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La gravure, de Goya au XIXème siècle.
 
 
Honoré Daumier - L'amateur d'estampes
 

En 1728, le grand collectionneur et ami de Watteau, Jean de Julienne, qui est à ce moment-là directeur de la Manufacture des Gobelins, va réunir une équipe de quarante-quatre graveurs parmi les plus doués du moment. Ils réaliseront bientôt deux ouvrages : la première partie comprendra trois cent cinquante planches gravées d'après des dessins de Watteau. La deuxième partie sera publiée en 1735 et comprendra deux cent cinquante gravures, toujours d'après Watteau et supervisées par ce dernier. Avec les estampes tirées à part, il existe environ sept cents planches d'après Watteau, qui aujourd'hui sont connues sous le nom de "Recueil de Julienne". A ce moment il n'existe pas de règles précises permettant d'attribuer à une estampe la particularité d'estampe originale. Elles ne sont gènéralement pas signées par l'artiste.  François Boucher, qui avait activement contribué en tant que graveur à la fabrication du fameux recueil, fera lui aussi de la gravure; il existerait environ quarante estampes de Boucher. A la même époque et dans le même esprit, il faudrait aussi citer Jean-Honoré Fragonard et, côté italien, Tiepolo, et sans doute, bien d'autres encore..

 
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Giovanni- Battista Tiépolo
 
Au Japon, à la même période, l'estampe connaît un très vif succès avec Kitagawa Utamaro, le peintre des courtisanes et Katsushika Hokusai, le peintre du Fuji-Yama, qui, on ne le sait pas toujours, finira sa vie en faisant des caricatures = "les gros et les maigres". Il est aussi l'auteur de la célèbre vague intitulée "Le mont Fuji vu de Kanagawa" .

 
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Katsushika Hokusai - Le mont Fuji vu de Kanagawa
 
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Kitagawa Utamaro

C'est au XVIII ème siécle que la gravure va prendre son essort en France. Comme la photo n'existe pas encore, pour voir des peintures, il faut aller dans les palais, les chateaux, les églises ou les quelques lieux publics où elles se trouvent. Les musées n'existent pas encore.  A partir de maintenant, on va pouvoir diffuser un grand nombre d'images représentant les œuvres des maîtres de la peinture. Bien entendu il ne s'agit pas là d'œuvres originales, ces estampes sont fabriquées en très grand nombre, gravées par des "copistes" spécialisés dans ce genre de travail, elles ne sont pas numérotées et encore moins signées. Donc rien à voir avec un original. Il s'agit purement et simplement de reproductions qui cherchent à imiter l'œuvre originale.  Cette abondante diffusion de reproductions va contribuer à la démocratisation de l'art pictural, elle va également permettre d'imprimer toutes sortes de documents comme des cartes géographiques ou des images de mode.  Les estampes françaises bénéficient d'un grand renom grâce à leur qualité due au savoir-faire d 'artisants  hautement qualifiés. La gravure sur bois qui avait été très employée à l'origine est maintenant pratiquement abandonnée, sauf, peut être, pour l'impression de tissus en camaïeu.  C'est maintenant que vont apparaître les nouvelles techniques: eau-forte, manière noire, aqua-teinte, le pointillé etc...  Au XIX° siècle le goût de l'image se développe de plus en plus, tous les salons bourgeois sont "tapissés" d'estampes. On commence à imprimer des images lithographiques dans les journaux. Vous avez sans doute vu d'anciens exemplaires du Petit Journal.

 
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Certaines gravures de reproduction se vendront à des milliers d'exemplaires. C'est le cas de  "La naissance d'Henri IV" d'après Eugène Dévéria (une horreur!). Lamartine raconte que "L'arrivée des moissonneurs" d'après Léopold Robert (c'est pas beaucoup mieux que le précédent ) s'est vendu par million...(Rassurez-vous il n'en reste presque plus. 

