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ENTREZ LIBRES

Publié le par BMC
Publié dans : #B.M.C.

 

 

BMC De la série Cruci-Fiction

 

 

    I – Lettre et le néant

 

    Dans les années cinquante, une célèbre publicité nous rebattait les oreilles en ces termes : “Si vous savez écrire, vous savez dessiner”. Le problème, c’est que l’inverse n’était pas vrai. Et ça, je ne le savais pas encore.

    J’en ai écrit, des lettres.
    J’en ai reçu, des réponses.

    -    Je vous remercie vivement de l’intérêt que vous avez bien voulu porter à notre galerie, mais…

    -    Merci de nous avoir envoyé des photos de votre travail – qui est d’ailleurs fort intéressent – malheureusement…

    -    Malheureusement, votre travail ne correspond pas à la ligne  suivie par la galerie Tartempion …

    -    Nous sommes au regret …, votre travail nous paraît très intéressant, à plus d’un titre, mais la situation actuelle…

    -    Pour les deux années à venir, nous avons un programme très chargé, aussi…

    -    Nous avons étudié avec beaucoup d’intérêt votre dossier qui présente à de nombreux égards des points très positifs… Nous ne pouvons actuellement envisager de prendre de nouveaux peintres.

    Il y a eu aussi les méchants :

    -    Je ne comprends pas : depuis quand un peintre s’occupe-t-il lui même de sa promotion ?

    -    X… X… (nom d’un artiste connu qui m’avait proposé de me recommander de lui pour contacter cette galerie) devrait savoir que le style de votre peinture n’a rien à voir avec les artistes que nous représentons.

    Il y a eu les gentils. Je pense en particulier à Iris Cler et à Colette Allendy, qui malheureusement nous ont quittés.

 


      B.M.C.   de la série "Tauromachie" : Attention, ce tableau vous regarde !

 

    II – Le complexe du peintre


    Peut-être vais-je vous sembler bizarre, mais j’ai toujours eu un peu honte d’être peintre. Si je reviens de chez le marchand de couleurs avec une toile ou même un simple rouleau de papier sous le bras, j’ai l’impression que tout le monde me regarde et va me désigner du doigt : “Tu as vu, c’est un artiste…”.

    C’est sans doute un complexe qui date de l’enfance. Petit, on n’arrêtait pas de dire  :“C’est une lubie, ça lui passera…” A tel point que j’ai fini par penser que la création artistique devait être une tare. (Aujourd’hui encore, je me demande si je n’avais pas raison…)

    Voici un exemple de mésaventure que cela a entraîné :

    Vers les années soixante, la commercialisation des oeuvres d’art ne fonctionnait pas du tout comme aujourd’hui. Il y avait, d’une part, les salons (qui, à l’époque, avaient leur raison d’être). Je pense en particulier au Salon de Mai qui accueillait entre autres grands noms Picasso, Miro, Chagall.
    Dans ce même salon exposaient des artistes encore inconnus ou très peu connus comme Francis Bacon, Antoni Tapies, Andy Warhol. Je me souviens de ce sublime très grand tableau de Paul Rebeyrolle “Planchemouton” ou de celui de Pierre Alechinsky “Le grand transparent” (à l’époque, il n’avait pas encore découvert la prédelle). Les premières compressions de César, etc…

       D’une part, il y avait les salons.  D’autre part, il y avait aussi les prix. Les plus importants étaient le Prix de la Critique et le Prix Othon Friesz.

    Je dépose ma toile au Musée d’Art Moderne, avenue de New-York et attends sans illusion le verdict. Quelques jours passent, pas de réponse. Comme j’avais entendu dire que les refusés devaient être retirés à telle date, je me présente, descends l’escalier … et vois, accroché à une place d’honneur mon tableau.

    Pour la deuxième fois de ma vie (cf archives), le sol se dérobe sous mes pieds… Je tourne les talons, prends mes jambes à mon cou et me retrouve dans ma chambre de bonne, boulevard de Courcelles.

    Inutile de préciser que je ne suis pas allé au vernissage et n’ai lu aucune critique…

    Beaucoup plus tard, une galeriste m’a parlé de ce tableau, qui lui avait fait forte impression.

    “Si vous ne faîtes rien, votre peinture ne se vendra jamais !” … ça, c’est vrai … je n’y aurais pas pensé !..

    Seulement moi, je ne faisais pas rien puisque je faisais de la peinture et même que je n’arrêtais pas d’en faire. Et comme je n’avais plus de place pour stocker “mes oeuvres” dans ma minuscule chambre … je repeignais sans arrêt sur la même toile !

    Bref, le temps passe  -  lettre galerie   -   le temps passe …

    Je ne sais pas si vous avez lu “Le désert des tartares” de Dino Buzzati …

    Du haut de mon atelier transformé en forteresse, j’attends  “l'ennemi” galeriste, marchand, qui ne viendra pas… Mais la vue sur ce désert ne m’empêchera pas de continuer, bien au contraire.

