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ENTREZ LIBRES

Publié le par Complik Clé
Publié dans : #Guest Stars

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Ceci n’est qu’un article de plus sur le coup de maître que vient de faire Radiohead, mais je ne peux m’empêcher d’en parler…

A une époque où l’industrie du disque est bouffée par le commercialement correct, où les pires artistes ont du succès au détriment des meilleurs, voilà que le groupe de Thom Yorke, tel le torero qui fait une estocade finale, vient planter le coup de grâce.

Leur dernier album est disponible UNIQUEMENT sur le net par téléchargement (légal), et l’internaute décide lui-même du prix d’achat. Il peut le payer cinq euros ou beaucoup plus cher : la liberté !!!  Voilà de quoi faire vaciller le pdg d’Univers-sale et ses pairs, il était temps !

Certes, ce ne sont pas les premiers à faire ainsi, Prince avait déjà donné le ton, Madonna vient de claquer la porte de sa maison de disques (bien que, question commerce équitable Madonna ait encore quelques leçons à recevoir).
Certes, ils sortiront une version spéciale de l’album pour Noël chez les disquaires, avec des inédits et des vinyles, pour les fans purs.
Certes, vu l’argent qu’ils ont gagné auparavant, et vu leur notoriété ils peuvent se permettre un tel coup, laissant ainsi aux jeunes groupes tout le loisir de s’épanouir sans l’ombre des grands…

Mais quand même, il fallait oser, il fallait le faire pour endiguer le phénomène de massification et commercialisation musicale qui empêche les jeunes groupes de se faire une place malgré leur talent…

Je ne suis pas objective évidemment, mais le monde de l’art se résume si souvent à un marché imbuvable, qu’un tel acte mérite d’être souligné et réitéré.

Dans la lignée, je signale aux personnes qui viennent sur ce blog que ce samedi 24 novembre a lieu la journée sans consommation, organisée par les casseurs de pubs (le terme est un peu brutal mais il faut ce qu’il faut). Pour en savoir plus, rendez-vous sur
casseurs de pub.




 
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Publié le par BMC
Publié dans : #B.M.C.
 
Je prends souvent un malin plaisir à transformer des images. Comme certains griffonnent sur un coin de buvard en pensant à autre chose, comme ces gribouillis que l’on fait en téléphonant. Moi c’est sur mon ordi, si je n’ai rien d’autre à faire, je joue à l’iconoclastie.

En voici quelques exemples :
 
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D’après Georges de la Tour Marie-Madeleine mise en abyme.


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D’après Léonard de Vinci Mona Lisa et Lisa Mona.
 
Si Léonard avait demandé à Mona Lisa de se tourner vers la droite ça n’aurait pas été si mal non plus.
Personnellement je préfère de loin les portraits qui regardent vers la droite , n’y voyez surtout pas une quelconque connotation politique. On dit que sur le plan psychologique la partie droite du tableau représente l’avenir et la gauche le passé, là aussi il n’y a aucune allusion politique. Toujours en psychologie, la droite est le côté du père, la gauche celui de la mère. Tirez-en les conclusions que vous voulez…

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Et les prisons de Piranèse façon Escher c’est pas mal non plus.                                                                            


 
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Et si Géricault avait connu l’isohélie !

 

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Le bain turc de Monsieur Ingres. Le roi du classicisme en a pris un coup…

Il y a aussi les anamorphoses.
Exemple un moine de Zurbaran



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Moine par Zurbaran l’original, à gauche (un chef d’œuvre), à droite Le moine de Zurbaran qui peut passer entre le mur et l’affiche sans la décoller, son pyjama n’a qu’une rayure etc.

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Le moine de Zurbaran passé au rouleau compresseur.
 
Et maintenant, tout ce qui n’est pas de moi :



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À la façon de Vasarely. Cette image semble bombée, les lignes verticales et horizontales courbes. Si vous ne me croyez pas, vérifiez avec une règle, toutes les lignes sont droites et parallèles.

