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Publié le par BMC
Publié dans : #B.M.C.

Depuis un certain temps, je voulais compléter les deux articles que j’avais consacrés à ces curieux personnages.

 

Pour plus de facilité de lecture, et pour ceux qui ne les auraient pas lus, j’ajouterai la copie de mes anciens articles en bas de page.

 

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Fleury-Joseph Crépin – Peinture

 

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Augustin Lesage – Peinture

 

  Comment expliquer d’une manière rationnelle que deux personnes aient eu une destinée si semblable ? Et finalement sans se connaître (ils ne se rencontreront que tardivement) finissent par faire “la même peinture”.

 

Ils sont tous deux nés dans le Pas-de-Calais.

 

Fleury-Joseph Crépin en 1875 à Hénin-Liétard (devenu par la suite Hénin-Beaumont).

 

Augustin Lesage un an plus tard, en 1876 à Saint-Pierre-lez-Auchel.

 

Tous deux auront une vie fort modeste. Augustin descend dans la mine dès l’âge de 14 ans. Fleury-Joseph est plombier-zingueur tandis que son épouse tient une petite quincaillerie.

 

Comme on peut s’en douter, ni l’un ni l’autre ne s’intéressent à la peinture. Crépin est musicien, c’est le seul art qui le touche.

 

A une période charnière de leur vie, tous deux vont entendre des voix qui les guideront.

 

Augustin Lesage travaille au fond de la mine lorsqu’une voix retentit derrière lui : “Un jour tu seras peintre”, imaginez la surprise, pourquoi lui dit-on cela, il est seul, d’où vient cette voix d’outre-tombe ? ces propos lui semblent incohérents. Pourtant il n’est pas fou cette voix, il l’a entendue, le reste de sa vie va en être chamboulé.

 

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Augustin Lesage - Peinture

 

En 1939, Fleury-Joseph Crépin copie de la musique, c’est alors que sa main se met à tracer automatiquement un dessin en même temps qu’une voix lui dit : “Peins 300 tableaux et la guerre s’arrêtera”. Le trois-centième tableau sera exécuté le 7 mai 1945, et comme chacun le sait l’armistice signée le lendemain. Coïncidence peut-être, mais coïncidence exagérée, comme aurait dit Charles Fort.

 

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 Fleury-Joseph Crépin - Peinture

 

Par la suite ses “guides” lui demanderont de réaliser 45 merveilleux tableaux et la paix régnera dans le monde. Malheureusement Fleury-Joseph nous  quittera avant d’avoir pu les peindre. Dommage pour nous !

 

À partir de 1913, Augustin Lesage qui s’est découvert des dons de guérisseur va soigner et guérir de nombreux malades. Il sera poursuivi pour exercice illégal de la médecine, mais acquitté grâce aux très nombreux témoignages de ses patients.

 

Fleury-Joseph Crépin pratique la radiesthésie et devient même sourcier. Ce n’est que beaucoup plus tard (vers 1931) qu’il découvrira ses dons de guérisseur qu’il pratiquera avec, dit-on, beaucoup de réussite. Il soigne par imposition des mains, mais aussi à distance, par télépathie ou à l’aide de petites fiches consacrées à chacun de  ses patients.

 

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Augustin Lesage

 

Vous aurez, bien entendu, noté les similitudes entre leurs œuvres. Symétrie, couleurs, architectures d’influence indoue ou égyptienne en fait c’est surtout la dimension des œuvres qui font la différence, Lesage peint de très grand tableaux, tandis que Crépin s’en tient à des dimensions raisonnables. Sur des reproductions, il est assez difficile de reconnaître leur travail. Il y a aussi un côté mandala, sans doute accentué par la symétrie. Ces peintures sont très modernes pour l’époque, à mi-chemin entre la figuration et l’abstraction, il n’y a là aucune influence d’autres peintres, ou même d’école. Bien entendu, par la suite les surréalistes revendiqueront ces œuvres. Aujourd’hui elles sont généralement assimilées à l’art brut. Mais en fin de compte tout cela n’a pas beaucoup d’importance.

 

 

Pour ceux qui ne les auraient pas lus voici la copie des deux articles consacrés à ces peintres.

 

 


 

Voyage au pays de l’Art brut

 

Augustin Lesage

 

 

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Augustin Lesage peintre, medium et guérisseur

 

“Mon seul mérite est la sincérité.

Que les hommes ne me l’arrache pas..”

