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ENTREZ LIBRES

Publié le par BMC
Publié dans : #B.M.C.
 
Premier exemple : Vous êtes présent à un vernissage. C'est pas forcément marrant, mais vous n'avez pas eu le choix.

Regardez autour de vous et voila ce qui arrive :

Le premier imbécile venu regarde longuement un tableau, on dira celui-ci :

 
 
 

 
     B.M.C - Les restes du monde 

 
 

 Après une très longue minute de concentration (comme vous n'êtes pas sans savoir, la longueur des minutes n'est pas une question de temps - et tant pis pour ceux qui ne comprennent pas ...), l'illustre visiteur (ceux qui viennent aux vernissages sont rarement visiteurs, mais toujours illustres) finit par s'exprimer :

 

    "Le cadre est magnifique!"

 

    L'artiste s'étrangle, avale rapidement son petit four, ingurgite une flûte de champ et se précipite vers le bar pour refaire le plein. Puis il repart à la recherche du deuxième imbécile.

 

    Généralement, il n'a pas loin à aller.

 

 

    Deuxième exemple. Et deuxième imbécile :

 

    "Vous mettez combien de temps pour faire un tableau comme celui-ci?"

 

    Perplexité de l'artiste !!!

 

    "Excusez-moi, je n'ai pas de chronomètre dans mon atelier.." Non, je ne peux pas répondre à ça .. Je ne sais d'ailleurs pas combien de temps j'ai mis. Il m'arrive de commettre trois tableaux dans la nuit. Il m'arrive aussi d'en laisser traîner un pendant des mois dans un coin de l'atelier.. Je ne sais plus très bien quoi répondre.

 

    A ce propos, permettez-moi un aparté. Vous connaissez peut-être l'histoire de l'empereur de Chine et du peintre de la cour ?

    Comme je suis gascon et / donc bavard, je m'en vais vous la conter :

 

    Cela se passait il y a fort longtemps, à l'époque han (c'est celle que je préfère). L'empereur de Chine convoque le meilleur peintre du royaume et lui intime l'ordre de peindre un coq. L'empereur exige, le maître s'exécute, ainsi le veut la tradition...

 

    Les mois passent, les années passent. L'empereur, sentant sa fin venir, convoque le peintre.

 

    Vieux, usé et fatigué, le maître se présente au palais.

 

    L'empereur, vieux, usé et courroucé, exige que l'artiste peigne le coq séance tenante, faute de quoi il aura la tête tranchée.

 

    "Qu'on m'apporte une feuille de papier, des pinceaux et de la couleur."

    Et l'artiste, en moins de cinq minutes, dessine le plus beau coq que la Chine ait connu jusqu'à ce jour.

 

    L'empereur, pas plus vieux, pas plus usé mais de plus en plus courroucé, lui dit : "Pourquoi tout ce temps ? C'est inadmissible ! Tu es un misérable !Tu auras la tête tranchée !".

 

    Alors, le maître qui, comme beaucoup de peintres, est un vieux sage, demande - en respectant, ça va sans dire - l'étiquette, que l'empereur lui fasse l'honneur de se rendre à son atelier. Et là, il lui montre tous les coqs qu'il a peint durant les trente dernières années. A raison de quinze coqs par jour, cela fait 164.250 coqs. Et 164.251, avec celui qu'il vient de faire. Pendant ces trente ans, il s'était entraîné à dessiner des coqs...

 

    Afin qu'il eût le seul et unique exemplaire, l'empereur exigea un autodafé (qui consista à brûler les 164.250 coqs).

     Puis il fit trancher la tête du peintre !

 

    Question : Combien de temps l'artiste a-t-il consacré à peindre le seul et unique coq restant ?

 

    Réponse : Bien malin qui le dira ?

 

    Picasso peignait plusieurs tableaux en une journée. Braque a mis sept ans pour venir à bout du  "billard".

 

    Si vous dites : "ce tableau, je l'ai fait en une heure", alors on pensera "il s'est vraiment pas foulé la rate; je ne vais tout de même pas payer ce prix-là pour une heure de travail !".