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Question : “Quelle est la ligne la plus longue ?”
Réponse : “Elles sont toutes de la même longueur”.
Et le plus long chemin d’un point à un autre, c’est quoi ?




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Que voyez vous ? Une jeune femme, une vieille dame ?
 
Pour cette image (test très connu), l’ennui c’est que si vous voyez la jeune vous n’arrivez plus à voir la vieille et inversement. Au bout d’un moment vous arriverez à voir les deux alternativement.
 
 
Pour finir une image étonnante.
Je vais vous demander pour cela un petit effort de concentration, mais ça vaut le coup. Approchez-vous de l’image, durant 30 secondes, j’ai bien dit 30 secondes. (Pour vous en donner une idée c’est presque aussi long qu’une minute de silence), vous allez concentrer toute votre attention sur les trois points qui se trouvent sur le nez du personnage ci-dessus, si possible ne cillez pas, enfin faites au mieux. Ensuite fermez normalement vos petits yeux sans serrer les paupières, ne pensez à rien, décontractez-vous, attendez suffisamment longtemps, encore 30 secondes, fixez votre attention sur l’image qui va apparaître dans un ovale.  Surprise, surprise…



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Publié le par BMC
Publié dans : #B.M.C.
 
Première partie
 
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BMCDe la série “les Hommaginaires”, Jean Dubuffet  Acrylique et collages sur papier marouflé sur contreplaqué
75 x 110 cm.


Voilà bien longtemps que je souhaitais vous en parler, mais la tâche était ardue. Jean Dubuffet est un iconoclaste, c’est un  artiste complexe, un chercheur, avec lui tout est sans arrêt remis en question. Il va s’attaquer aux institutions, à toutes les valeurs traditionnelles.

Jean Dubuffet est né au Havre en 1901. Ses parents sont négociants en vin, commerce dont il héritera plus tard. Très jeune il s’intéresse à la peinture, mais aussi à la littérature.
1918- Il passe avec succès son baccalauréat et décide de se rendre à Paris pour faire de la peinture. Il s’inscrit à l’Académie Julian qu’il quittera au bout de six mois pour travailler seul. Dès ce moment il se rend compte qu’il ne pourra pas suivre une quelconque voie traditionnelle, l’académisme chez lui n’est pas de mise.

De 1920 à 1921 il va séjourner à Alger avec ses parents, il s’intéresse à la littérature et aussi à la musique.

De retour en France métropolitaine, il fréquente l’atelier d’André Masson, rencontre Juan Gris et Fernand Léger.

1924- Cesse complètement de peindre. Voyage, séjourne quatre mois à Buenos Aires.

1925- Prend une fonction officielle dans l’affaire de son père. Se marie en 1927 ; la même année, son père décède, il reprend l’affaire à son nom. 1929, naissance de sa fille Isalmina.

1930- Installe à Bercy son négoce de vin en gros.

C’est seulement en 1933 qu’il va se remettre à la peinture. Il loue un atelier rue du Val de Grâce à Paris. Cela va lui permettre de peindre deux à trois heures par jour.

1935- Séparation d’avec sa femme. Mets son commerce en gérance pour pouvoir se consacrer totalement à la peinture.

1937- Rencontre Lili (Émilie Carlu) qu’il épouse la même année. Laissée entre les mains d’un gérant son affaire de vin en gros “bat de l’aile”. Dubuffet reprend le chemin de Bercy pour “sauver les meubles”.

1939- Mobilisation – Exode – Et retour à Bercy.

C’est seulement en 1942 que Jean Dubuffet décide de  consacrer exclusivement son temps à la peinture, il a 41 ans.

1943- C’est cette année que tout commence vraiment, avec sa série Metro. Il fait la connaissance de Jean Paulhan qui sachant son goût pour la littérature va lui présenter Francis Ponge, Pierre Seghers, Paul Eluard. Il rencontre également Jean Fautrier.

1944- Première expo à la galerie Drouin. Le scandale est consommé, la critique debout : “Qui c’est celui-là qui vient remettre en cause les fondements même de l’art moderne ?”.

