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ENTREZ LIBRES

Publié le par BMC

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     Dédié à Loulou Heyral   

 

 

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Comment toi, BMC., tu peux aimer la corrida ?

 

Toi qui adore les animaux. Toi et tes chats. Toi qui ne ferais pas de mal à une mouche ????

 

C'est dur d'assumer ses ambiguités. Attendez la suite.

 

La première fois, c'était à Nîmes, dans les années soixante : Litri, Camino. Le troisième torero,  j'ai oublié son nom. Un ami m'avait dit "Tu n'aimeras pas, mais il ne faut pas mourir idiot. Et au moins, tu pourras en parler en connaissance de cause".

 

 

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Je n'étais pas très fier en me dirigeant vers les arènes. J'étais mal dans ma peau, un peu comme, tout petit, la première fois que l'on m'avait emmené chez le coiffeur et que je me demandais ce qui allait bien pouvoir m'arriver?

L'ambiance autour des arènes est très particulière. Soleil. Musique. Pastis. Odeur de crottin. Vendeurs d'affiches. Chapeaux en papier. Sans parler de ceux qui essaient de vous refiler à prix d'or des billets (vrais ou faux) places garanties à l'ombre.

 

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La chapelle où les toreros se recueillent avant la corrida (Nîmes)

 

Nous sommes un peu en avance. Assis sur une pierre deux fois millénaire, j'observe : l'espace est impressionnant. La foule, de plus en plus dense, s'agglutine jusqu'en haut des gradins. Les places réservées des premiers rangs sont maintenant occupées. Le nom du premier torero est affiché. Le poids du toro est de 435 kilos.

 

 

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 La pendule indique 16 heures et 59 minutes. Les portes s'ouvrent. On aperçoit quelques silhouettes colorées. Musique Maestro = le Grand Air de Carmen : C'est le paseo.

 

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Selon un protocole immuable, tous les participants entrent : d'abord les toreros, le chef de lidia à gauche, le plus jeune au centre, avec ou sans leur montera (chapeau) selon qu'ils ont  ou non déjà toréé dans cette arène.

 

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Le défilé traverse toute l'arène pour s'immobiliser face à la présidence. Les toreros saluent, déposent leurs capes d'apparat.

 

Un grand silence règne. Tous les yeux, 20 000 personnes, 40 000 yeux sont tournés vers la sortie du toril.

 

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Tel un monstre de l'antiquité, la bête surgit. Peut-être, à ce moment-là, se réveillent dans notre inconscient, quelques "souvenirs"  de vies antérieures, de sacrifices, de mythologie? Que sais-je ?

 

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La tauromachie est tout sauf un spectacle. C'est avant tout un art. Pourquoi croyez-vous que les peintres s'y soient tellement intéressés ? La corrida est un rite auquel le spectateur participe. Qui dit rite dit initiation. Si vous vous laissez "prendre au piège", vous n'en sortirez pas indemne.

 

Le toro était enfermé dans un "cabinet sombre". Il se retrouve ébloui, face à une lumière aveuglante. Ce passage brutal de l'ombre à la lumière le rend furieux .

 

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Les peons agitent leur cape (la cape est généralement rose avec l'intérieur jaune ( il y a de rares exceptions). Ils vont attirer l'attention de l'animal, le "fixer", regarder comment il se déplace, essayer de comprendre son comportement. Aucun toro ne réagit de la même façon. Si, par malheur, le fauve boîte, a un comportement "bizarre",  le public demande  le changement. Le président, s'il le juge opportun, sort un mouchoir vert et le toro est remplacé (c'est très rare).

 

Maintenant, le maestro fait son entrée. Suit une série de passes de cape. Il en existe des quantités, qui, chacune porte un nom particulier : la véronique est inspirée par la façon dont sainte Véronique aurait essuyé le visge de Jésus, la serpentine, la chicuelina, la gaonera, la larga à genoux, etc...

 

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A présent, les picadors font leur entrée. Ils sont l'objet de toutes les polémiques concernant la corrida. La pique est indispensable pour tester la bravoure du toro, sa puissance.

