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ENTREZ LIBRES

Publié le par BMC
Publié dans : #B.M.C.

 

(Réflexions sur la peinture de tous les temps)


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BMC de la série Tauromachie - TM 110 x 75 cm.
 
Un récent commentaire m’a donné l’idée de cet article.
Si je peins c’est parce que j’ai des choses à dire, et peut être même à “hurler en silence”
 
Je sais ça peut paraître prétentieux de tenir ce langage, mais ce n’est pas en mon seul nom que je parle, mais en celui de tous ceux qui grâce à leur art ont la chance de s’exprimer dans une langue universelle. Qu’ils soient peintres ou musiciens, il n’y a pas besoin d’interprètes ou de traducteur. L’écrivain peut être trahit par l’adaptation dans une autre langue de son œuvre, pas le peintre, ni le musicien ni le  photographe.
 
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Egon Schiele
 
Le peintre a la chance de pouvoir s’adresser  dans une langue qui n’est pas la sienne à des observateurs qui en parlent une autre. Pour l’artiste, il n’y a plus de difficultés de communication, comme c’est le cas dans le monde que si vous me le permettez je qualifierai de “profane”. Le monde de Babel n’est pas celui du peintre.

Voilà ! Le mot a été lâché, si je parle de monde profane cela sous-entend que l’art relève du sacré. D’une certaine façon je le pense, à condition de ne pas confondre le sacré et le religieux, comme cela arrive bien souvent. Ne sommes-nous pas tous, plus ou moins “victimes ”d’une éducation judéo-chrétienne ou autre ?

Les peintres sont rarement des gens ayant un contact facile. C’est dans le silence de l’atelier qu’a lieu la création, c’est du silence et de la méditation que naissent les œuvres d’art. Elles surgissent du néant pour se cristalliser au plan matériel. C’est sans doute une des raisons qui font que plus les peintres essaient d’expliquer leur art et plus ils disent des bêtises. Francis Bacon (le peintre pas le philosophe) disait : “Lorsqu’on me demande de parler de ma peinture, je ne sais pas quoi dire si ce n’est que je peins avec de gros pinceaux”, (cité de mémoire).

Dans un monde qui est perpétuellement en feu, le peintre, comme tout artiste, se doit d’être un témoin de son temps.


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Francisco Goya  “Tres de mayo”
 
Chacun doit s’exprimer avec ses moyens. Si la peinture n’exprime pas une idée, elle devient un vulgaire panneau décoratif, qui fera très joli dans une salle de séjour. Ce n’est pas avec ce genre de chose que l’on risque de se remettre en question.

Encore une fois, ne pas confondre peinture et décoration.

C’est souvent l’homme révolté qu’est généralement  le peintre (l’anartiste dirait Christian Vancau) qui par son travail de création va nous aider à prendre conscience de notre condition d’homme, et des devoirs liés à celle-ci. Mais pour ça, encore faut-il savoir décoder le tableau.

Dans tous les domaines artistiques, ceux qui nous ont montré la voie étaient presque toujours, à leur façon, des révolutionnaires.

Bien entendu on pense à Picasso et Guernica. Vous vous souvenez peut-être de cette anecdote :
Durant la guerre, deux officiers allemands visitent l’atelier du maître, l’un d’entre eux s’arrête devant Guernica et demande à Picasso :
“C’est vous qui avez fait ça ?”
Picasso : “Non, c’est vous”.


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Vincent Van Gogh Portrait à l’oreille coupée
 

Dans le portrait de Van Gogh à l’oreille coupée, ce n’est pas seulement la souffrance d’un homme blessé qu’il faut voir, c’est en notre nom à tous que Vincent hurle sa douleur, c’est la vôtre, la mienne, celle de tout être humain.

Van Gogh disait “Je peindrai en rouge et vert les passions humaines”.


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Vincent Van Gogh Autoportrait

 

Dans ses autoportraits ce serait bien dommage de n’y voir que l’image d’un artiste peintre se regardant dans une glace parce que ce  qui est important est au-delà même de la toile. Si vous n’avez jamais vécu cette expérience, il ne faudrait plus vous contenter de regarder la peinture. Il vous faudra apprendre à la VOIR.


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Vincent Van Gogh  Le champ de blé aux corbeaux

 
Dans son dernier et célèbre tableau  “Le champ de blé aux corbeaux”, Vincent a peint bien plus qu’un paysage. Sous un ciel d’orage des corbeaux survolent un champ de blé coupé en deux par un  chemin qui se termine en impasse. Faut-il que je continue. Vous connaissez la suite…

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BMC  De la série - Cruci-Fiction - TM (2 panneaux) 110 x 75 cm.
 
Dans ma série “Cruci-Fiction”, ce n’est pas Jésus sur la croix que je peins, mais l’homme de douleur ; ma peinture dans son ensemble exprime la difficulté d’être. Du poids de la matière aux restes du monde, des vanités à l’absurdité de la guerre. De la naissance à la mort. De l’ambiguïté de la corrida à la stupidité de la guerre d’Algérie, dans Algérie galerie française (vous aurez sans doute remarqué que galerie est l’anagramme d’Algérie).
Dans ma peinture, comme dans la vie, l’absurde y côtoie la souffrance, le tout tempéré d’un soupçon d’humour.