1944 sera aussi l’année où Dubuffet va réaliser de nombreuses lithographies (tirages Mourlot).
1945- Jean Dubuffet s’installe avec Lili rue de Vaugirard, fait la connaissance d’Henri Michaux. Reçois la visite du marchand d’art New Yorkais Pierre Matisse (le fils de l’autre, comme vous savez).


Voyage en Suisse, recherches sur l’Art Brut (il est à l’origine de ce terme), c’est sans doute là qu’il va rencontrer Aloïse (Aloïse Corbaz, voir  mon aticle  sur cette artiste).

1946- Deuxième exposition chez Drouin, c’est l’époque des hautes pâtes (ma préférée), l’expo s’intitule Mirobolus, Macadam et Cie.

1947- Exposition à New York chez Pierre Matisse. À compter de maintenant Dubuffet est reconnu, il n’a plus de soucis sur le plan matériel. Expose chez Drouin  ses célèbres portraits en “haute pâtes”. Expo d’Art Brut au sous-sol de la Galerie Drouin.

1951- La Galerie Rive Gauche organise une mini rétrospective. C’est l’époque des séries : Sols et Terrains, Tables Paysages, Paysage du Mental. Il séjourne plusieurs mois à New York avec Lili, se lie d’amitié avec Yves Tanguy (j’ai beaucoup de mal à imaginer qu’ils aient pu apprécier mutuellement leurs peintures, sur ce plan-là tout semble les séparer).

1955- Installation à Vence où il se fait construire une villa avec de grands ateliers.
1956/57- Dubuffet navigue entre Vence et Paris, c’est l’époque des Lieux Cursifs, Topographies et Texturologies.
 
Installe à Paris un atelier consacré uniquement à la lithographie, rue de Rennes, c’est là qu’il réalisera la suite intitulée Texturologie.

1960- De nombreuses nouvelles séries : Barbes, Matériologies, Phénomènes. Publie “La Fleur de Barbe” suite de poèmes, de, et illustré par l’auteur. Rétrospective au Musée des Arts Décoratifs à Paris.


1961- Avec Asger Jorn (voir si vous voulez mon article sur ce peintre) Jean Dubuffet va se livrer à des “expériences musicales”, vous trouverez en fin d’article un lien pour écouter un extrait de ces compositions.

Achète une maison au Touquet. Ici commence la série de l’Hourloupe. Dubuffet écrit de plus en plus. Nombreux écrits qui seront publiés, textes sur l’Art Brut, “l’Homme du commun au travail” etc…

À compter de 1960/61, Jean Dubuffet est reconnu mondialement, il expose dans tous les pays. La Galerie Jeanne Bucher va le représenter et lui consacrer de nombreuses expositions.

1967- Réalise d’importantes sculptures peintes sur polyester. Entreprend la “construction” du Cabinet Logologique qui est exposé dans plusieurs villes : Paris, Chicago, Bâle ; par la suite (en 1975) il sera installé dans la Villa Falbala.

Dubuffet “croule sous les commandes” David Rockfeller lui commande une importante sculpture pour le Chase Manhattan Bank, de nombreuses autres suivront.

Dubuffet fait maintenant construire en région parisienne des ateliers très importants à Périgny sur Yerres, il envisage d’y construire la Villa Falbala.

Il va créer une véritable entreprise destinée à la réalisation de ses œuvres monumentales. Construction du Jardin d’Hiver..

 
Jean Dubuffet à maintenant 70 ans, il produit énormément, c’est l’époque de “Coucou Bazar” dont je vous parlerai dans mon prochain article, ainsi que de la Tour aux Figures, de la Villa Falbala et des ennuis de Jean Dubuffet avec  la régie Renault.



 
À suivre si vous le voulez bien…



 
Liens
 

 

Publié le par BMC
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Deuxième partie.
 
  
 
Je n'aime pas les veaux gras primés de concours agricoles; j'aime les vieux loups intraitables.
 
