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ENTREZ LIBRES

Publié le par BMC
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BMC - de la série “Les prisonniers” -Technique mixte 110 x 75 cm.

 

 Article paru dans le point le 17 juin 2012

 

À la guerre comme à la guerre. Chaque semaine, Antonio Manfredi, le directeur du musée d'art contemporain de Casoria (Cam), dans la banlieue de Naples, brûle une des 1 000 oeuvres de la collection permanente. Un appel désespéré pour tenter de sauver le Cam. Depuis cinq semaines, une vingtaine de toiles sont ainsi parties en fumée. Et de toute l'Europe, cent cinquante artistes ont soutenu la bataille d'Antonio Manfredi en passant une de leurs oeuvres par le feu. Envoyées à Casoria, les cendres de ces toiles ou de ces sculptures brûlées reposent dans autant d'urnes. Une installation qui symbolise la mort de la culture.

Le Cam a été fondé en 2005. Un pari ambitieux, car Casoria est une des banlieues les plus difficiles d'Italie où, entre les amas d'ordures non ramassées, la Camorra règne en maître et recrute ses troupes dans une jeunesse laminée par le chômage. La région et la municipalité confient donc le projet de créer un lieu de culture à Antonio Manfredi, artiste né à Casoria, mais globe trotteur de l'art contemporain depuis une vingtaine d'années. Manfredi bat le rappel de ses amis peintres disséminés entre Londres, Paris et Berlin, et les toiles affluent dans le bâtiment de 3 500 m2 mis à la disposition par la mairie.

"Océan de corruption et de criminalité"

Six mois plus tard, la municipalité de Casoria est dissoute pour "infiltrations mafieuses" et placée sous la tutelle d'un commissaire. Dans cet environnement difficile, le Cam n'est plus une priorité et la mairie suspend son financement. Manfredi s'accroche pourtant. "À Casoria, le Cam est une oasis de culture dans un océan de corruption et de criminalité. Nous jouons un rôle social et les jeunes nous ont donné un coup de main en assurant bénévolement le gardiennage", déclare-t-il au Point.fr. Quelques rares sponsors permettent de payer les factures et le Cam survit 6 ans avec ses 3 000 entrées - à 3 euros ! -, annuelles.

Mais à la fin de 2011, la municipalité demande la restitution du bâtiment du musée. "J'ai sonné à toutes les portes, au ministère, à la région, à la mairie : tout le monde regrette, mais chacun se renvoie la balle. J'ai même demandé à l'Allemagne qu'elle nous adopte en nous accordant un droit d'asile artistique." En vain.

Conservateur un peu fou

Il ne reste à Antonio Manfredi que son envie de se battre... et la collection du musée. "De toute façon, sans musée, les toiles sont condamnées à pourrir dans une réserve. Si elles doivent mourir, je préfère les brûler. Brûler une oeuvre n'est pas un geste de destruction, car l'art, c'est avant tout une idée. Et je veux ouvrir un débat international sur l'avenir de l'art. Avec la crise, il n'y a que les grands musées comme le Louvre ou les Offices, qui vont survivre en Europe."

Un message qui passe. Les artistes se mobilisent et la presse internationale se passionne pour la "Cam art war" (guerre artistique du Cam) de ce conservateur un peu fou et adepte de l'autodafé. Et les pouvoirs publics sont prévenus : "Pour nous virer, il faudra envoyer les carabiniers."

 

Un autodafé pour sauver l’art par BMC.

  

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 BMC - de la série “Vanités” - Technique mixte 75 x 110 cm.

  

Autodafé : Du portugais Acto da fé qui signifie acte de foi est devenu dans le langage commun synonyme  d’exécution par le feu d’un hérétique.

 

Doit-on détruire les œuvres d’art ?

 

Faudra-t-il en arriver là pour que le bon peuple de France et de Navarre (ou d’ailleurs) prenne enfin conscience de l’importance du patrimoine artistique dont il devrait être le gardien. Lorsqu’un artiste, et je sais de quoi je parle (tant pis pour mon ego), après toute une vie de labeur, voit ses œuvres se dégrader une à une, comment ne pas penser à une immolation par le feu.

