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ENTREZ LIBRES

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 «Je suis né à Ostende, un vendredi 13 avril 1860, le jour de Vénus. Eh bien! chers amis, Vénus, dès l'aube de ma naissance, vint à moi souriante et nous nous regardâmes longuement dans les yeux. Ah! les beaux yeux pers et verts, les longs cheveux couleur de sable. Vénus était blonde et belle, toute barbouillée d'écume, elle fleurait bon la mer salée. Bien vite je la peignis, car elle mordait mes pinceaux, bouffait mes couleurs, convoitait mes coquilles peintes, elle courait sur mes nacres, s'oubliait dans mes conques, salivait sur mes brosses...»
 
Ainsi s’exprimait le vieux maître lors d’une réception organisée en son honneur vers la fin de sa vie.
 
James Ensor était un être complexe. On dira de lui qu’il fut un peintre d’avant-garde, tour à tour, impressionniste, symboliste, parfois surréaliste, d’autres fois fauve et même abstrait  avant l’heure, anarchiste sans doute. Bref un homme libre.
 
Mais ce qui restera de lui c’est la modernité de sa pensée et sa manière expressionniste de s’exprimer, bien qu’à cette époque, ce mot-là n’eût pas encore cours. Il peut être considéré comme un des principaux précurseurs de cette école et un pionnier de l’Art Moderne.
Ensor est issu d’une famille de petits-bourgeois de la ville d’Ostende. Son père, anglais, est ingénieur ; il va très vite sombrer dans l’alcoolisme. Sa mère, flamande, tient une boutique de souvenirs dans laquelle on trouve des coquillages, des masques de carnaval, des animaux empaillés, des chinoiseries et autres colifichets. C’est dans cet univers surréaliste que le petit James va grandir.
 
À dix-sept ans, déjà titillé par le démon de la peinture, il s’inscrit à l’Académie des Beaux-Arts de Bruxelles. À Bruxelles, il va fréquenter les milieux anarchistes. Mais très vite il quittera l’Académie qui, bien entendu, n’est pas faite pour les jeunes sauvageons de son espèce.
 
De retour à Ostende, le jeune peintre est fasciné par la lumière, ses œuvres du moment font penser à Turner, ses intérieurs sont tout à fait comparables à ceux de Vuillard, même ambiance, même dissolution de la couleur dans la lumière.
 
De dix-huit jusqu'à quarante ans, James va vivre chez sa mère à Ostende. Dans le grenier, il installe un atelier de fortune dans lequel il réalisera la majorité de ses  œuvres les plus importantes, y compris “l’Entrée du Christ dans Bruxelles” qu’il ne parviendra jamais à voir en entier dans sa mansarde, faute de place.
À l’âge de vingt-huit ans, il va rencontrer celle qu’il surnomme sa sirène, Augusta Bogaerts. Il lui écrira 250 “missives platoniques”. La belle Augusta a probablement été sa maîtresse, difficile de le dire. De toutes façons le rapport de James avec les femmes semblait des plus bizarres. Voici ce qu’il écrivait à un de ses amis, dans l’espoir de le consoler  d’un chagrin d’amour. Toujours  à propos des femmes : “Sexe trompeur sans foi ni loi, sans honneur et sans cœur. Gouffre d’hypocrisie, foyer de mensonge et de dissimulation, bourbier de malice”. Est-il besoin d’aller plus loin ?
Très vite James Ensor quittera le domaine de l’apparence pour ne plus s’attacher qu’à la représentation de l’esprit, la peinture n’est plus seulement destinée à transmettre une émotion visuelle issue de la réalité comme le feront les impressionnistes, elle est destinée à faire passer un message, mettre le spectateur face à lui-même, l’obliger à se remettre constamment en question.
                
Petit à petit, la révolte commence à poindre, son travail devient de plus en plus caricatural, les rouges et les contrastes s’y côtoient, la rage transcende l’œuvre. Durant cette période, il écrira : Mes concitoyens, d'éminence molluqueuse, m'accablent. On m'injurie, on m'insulte : je suis fou, je suis sot, je suis méchant, je suis mauvais...”
 
L’homme révolté qui l’habitait depuis toujours peut enfin s’exprimer. Comme son maître Jérôme Bosch, il va recréer le monde à sa façon. James Ensor nous apprend à voir les choses telles qu’elles sont, à la fois fascinantes et monstrueuses. Derrière les masques se cachent les visages de nos contemporains. Derrière chaque objet, un danger que nous n’aurions jamais découvert sans la sensibilité de l’artiste.
 
Face à un de ses tableaux nous sommes inquiets. Nous avons presque peur, mais la fascination nous retient, difficile de le quitter des yeux. Des heures plus tard l’œuvre est encore là, inutile de la fuir.  Et après tout n’est-ce pas là le rôle d’une peinture que d’accaparer notre esprit jusqu’à ce qu’il cède enfin. C’est probablement au moment du lâcher-prise que l’œuvre se révélera totalement à notre conscience.
 