    Si vous dites : "j'ai mis six mois avant de le mener à bien", on pensera "c'est un laborieux, il ne doit pas être très doué !". ("on" est un con).

 

    Georges Mathieu, après avoir préparé ses fonds sur la toile "se jette dessus" et, en quelques mouvements, certes très spectaculaires, achève son tableau en une poignée de secondes. C'est ce qui lui a valu l'admiration enthousiaste des Américains = c'était - semble-t-il - l'homme qui gagnait le plus d'argent en un minimum de temps !!

 

    A propos d'argent, il faut bien en parler du prix des oeuvres d'art :

    Ne parlez jamais d'argent à un peintre, car il va penser que vous parlez argent (la couleur) et très vite, vous vous apercevrez que vous n'êtes plus sur la même longueur d'onde.

 

    Combien de fois ai-je entendu des collectionneurs dire : "De toute façon, pour un peintre vivant, je ne dépasse jamais plus de .....€". Et comme disait très justement l'ami Richard :"Toi, ta peinture, tu en vivras quand tu seras mort .."

 

 B.M.C. Mort-Bide

 

    Deuxième histoire. Deuxième gasconnade :

 

    Ambroise Vollard passait sa vie sur une chaise à somnoler au fond de son magasin. Un client potentiel entrait. Le pas-encore-célèbre marchand consentait à interrompre sa sieste pour recevoir le visiteur. Et subito reprenait son sommeil paradoxal. Enfin réveillé par la voix de son visiteur :

     -   "Combien ce Cézanne ?"

     -   réponse (par exemple) ;10.000 francs.

     -  Le client : "C'est beaucoup trop cher !"

    -   Ambroise Vollard : "10.200 francs"

    -   Le client :"Vous vous moquez de moi ?"

    -   Ambroise Vollard : "10.300 francs"

    Le client repartait, et revenait quelques jours plus tard afin d'acheter le tableau  à 10.300 francs.

    Par la suite, les amateurs savaient que ce n'était pas la peine de discuter le prix avec Ambroise Vollard ..

 

 

    Revenons à notre vernissage :

 

 

                    B.M.C.- Petit déjeuner SOUS l'herbe

 

    Peinture suivante = imbécile suivant(e).

"Ce tableau me plait beaucoup. J'aimerais l'offrir à mon mari pour son anniversaire. Mais comme c'est un grand chasseur, si vous pouviez ajouter trois canards ?"

    (connard ...)

 

    (Attention, il n'y a pas QUE des imbéciles aux vernissages, on a aussi le droit d'inviter quelques amis, ce qui peut aider à tenir le choc).

    

    Imbécile suivant :

 

    "Ah, Maître, j'ai beaucoup entendu parler de vous. Je suis ravi de vous rencontrer. Figurez-vous, voilà..., j'ai un salon Louis XVI d'époque, les murs y sont tendus de soie bleu Nattier (encore un peintre qui méritait mieux que de laisser son nom à une vulgaire toile de fond..). Et, sur le mur principal, à côté de mon Watteau, j'ai un vide d'environ 40X40cm.  En fait, ce serait bien de trouver une oeuvre dans ce format. Et bien entendu, bleue !"

 

 

    Abrégeons, suite de l'exposition :

 

    B.M.C. - Tauromachie

 

    Imbécile suivant. Là, c'est la famille qui s'y colle. Gentiment, ayant appris que je faisais une expo, le téléphone sonne : "Allo, c'est toi? alors tu peins toujours?"  Ils ont sans doute oublié que ça fait jamais que plus de soixante ans que je peins ? Réponse : "Ah non, maintenant, je tricote!"... mais comme je suis plutôt gentil, je ne leur dirai jamais  ça !

 

    Il y a aussi les vagues connaissances, en visite à l'atelier : "Oh! Celui-là, il ferait très bien dans mon séjour !"

 

    "Et tous ces tableaux que tu as chez toi.. Ca ne sert à rien : tu ne peux pas tout mettre au mur..."

 

 

😽   

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Publié dans : #B.M.C.