                                                                                               Jean Dubuffet
 
 
Vous aurez sans doute compris en lisant mon premier article sur ce peintre que Dubuffet est, comme je le dis dans le titre, un iconoclaste. Bien entendu il ne l’est pas dans le sens destructeur, il veut simplement bousculer les poncifs de l’Art Moderne.
Dubuffet ne remet pas en cause Cézanne, Picasso et les autres. Ce qu’il nous demande c’est tout simplement de remettre les compteurs à zéro. Que nous dit-il ? Il nous dit : regardez la peinture des enfants, regardez la peinture des aliénés, regardez celle de ceux qui, se retrouvant en prison, n’ayant jamais peint de toute leur vie,  cherchent à s’exprimer par ce moyen. Tell Brassaï il nous demande de nous interroger sur la signification de certains graffitis (voir la tour du prisonnier à Gisors), aujourd’hui des tags.
 
Dubuffet agit comme s’il arrivait sur une planète inconnue. Il regarde tout sans aucun a priori intellectuel. Cela me rappelle la célèbre histoire que vous connaissez peut-être : Alphonse Allais se rend à l’Opéra, il s’installe au poulailler et avant que le spectacle ne commence, il se lève et s’écrie : “Nous ne comprenons pas pourquoi les spectateurs des trois premiers rangs ont eu le droit de venir avec des instruments de musique ?”. Alphonse Allais se comportait un peu à la façon d’un martien qui dit bonjour à une pompe à essence qu’il prend pour un habitant de notre planète (il y a des jours où je me demande s’il y a une différence entre certains êtres humains et une pompe à essence ? Mais c’est une autre histoire).
 
Être libre dans le domaine de la création, c’est avoir un regard neuf sur le monde qui nous entoure, comme si nous le voyons pour la  toute première fois. Avec Dubuffet, l’Art va prendre un bain de Jouvence.
 
Vous l’aurez certainement remarqué, ses premiers travaux vont très vite s’orienter vers des recherches de matières, la composition a relativement peu d’importance, voir “Messe de terre, la série des tables, et presque tout ce qui fait partie de la série des hautes pâtes.
 
Détruire pour reconstruire est sa philosophie, aussi utilisera-t-il toutes sortes de matériaux, cela ira du papier mâché au charbon en passant par tout ce qu’il est possible d’imaginer, la peinture n’étant qu’un élément parmi bien d’autres ; il dessine au stylo à bille ou au feutre, ne se soucie pas de savoir si ses créations passeront l’épreuve du temps. Il ne se refusera rien dans ce domaine, la liberté est son credo.
 
Après ses expériences sur la texture, Dubuffet va ouvrir la voie à des recherches très différentes. Une fois de plus Jean Dubuffet . remet tout en question, il redémarre sur des bases complètement différentes, c’est la période de “l’Hourloupe” Question : ce mot vient-il d’entourloupe ?.
 
À partir de maintenant il ne va plus utiliser que quatre couleurs,  le fond blanc plus trois couleurs : le rouge, le bleu et le noir,( parfois il s’en tiendra au noir et blanc).
De la recherche de matières, il passera à des à-plats de couleur unie. Le côté anecdotique, voire humoristique, va disparaître (sauf dans les titres). Avec cette période vont apparaître les grandes sculptures, il utilise du polyuréthane qu’il découpe avec beaucoup de maestria à l’aide d’un fil chauffé à blanc.
 
Cette nouvelle série va donner naissance à une quantité importante de sculptures monumentales.  Dubuffet est véritablement un artiste complet, on pourrait le comparer à Michel-Ange. En effet il ne se contente pas de faire de la peinture, de la sculpture, maintenant c’est l’architecture qui le “titille”, dans ce domaine, il va réaliser la  Closerie Falbala et la Tour aux figures qui sera implantée dans l’île Saint Germain à Issy-les-Moulineaux. Je reviendrai un peu plus loin sur ses recherches architecturales, mais je souhaite vous parler maintenant de “Coucou Bazar”.