Ensor est un petit malin, il va essayer de nous faire croire que ses tableaux sont avant tout humoristiques, insolents, grotesques. Certes il ne manque pas d’humour, mais il s’agit probablement là d’un leurre destiné à ceux qui passeront rapidement devant. Tant pis pour eux. Vous connaissez probablement ce proverbe indien “ Un doigt pointe vers la lune, tant pis pour celui qui regarde le doigt”. Après tout vous avez le droit de ne pas regarder la peinture, puisqu’on ne vous a peut-être jamais, ni appris, ni encouragé à le faire, pas plus vos parents, qu’à l’école. Ce serait tout de même dommage si vous ne regardiez que le doigt, même s’il est très beau, ce dont je ne doute pas. Face à un tableau dites-vous toujours ceci :“Attention un tableau peut en cacher un autre”.
Dans les peintures d’Ensor, la foule est omniprésente, même au pied des cathédrales, même lorsqu’elle acclame  Jésus à son entrée dans Bruxelles. Elle est menaçante, c’est une foule révolutionnaire . Pris à part ses personnages sont monstrueux. Il se peindra lui-même au cœur de la foule, lui qui était un grand solitaire.
Apparaît également dans sa peinture le côté ripaille, fêtes belges. Vous ne connaissez peut-être pas ce mot, en Belgique, on appelle ça une “fancy-fair”, ces fêtes où la bière coule à flot, où le seul plaisir consiste à se “pinter”, où finalement tout le monde finit par ressembler aux personnages de la foule de James Ensor (ce n’est malheureusement pas une spécialité réservée aux seuls Belges).
 
En 1883, Octave Maus fonde un groupe d’avant-garde  dénommé “Les XX”, Ensor fait partie des fondateurs. La même année, il peint son autoportrait auquel, plus tard, il ajoutera le chapeau à plumes.
Très vite le groupe envisage de se séparer du “trublion James”. Ils n’auront pas à le faire “les XX” sont dissous, le groupe n’aura existé que durant quatre ans.
 
Il faudra attendre les années 1900 pour que James Ensor, vieux, usé et fatigué (?) commence enfin à être reconnu. Il reçoit la nationalité belge. Le roi lui rend visite, il est anobli (fait baron), abondamment décoré, enfin la reconnaissance qu’il n’attendait plus depuis longtemps !

Que pensez-vous qu’il advint ?
 
À partir de maintenant James Ensor, celui qui avait reçu officiellement le titre de Prince des peintres abandonne la peinture et se consacre à la musique…
 
James Ensor composera un opéra-ballet dont il écrira la musique et  fera les décors.

À la fin de sa vie, il héritera de la maison d’un de ses oncles qui tenait une boutique concurrente à celle de sa mère, dans la même rue. La boutique sera par la suite transformée en musée Ensor.


Le 19 novembre 1949 il va enfin retrouver son amie la Camarde.
Il sera enterré à Mariakerke non loin d’Ostende. Plus tard Louise Bourgeois agrémentera sa tombe d’une araignée géante, ce qui n’aurait certainement pas déplu à l’illustre farceur.


 
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le plus grand bouddha,bouddha,


Ne crois pas ce que je te dis.
Ne rejette pas ce que je te dis.
Ce qui restera sera ta vérité.

                                                          Bouddha
 

 
Tout le monde se souvient de la tristement  célèbre histoire des Bouddhas de Bamiyan. Je préfère ne pas revenir sur cette malheureuse affaire que nous avons encore tous en mémoire. Le nombre de conneries que les hommes ont pu commettre au nom d’une quelconque religion ou idéologie dépasse l’entendement. Les chinois sont assez doués pour ce genre de choses, souvenez-vous de l’annexion du Tibet.
Non monsieur Sarkozy le Tibet, pas plus que le Bhoutan ou le Népal ne font  partie de la Chine !   Je ne peux pas admettre qu’un président s’exprimant  au nom des citoyens français puisse  dire ce genre de chose. Non, même si vous m’offriez le voyage, je n’irais pas en Chine tant que le Tibet n’aura pas retrouvé son indépendance et que les chinois continueront à pratiquer la peine de mort. Je sais bien que vous n’en avez rien à faire de ce que je pense, mais ça fait du bien de le dire. Il est heureux que nous vivions dans un pays où l’on peut  encore s’exprimer librement.


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Le plus grand Bouddha du monde se trouve en Chine, à Leshan, dans la province du Sichuan ; par bonheur, il n’a pas été détruit. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, il ne représente pas le Bouddha traditionnel Sakyamuni, mais Maitreya, le Bouddha à venir, il est assis sur une chaise et non dans la posture habituelle du Bouddha. Sa taille est de 71 mètres de haut il a été taillé à même le roc à l’époque de la dynastie Tang. Les travaux ont duré 90 ans.
 