 

 

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Ayant subi l'épreuve dela pique, il n'a plus le même comportement. Ses charges deviennent plus précises, plus droites, beaucoup plus dangereuses aussi. Généralement, c'est le président qui demande d'arrêter la pique en agitant un mouchoir blanc.

 

C'est  le tour des banderilleros.

 

Les poses de banderilles sont un des moments les plus spectaculaires de la corrida. Parfois, c'est le maestro lui-même qui les pose(Le plus souvent les peons) . Je me souviens de Nimeno II, debout le long des tablas (la barrière qui entoure la piste) plantant les banderilles alors qu'il se trouvait coincé entre le toro et les planches.

 

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 C'est maintenant que tout va commencer. Le matador ôte sa montera. Soit il "brinde" (dédicace) cette corrida au public ; dans ce cas, il salue l'ensemble des spectateurs et pose son couvre-chef à l'endroit précis où il a l'intention de tuer le toro. Soit il donne sa montera à garder à la personne à laquelle il dédie sa faena (dernière partie de la corrida).

 

 

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Après avoir déposé sa cape, il prend maintenant la muleta. Très différente de la cape, la muleta est taillée dans une pièce de tissu rouge. Beaucoup plus petite, elle est aussi plus légère ( ce qui pose problème lorsqu'il y a du vent) A nouveau, le maestro va enchaîner une suite de passes. C'est un des moments où il va prendre le maximum de risques.

 

L'animal, de plus en plus conscient que ce chiffon rouge n'est qu'un leurre va s'intéresser à l'homme qui sa cache derrière. C'est maintenant que s'exprime tout l'art du torero.

 

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La faena peut durer plus ou moins longtemps. C'est le torero qui décide. Maintenant le silence se fait. Le matador se prépare pour l'estocade (probablement le moment le plus risqué pour lui).

Je ne connais personne qui aime voir tuer un toro. Pour que la mort soit la plus rapide possible, l'épée doit être enfoncée jusqu'au poumon.

 

La faena peut durer plus ou moins longtemps. C'est le torero qui décide. Maintenant le silence se fait. Le matador se prépare pour l'estocade (probablement le moment le plus risqué pour lui).

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La faena peut durer plus ou moins longtemps. C'est le torero qui décide. Maintenant le silence se fait. Le matador se prépare pour l'estocade (probablement le moment le plus risqué pour lui).

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Il y a deux façons de donner l'estocade :

        -    a volapie : le torero, face à l'animal, se "jette" entre les cornes et enfonce son épée,

        -    a recibir : le torero ne bouge pas et attends que le fauve, de lui-même, se jette sur l'épée.

 

 

Il y a deux façons de donner l'estocade : - a volapie : le torero, face à l'animal, se

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Comme vous le savez sans doute, suivent les "récompenses"; une oreille, deux oreilles, deux oreilles et la queue.

 

  vuelta,

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En général, le public (si c'est mérité) réclame une oreille en agitant un mouchoir blanc. Le président ( après s'être fait un peu prier , “tirer l'oreille”) abaisse son mouchoir.

 

Il arrive que le public réclame une deuxième oreille, que le président n'accorde pas. Dans ce cas, on assiste à un phénomène qui rend perplexe les néophytes : la foule applaudit (le torero) et ensuite hue (la présidence). (bravo!) (Hououou!) ( "y sont fous, ces Romains")

 

 

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Si le toro a été excellent,il a droit à une vuelta (un tour de piste). Il peut aussi être grâcié. Dans ce cas, le matador simule la mise à mort. Il finira ses jours au campo en tant qu'étalon, et aura sans doute beaucoup d'histoires à raconter à ses congénères...

 

 

                                                                                               

        A suivre ... (ou pas !)

 

 

 

 

 

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  Art et Tauromachie Deuxième partie

 

 

 

 

 

 

Goya tauromachie 

 

 

 

      

 

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Publié le par BMC

           Dédié à Loulou Heyral  

 

 

  corrida,

Photo BMC

 

 

Comment, lorsqu’on n’a aucun don d’écrivain, raconter l’inracontable ?