 
Coucou Bazar


 
Avec un nom comme ça, on a envie de rire, et c’est bien le but recherché, dans l’œuvre de Dubuffet l’humour est partout. Jean Dubuffet ne se prend jamais trop au sérieux. Le génial touche-à-tout va maintenant s’intéresser au théâtre, créant quelque chose d’étrange qu’il aurait très bien pu appeler Coucou Bizarre. Il s’agit d’un décor dans lequel évoluent des personnages dont les costumes sont dessinés et peints par le maître, tandis que d’autres personnages “incarcérés” à l’intérieur de ce qu’il nomme des praticables (sculptures habitables) s’intègrent au spectacle.
 
La représentation dure une heure, c’est une suite de tableaux animés qui se succèdent sur une musique de  Ilhan Mimaroglu. Lors de certaines représentations, il intégrera ses expériences musicales dont je vous ai donné un extrait dans mon article précédent.

À ce moment-là aussi Dubuffet nous déstabilise complètement, la question que l’on se pose est : cette œuvre est-elle une peinture (ou sculpture) en mouvement, est-ce du théâtre ou encore autre chose. Bien difficile de répondre…


 
La Closerie Falbala


 
Le mot falbala est issu du provençal et désigne en termes de couture une bande d’étoffes décoratives.
À compter de 1974 et jusqu’à sa mort en 1985, Jean Dubuffet va travailler à la création d’une fondation afin d’y réunir quelques unes des pièces maîtresses de sa collection. Le lieu choisi est Périgny-sur-Yerres en région parisienne, c’est là qu’il a installé ses ateliers. C’est ici qu’il installera la Closerie Falbala.
 
La Closerie Falbala  est  une  immense  sculpture  de  1610  mètres   carré ( impressionnant ! ) à l’intérieur de laquelle se trouve le cabinet Logologique ; l’ensemble a été classé monument historique en 1998. Elle se visite sur rendez-vous, à voir absolument, de quoi rester baba ! (Tel.01. 47. 34. 12. 63).
 
La fondation comporte plus de mille œuvres, peintures, sculptures, maquettes d’architecture, etc.
Dubuffet ne va pas se contenter de sa fondation de Périgny-sur-Yerres, il va créer également une autre fondation à Paris qui se trouve au 137 rue de Sèvres dans le sixième arrondissement.
 
Je ne vous parlerai que très sommairement de la triste histoire de la Régie Renault qui avait commandé un ensemble architectural important à Jean Dubuffet et qui a interrompu subitement la construction de l’ensemble, allant jusqu'à enterrer les premières réalisations. Dubuffet fit un procès qu’il gagna mais refusa de reprendre les travaux. On peut comprendre...
 
La Tour aux Figures
 
Elle fait 24 mètres de haut. Le site avait été décidé en 1985, année de la mort de Jean Dubuffet.
Avant son décès, il aura le temps de rédiger ce qu’il appellera sa “Biographie au pas de course”.
 
Jean Dubuffet est probablement un des artistes qui aura donné le plus d’œuvres à la France.

Voici à tout hasard une liste non exhaustive d’endroits où l’on peut voir ses créations.

Le réséda
 
      Epoxy peint au polyuréthane, hauteur : 6.50 m, réalisé en 1968
      Cour d’honneur de la Caisse des Dépôts et Consignations
      3, quai Anatole France, 75007 Paris

      2 - Bel Costumé
      Epoxy peint au polyuréthane, hauteur : 4 m, réalisé en 1998
      Domaine national des Tuileries, impasse de la Concorde, 75008 Paris

      3 - Jardin d’hiver
      Epoxy peint au polyuréthane, 5 x 10 x 6 m, réalisé en 1969-70
      Musée national d’Art moderne, Centre Georges Pompidou, 19 rue Beaubourg, 75004

      4 - L’accueillant
      Epoxy peint au polyuréthane, hauteur : 6 m, réalisé en 1988
      Hôpital Robert Debré, 48 boulevard Sérurier, 75019 Paris