Le mont Emei dans lequel le Bouddha a été taillé est considéré traditionnellement par les bouddhistes comme une montagne sacrée de Chine.
Vous avez sans doute encore en mémoire les images des Bouddhas de Bamiyan qui paraissaient immenses, ils mesuraient respectivement 38 et 53 mètres, le grand Bouddha de Chine mesure 18 mètres de plus que le plus grand des deux.
 
À l’origine la statue était protégée par une structure en bois qui fut malheureusement détruite lors de guerres vers les années 1200/1300. Au cours des siècles, l’érosion ayant fait son office le monument fut endommagé, l’eau s’infiltra au cœur de la pierre provoquant un ramollissement, les plantes envahirent la partie haute de la statue, le visage était recouvert de mousse. Certains ont vu au coin de l’œil du Bouddha une tache qui ressemblait fort à une larme.
 
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Depuis sa construction, de nombreux travaux furent accomplis pour la restauration sans beaucoup de succès, il faut bien le dire. 
Fort heureusement le Bouddha fut classé au patrimoine mondial de l’humanité (ceux d’Afghanistan l’étaient aussi). L’Unesco prit, si l’on peut dire l’affaire en main : deux millions de dollars ont été attribués dans un premier temps, les travaux ont pu commencer. De son côté, la Chine a pris des mesures pour réduire la pollution atmosphérique du lieu, inciter les industriels du coin à aller, un peu plus loin (il ne faut pas trop en demander)…
 
Les travaux de restauration sont bien avancés, la statue a été nettoyée, les fissures rebouchées, il reste encore à améliorer le drainage et imperméabiliser l’ensemble.

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À droite de la statue se trouve un escalier comportant neuf détours symbolisant la quête de la sagesse et les difficultés pour y parvenir.
 
Rêvons un peu. Peut-être un jour, les présidents de tous les pays du monde se donneront rendez-vous au pied de cet escalier et graviront avec succès les neuf degrés de la sagesse… Non là c’est moi qui déconne, mais ça fait du bien de rêver. 

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En complément à mon article, je vous invite à lire un texte paru dans Courrier International  concernant la “construction” de Bouddhas géants en Chine. Il s’agit d’un Extrait  du 26 juillet 2001.  je crois qu’il se passe de commentaire.
 




 

  

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Je dédie ce plafond farfelu à Sieglind La Dragonne qui me ferait presque aimer l’opéra…


Cet article commence mal, rassurez-vous il finira bien.

Je n’aime pas beaucoup la peinture de Marc Chagall hormis ses premières œuvres, celles où l’influence du cubisme se faisait encore sentir.

Par la suite “j’accuse” Chagall d’avoir fait du Chagall, en se copiant lui-même, en reprenant sans arrêt, non des thèmes ce qui serait compréhensible, mais des images reproduites presque à l’identique d’un tableau sur l’autre. Souvenez-vous “Les mariés de la tour Eiffel ”(un Chagall que j’aime bien), cette image va devenir récurrente, et si à l’origine c’est une  bonne peinture, le fait de la répéter sans cesse  fait perdre à l’original toute sa valeur. Je n’ai rien contre les œuvres obsessionnelles, mais ici ce n’est pas le cas, c’est de la répétition, ce qui n’est pas la même chose.

Heureusement pour lui, Chagall a eu la chance d’avoir de nombreuses commandes monumentales, ce qui lui a permis d’avoir une très bonne technique sur les très grands formats  qui va l’aider pour la réalisation du plafond.

C’est en 1964 qu’André Malraux, avec le soutien de Georges Pompidou, propose à Marc Chagall de repeindre le plafond de la grande salle de l’Opéra de Paris.

Après de nombreuses hésitations Chagall accepte. On peut comprendre que  l’artiste se soit posé des questions, à 77 ans, peindre une œuvre de 220 mètres carrés n’est pas une petite affaire, monter sur un échafaudage à 20 mètres du sol pour effectuer les retouches, enfin c’est un véritable chantier. Chagall aimait l’argent et le côté financier aura sans doute pesé sur sa décision. D’ailleurs quel peintre aurait pu refuser un travail aussi passionnant (et aussi rémunérateur) ?

La question que l’on peut se poser : À part Chagall, qui aurait bien pu repeindre ce plafond ? Picasso, bien sûr, il a 83 ans, mais ses rapports avec Malraux ne sont pas terribles, c’est le moins que l’on puisse dire (dommage) et à part lui ? Braque est mort depuis un an, on aurait toujours pu lui demander, ça m’étonnerait qu’il soit revenu…( Encore que, le fantôme de l’opéra)…
Dans le genre, Dufy n’aurait pas été mal , mais il y a longtemps qu’il était parti pour un autre ciel.…

Cacher l’ancien plafond n’était sans doute pas une mauvaise chose, peint par Jules Eugène Lenepveu dans le style classique de l’époque (Napoléon III) c’était une horreur (bien entendu ce point de vue n’engage que moi). Que les nostalgiques se rassurent, l’ancien plafond existe toujours, celui de Chagall a été  rajouté en dessous, on peut d’ailleurs  voir la maquette de Lenepveu au Musée d’Orsay.