Tout d’abord je tiens à remercier Viviane, sans qui je n’aurais peut-être jamais connu cette étrange histoire (voir le blog de Viviane: “Ballade d’artiste”).

   

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Pour des raisons que l’on peut comprendre et par respect pour la famille, je ne ferai figurer aucun nom propre, ni même le nom du village. II suffit de savoir que la scène se passe quelque part dans un hameau du Béarn.

 

Les personnages :

 

Jean dit Jeannot

Le père Alexandre

La mère Joséphine

La sœur aînée Simone

La deuxième sœur Paule

 

Fin 1930 Alexandre et Joséphine achètent une ferme dans un petit village du Béarn. Circonstance aggravante, ils ne sont pas originaires de la région. À cette époque, toute personne qui n’est pas native du coin est considérée comme “estranger”. Venir d’ailleurs est toujours suspect. De plus la maison en question ressemble plus à une maison de maître qu’à une vulgaire ferme. Quarante hectares de terre, de nombreuses vignes.  Il n’en faut pas plus pour créer un climat de jalousie au sein du hameau.

 

Jeannot et ses deux sœurs fréquentent l’école du bourg. Ils sont de très bons élèves. Jeannot sera le seul de sa classe à décrocher son certificat d’études. Avoir son certif, à cette époque et au fin fond de la France profonde, n’était pas si courant que ça. Aussi monsieur le curé décide que Jean ira au séminaire. Quant à l’instit, il souhaite le diriger vers l’école normale (Don Camillo et Pepone, je vous ai reconnus).

 

Comme on pouvait s’y attendre, le père n’est pas de cet avis. Jeannot doit rester à la maison et par la suite reprendre l’exploitation à son compte.

 

À la maison, tout le monde travaille d’arrache pied, aussi l’argent ne manque pas. Bientôt ils achètent une traction, mais aussi un tracteur, alors même que leurs voisins  labourent avec un attelage de bœufs ou un cheval.

 

Jeannot est maintenant amoureux, il voudrait bien se marier. Mais il n’est pas question de faire un mariage d’amour, ici on se marie par intérêts. Bref, le mariage ne se fera pas, ce qui très probablement va laisser de lourdes séquelles dans l’esprit de Jeannot.

 

1959, la guerre d’Algérie. Jeannot est mobilisé dans les paras. Un béret rouge sur la tête, une tenue camouflée. À ce moment-là, les paras sont souvent regardés comme des demi-dieux. Qu’a-t-il vécu en AFN (Afrique Française du Nord), on n’en sait pas grand-chose. Toujours est-il que courant 1959 Jeannot bénéficie d’une mystérieuse permission (vu les circonstances, il était très difficile d’obtenir ce genre de dérogation).

 

Un jour, les voisins voient Jeannot, Paule et leur mère fouiller les environs, les bois, ils semblent rechercher le père, Alexandre. Ce dernier sera retrouvé pendu dans la grange.

 

Bien entendu les habitants du lieu ne vont pas se priver de raconter toutes sortes d’histoires. Des rumeurs circulent. Ces gens sont bizarres, ils parlent peu, ne sont pas franchement intégrés, c’est toujours et encore des “estrangers”.

 

On dit ; peut-être n’est-ce pas seulement une rumeur, que quelque temps avant ce drame Paule aurait quitté la région et serait revenu “délestée” d’un bébé qui n’était pas le bienvenu. Cela pourrait-il être la cause du suicide du père ? Bien entendu la rumeur (toujours elle) comme on pouvait s’y attendre va parler d’inceste.

 

Jeannot voulait s’engager dans l’armée, suite au suicide de son père, il pense que ce ne sera plus possible, chez les paras, on ne veut pas de fils de pendu. Nouvelle déception.

 

Simone, la sœur aînée, est maintenant mariée. Son mari n’a qu’une idée, récupérer la ferme ; lorsqu’ils se rendent compte que ce n’est plus possible, le couple se fâche définitivement avec la famille.

 

Ne reste plus à la maison que la mère Joséphine, la sœur Paule et, bien entendu, Jeannot.