 
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Léopold Robert - L'arrivée des moissonneurs

Avec l'avènement des écrivains romantiques va se développer l'illustration lithographique des ouvrages de luxe: de Victor Hugo à Shakespeare, un grand nombre d'illustrateurs vont s'en donner à cœur-joie.  La lithographie va permettre l'illustration d'ouvrages techniques ou de médecine.  Du jour où la photographie fit son apparition, en particulier avec Félix Tournachon dit: Nadar,  tout fut remis en question.
 
 
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Théophile-Alexandre Steinlein

 
 Ingres ainsi que de nombreux graveurs signèrent une pétition affirmant que la photographie n'était pas un art et ne pouvait en aucun cas être confondu avec l'estampe.  En septembre 1862, Edouard Manet publie une eau-forte dans le n°1 de la revue de la société des aquafortistes.

 
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Edouard Manet

 Edgard Degas va, lui aussi s'adonner à la gravure mais ne publie pas officiellement ses planches qu'il réserve généralement à ses amis (si, si, il en avait quelques uns! )  Comme Degas, Camille Pissaro réserve sa production à ses amis. Il aurait parait-il produit plus de deux cents estampes originales. Paul Gauguin pratiquera la gravure sur bois qui correspond tout à fait au côté primitif de son art.

 
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Paul Gauguin

  C'est au début du XIX° siècle que vont s'imprimer les premières affiches lithographiques. Bien entendu Toulouse-Lautrec, mais aussi: Chéret, Bonnard, Steinlein etc...  Dans les années 1900 "La revue Blanche" qui avait permis à un grand nombre d'illustrateurs de se faire connaître disparaît. En Allemagne c'est "Pan" qui disparaît à son tour.  A ce moment là, beaucoup de peintres sont découragés et abandonnent  la gravure.
 
Les Nabis, avec Bonnard mais aussi Paul Gauguin, James Ensor, Odilon Redon, Edouard Munch. Le célèbre marchand Ambroise Vollard se retrouve avec un stock de gravures qu'il mettra plus de vingt ans à écouler. De nombreux livres édités par Vollard sont des chefs-d'œuvres dont à l'époque personne ne voulait.
 
Durant tout le XIX° siècle les amateurs sont un peu perdus entre les "copistes", la photographie, le début de l'imprimerie "mécanique"  Dans un prochain article, nous verrons, si vous le voulez bien comment est survenu le renouveau de l'estampe, et son développement actuel.  
 
 
                                                                           
 
 
            
                                    
            
A suivre...si vous le voulez bien...



 
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La gravure au XX siècle
 
 
Dès le début du siècle, nous assistons à l’essor de la bande dessinée. Avec en particulier Bécassine qui apparaît dès 1905, elle sera bientôt rejointe par d’autres :« Les pieds nickelés »,« Zig et Puce », « Félix le Chat » et tous les héros de Walt Disney « Mickey » <<Tarzan » « Popeye » etc.
L’avènement de la bande dessinée va accentuer ce besoin d’images qui apparaît aussi bien dans les journaux que sur les murs avec l’affiche qui est de plus en plus anecdotique et où l’illustration devient indispensable.
Les amateurs d’art ont été quelque peu échaudés par le «trop plein » de gravures de ses dernières années. Gravures quasi-industrielles destinées à faire connaître les peintures académiques du Salon, œuvres sans goût et sans saveur que fuiront tous les vrais connaisseurs.
Heureusement pour nous, il y aura quelques rares marchands et en même temps éditeurs qui vont faire preuve de clairvoyance et éditeront des gravures d’artistes à un moment où plus personne n’y croit. Encore une fois ce seront les mêmes noms qui reviennent : Ambroise Vollard et Henri Kahnweiler. Ce dernier va éditer la célèbre série des saltimbanques de Picasso (1905). À eux deux, ils vont « récupérer » tous les très bons peintres-graveurs qui, il faut bien le dire, n’intéressent pas grand monde. Parmi eux on citera les noms (entre autres) de : Jacques Villon Juan Gris, Marcoussis, Georges Braque.
 