                                            A.    Lesage

 

Nous sommes le 1er mars 1911. Augustin Lesage, âgé de trente-cinq ans, travaille au fond de la mine. Il est seul dans une minuscule galerie où il pioche depuis plus de deux heures. Il s’arrête un instant pour se désaltérer, lorsqu’il entend un énorme grondement venu de nulle part, suivi d’une voix qui lui dit : ”Un jour, tu seras peintre.”

Inutile de dire qu’en tant que mineur de fond, il ne connaît rien au monde de l’Art. Cette voix provoque chez lui une immense frayeur. Il ne comprend pas pourquoi “on” lui a dit cela...

 

Un an plus tard, dans un café, il a une discussion avec un collègue qui le convainc de participer à une réunion spirite organisée par monsieur Jean Beziat, guérisseur de son état.

 

C’était la grande époque du spiritisme, aussi se laissa-t-il convaincre assez facilement. Avec quelques amis, il va participer à une séance, au cours de laquelle, par écriture automatique, le medium va lui révéler ceci :

“Sois sans crainte, suis bien mes conseils. Oui, un jour tu seras peintre et tes œuvres seront soumises à la science. Tu trouveras cela ridicule dans les débuts. C’est nous qui guiderons ta main. Ne cherche pas à comprendre. Surtout, suis bien nos conseils. Tout d’abord, nous allons te donner par l’écriture le nom des pinceaux et des couleurs que tu iras chercher chez monsieur Poriche à Lillers. Tu trouveras chez lui tout ce qu’il te faudra.”

 

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Augustin Lesage - Peinture

 

Peu de temps après, il reçoit une grande toile de trois mètres sur trois dont il ne se souvient pas avoir passé commande… La trouvant beaucoup trop grande pour un débutant comme lui, il décide de la découper en plusieurs morceaux. Au moment d’agir, la main qui tient les ciseaux tremble de telle façon qu’il se ravise et décide de la laisser entière. Et sa voix intérieure de lui dire :” ne découpe pas la toile; elle se fera, tout s’accomplira.”

Cette peinture, presque abstraite – pour l’époque, c’était plutôt étonnant – ne sera terminée qu’un an plus tard.

 

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Augustin Lesage – Peinture

 

Lesage participe maintenant régulièrement aux séances spirites. Il pense que ses œuvres lui sont dictées par des Esprits, en particulier sa petite sœur Marie, décédée en bas-âge. Mais aussi par Léonard de Vinci et Apollonius de Tyane, qu’il appellera “Marius de Tyane” (????).

Il travaille douze heures par jour dans la mine. Puis, s’ensuit la peinture… mais toute la fatigue s’envole dès qu’il commence à peindre..

 

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Augustin Lesage - Peinture

 

Il va produire plusieurs tableaux puis va se découvrir un don de guérisseur. C’est à ce moment-là – et sur les conseils des “Esprits” qu’il va quitter la mine et son dur labeur.

 

Pendant quelque temps il ne peint plus et consacre le plus clair de son temps à ses patients.

Très vite, les médecins du coin le traduisent en justice pour exercice illégal de la médecine. Trente personnes viennent témoigner à son procès. Il sera acquitté le 14 janvier 1914.

 

Au cours de ce procès, Augustin s’adresse au président et lui prédit ceci :

“Monsieur le président, dans quelques temps vous viendrez me voir en tant que patient."  Prédiction qui s’est effectivement réalisée.

 

En 1916, Augustin est mobilisé. Il se retrouve dans la région d’Auchel, qu’il ne quittera plus jusqu’à sa mort.

 

En 1923, il entame une carrière de peintre professionnel. C’est à cette même époque qu’il renconte l’égyptologue Moret et découvre grâce à lui la peinture égyptienne.

 

1937 : Augustin peint une toile intitulée “La moisson en Egypte”. Pendant son exécution, ses guides lui disent “Tu retrouveras la fresque authentique lors d’un voyage”. Quelques semaines plus tard, il va effectivement en Egypte. Au cours d’une visite, le guide présente une fresque qui vient juste d’être découverte. A ce moment-là, aucune reproduction n’existe. Personne ne la connaît. Il s’agit, si l’on peut dire, d’une “réplique” exacte du tableau de Lesage. Le peintre égyptien, dont on connait le nom, s’appelait Mena. Bien entendu, Augustin décide qu’il est une réincarnation de Mena.

 

Ces rapports avec le milieu spirite lui permettent d’entrer en contact physiquement avec des écrivains, des peintres et des scientifiques.