Tout le monde connaît le style très particulier de l’Opéra Garnier, il ressemble à une énorme pièce montée, extrêmement baroque, il a indéniablement “une forte personnalité”. En 1861 le jeune architecte Charles Garnier, remporte, a la surprise générale le concours d’architecture, il a 39 ans.

À ce propos ,  on raconte l’histoire suivante : L’Impératrice Eugénie qui aurait souhaité que ce soit “son poulain”, Viollet-le-Duc qui ait cette commande, questionne Charles Garnier : “Quel est donc ce style, je ne retrouve ici rien de classique”. Garnier de répondre : “Mais c’est du Napoléon III, c’est ainsi que serait officiellement né le style Napoléon III. L’histoire ne s’arrête pas là, l’empereur prenant Garnier à part lui aurait murmuré : “Ne vous inquiétez pas elle ne connaît rien en architecture”.

En tout cas c’était très bien vu par Malraux d’associer  Chagall à cet énorme gâteau. Grâce à son côté baroque, l’œuvre s’intègre très bien à l’ensemble, elle donne une luminosité, une gaîté que n’avait pas le plafond de Lenepveu. Le monde onirique de Chagall correspond très bien avec les dorures, les miroirs, les “femmes torchères”, tout ce monde en carton-pâte nous fait rêver, et Chagall n’est-il pas le maître du rêve ? L’opéra lui-même n’est-il pas fait pour nous faire rêver ?

En ce qui concerne la composition de l’œuvre, Chagall décide de la “découper” en cinq parties de couleurs différentes. Y figurent telles des constellations sur un planétarium les principaux musiciens.  Berlioz, Wagner, Debussy, Mozart (son musicien préféré), Moussorgski, Rameau, Beethoven, Gluck, Bizet, Ravel, Stravinsky, Verdi. L’ensemble ressemble un peu à une roue de loterie à la Foire du Trône.
La peinture de Chagall est très “aérienne”, les personnages flottent entre deux mondes, il y a un côté angélique. C’est sans doute sa propre vision du paradis qu’il nous fait partager.

Si vous allez à l’Opéra Garnier, essayez d’y être suffisamment tôt, assis dans votre fauteuil prenez le temps de rêvasser en regardant  le plafond de Chagall, et si le lustre de 7,5 tonnes ne se décroche pas pour vous tomber sur la margoulette, vous aurez la chance d’y voir le Lac des Cygnes ou Pulcinella. Ne riez pas cet incident s’est déjà produit le 20 mai 1896, le contrepoids qui retenait le lustre a cédé lors d’une représentation de Faust de Gounod (pas étonnant), le malheureux spectateur qui se trouvait sur le fauteuil n° 13 a été tué sur le coup.

Allez donc voir le plafond de Chagall, mais évitez le fauteuil n° 13 !

Et dire que j’avais dit qu’il finirait bien cet article !

 


 
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Rectificatif : Commentaire de Monsieur Maurice Monge


 

Bonjour,

Je découvre ce blog qui relate l'histoire du nouveau plafond de l'opéra Garnier dit plafond Chagall. Je voudrais apporter quelques éclairages sur des interrogations à propos de l'extraordinaire performance qu'aurait été la réalisation de ces 220 m2 de peinture par un monsieur de 77 ans. En fait Chagall a conçu la maquette et la réalisation effective du plafond a été confiée à un artiste peintre, Roland BIERGE, lequel a été recruté par Malraux et qui a travaillé huit mois aux Gobelins pour peindre les panneaux à taille réelle qu'il avait dessiné à l'échelle. Lui avait l'expérience des très grands formats puisqu'il était chef de l'atelier de décors à la Comédie Française

Tout le dossier concernant cette réalisation peut être consulté à la Bibliothèque de l’Opéra Garnier. D'ailleurs Bierge rapporte que Chagall lui aurait confié :"..Bierge, on trompe son monde..."

Bierge n'était pas un collaborateur de Chagall. Il avait un contrat avec le ministère et il a d'ailleurs recruté deux personnes pour l'assister.




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Ou si vous préférez sir Francis Bacon …
 
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De la série “Les Hommaginaires” Francis Bacon par BMC
 
  
“Je crois que l’homme aujourd’hui réalise qu’il est un accident, que son existence est futile et qu’il a à jouer un jeu insensé.”

                                                            Francis Bacon
 
Francis Bacon est né en Irlande, à Dublin, le 28 octobre 1909. Prière de ne pas confondre avec le célèbre philosophe, et alchimiste sir Francis Bacon, ce dernier serait,, paraît-il, un de ses aïeux, c’est du moins ce qui se  dit dans sa famille. Francis est le deuxième des cinq enfants. Son père, ancien militaire, est entraîneur de chevaux de courses.