Comment expliquer après ça que je sois autant attaché à la vie et que finalement je la trouve si belle. C’est sans doute le paradoxe de l’artiste de savoir concilier les contraires.

Cette peinture ce n’est pas en mon nom que je la fais, c’est au nom de tous mes frères incarnés dans ce monde de souffrances que les Orientaux appellent le Samsara. C’est à eux que je la dédie.

Je vous avais prévenu lorsqu’un peintre parle de sa peinture, il ne dit que des bêtises…


 

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Germaine Richier
 
Germaine Richier est un sculpteur français. Je crois savoir que sculptrice n’est pas français, désolé, pourtant un grand nombre de femmes ont pratiqué la sculpture : Camille ClaudelAlicia PenalbaNiki de Saint Phalle, Louise Bourgeois, et j’en oublie…
 
Pour moi la sculpture est un art qui convient particulièrement aux femmes. (Que l’on ne m’accuse pas ici de machisme). L’homme plus rêveur sera capable de créer en deux dimensions un monde qui en a trois. Pour cela il devra tricher, et ne s’en privera pas. La femme sans doute plus réaliste, plus proche de la matière, va créer en modelant de la terre, de ses mains, ainsi  va naître, pourrait-on dire un homuncule. Chez Germaine Richier on pourrait parler de Golem.
 
Germaine Richier est née le 16 septembre 1902 à Grans, village provençal des Bouches-du-Rhône.
 
Ses débuts ont lieu à l’École des Beaux-Arts de Montpellier. En 1908, elle monte à Paris. Curieusement Germaine Richier n’a jamais été amie avec Alberto Giacometti. Pourtant tous deux ont travaillé ensemble dans l’atelier d’Antoine Bourdelle dont elle fait partie dès 1926, et leurs sculptures ont, me semble-il, des résonances communes sans pour autant qu’il y ait eu copie de l’un sur l’autre, mais certainement une recherche dans la même direction. Personnellement je n’ai pas une très grande admiration pour Bourdelle, son académisme me gêne un peu ; nous aurons peut-être l’occasion d’en reparler.  Mais je dois reconnaître qu’il fut un très bon professeur.
 
Au début le  travail de Germaine Richier est très classique. Jusqu’en 1945 elle va pratiquer une sculpture figurative, pour ne pas dire classique. À compter de ce moment sa sculpture va se déformer, devenir expressionniste. Germaine Richier exprime la difficulté d’être, l’homme prisonnier au sein de la matière. Rien d’étonnant que très tôt je me sois passionné pour son œuvre.
 
Assez rapidement ses êtres “humains” vont petit à petit se transformer en animaux, mais rien de monstrueux, ses bestioles sont plutôt sympathiques, il y a chez elles un côté humain, elles prêtent plus à sourire qu’à avoir peur, elles font penser aux shadoks.
 
Ce côté hybride entre l’homme et l’animal n’est pas gênant, elle humanise plus l’animal qu’elle ne rapproche l’homme de la bête. Pourtant d’une manière sous-jacente apparaît une certaine angoisse qui ne laissera personne insensible. Oserais-je dire que chez elle parfois l’humour tutoie la souffrance.
 
Vous avez certainement entendu parler de l’église d’Assy, peut-être même l’avez-vous visitée, si c’est le cas, vous avez vu le Christ de Germaine Richier. Mais ce que vous ne savez sans doute pas c’est que ce Christ fut soustrait à la vue des fidèles en 1951 à la demande de l’évêque d’Annecy, Monseigneur Cesbron. Sans doute un Dieu souffrant, si fin qu’il semble se dissoudre au sein de la matière ne correspondait pas à l’image d’un être supérieur et tout puissant. Germaine Richier a sans doute représenté Jésus assimilé à l’homme de souffrance et non à un personnage omniscient, ce qui, bien entendu, n’a pas plu au clergé. Heureusement le crucifix en question a retrouvé sa place.ilement acceptable par l’église. Un jour, je vous parlerai du père Couturier qui a fait beaucoup pour faire tomber les préjugés dans ce domaine, c’est lui qui,nt la sculpture de Germaine Richier, il faut bien remarquer qu’elle ne s’exprime avec toute sa puissance que dans les dernières années de sa vie, alors même qu’elle souffrait d’un cancer et se savait condamnée.
Germaine Richier exposera au Salon de Mai.  

En 1956, le Musée National d’Art moderne organisera une rétrospective de son œuvre.

Germaine Richier a quitté ce monde le 31 juillet 1959.
 
Par la suite, en 1996 la fondation Maeght lui consacrera une grande exposition.
 
Je regrette qu’elle soit si peu connue de mes contemporains, heureusement le temps remettra certainement Germaine Richier à sa vraie place, c’est-à-dire une des premières parmi les sculpteurs du XX° siècle.
   
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