 

Les plus grandes sommités du monde scientifique et médical décident de tenter une expérience. Ils l’installent durant six semaines dans un laboratoire. Là, coupé du monde, il peint cinq heures par jour, observé par neuf scientifiques, venus des quatre coins du monde.

C’est la réalisation de la prédiction qui lui avait été faite. On s’en souvient : “Tes œuvres seront soumises à la science”.

En 1925, il expose à Paris et connait un franc succès.

 

A partir des années 30, sa peinture semble décliner; elle devient de moins en moins intéressante. De 1950 à 1953, il devient presque aveugle et peint avec difficulté. Le président Roosevelt lui achète une toile dont il ne se séparera jamais.

 

1954 : décès d’Augustin Lesage.

 

 

Augustin Lesage produira environ huit cents tableaux. Tous sont soigneusement répertoriés.

 

 

Voyage au pays de l’art brut.
Fleury-Joseph Crépin

 

 

 

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Fleury-Joseph Crépin

 

Dans le genre allumé, celui-là il est pas mal non plus…

Durant son enfance et son adolescence, il souffre de troubles oculaires. Il sera opéré deux fois, mais conservera toute sa vie une très mauvaise vue.

Après son certificat d’études, il apprend le métier de plombier-zingueur en même temps que la musique, pour laquelle il semble très doué.

 

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Fleury-Joseph Crépin - Peinture

 

Dans les années 1900, il compose pour clarinette des polkas que le soir il va jouer dans le café-bal que tient son papa. Toujours dans le domaine de la musique, il dirige une fanfare composée de trompettes et de cors (!).

 

En 1901, il se marie et s’établit comme plombier-zingueur tandis que son épouse tient une quincaillerie

.

À cause de (ou grâce à) sa mauvaise vue, il ne sera pas mobilisé pour la grande guerre (1914).

 

Madame Crépin mettra au monde deux filles dont l’aînée deviendra folle en 1927.

 

À la suite de cette épreuve, notre homme abandonne la “direction d’orchestre”.

En 1931, il commence à s’intéresser à la radiesthésie; bien que continuant son métier, il devient officiellement sourcier et radiesthésiste.

 

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Fleury-Joseph Crépin - Peinture

 

  La même année il entre en relation avec le cercle spiritualiste de Douai où il rencontre le docteur Victor Simon qui lui présente le pas encore célèbre peintre medium Augustin Lesage.

 

L’année 1931 semble bénéfique pour lui : c’est cette même année qu’il va découvrir ses dons de guérisseur. Il soigne par imposition des mains et même à distance, par télépathie.

 

Un soir, alors qu’il copie de la musique (il est à ce moment-là âgé de soixante-trois ans), sa main se met à tracer automatiquement un dessin et une voix mystérieuse résonne à ses oreilles : “Peins trois cents tableaux et la guerre s’arrêtera”.

 

Ne connaissant rien à la peinture et bien qu’ayant une très mauvaise vue, il va d’abord tracer des croquis sur un cahier d’écolier, pour ensuite les agrandir en se servant d’une règle et d’un compas et ainsi les transposer sur toile.

 

Il dessine et peint dans un état médiumnique. Sur sa droite, il voit des ombres : ce sont ses anges gardiens qui viennent le soutenir dans son travail. Ils lui dictent les couleurs qu’il doit mettre.

 

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Fleury-Joseph Crépin – Peinture

 

Pendant toute la réalisation de l’œuvre, il entend de la musique.

Sa vue ne l’empêchera pas de peindre des sujets d’une très grande précision. Il ne révèlera jamais le procédé qui lui permet de consteller ses œuvres de gouttelettes de peinture parfaitement calibrées, ressemblant à des perles. Il dira à leur propos : “Sur certaines toiles, j’ai fait jusqu’à 1 500 points à l’heure”.

 “Je ne comprends pas ce qu’on me fait faire”, ajoutera-t-il.

 

Ses tableaux représentent le plus souvent des architectures symboliques, des temples. Ce sont des sortes de mandalas. Il arrive qu’il y ait de curieux personnages ou des animaux.

La symétrie semble jouer un rôle important. Tous les tableaux sont soigneusement datés et numérotés.

Il est intéressant de noter la ressemblance entre les œuvres d’Augustin Lesage et les siennes – la méthode de création étant la même.

 

Le trois-centième tableau sera achevé le 7 mai 1945, veille -  comme chacun sait - de l’armistice, signée le 8 mai 1945.