C’est dans un petit village d’Irlande que Francis passera les premières années de sa vie.

 Dès son plus jeune âge, Francis a régulièrement des crises d’asthme. Aussi pour « renforcer son caractère », son père ne trouve rien de mieux que de lui infliger des séances régulières de flagellations (si vous avez un enfant qui a de l’asthme, n’essayez pas, l’expérience a prouvé que ça ne marchait pas !). Lorsque les crises sont trop fortes, on lui donne de la morphine, le jeune Francis en réclame toujours plus… 
 
Au moment où la guerre éclate (celle de 14), la famille part s’installer à Londres où son père a un emploi au Ministère de la Guerre.
 
À la fin de la guerre, la famille « navigue » entre Londres et la maison  qu’ils viennent de racheter en Irlande.
Pour la petite histoire, il est intéressant de constater que cette maison avait la majorité des pièces de forme arrondie, donnant sur le jardin. Forme que l’on retrouvera plus tard dans sa peinture.

 
Comme tout fils de bonne famille, Francis est maintenant pensionnaire dans un collège. Ses fugues seront si fréquentes qu’au bout d’un an il est contraint de quitter le fameux collège.
 
Ses rapports avec sa famille sont très difficiles, c’est le moins que l’on puisse dire. Vers l’âge de seize ans, son père découvre Francis en train d’essayer les sous-vêtements de sa mère. Et comme Francis avoue son homosexualité (pour ça, le fouet non plus ça ne marche pas), la sentence va être très dure.
Mais comme son père veut avoir la conscience tranquille, il va confier l’éducation de son fils à un de ses amis, un certain Harcourt-Smith. Et vu le comportement du jeune Francis, comme il ne faut surtout pas que ses « préférences sexuelles » puissent salir l’honneur de la famille, on décide à l’unanimité d’envoyer le jeune « délinquant » en compagnie de son précepteur le plus loin possible. Berlin fera l’affaire.
 
Durant son séjour à Berlin, la mère de Francis, va, très certainement à l’insu du père, verser à son fils une pension de trois livres par semaine.

Bacon restera quelques mois à Berlin où, en compagnie de son « précepteur », ils passeront toutes les nuits à faire la tournée de tous les bars et les cabarets de la ville. Cette période a beaucoup marqué Bacon comme on aura l’occasion de s’en rendre compte par la suite !

Bien entendu, cela ne durera que quelques mois.
 
Francis n’a pratiquement plus de rapports avec sa famille, qui ne souhaite qu’une chose : ne plus  entendre parler de lui. Il décide de se rendre seul à Paris pour quelques mois.

C’est à Paris qu’il va découvrir sa vocation, il commence à s’intéresser à la peinture. Il a bien fait quelques aquarelles, mais ça s’arrête là. Un jour béni des dieux, il entre « Galerie Rosenberg » et découvre le peintre qui le marquera à vie : Picasso.

À partir de là sa décision est prise, il sera peintre. Bacon n’ayant que peut de moyens réside « chez l’habitant », ce qui lui permet d’apprendre le français.

 Après la découverte de Picasso, c’est celle de Poussin qui lui fera grosse impression (on peut comprendre).
 
En 1929, Bacon s’installe à Londres dans un garage qu’il va transformer en atelier. Il se déclare décorateur et va créer des meubles de verre et d’acier et aussi des tapis. Parallèlement, il commence à réaliser quelques peintures inspirées de Picasso et du surréalisme.
En fin d’année, il réalise une exposition dans son garage-atelier. Expo qui, comme on s’en doute, n’aura pas plus de visiteurs que de succès.  Heureusement pour lui, il rencontre un homme d’affaire qui pendant quinze ans sera son mécène.
 
En tant que décorateur, Bacon commence à avoir une certaine notoriété ; le peintre Graham Sutherland lui achète des meubles, la revue Art Studio lui consacre un article.

Bacon se tourne de plus en plus vers la peinture, délaissant la déco qui ne l’intéresse pas beaucoup.

Ce n’est plus tout à fait la vie de bohème, mais Bacon vit d’expédients ; il est tour à tour : standardiste, cuisinier, valet de chambre…
 
En 1934, Bacon expose six peintures et sept gouaches dans la cave d’un de ses amis. Ce sera un « bide » total.

Bacon, découragé, va peindre de moins en moins et passer son temps à jouer dans les casinos.

Francis Bacon est toujours très influencé par les images et pas seulement dans le domaine de la peinture, le cinéma va beaucoup le marquer (Le Cuirassé Potemkine, entre autres). De nombreuses photos influenceront son œuvre, particulièrement un livre sur les maladies de la bouche largement illustré (là aussi voir l’influence de la bouche dans ses peintures).