      5 - Closerie Falbala
      Epoxy et béton projeté peint au polyuréthane, superficie : 1 610 m2 ( 1971 à 1976)
      Fondation Dubuffet, Sente des Vaux, 94520 Périgny-sur-Yerres
 
      6 - L’arbre biplan
      Epoxy peint au polyuréthane, hauteur : 4.70 m, réalisé en 1968-69
      Fondation Dubuffet, Sente des Vaux, 94520 Périgny-sur-Yerres

      7- Chaufferie avec cheminée
      Epoxy peint au polyuréthane, hauteur : 14 m, réalisée en 1996
      Carrefour de la libération, 94400 Vitry-sur-Seine

      8 - Tour aux figures
      Epoxy peint au polyuréthane, hauteur : 24 m, réalisée en 1988
      Parc départemental de l’île Saint-Germain, 92130 Issy-les-moulineaux



 Il y aurait une véritable encyclopédie à écrire sur Dubuffet, bien entendu “Dubuffet, j’ajoute à mon Musée Imaginaire”.



 
 
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Vous vous en souvenez peut-être, il y a un an dans un article intitulé “Délires de l'Art” (26/11/06) je vous avais parlé, entre autres, d’un “artiste” italien du nom de Piero Manzoni.

Je vous rappelle les faits : Son œuvre principale consistait en 90 petites boîtes dans lesquelles il avait enfermé 30 grammes de merde d’artiste, la sienne, bien entendu. Les boîtes en question étaient soigneusement étiquetées dans différentes langues et revendues, au poids, au prix du cours de l’or.

Très vite les prix explosèrent jusqu’à 124.000 €. Les boîtes aussi, et c’est bien là le problème, la fermentation ayant fait son œuvre l’explosion était inévitable.
 
(Désolé je n’ai pas la photo de la boîte explosée).
 
Que faire, conserver les œuvres en question au réfrigérateur ? Explosée, la cote  devrait normalement baisser, mais allez donc savoir… L’odeur a-t-elle un prix ? Parce qu’alors là, les prix vont sérieusement monter.

Les conservateurs ont dû se poser la grave question de savoir si l’on pouvait encore les exposer. Imaginez la tête du visiteur devant qui la boîte explose.

L’artiste qui est décédé à l’âge de trente ans (pet à ses cendres) n’aura malheureusement pas assisté à ce bouquet final, c’est bien dommage pour lui.

Au moins les collectionneurs de merde ont de quoi se poser des questions. C’était certainement un mauvais placement. Ça fait pourtant longtemps qu’on leur dit de ne pas acheter de la merde. Il faut tout de même reconnaître à ces œuvres une qualité : ce sont des œuvres vivantes et odorantes, c’est tout de même assez rare pour être signalé.

Si vous voulez des idées d’artiste “géniales” en voici une : “On pourrait très bien reconstituer la cène, il suffirait qu’un artiste (pourquoi pas moi, je veux bien avoir le rôle de Judas) et douze collectionneurs fortunés se retrouvent autour d’une table bien garnie. À la suite de ces agapes, on récupère les excréments de chacun des convives, le tout mis en boîte en treize exemplaires, (avec conservateur), et revendu à prix d’or, bien entendu”. L’avantage c’est que chaque collectionneur  aura ainsi l’impression d’avoir activement participé à l’œuvre. Chiche!


 
Liens sur le sujet.

Grange Blanche
 
 
 
 
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Publié le par BMC
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Alberto Giacometti
Alberto Giacometti
Les Hommaginaires - Alberto - Par BMC 1973
50 x 65 cm.
 
Il y a en ce moment une très importante exposition consacrée à Alberto Giacometti au centre Georges Pompidou, cela m’a donné envie de vous  parler de cet artiste. Pour moi Alberto Giacometti et Germaine Richier sont certainement les deux plus importants sculpteurs de cette fin de siècle. Sans doute Germaine Richier est-elle moins connue du grand public, ce qui, bien entendu, n’enlève rien à sa valeur. J’aurai l’occasion de vous en parler prochainement.