 

En novembre 1947, Fleury-Joseph Crépin entend à nouveau des voix : “Tu dois réaliser à nouveau quarante-cinq merveilleux tableaux pour obtenir la paix dans le monde”. Cette même voix le prévenait également qu’il mourrait après avoir réalisé son trois-cent-quarante-cinquième tableau…

 

En fait, il est mort bien avant, d’une congestion cérébrale, le 8 novembre 1948. Et le monde n’a toujours pas retrouvé la paix…

 

On enfermera toutes les esquisses qui lui avaient servi de base pour ses peintures, dans son cercueil.

 

Certains prétendent que  ses œuvres ont un pouvoir magique bénéfique.

Aujourd’hui, ses tableaux se vendent entre 4 et 6 000 €, ce qui, bien entendu était loin d’être le cas de son vivant…

 

 

   

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RECTIFICATIF 

 

J ’ai  fait une confusion en confondant Victor Simon avec son homonyme, le docteur Simon. Je prie le lecteur de bien vouloir m’en excuser.

 

Pour ceux qui désireraient avoir plus de détail sur Victor Simon et les peintres médiumniques je ne saurai trop que leur conseiller de se rendre sur ce blog:

 

victorsimon.nexgate.ch 

 

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Pierre Soulages, moine Zen ou Cistercien ?

 

 

Ou le noir en puissance d'être. La lumière est issue des ténèbres, dit-on. Plus Pierre Soulages s'enfonce dans les profondeurs abyssales du noir, plus la lumière se fait jour.

 

La démarche de Soulages est une longue histoire, dès l'enfance, il est fasciné par ce que plus tard les peintres appelleront “la matière”. Tout ce qui est vieilles pierres, morceaux de bois flotté, en un mot tout objet sur lequel le temps a laissé son empreinte le conduira à une réflexion qui ne pourra, en ce qui le concerne, ne  s'exprimer que par la peinture.

 

L'enfance est souvent le tremplin de notre existence, comme si tout était déjà programmé. Outre son attirance pour les matériaux nobles, Soulages va découvrir très jeune l'art roman et en particulier l'abbatiale Sainte-Foy de Conques. Comme on peut l'imaginer, les peintures rupestres vont également retenir toute son attention. Il va aussi s’intéresser à l’archéologie, la voie semble déjà toute tracée.

 

On raconte l’histoire suivante : Le petit Pierre à peine âgé  de huit ans dessine en noir sur une feuille blanche, jusque-là rien de plus banal, mais lorsqu’on lui demande ce qu’il est en train de peindre, “un paysage de neige”. Plus tard il s’expliquera : “Je voulais par le contraste créé rendre le blanc plus blanc, plus lumineux”.

 

Pierre Soulages est né à Rodez dans un   pays où poussent les cailloux, pays rude, propice à la réflexion et à la  méditation.  Dans cet Aveyron, qui lui ressemble tant. C’était pour la veillée de noël le soir du 24 décembre 1919.

 

À l’âge de 18 ans, Pierre Soulages “monte à Paris”,  bien décidé à devenir peintre. Il est admis à l’école des Beaux-Arts. Très vite découragé par la médiocrité de l’enseignement (les choses n’ont pas beaucoup changé de nos jours), il retourne vivre dans sa ville natale. Son passage par Paris lui aura été très utile, il y aura découvert Cézanne, Picasso et aussi tous les grands classiques Poussin, Uccello (bien sûr) et les autres…

 

En 1939, la guerre viendra perturber ses plans. D’abord mobilisé en 1940, il sera démobilisé en 1941. C’est cette même année qu’il vient s’installer en zone libre à Montpellier. C’est sans doute à cette époque qu’il découvrira Sète, ville chère à son cœur puisqu’il y passera la plus grande partie de sa vie.

 

 Soulages refuse le STO ; avec l’aide de cultivateurs de la région, il se cachera jusqu’à la fin de la guerre. Permettez-moi ici de faire une parenthèse pour ceux qui n’ont jamais entendu parler du STO. Il s’agit du Service du Travail Obligatoire créé par l’occupant nazi qui consiste à enrôler de force toute personne valide pour l’envoyer travailler dans les usines d’armement  allemandes. Un autre célèbre sétois, Georges Brassens, a malheureusement connu cette triste expérience.

 

Sa véritable carrière de peintre commence en 1946. Installé à Montparnasse il se lance dans des  recherches purement abstraites où, déjà, le noir domine. Dès 1948 il va participer à de nombreuses expositions et salons (à une époque où les salons avaient encore toute leur raison d’être). Assez vite il sera connu et reconnu autant en France qu’à l’étranger.