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Après tout le feu n’est-il pas un symbole de purification qui permet de faire passer les choses d’un plan matériel à un plan spirituel ? Le souvenir d’une œuvre n’est-il pas aussi important que la soi disant réalité de son existence. Souvenez vous lorsqu’on demandait à Giacometti : “dans une maison en feu que sauveriez-vous d’abord : Le chat ou le tableau de Rembrandt”. Bien entendu Giacometti a répondu : “Le chat”. L’art a sans doute moins d’importance que la vie, mais ce n’est pas une raison pour se passer de ce merveilleux outil si utile à notre évolution.

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        BMC - De la série “Les restes du monde” - Technique mixte 110 x 75 cm.
 

 Les œuvres d’art sont-elles nécessaires ? là est toute la question. Pourquoi la majorité de mes contemporains qui ne mettent jamais les pieds dans un musée seraient-ils choqués d’apprendre qu’un fou a mis le feu à La Joconde ? Certainement parce que La Joconde  ça vaut  x milliards d’€.  Pour eux le prix a plus d’importance que la valeur artistique. C’est ici tout le problème. L’argent me dégoûte, surtout lorsqu’il sert à acheter des valeurs spirituelles. Je rêve, mais bien entendu c’est une utopie, d’un monde où les artistes (et les scientifiques) seraient entretenus, logés, nourris par le peuple. Il est inutile que leurs œuvres se vendent pour des millions, les créateurs n’en demandent pas tant, leur seule valeur c’est “La liberté de créer”.

L’art et la science sont indissociables, ce sont des dimensions qui nous permettent de nous remettre constamment en question. Alors je réponds : Oui l’art et la science ne doivent pas disparaître, ils sont les garants de notre évolution.

Sans doute de nombreuses œuvres d’art ont-elles disparu dans le feu, ou d’une autre façon. Souvenez-vous de l’autodafé qui a suivi l’exposition faite par les Nazis sur l’Art Dégénéré (voir sur ce blog mon article à ce sujet).

Tant d’œuvres perdues à jamais, tant de travail, parfois aussi beaucoup de souffrance. Pour quoi ? Je vous le demande.

Si demain le monde s’embrase, qu’un gigantesque incendie détruit toutes les créations artistiques ou culturelles que nous restera-t-il ? L’art n’est-il pas le témoins du passé ?

Comme aurait dit saint François : “Faut-il changer le monde ou changer de monde” ?        

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      BMC - De la série “Les restes du monde”  - Technique mixte 75 x 110 cm.

 

Arrêtez le feu…

 Lien sur ce blog 

L'art dégénéré

 

 

 

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Lettre à Viviane,

 

Copie du commentaire de Viviane à propos du “ Plancher de Jeannot” le 11 Avril 2012 :

 

“Dans mes conclusions et après maintes réflexions, j'en suis arrivée à penser qu'on ne met de la valeur que la où l’on veut l'a mettre. Ce n'est qu'illusion liée à  notre soi disant culture.
L'histoire impressionne certes et cela suffit pour voir ce plancher autrement. Mais il en est de même pour des tas de ruines où autres objets à qui l'on rajoutera une histoire, vraie ou fausse,
peu importe, pour que cela devienne "une valeur".  Est ce que nos oeuvres ont de la valeur ? Non. Nous  sommes peu connus et surtout pas de ceux qui font la pluie et le beau temps sur
ce point. C'est un sujet sur lequel il y aurait matière à discutions. Bien à toi et à ta Muse. Viviane”

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Dessin BMC 110 x 75 cm.

 

 

Je m’étais promis de répondre à ce commentaire, je ne suis pas du genre à me défiler, même si cela me coûte beaucoup de parler de mézigue comme je vais être conduit à le faire.

 

Chère Viviane, tu le sais je n’aime pas discourir sur moi, nul n’est plus mal placé pour le faire. La plupart de ceux qui s’expriment sur leur blog pensent se connaître ? Ce n’est pas mon cas. Cela fait maintenant 75 ans  que je vis à côté de mon véhicule terrestre, et pourtant : Qui suis-je, d’où viens-je, dans quel état j’erre ? L’éternelle question.