En 1936, Bacon présente quelques œuvres à « l’Exposition Internationale du Surréalisme » à Londres. Ses œuvres étant considérées comme « pas assez surréalistes »,  sont refusées en bloc.
Son asthme vaudra à Bacon d’être exempté de service militaire.
 
Bacon fréquente le peintre Graham Sutherland, chez qui il va rencontrer celui qui durant de nombreuses années deviendra son ami, Lucian Freud (je vous promets un article sur lui, car j’adore sa peinture), il en fera de nombreux portraits.
 
En 1943, Bacon commence véritablement à se consacrer  à la peinture. Il écrira : « C’est vers 1943/44 que j’ai vraiment commencé à peindre. Rien ne s’était vraiment coagulé jusqu’alors ».

Son entrée officielle dans le monde de l’art correspond avec l’exposition d’un célèbre triptyque intitulé « Trois études au pied d’une crucifixion » ;  Francis a 36 ans, c’est sa première véritable expo.
L’année n’est pas propice à montrer ce genre d’œuvres, nous sortons de la guerre, les camps d’extermination sont encore dans l’esprit de chacun. Bref, on n’a pas envie de voir des horreurs… Le tableau sera acheté par Eric Hall qui en fera don à la Tate Gallery en 1953.

A près de quarante ans, Bacon va commencer véritablement un travail de peintre, c’est ce que nous verrons dans les articles suivants….
 
 
À suivre si vous le voulez bien…
 
   

 
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   (suite 2)

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De la série “Les Hommaginaires” Francis Bacon par BMC
 
Je vous ai lâchement abandonnés en 1943, période à laquelle Bacon  se met réellement à la peinture. Il écrira plus tard : « Je regrette maintenant d’avoir été un débutant si tardif. Il semble que j’ai été un débutant tardif en tout. Je pense que j’étais en quelque sorte retardé ».

C’est au cours de ces années que Bacon détruit la quasi-totalité de ses œuvres anciennes ; à ma connaissance il n’en reste que dix. On lui avait sans doute reproché de s’inspirer un peu trop de Picasso. Il souhaitait repartir sur des bases nouvelles.
 
Bacon participe à quelques expositions de groupe ; il commence à faire parler de lui.

En 1946, Erica Brausen, qui allait devenir la directrice de la galerie Hanover Gallery,  lui achète une peinture. Compte tenu de cette rentrée d’argent Bacon part immédiatement pour Monte-Carlo, direction : le Casino.
 
Il loue un appartement et commence quelques peintures. C’est de cette époque, peu d’amateurs le savent, que Bacon va peindre au dos de la toile. Oui vous m’avez bien compris, il trouve que le côté non préparé se prête mieux à son travail. Comme souvent, il ajoutera du pastel sur la peinture ; la solidité de ses œuvres laissera parfois à désirer, ce qui posera quelques problèmes aux transporteurs.
 
En 1950, Bacon est de retour à Londres, et comme il n’a pas perdu l’habitude de lever le coude chaque fois que se présente une occasion, il fréquente régulièrement ses bistrots favoris, entre autres « the French House ». Il se fait de nombreux amis, dont  Isabel Rawsthorne dont il fera le portrait ; c’est sans doute à ce moment-là qu’il va rencontrer pour la première fois Lucian Freud. 
 
Toujours la même année Bacon va commencer trois « Papes » d’après Vélasquez. Les trois tableaux en question seront détruits avant de pouvoir être exposés, il les refera plus tard.
Entre 1950 et 1955, Bacon a du mal à se fixer ; il habite tantôt chez l’un tantôt chez l’autre.
 
Fin 1951 Bacon fait une exposition personnelle à la Hanover Gallery où il expose enfin trois Papes ; cette expo obtient un franc succès.
Bacon fait un voyage en Afrique du sud. Sa relation avec Lucian Freud (Lucian Freud étant le petit-fils de « l’autre ») se concrétise. Lucian fait un célèbre portrait de Francis qui sera acheté par la Tate Gallery.
 
Bacon n’aimait pas la peinture américaine  et lui préférait nettement la peinture européenne. Cela lui sera souvent reproché outre-atlantique. Le paradoxe est que bien que n’aimant pas la peinture hyperréaliste, il va s’intéresser à celle de son ami Lucian Freud. Et ce qui est encore plus curieux c’est qu’entre les deux peintres on va trouver beaucoup d’affinités picturales, leurs peintures étant pourtant aux antipodes l’une de l’autre. (Je vous ai promis un article sur Lucian Freud).
 
Je n’insisterai pas sur le fait que Bacon, en compagnie de quelques acolytes  s’adonne régulièrement au jeu, à la drogue, et, bien entendu,à la boisson…Ce qui apparemment ne l’empêche pas de peindre, comme s’il voulait rattraper le temps perdu. Il peint par période, suivi de temps de repos. Son travail est cyclique. Il voyage aussi beaucoup en Europe.