    Je pense à cet artiste que j’ai connu qui disait “Si ma peinture les intéresse, "ils" viendront me chercher”. Malheureusement pour lui, “ils” ne sont jamais venus, et pourtant c’était un bon peintre…

    J’attends depuis toujours, à la fois avec espoir et appréhension, le marchand qui va enfin s’intéresser à mon travail et m’écrira :

    “Monsieur,
    Veuillez de toute urgence contacter la galerie Truc-Much. Nous devons ensemble établir un contrat dont voici les bases et que vous aurez le loisir d’adapter à votre convenance…”

  BMC De la série Algérie Galerie Française

 

   III – La toile


    Et il y a eu la toile.

    “B.M.C., tu es ouf : tu vis au bout du monde, tu ne montres ta peinture à personne. Personne ne vient te chercher. Tu as pensé au Net ?”

    Bien sûr que j’y avais pensé. Et avec ma Muse, nous en avions souvent parlé. Mais un site, c’est ridicule, qui va aller le voir ? Qui aurait l’idée saugrenue de taper B.M.C. sur Google ? Et si vous le faites, vous verrez des voitures (les “minis” que j’aime, celles du rallye de Monte-Carlo). Vous verrez des outils, des tas de choses hétéroclites – mais pas d’art, pas de peinture…

    “Si un site, ça ne marche pas, fais un blog” … merci Emmanuelle – ça, c’était l’idée du siècle !

    Maintenant, j’expose ma peinture. Je montre ce que je veux. Je dis ce que j’ai envie de dire et je ne m’en prive pas…

    Derrière mon Mac transformé en meurtrière, je guette  “l'ennemi” … qui viendra – ou pas – et c’est très bien ainsi.

 

 

   

 

BMC De la série “Les restes du monde”

 

 

 

Publié le par BMC

La Maja desnuda

La Maja vestida

Francisco de Goya y Lucientes (1746 - 1828 ) est un artiste qui se veut le témoin de son temps. Il sera entre autre un très grand portraitiste.
Vous n’êtes peut-être pas sans savoir que vers 1793 Francesco de Goya avait été victime d’une maladie qui l’avait rendu sourd, ce qui bien entendu n’empêche pas de peindre. Sa vie à été très difficile, j’aurais sans doute l’occasion d’y revenir dans un prochain article.i

 

Musée d'Agen


Goya n’abordera jamais les sujets faciles. Des désastres de la guerre, aux Caprices en passant par la corrida telle qu’elle était pratiquée à son époque, c’est-à-dire, sans aucun règlement, tout le monde y participait, c’était une boucherie sans nom. Rien à voir avec la corrida d’aujourd’hui. Voir sur ce blog ses gravures sur le sujet (Goya - Tauromachie)
On peut comprendre que dans le contexte de l’époque représenter une femme nue, sans le moindre artifice est considéré comme impudique, l’inquisition qui a encore pignon sur rue ne va pas tarder à “ s’intéresser ” au maître qui, grâce à ses relations, s’en tirera sans trop de problèmes.
Concernant “Les Maja” la date de réalisation des œuvres reste contestée, probablement entre 1790 et 1800. Si la date de création est contestée, le modèle fait débat; s’agissait-il, comme cela a été souvent dit de la Duchesse d’Albe ? Le tableau était d’abord connu sous le nom de “La Gitane”, on a dit aussi qu’une certaine Pepita Tudo en aurait été le modèle.
Je préfère laisser les historiens de l’Art à leur bataille et revenir au tableau proprement dit. Une première chose saute aux yeux, sa dimension (La même pour les deux toiles)
Il semblerait que la Maja Vestida aurait servit de “couvercle” se superposant à la Maja Desnuda protégeant ainsi sa pudeur.
Vous vous souvenez peut-être que ce procédé aurait été utilisé plus tard pour l’origine du monde de Courbet, une première fois recouverte d’un paysage. Par la suite c’est Jacques Lacan et Sylvia Bataille qui demanderont à André Masson de créer une peinture surréaliste servant à la recouvrir. Voir sur ce blog (Courbet - L’Origine du Monde). Depuis son entrée au Musée d’Orsay l’Origine du Monde est visible à tous les regards sans limitation d’âge et sans couvercle.
Lorsqu’il peint la Maja Desnuda Goya peint une vraie femme sans artifices. Jusque là les artistes trouvaient un prétexte mythologique ou autre pour y inclure un modèle.
En 1930 un timbre-poste représentant la Maja Desnuda fut édité: c’était la première fois qu’une femme nue figurait sur un timbre, ce fut un scandale.

 


Toutes les enveloppes sur lesquelles figurait ce timbre et destinées aux Etats-Unis furent systématiquement retournées à leur expéditeur.
De nos jours la Maja Desnuda ne fait plus rougir personne. Autre temps, autre mœurs !

 

A voir sur ve blog:

 

Goya tauromachie

 

tRADUCTION DANS TOUTES LES LANGUES

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