 

Et c’est maintenant que tout bascule. En 1965 Jeannot entend des voix ; il se rend chez les voisins et tire un coup de fusil dans leur salle à manger, les mystérieuses voix lui ont commandé de tuer les voisins. Ce jour-là, par chance, il n’y aura pas de mort. 

 

À partir de maintenant Jeannot ne va pratiquement plus parler hormis à sa sœur Paule et à sa mère.

 

Une antenne vient d’être installée sur la colline face à la maison. Paule et Jeannot sont persuadés que c’est le Pape qui l’a faite installée pour pouvoir les espionner. Tout est bon : De Gaulle, l’église, même le maquis ? Je ne suis pas un spécialiste de la chose, mais je pense qu’à ce niveau, on peut parler de schizophrénie.

 

Maintenant Jeannot, fusil en bandouillere dont il ne se sépare plus, fait régulièrement des rondes sur son tracteur tout autour de la maison.

 

Le maire du village est prévenu, un médecin délivre un certificat de placement dans ce que l’on appelle encore un asile de fous. Les autorités s’en mêlent, une plainte est déposée au Procureur de la République. Trente gendarmes sont dépêchés afin de surprendre Jeannot  en flagrant délit de démence, ils reviennent bredouille. Jeannot résiste !

 

Jeannot a tenu bon, la famille vit maintenant en autarcie, à peine si Paule emprunte le tracteur pour aller une fois par semaine au marché faire quelques courses, elle non plus ne parle à personne.

 

On imagine aisément les discutions familiales, cette ambiance ne peut qu’être propice au développement de la démence.

 

Au hameau, tout le monde a peur, on sait Jeannot capable du pire, mais comment faire ? Les voisins n’en peuvent plus de ce climat, ils   déménagent.

 

Jeannot ne s’exprime plus guère que par onomatopées, il éructe plus qu’il ne parle.

 

Un jour de 1971, fait exceptionnel, le vétérinaire est appelé pour voir les bêtes. Lorsqu’il entre dans la cuisine, la mère est assise devant la cheminée. Raide morte, sans doute depuis plusieurs jours. Jeannot et sa sœur tentent en vain de la réchauffer pour la faire revivre (si vous avez un mort à la maison, n’essayez pas, ça ne fonctionne pas).

 

La nouvelle se propage dans le village. Jeannot et Paule sont formels, ils veulent garder leur mère à la maison. Comment ont-ils fait pour obtenir l’autorisation, difficile de comprendre. Toujours est-il qu’ils enterrent leur mère sous l’escalier, son tricot entre les mains ; ils déposent quelques fruits, du saucisson et une bouteille de rouge, “pour le voyage” et referment le trou.

 

Jeannot décide de rester près de sa mère, il s’installe dans l’ancienne salle à manger qui jouxte la pièce où elle  est enterrée. Il ne se nourrit pratiquement plus. C’est là qu’il va mourir d’inanition à l’âge de 33 ans.

 

Paule voudrait que son frère soit enterré dans la maison à côté de sa mère. Mais cette fois-ci, non seulement l’autorisation d’enterrer Jeannot à la maison lui est refusé, mais le corps de sa mère sera transféré au cimetière et enseveli avec celui de Jeannot à même la terre.

 

Paule est maintenant seule, à son tour elle va délirer, elle se nourrit uniquement de maïs, refuse toute nourriture fournie par l’assistante sociale. Elle pense que l’on cherche à l’empoisonner. Elle est vêtue de sacs de pommes de terre attachés par des ficelles. Le maire la visite, essaie de la raisonner, ce à quoi elle lui  répond que de toute façon elle va partir chez Farah Diba, loin de cette antenne qui leur a fait tant de mal. Par souci humanitaire on ne lui coupe pas l’électricité. Bien entendu elle ne s’occupe plus ni de la culture, ni des animaux qu’elle laisse mourir. C’est seulement en 1993, vingt ans après le décès de son frère, qu’on la retrouvera morte dans la porcherie.