À compter de 1956, la notoriété de Bacon s’accroît, il expose un peu partout (sauf aux Etats-Unis).   
 
Sa première expo personnelle en France a lieu à Paris, Galerie Rive Droite, février 1957.

La première peinture de Bacon que j’ai vue, c’était au Salon de Mai 1959 ; j’en ai gardé un tel souvenir que je pourrais vous désigner très précisément l’endroit où elle se trouvait.
 
À partir de maintenant, les tableaux de Francis Bacon vont être encadrés d’une large baguette dorée et surtout elles seront toujours sous verre. Cette nouvelle présentation va apporter énormément à sa peinture. Il faut vous dire que ses œuvres sont généralement de grande taille ; elles sont souvent présentées à hauteur d’homme, ce qui fait que parfois votre reflet se « mélange » au tableau créant ainsi une impression de dédoublement. D’autres fois, ce sont d’autres tableaux qui se reflètent. Bien entendu on peut aussi les voir sans reflets.
 
Je me souviens de plusieurs expositions, pardonnez-moi de vous parler de mes propres expériences, deux expos parmi d’autres qui m’ont particulièrement marqué.
Une expo à la Galerie Claude Bernard : les murs étant relativement rapprochés et le plafond plutôt bas le visiteur avait l’impression de faire partie de ce monde, le dépaysement était total. 
 
En 1971 a eu lieu une grande exposition à Paris au Grand Palais, Bacon avait longtemps hésité sur le lieu, on lui en avait proposé plusieurs : le Musée d’Art Moderne, le Musée des Arts Décoratifs (le centre Beaubourg n’existait pas encore). Il avait fini par choisir le Grand Palais. L’exposition était superbe 110 peintures. Les français qui jusque là n’en avait pour la plupart jamais  entendu parler allaient découvrir Francis Bacon.
Pour les raisons de fragilité de sa peinture dont j’ai parlé plus haut, le conservateur du Museum of Modern Art de New York avait refusé de laisser partir la « Peinture 1946 ». Bacon en peint sur place une deuxième.

Bacon a élu domicile à Saint Germain des Prés à l’hôtel des Saints Pères avec son ami du moment George Dyer, dont il fera de nombreux portraits.
La veille de l’inauguration de l’expo, George Dyer se suicide dans les toilettes de l’hôtel.
 
   
 
B.M.C. Les Hommaginaires - Francis Bacon
 
 
 
 
 



 
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De la série “Les Hommaginaires” Francis Bacon par BMC
 
Je crois que l’on peut dire que l’expo du Grand Palais de 1971 va agir comme un révélateur. Bacon, qui a commencé à peindre très tard, va enfin être reconnu du grand public. À 62 ans et après 25 ans de peinture, on daigne enfin reconnaître sa valeur. Jusqu’à présent seuls les spécialistes s’intéressaient à son travail.
 
Au Grand Palais, il y avait au même moment au rez-de-chaussée une très importante exposition Fernand Léger (non ! je ne ferai pas de comparaison…). Les organisateurs s’attendaient à un nombre très important de visiteurs pour l’expo Léger et ne fondaient pas beaucoup d’espoir sur celle de Bacon. Ce fut le contraire qui se produisit ; l’exposition Léger attira relativement peu de monde et  Bacon dépassa toutes les espérances.

Je peux vous dire pour l’avoir vécu que voir une exposition Fernand léger en sortant de celle de Bacon c’est une véritable épreuve. Cela dit je ne dirai pas de mal de Fernand Léger qui a eu toute son importance dans l’évolution de l’art moderne, en particulier grâce à ses premières peintures cubistes. Mais il y a des comparaisons qui sont difficiles à faire et des peintures qui vieillissent mal…
 
 
 L’exposition Bacon a eu un tel succès qu’elle est présentée à la Kunsthalle de Düsseldorf.


La même année, un autre de ses amis, le photographe John Deakin, qui avait accompagné Bacon à Paris pour l’expo du Grand Palais,  meurt à son tour.

Bacon achète une maison dans l’Essex. 
Francis Bacon rencontre  un autre photographe : John Edwards, qui va devenir son compagnon. Selon son habitude Bacon entraîne son ami   de grands restaurants en casino ; les soirées sont très arrosées, Francis adore le scherry ;  alcool, drogue, jeux. Passons sur les détails…

Comme le succès de l’expo de Paris a été foudroyant, et qu’on en a parlé dans le monde entier, le Metropolitan Museum de New York propose à Bacon une exposition ; elle ouvre en mars 1975, c’est la première fois qu’un peintre anglais expose dans ce musée. L’Amérique va enfin découvrir Bacon.
 
Francis Bacon, qui adore la France, vient d’acheter près de la place des Vosges un «pied-à-terre/atelier» (pour les nostalgiques, voici l’adresse exacte : 14, rue de Birague).

C’est à cette époque que Bacon peindra plusieurs portraits de Michel Leiris.
 