 

Éternelle question sans réponse…

Mais comment vivre sans se la poser ?

 

Tu dis : “On met de la valeur là où l’on veut la mettre”. C’est vrai, mais chacun a sa propre vision de la vie. Et ma façon de voir n’est certainement pas la même que la tienne. Ma conception de l’existence est la somme d’un ensemble d’expériences vécues durant ces  27.300 et quelques jours d’une vie. Mais sur ce nombre, combien d’heures perdus ?

 

Je pense donc je suis, mais ne suis pas ce que je pense.

 

J’ai sans doute vécu longtemps, mais comparé à tout ce temps, si je faisais le ratio, il ne resterait que bien peu de périodes fructueuses. Combien d’années perdues à rêver (encore que le rêve ne soit pas toujours inutile et me paraît même indispensable, mais dans quelle proportion ?).

 

Tu as raison “Tout n’est qu’illusions liées à notre soi-disant “Kulture” .

 

Bien entendu, comme tu le dis, on peut voir les “ruines” chacun selon sa sensibilité, et s’inventer une histoire différente.

 

Il y a déjà longtemps, ma Muse et moi suivions des cours sur les ondes de formes. Cela se passait au collège américain de Paris. Notre professeur était un illustre scientifique, personnage très attachant, sans doute un peu marginal, il se  nommait Jacques Ravatin

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Il  nous parlait à propos de l’Atlantide de création dans le passé. Permettez-moi ici de faire une parenthèse, voici un extrait de sa biographie : “Docteur es Sciences en physique - mathématiques, Ingénieur E.S.C.I.L. ,  Jacques Ravatin a travaillé en axiomatique quantique et en mathématiques en liaison avec différentes équipes de recherche dont un groupe du CERN à Genève. Il avait lancé vers les années 1955 l’idée d’existence de systèmes qu’il appelait “non cartésiens.” Je pense que si nous avons suivi ses cours avec beaucoup d’intérêt chaque fois que nous étions à même de le faire (bien entendu j’exclue toutes les démonstrations mathématiques qui remplissaient le tableau de gribouillis, certes très beaux du point de vue calligraphique mais totalement incompréhensibles à nos faibles esprits). Heureusement l’illustre professeur savait à qui il avait affaire, et avait le don de ces grands esprits qui savent se faire comprendre des béotiens dans notre genre avec des mots de tous les jours. C’est lui qui parlait des RBB (Rationalistes bêtes et bornés), expression que tu as sans doute vue citée sur ce blog. Il fit partie des créateurs du prix Lebon (Nobel en verlan). Il fit de nombreuses études sur “les fractals”.

 

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Peinture BMC 110 x 75 cm.

 

Et je voudrais ici en revenir à ton histoire de ruines, en relation avec la création dans le passé. Comme tu le dis très bien : “histoire à laquelle on en rajoutera une histoire vraie ou fausse”. Avec le temps, l’histoire vraie deviendra fausse et inversement, comme dirait l’autre : “ce qui est en haut est comme ce qui est en bas” et d’ajouter : “mais à l’inverse”. Comprenne qui pourra…

Peut-être n’y a-t-il rien à comprendre, mais comme tu le laisses entendre nous n’avons pas de leçon à recevoir de ceux qui font la pluie et le beau temps.

Tout ce que je viens d’écrire ne veut pas dire grand’chose, tout ça ne sert qu’à agiter quelques neurones, finalement c’est une gymnastique comme une autre.

Après-tout le rêve n’est-il pas plus réel que la réalité. Qui dit LA VERITE ? Jeannot et son parquet n’avait-il pas, d’une certaine façon, un peu raison ?