Comme je pense que la vie d’un artiste peut difficilement être séparée de son œuvre, permettez-moi de la parcourir sommairement avec vous.

.
Le père d’Alberto Giovanni Giacometti était lui-même artiste peintre, comme on le disait à cette époque. Il pratiquait le postimpressionnisme avec plus ou moins de bonheur ce qui lui permettait de jouir d’une certaine renommée, du moins en Suisse et en Allemagne.
 
La famille réside en Suisse dans le canton des Grisons.
Alberto naît le 10 octobre 1901. Son frère Diego le 15 novembre 1902. Il sera lui aussi sculpteur (et décorateur) et il accompagnera son frère tout au long de  sa vie, ce sera un des modèles préférés d’Alberto, il l’aidera dans ses travaux d’atelier.
 
 
En 1904 naîtra un troisième enfant Ottilia. Et en 1907 le dernier des quatre Bruno, qui  deviendra architecte (il aura 100 ans cette année).


Dans une maison où le père s’adonne régulièrement à la peinture, il est bien normal que les enfants deviennent tous artistes. À en voir ce qui reste les débuts d’Alberto en peinture n’était pas franchement convaincants. Tant pis il se vengera plus tard !

C’est vers 1914 que datent ses premiers essais en tant que sculpteur.
De 1915 à 1919 Alberto sera pensionnaire dans un collège protestant, c’est un bon élève passionné de sciences naturelles.  En 1919 il va s’inscrire à l’école des Beaux Arts de Genève.
..
1920. C’est une année très importante pour Alberto. Un premier voyage à Venise, il visite la biennale avec son père ; suit un déplacement à Padoue. Les fresques de Giotto, là c’est le choc avec la découverte des primitifs italiens. Il retournera en Italie la même année  pour continuer ses visites. L’art égyptien le passionne également.
. .
1921. Alberto s’installe à Rome chez un vague parent de son père. Il continue de visiter l’Italie, Florence, Naples, Pompéi.  ..
 
C’est à Rome qu’il rencontre un certain Piéter Van Meurs, bibliothécaire de son état. Ce dernier est maintenant âgé de 61 ans, ils deviennent très amis. Au cours d’un voyage qu’ils font ensemble Van Meurs décède d’une crise cardiaque. Cet événement va marquer Alberto à vie. À partir de ce moment, il ne va presque plus dormir la nuit, ou alors, il sera obligé de laisser la lumière allumée jusqu’au matin. C’est sans doute pour ça qu’il deviendra le noctambule que l’on sait.
 
1922. Giacometti arrive “enfin” à Paris. Paris, 1922, c’est l’époque des “montparnos”. Il travaillera avec plus ou moins de régularité dans l’atelier de Bourdelle.

1925. Le fidèle Diego vient rejoindre son frère.

La première  sculpture importante datera de 1926, il s’agit de “La Femme Cuillère”.
 
C’est en 1927 qu’Alberto s’installe dans un atelier de 36 mètres carrés, atelier qu’il ne quittera plus jusqu’à la fin de sa vie. Ni l’argent, ni la renommée, ni l’inconfort ne lui feront changer d’un iota ses habitudes de vie. Pierre Alechinsky racontera plus tard que lorsqu’on a installé l’eau courante dans son atelier ce fut un événement.
 
1929, Jeanne Bucher expose deux de ses œuvres. C’est un succès immédiat, il commence maintenant à vendre. Rencontres avec André Masson et toute “sa clique”, Michel Leiris (encore lui), Georges Bataille. Cette même année va être bénéfique pour lui, il obtient un contrat avec Pierre Loeb (Galerie Pierre pour ceux qui ne le sauraient pas).
 
1930. Alberto et Diego réalisent ensemble des objets décoratifs (on peut voir du mobilier créé par Diego au Musée Picasso à Paris).
 