 

Le 21 septembre. À Nîmes, c’est la féria des Vendanges. Ce jour-là, Marie-Sara doit recevoir l’alternative des mains de Conchita Cintron. Si vous aimez l’art équestre, ne vous privez pas du spectacle que procure une corrida à cheval. Je reconnais qu’il y a de quoi être “scotché”.

 

 

conchita cintron,

Conchita Cintron

 

 

L’image de Conchita Cintron (69 ans à l’époque, décédé le 17 février 2009 à l'âge de 86 ans) restera à jamais imprimée dans ma mémoire.

 

 

conchita cintron,

Conchita Cintron

 

 

Mais tout ça n’était rien à côté de ce qui allait suivre :

Etait ensuite programmée une corrida à pied avec Curro Romero.

 

    Curro Romero, le pharaon de Séville.

 

C’est pas un torero, c’est une légende. Certains aficionados attendent depuis des décennies (je n’exagère pas) de voir une de ces faenas dont il a le secret et dont on parlera durant des années.

 

 

curro romero,

Curro Romero à Seville

 

 

Seulement voila… Curro face à un toro a plutôt tendance à lui tourner le dos et partir sous une pluie de coussins et la bronca (huées) des spectateurs. L’histoire raconte qu’un jour, circonstance agravante : en Espagne, il a quitté l’arène en courant. Les policiers (ça rigolait pas là-bas à cette époque) l’ont retrouvé dans le hall de la gare, en habit de lumière, prêt à sauter dans le premier train… C’était tout simplement passible de prison !

 

 

dubout,

Dessin de Dubout

 

Mais revenons à notre corrida. Conchita Cintron descend de son cheval et s’adresse au “pharaon” en ces termes : “J’ai entendu dire que parfois vos faenas … etc, etc…” J’ai un peu l’impression de vous raconter l’histoire du corbeau et du renard… En tous cas, c’est ce qu’il ne fallait pas dire – ou plutôt ce qu’il fallait dire ! – au maestro pour le mettre en condition.

 

C’est enfin le tour de Curro Romero.

 

La porte du toril s’ouvre. Le fauve fait son entrée. Les péons agitent leur cape. Le maestro fait trois pas dans l’arène. D’un revers de la main, il renvoie tout le monde derrière les burladeros.

 

 

 

curro romero,

Curro Romero

 

 

Cet homme de 58 ans à l'époque  est ridicule. Un peu chauve, largement bedonnant. En costume de lumière, on s’attendrait à le voir sur la scène du Chatelet aux côtés de Luis Mariano, mais certainement pas face à un monstre au cœur de l’arène…

  

Et le miracle s’accomplit. Le torero, à une extrémité des arènes, cite le toro, les pieds joints. Tel une cariatide, il reste de marbre face à la charge du toro, qui s’élance de l’autre bout de l’arène.. Première passe de cape. Olé! Quelqu’un, à côté de moi, murmure “C’est une véronique d’anthologie”. Ses pieds n’ont pas bougé. La cape tourne. La bête semble soudée à elle. L’homme et l’animal ne font plus qu’un.

 

Un silence impressionnant règne dans l’arène. Vingt mille personnes et pas le moindre éternuement. Pas le moindre murmure. À croire que les mouches se sont arrêté de voler… Le torero, le toro, les spectateurs ne forment plus qu’un être unique. Oserai-je employer le terme d’égrégore ?

 

Suit une faena comme on peut en voir une fois dans une vie – et encore, avec beaucoup de chance… On a tous  le souffle coupé.

 

 

CE JOUR-LÀ, LE TEMPS S’EST ARRÊTÉ.

 

 

Ce fut un ressenti physique, très fort et partagé par l'ensemble du public : nous étions quelque part hors de l'espace et du temps.

 

Mais tout a une fin. Curro Romero doit tuer son toro. Bien entendu, il le fera comme il sait le faire : très mal. Carrément placé sur le côté (eh! eh! c'est moins dangereux !). Ce qui ne lui vaudra qu’une oreille.

 

Mais tous ceux qui ont assisté à cette corrida ne l’oublieront jamais. Il y a des images qui restent ancrées dans nos souvenirs. Ces images ne font pas partie du passé; elles refont surface chaque fois que nous y faisons appel.