 

Cela m’a donné l’idée de relire Prevert “La pluie et le beau temps”

 

 

ART ABSTRUS

 

Désagréablement surpris de vivre

à peine satisfait de ne pas être mort

jamais il n'adresse la parole à la vie

Il y a une nuance entre dire et

demander merci. Abstraire une vache

 pour en tirer du lait et tirer de ce lait

 le portrait d'un brin d'herbe

 que la vache a brouté

Pourtant

des tournesols de fer voltigent 

 en Provence dans les jardins de Calder

Pourtant sous la pluie

contre un poteau télégraphique un vélo

 de Braque dit merci à l'éclaircie

pourtant Claude et Paloma Picasso

 ne prennent pas la peine

 de pousser le cadre

 pour sortir tout vivants du tableau

pourtant la bohémienne endormie

rêve encore au douanier Rousseau

pourtant des éclats de soleil blessent encore

 l'oiseau tardif des paysages de Miro 

pourtant à Florence

cette haleine de fleurs peintes

entre les lèvres de la bouche 

d'un visage de Boticelli

a toujours le même parfum 

 que le printemps de Vivaldi

pourtant aujourd'hui

en pleine lumière d'Antibes

dans une galerie d'art à Paris

l'enfant du sang des songes

frémissant et meurtri

devant une toile de Nicolas de Staël

chante sa fraternelle ritournelle

La mort est dans la vie la vie aidant la mort

La vie est dans la mort la mort aidant la vie.

 Jacques Prévert 

 

 

Pour ceux qui ne l’auraient pas lu, copie de mon article :

“Le plancher de Jeannot”

 

 

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Pour des raisons que l’on peut comprendre et par respect pour la famille, je ne ferai figurer aucun nom propre, ni même le nom du village. Il suffit de savoir que la scène se passe quelque part dans un hameau du Béarn.

 Les personnages : 

Jean dit Jeannot

Le père Alexandre

La mère Joséphine

La sœur aînée Simone

La deuxième sœur Paule

Fin 1930 Alexandre et Joséphine achètent une ferme dans un petit village du Béarn. Circonstance aggravante, ils ne sont pas originaires de la région. À cette époque, toute personne qui n’est pas native du coin est considérée comme “estranger”. Venir d’ailleurs est toujours suspect. De plus la maison en question ressemble plus à une maison de maître qu’à une vulgaire ferme. Quarante hectares de terre, de nombreuses vignes.  Il n’en faut pas plus pour créer un climat de jalousie au sein du hameau. 

Jeannot et ses deux sœurs fréquentent l’école du bourg. Ils sont de très bons élèves. Jeannot sera le seul de sa classe à décrocher son certificat d’études. Avoir son certif, à cette époque et au fin fond de la France profonde, n’était pas si courant que ça. Aussi monsieur le curé décide que Jean ira au séminaire. Quant à l’instit, il souhaite le diriger vers l’école normale (Don Camillo et Pepone, je vous ai reconnus). 

Comme on pouvait s’y attendre, le père n’est pas de cet avis. Jeannot doit rester à la maison et par la suite reprendre l’exploitation à son compte. 

À la maison, tout le monde travaille d’arrache pied, aussi l’argent ne manque pas. Bientôt ils achètent une traction, mais aussi un tracteur, alors même que leurs voisins  labourent avec un attelage de bœufs ou un cheval. 

Jeannot est maintenant amoureux, il voudrait bien se marier. Mais il n’est pas question de faire un mariage d’amour, ici on se marie par intérêts. Bref, le mariage ne se fera pas, ce qui très probablement va laisser de lourdes séquelles dans l’esprit de Jeannot. 

1959, la guerre d’Algérie. Jeannot est mobilisé dans les paras. Un béret rouge sur la tête, une tenue camouflée. À ce moment-là, les paras sont souvent regardés comme des demi-dieux. Qu’a-t-il vécu en AFN (Afrique Française du Nord), on n’en sait pas grand-chose. Toujours est-il que courant 1959 Jeannot bénéficie d’une mystérieuse permission (vu les circonstances, il était très difficile d’obtenir ce genre de dérogation). 

Un jour, les voisins voient Jeannot, Paule et leur mère fouiller les environs, les bois, ils semblent rechercher le père, Alexandre. Ce dernier sera retrouvé pendu dans la grange. 

Bien entendu les habitants du lieu ne vont pas se priver de raconter toutes sortes d’histoires. Des rumeurs circulent. Ces gens sont bizarres, ils parlent peu, ne sont pas franchement intégrés, c’est toujours et encore des “estrangers”. 