Dans le domaine de l’estampe au XX˚ siècle, il convient de faire une place toute particulière à Jacques Villon, qui comme chacun le sait était le frère de Marcel Duchamp et du sculpteur Raymond Duchamp-Villon. Durant toute sa vie, il va non seulement graver mais aussi améliorer la technique, c’est lui qui exécutera de nombreuses estampes pour la chalcothèque du musée du Louvre dont nous aurons l’occasion de reparler. Pour la petite histoire, c’est Jacques Villon qui disait : « En peinture, ce qui est difficile ce sont les quarante premières années »
 
Un autre artiste qui me paraît très important dans le domaine de l’estampe est James Ensor. Artiste malheureusement reconnu bien trop tard et si, à la fin de sa vie, on va le qualifier de « prince des peintres » durant toute celle-ci il sera la risée du public ; il faut vous dire que le noble anarchique y était pour quelque chose. Homme révolté probablement, mais sans doute avait-il ses raisons.
 
De nombreux peintres expressionnistes vont s’adonner à l’estampe : Oskar Kokoschka, Emile Nolde, Ernst Ludwig Kirchner. En Angleterre, Stanley William Hayter fonde l’atelier 17 qui permettra à de nombreux artistes de pratiquer toutes les techniques.
 
En 1918 Georges Rouault, à la demande d’Ambroise Vollard, commence une série de dessins qui va servir de base pour une suite de 58 estampes en noir et blanc intitulées : « miserere ». Les tirages seront terminés en 1927. Voici ce qu’écrit Georges Rouault : « Sur chaque planche, avec plus ou moins de bonheur, sans cesse ni arrêt, j’ai travaillé avec différents outils :il n’y a là aucun secret .Insatisfait, Je reprenais le sujet indéfiniment, réalisant jusqu’à douze ou quinze états successifs ; j’aurais voulu que tout soit de même qualité.J’avoue même que je m’y étais attaché et que je ne fus pas du tout insensible à la demande d’un ambassadeur des Etats-Unis qui voulait passer à l’or certains de ces cuivres et les faire incruster dans les murs de l’ambassade » (Miserere Edition Le Léopard d’or - Paris 1991)  Les gravures furent éditées en 1927. Ambroise Vollard fit rayer les plaques afin d’éviter une réédition sauvage.
Par la suite le désormais célèbre marchand demandera à Marc Chagall de réaliser une suite d’estampes pour illustrer la bible.
Ambroise Vollard sera aussi l’éditeur de Picasso. Il édita de nombreuses séries, entre autres les minotaures.
Durant la deuxième guerre mondiale, la production d’estampes va diminuer. il faudra attendre les années 60 pour qu’il y ait un regain de faveur. il faut dire que le prix des peintures ayant considérablement augmenté, les amateurs allaient se tourner vers l’estampe.
 
À la même période, les conditions concernant les gravures d’art sont définies avec beaucoup plus de précision, nombre de tirages, épreuve d’artistes, les marchands sont  beaucoup plus responsabilisés. Si vous achetez une estampe, vous n’êtes plus obligés de vous « faire estamper. » Bien entendu il est relativement facile de faire de fausses gravures, mais vu le risque encouru aucun marchand sérieux ne s’aventurera à le prendre.
Si aujourd’hui vous vous décidez pour l’achat d’une gravure adressez-vous au représentant officiel de l’artiste plutôt qu’à tout autre. Vous ne payerez pas plus cher. 
 
Avec le renouveau de l’estampe, les prix vont flamber : Méfiez-vous des ventes sur le net. Vous trouverez aussi bien des œuvres originales tout à fait intéressantes que des leurres. Dans mon prochain article, je vous parlerai, si vous le voulez bien,   de tout ce qui permet de reconnaître une vraie d’une fausse estampe.
 
 
 
Liens sur ce blog
 
L'art de se faire estamper (1)
 
L'art de ne pas se faire estamper (2)
 
L'art de ne pas se faire estamper (3)
 
L'art de ne pas se faire estamper (5)
 
 
 
 
 
 
À suivre…  Si vous le voulez bien
 
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