 

Et c’est maintenant que commence la véritable histoire :

 

Vu l’état de saleté de la maison, les héritiers décident de faire venir un couple de brocanteurs afin de la vider de cet amoncellement d’immondices. Inutile de vous décrire l’état des lieux, poussière, moisissures, odeur de pourri, cadavres d’animaux, j’arrête ici cette description sordide.

Dans la pièce qui servait de chambre à Jeannot, une épaisse couche de poussière recouvre le parquet. Machinalement la femme du brocanteur repousse les déchets qui jonchent le sol et découvre des lettres sculptées à même les lames de chêne. Il s’agit de mots sculptés au couteau   et agrémentés de clous. Oserais-je dire : des mots crucifiés. Le texte intégral occupe environ 15 mètres carrés et se situe autour du lit de Jeannot. Il se trouve que le père de la personne qui a découvert ce parquet est psychiatre. Mis au courant, il propose aux héritiers de déclouer le parquet et de le remplacer par un neuf. Marché conclu, le psychiatre repart avec ses lames de parquet.

 

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Le parquet en question sera par la suite exposé en de nombreux lieux consacrés à l’art brut.

 

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Personnellement j’ai du mal à considérer ce parquet comme une œuvre d’art à part entière du point de vue sculpture et certainement pas comme une œuvre littéraire. Mais avouez que l’histoire est intéressante.

 

Voici le texte intégral du fameux parquet:

 

« La religion a inventé des machines à commander le cerveau des gens et bêtes et avec une invention à voir notre vue à partir de rétine de l'image de l'oeil abuse de nous santé idées de famille matériel biens pendant sommeil nous font toutes crapulerie l'Eglise après avoir fait tuer les juifs à Hitler a voulu inventer un procès type et diable afin prendre le pouvoir du monde et imposer la paix aux guerres l'Eglise a fait les crimes et abusant de nous par électronique nous faisant croire des histoires et par ce truquage abuser de nos idées innocentes religion a pu nous faire accuser en truquant postes écoute écrit et inventer toutes choses qu'ils ont voulu et depuis 10 ans et abusant de nous par leur invention a commandé cerveau et à voir notre vue a partir image rétine de l'oeil nous faire accuser de ce qu'il nous font à notre insu c'est la religion qui a fait tous les crimes et dégâts et crapulerie nous en a inventé un programme inconnu et par machine à commander cerveau et voir notre vue image rétine oeil… nous faire accuser nous tous sommes innocent de tout crime tort à autrui nous Jean Paule sommes innocents nous n'avons ni tué ni détruit ni porte du tort à autrui c'est la religion qui a inventé un procès avec des machines électroniques à commander le cerveau sommeil pensées maladies bêtes travail toutes fonctions du cerveau nous fait accuser de crimes que nous n'avons pas commis la preuve les papes s'appellent Jean XXIII au lieu de XXIV pour moi et Paul VI pour Paule l'Eglise a voulu inventer un procès et couvrir les maquis des voisins avec machine à commander le cerveau du monde et à voir la vue image de l'oeil fait tuer les juifs à Hitler ont inventé crimes de notre procès. »

 

Pour ce qui est de l’interprétation de ce texte, ce n’est pas si simple qu’il y paraît. Aussi je préfère laisser à chacun le soin du décodage… Notez tout de même que Jean (dit Jeannot) se prend pour Jean XXIV et fait succéder sa sœur Paule à Paul VI.

 

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Le Plancher de Jeannot est depuis cinq ans la propriété de l'entreprise de médicaments Bristol-Myers Squibb. Il est exposé désormais, dans la rue face à l'hôpital Sainte-Anne.

 

      Lien sur ce blog

 

A propos du plancher de Jeannot

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L'art de se faire estamper (1)


Vous connaissez tous l’expression “se faire estamper”… vous allez voir à quel point elle est justifiée ! 

En préambule, je tiens à préciser pour le neophyte, que l’on qualifie généralement  d’estampe ou de gravure toute œuvre multiple imprimée sur papier, à condition que ce ne soit pas par un procédé mécanique : imprimerie offset, photocopie, etc…
Il existe un grand nombre de techniques allant de la lithographie à l’eau-forte en passant par l’aquateinte ou la sérigraphie – et bien d’autres encore, nous y reviendrons plus en détails..