 

Puis Curro Romero fait sa vuelta (tour de piste). Attention, on ne lance pas de fleurs au “pharaon” !  Heureusement, tout le monde, à tout hasard et sans conviction, avait apporté un petit brin de romarin…

 

Cette corrida a été tellement extraordinaire qu’un livre entier a été écrit sur ce combat.

 

Comme tout ce qui fait parler, la corrida en a fait dire, des bêtises. Et ce n’est certainement pas fini.

 

Tout le monde pense que c’est la couleur rouge qui rend le toro furieux.

 

     “Enfants, voici des bœufs qui passent,

    Cachez vos rouges tabliers”

 

    (Victor Hugo – La légende de la nonne)

 

 

Une corrida avait été organisée à New-York, il y a longtemps, C’était pour le moins insolite. Tous les défenseurs des animaux cherchaient un moyen de l’empêcher. Ils eurent cette idée "géniale" : d’accord, à condition de ne pas utiliser de “chiffon rouge” !..

 

 

 

la corrida verte, bmc,

Photo BMC

 

La corrida verte par BMC - 4 Panneuax de 110 x 75 cm.

 

 

Cette course eut lieu. On utilisa une muleta verte. Ce qui, bien sûr, ne changea rien au comportement du toro, au grand dam de tous les anti-corrida.

 

J’aimerais maintenant m’adresser à tous les détracteurs de la tauromachie :

 

Bien sûr, je n’aime pas voir souffrir un animal. Si demain on me demande de signer une pétition pour interdire la corrida, honnêtement, je ne sais pas bien quel sera mon comportement. Sans doute, signerai-je des quatre pattes.

 

Mais ce que je n’arrive pas à comprendre, ce sont ces gens qui vont, avec raison certes, défendre les bébés phoques, s’insurger contre le commerce de la fourrure (je suis de tout cœur avec eux), mais qui, hypocritement, s’attablent devant une escalope de veau. Vous avez déjà vu un petit veau ? C’est adorable “oh qu’il est mignon !” Seulement voila, le même élevé en batterie, attaché entre quatre planches, bourré d’antibiotiques et d’anti-stress … Et les poulets … Il y a aussi la langouste qui DEMANDE à être ébouillantée vivante, le homard qui DEMANDE à être coupé en deux, vivant… Vous savez comment on tue les lapins ?..

 

Peut-être, j’ai pas tout compris.

 

En tous cas, une chose est certaine : si demain je dois renaître taureau, je préfère bien vivre quatre ans toro au campo en broutant l’herbe des meilleures prairies andalouses, pour ensuite mourir en me battant plutôt que vivre quelques mois entre quatre planches (c’est déjà un cercueil) pour être ensuite tué “proprement” au pistolet électrique.

 

Et des bêtises, on en dit beaucoup aussi concernant les chevaux.

S’il est vrai que dans les années 1900, le cheval n’était pas protégé, on assistait alors à un carnage. Heureusement vint un certain monsieur Heyral (le papa de Loulou, à qui est dédié ce texte) qui a inventé le caparaçon.

 

  caparaçon,

  Photo BMC

 

Sans entrer dans le détail, le caparaçon est une sorte de grand manteau de cuir armé, attaché sous le ventre du cheval et descendant jusqu’aux pattes. Avec cette armure, le cheval ne risque rien. Il arrive exceptionnellement qu’il soit renversé. Dans ce cas, c’est le plus souvent l’homme qui risque d’être coincé sous le cheval. Mais c’est tout-à-fait exceptionnel. Aujourd’hui, les chevaux de picadors français finissent leurs jours dans une “maison de retraite équine" en Normandie ou ailleurs.