On dit ; peut-être n’est-ce pas seulement une rumeur, que quelque temps avant ce drame Paule aurait quitté la région et serait revenu “délestée” d’un bébé qui n’était pas le bienvenu. Cela pourrait-il être la cause du suicide du père ? Bien entendu la rumeur (toujours elle) comme on pouvait s’y attendre va parler d’inceste. 

Jeannot voulait s’engager dans l’armée, suite au suicide de son père, il pense que ce ne sera plus possible, chez les paras, on ne veut pas de fils de pendu. Nouvelle déception. 

Simone, la sœur aînée, est maintenant mariée. Son mari n’a qu’une idée, récupérer la ferme ; lorsqu’ils se rendent compte que ce n’est plus possible, le couple se fâche définitivement avec la famille. 

Ne reste plus à la maison que la mère Joséphine, la sœur Paule et, bien entendu, Jeannot. 

Et c’est maintenant que tout bascule. En 1965 Jeannot entend des voix ; il se rend chez les voisins et tire un coup de fusil dans leur salle à manger, les mystérieuses voix lui ont commandé de tuer les voisins. Ce jour-là, par chance, il n’y aura pas de mort.  

À partir de maintenant Jeannot ne va pratiquement plus parler hormis à sa sœur Paule et à sa mère. 

Une antenne vient d’être installée sur la colline face à la maison. Paule et Jeannot sont persuadés que c’est le Pape qui l’a faite installée pour pouvoir les espionner. Tout est bon : De Gaulle, l’église, même le maquis ? Je ne suis pas un spécialiste de la chose, mais je pense qu’à ce niveau, on peut parler de schizophrénie. 

Maintenant Jeannot, fusil en bandouillere dont il ne se sépare plus, fait régulièrement des rondes sur son tracteur tout autour de la maison. 

Le maire du village est prévenu, un médecin délivre un certificat de placement dans ce que l’on appelle encore un asile de fous. Les autorités s’en mêlent, une plainte est déposée au Procureur de la République. Trente gendarmes sont dépêchés afin de surprendre Jeannot  en flagrant délit de démence, ils reviennent bredouille. Jeannot résiste ! 

Jeannot a tenu bon, la famille vit maintenant en autarcie, à peine si Paule emprunte le tracteur pour aller une fois par semaine au marché faire quelques courses, elle non plus ne parle à personne. 

On imagine aisément les discutions familiales, cette ambiance ne peut qu’être propice au développement de la démence. 

Au hameau, tout le monde a peur, on sait Jeannot capable du pire, mais comment faire ? Les voisins n’en peuvent plus de ce climat, ils   déménagent. 

Jeannot ne s’exprime plus guère que par onomatopées, il éructe plus qu’il ne parle. 

Un jour de 1971, fait exceptionnel, le vétérinaire est appelé pour voir les bêtes. Lorsqu’il entre dans la cuisine, la mère est assise devant la cheminée. Raide, morte, sans doute depuis plusieurs jours. Jeannot et sa sœur tentent en vain de la réchauffer pour la faire revivre (si vous avez un mort à la maison, n’essayez pas, ça ne fonctionne pas). 

La nouvelle se propage dans le village. Jeannot et Paule sont formels, ils veulent garder leur mère à la maison. Comment ont-ils fait pour obtenir l’autorisation, difficile de comprendre. Toujours est-il qu’ils enterrent leur mère sous l’escalier, son tricot entre les mains ; ils déposent quelques fruits, du saucisson et une bouteille de rouge, “pour le voyage” et referment le trou. 

Jeannot décide de rester près de sa mère, il s’installe dans l’ancienne salle à manger qui jouxte la pièce où elle  est enterrée. Il ne se nourrit pratiquement plus. C’est là qu’il va mourir d’inanition à l’âge de 33 ans. 

Paule voudrait que son frère soit enterré dans la maison à côté de sa mère. Mais cette fois-ci, non seulement l’autorisation d’enterrer Jeannot à la maison lui est refusé, mais le corps de sa mère sera transféré au cimetière et enseveli avec celui de Jeannot à même la terre. 