Une amie me dit un jour “Je viens d’acheter une lithographie originale de Salvador Dali – elle est super-géniale,  numérotée 15 sur 250 exemplaires et, bien entendu, signée par l’artiste. Bien sûr, je l’ai payée un peu cher, mais ça valait le coup, non ? Qu’en penses-tu?”


Je savais qu’elle avait cassé sa tirelire pour effectuer cet achat – par délicatesse, je n’ai rien dit ! Pourtant, il faut vous dire que pour un amateur d’estampes, la simple signature de Salvador Dali mérite un large détour…

Ce n’est un mystète pour personne : Salvador Dali vouait un véritable culte à l’argent, qui arrivait continuellement sur ses comptes “comme une colique” (c’est lui qui le disait…). Ce n’est pas pour rien non plus qu’André Breton avait transformé le nom de Salvador Dali en Avida Dollars… Bref, Dali voulait de l’argent et savait que ses œuvres multiples allaient lui en rapporter beaucoup. Je passe sur les détails; si vous le désirez je vous raconterai sa vie… enfin, si vous insistez !
 
Vers la fin, Dali, qui avait été un admirateur d’Hitler,  habitait – ce n’était sans doute pas un hasard – à l’hôtel Meurice, qui comme chacun sait était le siège de la Kommandantur, de sinistre mémoire. Peut-être même la suite qu’il occupait était-elle celle où Von Choltitz reçut le célèbre coup de téléphone “Paris brûle-t-il?”.

Mais revenons à nos moutons, Dali est dans ses appartements, spécialement décorés par le maître. Entre autres “bricoles”, il y a un schopper le long du mur (à tout hasard, pour ceux qui ne le sauraient pas, c’est une moto transformée à roue avant “tirée”).
On frappe à la porte : “Maître, ce sont les papiers”. Et voilà que l’on dépose des feuilles de papier immaculées et visiblement de très bonne qualité.
Et Dali, gesticulant comme il en a l’habitude, de signer une à une les fameuses feuilles… Et, à chaque fois qu’il signe, “ting” – c’est le timbre de la caisse enregistreuse qui résonne…
Il y a déjà longtemps que Dali ne peint plus. Il passe son temps à contempler sa “colique”.

Et maintenant, voici l’histoire qui se raconte :

Un “artiste” – bien qu’aujourd’hui tout le monde connaisse son identité, je préfère utiliser ce terme –, un “artiste” donc va, en s’inspirant des anciennes œuvres du Maître, en créer de nouvelles. Qui, bien entendu, seront imprimées sur les fameuses feuilles déjà signées…
Par la suite, les héritiers n’auront aucun scrupule à dire qu’il s’agissait bien d’œuvres originales, puisque signées de la main du Maître…

Sans doute allez-vous penser que j’exagère… Attendez la suite, nous ne sommes qu’au début de l’histoire !

Maintenant, notre artiste a préparé  sa pierre (je passe sur les détails techniques). L’éditeur va commencer l’impression. Il est d’usage, en fonction du tirage prévu, que 10% des tirages soient marqués “épreuve d’artiste”, ou E.A. ou H.C.
Donc, sur un tirage à 250 exemplaires, il devrait y avoir théoriquement 25 épreuves d’artiste. Mais une fois vendus, qui ira les compter ? vous ? moi ?..
Alors pourquoi ne pas en faire 40… 50… allez, disons 50 en plus des 250 prévus…
 
Le prmier tirage est maintenant terminé (300 exemplaires). Vous ne pensez tout de même pas qu’on va en rester là… Non, un deuxième tirage, qui, lui, sera numéroté en chiffres romains (!), donc, 300 +300=600.
Les deux premiers tirages étaient sur papier d’arches..on va en faire deux autres sur vélin : 600+600=1200.
Encore deux sur papier japon : 1200+600=1800.
Encore deux sur papier vergé : 1800+600= 2400.
Encore deux sur papier japon nacré : 2400+600=3000.