Je voudrais également parler de tous ceux qui souhaitent la mort du torero… Face à un tel état d’esprit, il n’y a pas grand-chose à dire. Dois-je vous dresser la liste de tous ces jeunes gens qui, rêvant de devenir torero, ont perdu une jambe ? Lisez les revues tauromachiques à la rubrique “blessures”. Combien de toreros sont morts dans l’arène ? Combien se sont retrouvés handicapés à vie?  Je ne souhaite à personne de voir le “spectacle” d’un toro s’acharnant sur un homme…

 

 

 

toro,

  Photo BMC

 

 Pour terminer, j’ai envie de vous raconter :

 

“ la belle histoire” :

 

 

1er mai 1991. Les arènes Paul Ricard. C’est en Camargue, des petites arènes, presque privées. Ce jour-là était organisé un festival taurin. C’est un peu, si l’on peut dire, une corrida “entre amis”. Le torero ne revêt pas l’habit de lumière. Souvent d’anciens matadors ou des peons participent. Ce jour-là, il y avait entre autres concurrents, le directeur de l’école de tauromachie de Nîmes. Disons, c’est très convivial.

 

 

Louis heyral,

 

 

Nous parlons longuement avec Loulou Heyral (c’est l’homme des chevaux). Ma Muse (allez-donc savoir pourquoi) lui demande de signer ce qu’elle appelle son carnet de pouvoir, dédicacé par nombre des grands toreros du moment.

 

 

corrida;

 

La corrida a lieu dans une ambiance bon-enfant.

Nous allons partir. Au sortir de la course, nous sommes hélés de loin par Loulou (bien qu'il soit en grande conversation avec une bonne dizaine de personnes) qui agite la main en criant “Salut les amoureux!!!” On ne l’a plus jamais revu. Probablement est-il en train d’effectuer une dernière vuelta au paradis des chevaux…

 

loulou heyral,

 

      Loulou Heyral   -   Photo B.M.C.

 

 

 

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Art et Tauromachie

 

 

Première Partie

 

 

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Après mes deux articles sur la tauromachie, l’inévitable question m’a été posée : “Mais enfin, es-tu pour ou contre la corrida ? Même dans ta peinture, on ne trouve pas de réponse…”

-    OUI, j’aime son rituel, sa magie, les moments exceptionnels que j’ai vécus grâce à elle.

-    NON, je n’aime pas voir souffrir un animal, voir mourir un toro. Voir un homme piétiné par un “monstre”. Et je n’aime pas l’impression désastreuse laissée par une mauvaise corrida, et il y en a un paquet !...

Pour ces différentes raisons, il m’est impossible de répondre par une phrase qui commencerait par “je”.
Il y a en moi le “je” qui aime.
Il y a en moi le “je” qui n’aime pas.
Ne sommes-nous pas tous habités par une foule de personnages ?

    Celui qui dit OUI
    Celui qui dit NON
    Celui qui dit NON MAIS OUI …
    Ou OUI MAIS NON…

Des milliers de petits lutins qui ont tous leur mot à dire, qui ont tous une idée sur tout. Et qui passent leur temps à se faire la guerre (pour des idées).

A la question que vous m’avez posée tout-à-l’heure, si je dois répondre sur l’instant – que je le veuille ou non – je serai influencé par l’environnement, par le moment, etc…

Même si je me crois libre, c’est le lutin jaune qui va répondre “oui…”. Demain, les circonstances ne seront plus les mêmes et c’est le lutin bleu qui dira “non…”

Où est passé le “je” ?

Le “je” n’existe que le jour où nous avons fait le ménage. Viré tous les petits lutins. Et alors là, bon courage, parce qu’il y a du boulot !

Essayez seulement de rester quelques instants en faisant le vide dans votre esprit. Très vite, les pensées affluent, se bousculant les unes les autres. Les lutins à byciclette poursuivant les lutins à pieds. Et c’est la ronde des lutins…

Au fait, je ne sais plus où “je” en étais ?...


 
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Vingt secondes de sagesse. Ne zappez pas…
 


Bokar Rimpoché  -  photo B.M.C.


 
Une dame s’adresse à  : Bokar Rimpoché

“Rimpoche, voici ce qui m’arrive : lorsque je médite j’ai parfois des visions, je vois des évènements du passé, d’autres fois j’ai des visions prémonitoires. Il m’arrive aussi de sortir de mon corps…”

Bokar Rimpoché écoute attentivement, sourit comme seuls savent le faire les Tibétains, laisse un moment le silence faire son office et enfin s’exprime :

“Continuez, vous verrez, avec le temps, tout ça n’arrivera plus…”

 
 
 

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