C’est en 1930 que Giacometti adhère au mouvement surréaliste, il faut bien le dire sans beaucoup de conviction. Il publiera quelques textes dans la revue d’André Breton. Très vite il quittera le groupe surréaliste dont il ne partage pas les idées. À la fin de sa vie, il jugera lui-même cette période comme “catastrophique” (‘c’est lui qui le dit, est-il besoin de dire que je suis tout à fait d’accord avec lui, n’en déplaisent à certains snobs ou intellos de tous poils). Par la suite, il détruira un grand nombre d’œuvres de cette période.
 
1932, Première expo personnelle à la Galerie Pierre Colle dont il dépend maintenant.
 
1933. Décès de son père. Alberto est profondément marqué, il passera cette année en Suisse et ne travaillera pratiquement pas.

1934. C’est le début des sculptures figuratives qui le feront connaître dans le monde entier.

1937. Décès de sa sœur Ottila.

1938. “L’accident“, Alberto est renversé par une voiture, il va pendant quelque temps marcher avec une canne, il en gardera à vie une très légère claudication.
Je ne sais pas si vous avez lu “Les mots” de Jean-Paul Sartre (sinon, faites-le, ça vaut le coup), dans son livre le célèbre philosophe raconte l’accident de Giacometti ce qui lui vaudra de perdre à vie l’amitié du peintre, ce dernier n’a pas supporté (souvenez-vous Cézanne et Zola, l’Œuvre).

1939. Expo à New York chez Peggy Guggenheim.
1940-42. L’exode. Alberto et Diego tentent de fuir la capitale à bicyclette ; après bien des péripéties, ils sont de retour à Paris. C’est l’époque de l’amitié avec Sartre et Simone De Beauvoir.

De 1942 à 1945 Alberto s’installe à Genève, Diego qui na pas pu avoir de visa reste à Paris où il garde l’atelier.

Jusqu'à 1943 Alberto a eu quelques aventures, quelques “belles passantes”, mais rien de franchement sérieux. En 1943 il va rencontrer sa Muse, Annette Arm, elle à 20 ans, lui 42. Ce sera sa compagne à vie.
1945. C’est avec Annette qu’il va retourner à Paris où il retrouve Diego et son cher atelier.
 
1947. Première sculpture de l’Homme qui marche. Permettez-moi d’ouvrir ici une parenthèse pour parler de cette étrange sculpture. J’ai bien dit étrange car, en effet je n’ai jamais vu un homme qui marche avec les deux jambes raides. Et pourtant si les jambes étaient pliées cette sculpture perdrait tout son sens. Tout le dynamisme vient de cette incohérence.
 
1949. Mariage avec Annette. Maintenant Giacometti peint de plus en plus, c’est la série des portraits que l’on connaît, Il est aussi grand peintre que sculpteur.
Suivront les gravures, les dessins.


Giacometti est enfin reconnu mondialement comme un des plus grands artistes de son temps.
De 1951 à 1964 Giacometti sera représenté par la Galerie Maeght. Ses œuvres sont très nombreuses à la fondation, cela mérite un large détour (pour les voir).
 
Rien ne changera pour autant dans sa vie
Sans doute aura-t-il quelques amis en plus, Samuel Beckett, Jacques Dupin, Jean Genet qui lui consacrera un livre.
 
Giacometti fréquente les restaurants, les cafés de Montparnasse, il attend le petit jour pour se coucher. Le matin, au point du jour, il pourra un peu dormir avant de se remettre à l’œuvre. À la fin de sa vie Giacometti travaille beaucoup, il n’a jamais tant produit…

 Alberto Giacometti quitte ce monde à 64 ans, le 11 janvier 1966  à 10 heures du soir. Mais pour lui la claire lumière était restée  allumée.
 

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« L'Atelier d'Alberto Giacometti, collection de la Fondation Alberto et Annette Giacometti »,
du 17 octobre au 11 février,
niveau 6, galerie 1 du Centre Georges-Pompidou.
Tél. : 01 44 78 12 33.
http://www.centrepompidou.fr 
 
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