 

Dans ses peintures des années cinquante, les bruns sont très présents. Soulages emploi parfois le brou de noix, à cette époque, la couleur fait assez souvent une timide apparition, les bleus, les rouges, les ocres. La recherche paraît plus souvent s’attacher à la transparence, aux rythmes. On pourrait presque parler de musicalisme abstrait.

 

Certains peintres “remplissent” leur tableau, ils ajoutent, ajoutent encore et encore jusqu’à ce qu’il n’y ait plus rien à ajouter. Chez Soulages, la démarche est inverse, il simplifie de plus en plus jusqu’au moment où ne reste que l’essentiel. Dans le sous-titre de cet article, j’ai fait une allusion au côté Zen de Pierre soulages. Sa démarche est une méditation. Un à un il élimine tout ce qui pourrait nous distraire pour ne laisser apparaître que l’ultime signe qui résume l’ensemble.

 

Une des plus grandes qualité de Pierre Soulages est de ne s’être jamais laissé aller à la facilité. Jamais il ne tombera dans le décoratif, le joli, ce qui est souvent le défaut des peintres abstraits, je pense, par exemple à Zao Wou-Ki, à Mathieu. Sa peinture a un côté statique que n’ont pas ses illustres confrères, Kline, Hartung ou Schneider. Soulages est un terrien, en bon capricorne, il est plus rocher que vent, mais rocher au milieu d’un jardin Zen.

 

C’est dans les années 80 que Soulages fait ses premiers tableaux complètement noirs où seul la matière va accrocher la lumière. C’est à mon avis le couronnement de son œuvre. À voir les tableaux plus anciens, on pouvait se douter que sa démarche le conduirait  à une peinture monochrome. Il aurait tout aussi bien pu peindre des monochromes blancs.

 

Dans ses dernières œuvres, le noir appliqué en épaisseur est travaillé avec une spatule de peintre en bâtiment, un couteau, de grosses brosses ou tout autre outil de sa fabrication, seule la matière va servir de support à la lumière ; plus la peinture est simplifiée et plus le noir va prendre de force.

 

Soulages parle de l’Outre-noir, cela se passe de commentaire. Maintenant, iI y a l’avant et l’après Soulage, le noir est devenu une couleur à part entière, plus jamais il ne sera considéré comme une non-couleur.

 

Je vous ai dit que petit Pierre Soulages avait découvert l’église abbatiale de Conques. En 1987 on lui demande de réaliser  104 vitraux pour cette église. Durant 7 ans, il va travailler à leur réalisation. Et comme il n’était pas question de faire des vitraux entièrement noirs, ils seront réalisés dans un verre légèrement translucide,   verre spécialement conçu par des spécialistes et avec le concours du peintre.

 

En 2012, un musée Soulages ouvrira ses portes à Rodez, l’artiste a fait don de 250 œuvres. D’autre part le Musée Fabre de Montpellier a reçu une donation de 20 tableaux, parmi lesquels des œuvres majeures.

 

Pierre Soulages aura 90 ans dans quelques jours, souhaitons longue vie au “ vieux sage ” qui, sans doute, aura encore beaucoup de choses à nous apprendre.

 

Pierre Soulage a influencé de nombreux peintres, je n’en veux pour preuve que ces deux peintures de BMC réalisés en 1960.

 

 

bmc,pierre soulage,le peintre pierre soulage,art-maniac le blog de bmc, http://art-maniac.over-blog.com/ le peintre bmc,bmc le peintre,

 

BMC peinture sans titre 1960

 

 

bmc,pierre soulage,le peintre pierre soulage,art-maniac le blog de bmc, http://art-maniac.over-blog.com/ le peintre bmc,bmc le peintre,

 

BMC peinture sans titre 1960

 

P.S. La photo ratée :

 

C’était à la FIAC (Foire internationale d’Art Contemporain) il y a plusieurs années. Je me trouve sur le stand de la Galerie de France. Les murs sont blancs, les grandes toiles noires de Pierre Soulages créent un contraste saisissant, et devant elles, je vous jure que c’est la vérité : un “gros” (pardon pour lui) curé en soutane noire, un béret sur la tête, un parapluie noir sur le bras. Bien entendu je n’avais pas d’appareil photo…

 

 

Rétrospective Pierre Soulages Centre Georges Pompidou

 

 

 

 

 

 

OOOOO

 

 

 

 

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