 
En 1976, a lieu une très belle exposition au musée Cantini à Marseille.

En 1977, superbe expo à la Galerie Claude Bernard, expo dont je vous ai parlé dans mon dernier article. Je vous ai dit  l’effet extraordinaire qu’elle m’avait fait. Voici ce qu’en dira plus tard Bacon : «Cette exposition est la meilleure qui ait jamais été faite de mes peintures dans une galerie où les espaces sont petits, et les peintures semblent plus intenses ».

L’exposition attire un public si dense que le jour du vernissage  la police se voit obligée de fermer la rue des Beaux Arts. Les réactions sont très diverses. Nous sommes en 1977, le grand public a encore une certaine réticence vis-à-vis de la peinture contemporaine. De l’émotion que l’on peut ressentir face à ces œuvres, jusqu’au rejet de ceux pour qui cela provoque des crises de fou rire, toutes les réactions sont là. Les critiques s’en donnent à cœur joie. Bacon scandalise, alors même que contrairement à ce que l’on pourrait imaginer,, ce n’est pas du tout dans ses intentions.
 
Je viens de relire la préface du catalogue de l’expo écrite par l’incontournable Michel Leiris et dans laquelle il cite plusieurs fois les propos de Bacon.

 Bacon se méfiait de la peinture non-figurative (abstraite) voici ce qu’il en dit : «Voyez-vous je pense que l’art rend compte, je pense que c’est un reportage.(Cela me rappelle Picasso devant un de ses tableaux disant : « C’est quand même pas mal un tableau qui raconte une histoire »). Et je pense que dans l’art abstrait, puisqu’il n’y a pas de reportage, il n’y a rien d’autre que l’esthétique du peintre et ses quelques sensations. Il n’y a là jamais aucune tension ». Le mot est lâché : tension, c’est bien ce dont il s’agit à propos de Bacon.
 
Je vous ai donné quelques détails sur la technique utilisée par Bacon, en dehors du fait qu’il peint au dos de la toile, il va utiliser ce que les peintres appellent « des accidents ». Ces accidents sont provoqués par frottages, par décalques (traces de journaux etc…), par grattages à l’aide d’un peigne, et bien d’autres techniques encore… C’est aussi dans le but de créer ces accidents qu’il utilisera de gros pinceaux. Les ajouts de pastels contribueront également à créer cet effet. Et pour que le contraste soit parfait, les fonds seront le plus souvent unis et la plupart du temps dans une couleur agressive, jaune, orange rouge …Dans la vie Bacon passe la plupart de ses soirées à jouer à la roulette. En fin de compte, c’est aussi les mêmes méthodes  qu’il utilise pour peindre, laissant au hasard toute sa place. Mais là, il gagne à tous les coups…
 
Les expositions «Bacon» s’enchaînent, Mexico, Caracas, Madrid ; en 1980, c’est à la Marlborough Gallery de New York, etc…
 
En 1981, voici ce que Bacon va écrire à propos de Michel Leiris : « Mieux que personne Michel Leiris nous a montré que la grandeur humaine est intimement liée à la futilité. Pour moi son œuvre est non seulement un document qui contribue à enrichir notre connaissance de l’homme, mais aussi un témoignage personnel qui me touche profondément. Le désespoir côtoie ces moments d’éclaircie dont la chaîne  compliquée se déroule tout le long de cette tragique et merveilleuse corde raide tendue de la naissance à la mort ».
 
1984, à l’occasion d’une très belle expo organisée chez Maeght-Lelong, j’ai l’immense plaisir de faire découvrir à « notre chère Muse » Francis Bacon dont elle n’avait encore jamais vu d’œuvres « sur pied ». L’exposition comporte seize tableaux parmi les plus célèbres.

Toujours en 1984, Louise et Michel Leiris font don au centre Georges Pompidou d’un autoportrait de Francis Bacon, deux portraits de Michel Leiris et un portrait  d’Isabel Rawsthorne.


1985, rétrospective Bacon à la Tate Gallery (25 peintures ). De nombreux critiques continuent à rejeter l’œuvre du peintre.
 
A partir de maintenant les expositions s’enchaînent, je ne vais pas toutes vous les citer…

En 87, Bacon peint un très beau triptyque inspiré d’un poème de Garcia Lorca sur la mort d’un torero. Il détruira  les deux panneaux de gauche pour ne garder que la partie de droite.


1988, expo à Moscou.
 
1989, Bacon à maintenant 80 ans, le monde entier lui rend hommage.

1992, décès d’Isabel Rawsthorne.


Bacon séjourne à Madrid, en avril il est hospitalisé pour une pneumonie aggravée d’une crise d’asthme aiguëe. Il décède le 28 avril à l’age de 82 ans.

Au même moment, quelque part en France, un de ses plus fidèles admirateurs, qui n’est pas au courant  de sa maladie et moins encore  de son décès, peint le premier « Hommaginaire à Francis Bacon ». 
 
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