Paule est maintenant seule, à son tour elle va délirer, elle se nourrit uniquement de maïs, refuse toute nourriture fournie par l’assistante sociale. Elle pense que l’on cherche à l’empoisonner. Elle est vêtue de sacs de pommes de terre attachés par des ficelles. Le maire la visite, essaie de la raisonner, ce à quoi elle lui  répond que de toute façon elle va partir chez Farah Diba, loin de cette antenne qui leur a fait tant de mal. Par souci humanitaire on ne lui coupe pas l’électricité. Bien entendu elle ne s’occupe plus ni de la culture, ni des animaux qu’elle laisse mourir. C’est seulement en 1993, vingt ans après le décès de son frère, qu’on la retrouvera morte dans la porcherie. 

Et c’est maintenant que commence la véritable histoire : 

Vu l’état de saleté de la maison, les héritiers décident de faire venir un couple de brocanteurs afin de la vider de cet amoncellement d’immondices. Inutile de vous décrire l’état des lieux, poussière, moisissures, odeur de pourri, cadavres d’animaux, j’arrête ici cette description sordide.

Dans la pièce qui servait de chambre à Jeannot, une épaisse couche de poussière recouvre le parquet. Machinalement la femme du brocanteur repousse les déchets qui jonchent le sol et découvre des lettres sculptées à même les lames de chêne. Il s’agit de mots sculptés au couteau   et agrémentés de clous. Oserais-je dire : des mots crucifiés. Le texte intégral occupe environ 15 mètres carrés et se situe autour du lit de Jeannot. Il se trouve que le père de la personne qui a découvert ce parquet est psychiatre. Mis au courant, il propose aux héritiers de déclouer le parquet et de le remplacer par un neuf. Marché conclu, le psychiatre repart avec ses lames de parquet.

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  Le parquet en question sera par la suite exposé en de nombreux lieux consacrés à l’art brut.

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 Personnellement j’ai du mal à considérer ce parquet comme une œuvre d’art à part entière du point de vue sculpture et certainement pas comme une œuvre littéraire. Mais avouez que l’histoire est intéressante. 

Voici le texte intégral du fameux parquet:

  « La religion a inventé des machines à commander le cerveau des gens et bêtes et avec une invention à voir notre vue à partir de rétine de l'image de l'oeil abuse de nous santé idées de famille matériel biens pendant sommeil nous font toutes crapulerie l'Eglise après avoir fait tuer les juifs à Hitler a voulu inventer un procès type et diable afin prendre le pouvoir du monde et imposer la paix aux guerres l'Eglise a fait les crimes et abusant de nous par électronique nous faisant croire des histoires et par ce truquage abuser de nos idées innocentes religion a pu nous faire accuser en truquant postes écoute écrit et inventer toutes choses qu'ils ont voulu et depuis 10 ans et abusant de nous par leur invention a commandé cerveau et à voir notre vue a partir image rétine de l'oeil nous faire accuser de ce qu'il nous font à notre insu c'est la religion qui a fait tous les crimes et dégâts et crapulerie nous en a inventé un programme inconnu et par machine à commander cerveau et voir notre vue image rétine oeil… nous faire accuser nous tous sommes innocent de tout crime tort à autrui nous Jean Paule sommes innocents nous n'avons ni tué ni détruit ni porte du tort à autrui c'est la religion qui a inventé un procès avec des machines électroniques à commander le cerveau sommeil pensées maladies bêtes travail toutes fonctions du cerveau nous fait accuser de crimes que nous n'avons pas commis la preuve les papes s'appellent Jean XXIII au lieu de XXIV pour moi et Paul VI pour Paule l'Eglise a voulu inventer un procès et couvrir les maquis des voisins avec machine à commander le cerveau du monde et à voir la vue image de l'oeil fait tuer les juifs à Hitler ont inventé crimes de notre procès. »

 Pour ce qui est de l’interprétation de ce texte, ce n’est pas si simple qu’il y paraît. Aussi je préfère laisser à chacun le soin du décodage… Notez tout de même que Jean (dit Jeannot) se prend pour Jean XXIV et fait succéder sa sœur Paule à Paul VI.

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Le Plancher de Jeannot est depuis cinq ans la propriété de l'entreprise de médicaments Bristol-Myers Squibb. Il est exposé désormais, dans la rue face à l'hôpital Sainte-Anne.

 

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