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ENTREZ LIBRES

Publié le par BMC
Publié dans : #B.M.C.

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obama,président des états unis,monsieur le président obama,

 

De la série “La guerre” - Peinture BMC - 75 x 110 cm Technique mixte.
 
En tant que citoyen français je n’ai pas de raison de m’adresser à vous, d’autant que je sais très bien que ce texte n’a aucune chance de vous parvenir. Mais ne pas le faire me laisserait un trouble de conscience.

Bien entendu ce n’est pas en mon nom que je m’adresse à vous, mais au nom de tous ceux qui souhaitent un monde meilleur et je sais que vous en faites partie.

Je voulais simplement vous rappeler la lettre que Monsieur Raoul Follereau adressait à la fois au Président Eisenhower et au président du conseil de l’Union Soviétique, le Président Malenkov. Lettre écrite en 1954 mais toujours d’actualité, seuls les noms (et les chiffres) changent.

Voici ce texte puisse-t-il avoir une résonance dans votre cœur.




Lettre ouverte, à Monsieur le Président des États-Unis d’Amérique et à Monsieur le Président du Conseil de l’Union Soviétique Paris, le 1er septembre 1954.

Messieurs les Présidents, Messieurs les Grands,

Lirez-vous cette lettre ? Si elle parvient jusqu’à vous, vous la lirez. Et même si vous ne me répondez pas, vous serez obligés d’y répondre dans le secret de votre cœur. Car vous avez un cœur.

Seulement avez-vous le temps de l’entendre battre ? Si vous l’écoutez quelquefois, puisse-t-il vous parler des centaines de millions d’autres cœurs qui battent dans le monde, que parfois vous faites battre plus vite... Parce qu’un jour, à cause de vous, ils pourraient cesser de battre. Je suis un homme de bonne volonté. Comme vous. Mais qui a exploré d’autres domaines de la souffrance. Je suis un homme qui croit encore à la bonne volonté. Et c’est pour cela que je vous écris. Vous êtes, Messieurs, les deux hommes les plus puissants du monde. Je sais bien que cela ne signifie pas grand-chose : les hommes très puissants, sauf le mal, ne sont guère libres de faire quoi que ce soit.

Mais ce que je vous demande est si peu... Presque rien... Donnez-moi un avion, chacun un avion, un de vos avions de bombardement. Parce que j’ai appris que chacun de ces engins coûtait environ cinq milliards de francs... Alors j’ai calculé qu’avec le prix de deux de vos avions de mort, on pourrait soigner tous les lépreux du monde. Moi je dormirai mieux. Et des millions de pauvres gens dormiront enfin...

Vous êtes les demi-dieux de ce siècle. Les demi-dieux, jadis, on les craignait, on les admirait de loin. Je ne me souviens pas bien si les peuples les aimaient beaucoup : ils étaient trop loin... Ainsi de vous. Vous êtes si loin que peut-être jamais vous ne lirez cette lettre. Et pourtant je suis sûr que vous êtes bons, que vous voulez vraiment la paix et le bonheur de tous... Seulement vous êtes trop loin... Et trop loin l’un de l’autre.

Vous ne croyez pas que ce serait une belle occasion de « faire quelque chose » ? Douze ou quinze millions de pauvres gens, ce n’est pas toute la misère du monde. Mais c’est déjà une grande misère.

Deux avions de bombardement ! Et l’on aura tous les médicaments pour les soigner ! Deux avions dont tout ce que vous souhaitez c’est qu’ils se rouillent dans leurs hangars, sans jamais en sortir... Le problème n’en sera pas pour autant résolu ? Je le sais. Mais donnez déjà les deux avions : vous allez voir comme il va s’éclaircir. Et quelle espérance naîtra alors dans des millions de pauvres cœurs qui ne seront pas seulement ceux des lépreux...

Pour l’instant, je suis seul à espérer. Mais j’espère si fort, si fort, que vous m’entendrez, que vous finirez par m’entendre... S’il plaît à Dieu, à ce Bon Dieu auquel un de vous seul à foi
(Écrit en 1954).
Mais qui vous aime tous les deux... »

Raoul Follereau


 
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