, l’autre t’affaiblit.


Carlos Castaneda – L’herbe du diable et la petite fumée.




 
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Publié le par Complik Clé
Publié dans : #Guest Stars


 

 

 

David Beckham
www.feromono.com

 
 
On trouve souvent, via le net, une liste des « perles » du bac renouvelée chaque année, où l’on peut admirer à loisir les bourdes, les boulettes que certains élèves commettent à leurs épreuves écrites.
Je ne sais pas si ça vous rassurera, mais, aux épreuves orales de français, on a droit aussi à des perles exceptionnelles, face à face avec l’élève, en direct-live comme dirait l’autre… Et je dois dire que j’ai failli m’arracher les cheveux mercredi dernier, en faisant passer sept élèves de première STG.
J’ai des premières STG toute l’année, j’ai donc bien pu me rendre à l’évidence que le français n’est pas leur matière favorite (ils ne sont pas en section littéraire non plus, c’est donc normal), ils ont de gros coefficients en gestion, informatique, communication, etc. Alors, le français, c’est un peu leur dernière préoccupation… Mais quand même… Quand même… J’ai quand même l’impression, ou la folle illusion, que mes élèves ne s’en sortaient pas trop mal. Mais mercredi… Mercredi j’ai eu devant les yeux un joyeux défilé de clones de David Beckam de dix-huit ans (cheveux en crête et nuque longue, un diamant ou, mieux encore, le sigle « chanel » en strass, à chaque oreille, des bijoux, des t-shirts siglés Dolce-Gabanna ou Diesel…), c’était le festival des coqs.
Mais bon, on ne les note pas sur leur look, et j’ai eu, moi aussi, un certain mauvais goût vestimentaire pendant l’adolescence. Ca m’a quand même fait un peu flipper tous ces David Beckam, j’avais l’impression de faire un mauvais rêve.
Mais bon, on peut avoir l’apparence d’un coq et s’en sortir pas trop mal, certains étaient assez intéressants (les deux qui n’étaient, comme par hasard, pas lookés comme David B.)
J’ai interrogé un de ces coqs sur un passage de Zadig, de Voltaire, dans lequel les personnages débattent à propos de la religion, un passage plein d’ironie (pour Voltaire c’est original).
Chez Voltaire il y a du second degré qui n’est pas forcément accessible à tous, ok.
Ce coquelet me lit nonchalamment le texte, et je remarque, surprise, qu’il lit « … vous ne savez pas que le [kaoss] (pour chaos) est le père de tout… ». Le coq fait un petit commentaire plus ou moins nul (première partie de l’oral), puis je l’interroge (seconde partie de l’oral), en me disant, bien naïve que je suis, que le stress l’a fait mal lire. Je lui demande donc de relire la fameuse phrase où le chaos est le père de tout. Et là, rebelote, il lit « kaoss » (je précise à tout hasard que le coq en question n’est pas d’origine étrangère, ça aurait pu l’excuser)
-    « Etes vous sûr que ce mot se lit [kaoss] ???
-    Euh… peut-être pas… on dit [chao] ??? »

Silence médusé de ma part…

-    « Ben, non, on dit [kao], le –ch- se prononce [k], le chaos se dit [kao]…

Regard surpris de David Beckam…
Je choisis de creuser un peu, maso que je suis…

-    « Que signifie, d’après vous, le mot chaos ???
-     … euh, ben, je sais pas trop… c’est un monstre ???

Et là, j’ai senti que c’était le kaoss dans ma tête…
Je veux bien que la notion de chaos soit difficile à définir, mais j’estime que chacun sait plus ou moins vaguement, à dix-huit ans, que le chaos peut être assimilé à une destruction, au big-bang, ou même au bordel, je sais pas… C’est quand même un terme relativement commun… Et ce pauvre coquelet était incapable de m’expliquer le chaos. Il n’avait pas besoin, remarque, il était en train de l’illustrer sans le savoir…
Ce n’est pas grave, c’est plutôt drôle après coup, mais sur le moment j’ai ressenti une angoisse… Il a avoué qu’il se moquait éperdument du français, qu’ils n’avaient pas bien travaillé ce texte avec le prof, etc. Bref, il se cherchait des excuses, alors que la seule vraie raison de cette ignorance (excusez-moi mais je ne vois pas d’autre mot) était le manque de curiosité intellectuelle.
Lui, il s’en fout de ne pas savoir ce qu’est le chaos, ça ne le gênait pas du tout. Il a du se dire que j’étais une conne d’intello, lui il a bien mieux à faire que de comprendre tous les mots, c’est pas ça qui l’intéresse, non. Ce qui l’intéresse, c’est de ressembler à David Beckam, d’avoir un jour autant d’argent que lui, ah ça, l’argent, ça avait l’air de le faire rêver, c’est bien plus important que Voltaire.
Tout ça parce qu’on (souvent « on » est un con) les persuade que leur bonheur tiendra à l’argent et à la célébrité, à la parade, y a que ça de vrai. Avoir de beaux diamants dans les oreilles, passer à la télé, avoir une mega voiture, c’est sûr, le mot bonheur, il aurait pu me le définir à sa façon…

C’est une perle parmi d’autres, mais ça fait réfléchir… Si certains jeunes ne savent pas définir le chaos, comment feront-ils pour le reconnaître, pour l’empêcher ???
Je suis une jeune adulte, peut-être un peu vieille dans ma tête, et je me fais du souci pour demain… Heureusement, je regarde les nuages…



 


David Beckham
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