Arrêtons-nous là pour le papier. Encore que….
Les premiers exemplaires avaient un fond bleu. 3000 épreuves sur fond bleu .. eh bien, pourquoi s’arrêter là … on repart pour une série de 3000 sur fond jaune !
3000+3000=6000.
Et encore 3000 avec un fond gris : 6000+3000=9000.
J’arrête ici, bien que…

Que disait-elle, mon amie ? “Tu as vu ma gravure, il n’en existe que 250 exemplaires..”

En 1960, du vivant de l’artiste (mort en 1989), la douane a saisi des milliers de feuilles signées par Dali, qui franchissaient la frontière espagnole… Combien sont passées ?...

Si je vous ai raconté cette histoire, c’est simplement dans l’espoir de vous rendre prudent le jour où vous achetez une gravure.Sachez tout de même que la grande majorité des artistes est honnête… mais les marchands, eux, parfois beaucoup moins…

 
Au fait,1200 € x 9000 gravures… ça fait combien ?
 
10.800.000,00 €
 
 
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La gravure, des origines à Goya


L’estampe est un domaine très mal connu du grand public. La plupart du temps, on imagine qu’il s’agit simplement de la reproduction pure et simple d’une peinture ou d’un dessin.
En fait, il n’en est rien. L’estampe est bien une œuvre originale que l’artiste va créer de toutes pièces en dessinant sur une pierre lithographique ou sur une plaque métallique préalablement vernie (là encore, je ne veux pas vous embêter en décrivant toutes les techniques).

L’estampe date du début de notre ère. Elle fut inventée en Chine, en même temps que l’on découvrait la fabrication du papier. Au début, elle servait à imprimer des images de Bouddha.
En occident, c’est vers le XIVème siècle – avec l’arrivée du jeu de cartes – que va se développer la gravure. Au début, ce sera surtout la gravure sur bois. En dehors des jeux de cartes, ce seront  des images pieuses qui seront imprimées.


 
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Un premier exemple que l’on connaisse d’estampe, considérée comme œuvre originale, c’est la célèbre “Bataille des hommes nus” de Piero Benci Pollajuolo, qui date de 1480. C’est probablement la première fois qu’un artiste signait une œuvre gravée.

 
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Piero Benci Pollajuolo

A peu près à la même époque, Andrea Mantegna va graver quelques planches pour servir de modèles à ses élèves. Ces gravures restant à l’atelier n’étant pas destinées à la vente.

 
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Andrea Mantegna
 
Avec Albrecht Dürer commence véritablement ce qui est convenu d’appeler la gravure d’art.

 

Albrecht Dürer - La mélancolie

Sa première estampe est datée de 1497. Bien qu’étant un très grand peintre, Dürer sera surtout connu pour ses gravures. A l’origine, il était orfèvre et c’est lui qui fera passer la gravure de l’artisanat à l’art.

 
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Albrecht Dürer - Hercules

Vers 1600, Claude Gellée dit le Lorrain réalise quarante-six eaux-fortes.

 
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Rembrandt van Rijn
 
C’est avec Rembrandt que la gravure va être considérée comme œuvre d’art authentique. Rembrandt va, durant toute sa vie, améliorer la technique, effectuant lui-même les tirages – toujours sur les meilleurs papiers, même à la fin de sa vie alors qu’il était dans la misère.

 
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Rembrandt van Rijn

Il va utiliser les bavures laissées par le burin (les barbes). La pierre ponce lui servira à polir sa plaque. Toutes sortes de procédés seront utilisés, un peu comme le fera beaucoup plus tard Georges Rouault.

 
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Rembrandt van Rijn

Certaines épreuves comportent sept états différents. C’est dire à quel point Rembrandt cherchait la perfection…

 
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Rembrandt van Rijn
 
Vers 1740, le célèbre architecte, graveur et archéologue Giovanni Batista Piranèse va graver ses fameuses prisons. Regardez, ça se passe de commentaires…

 
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Giovanni Batista Piranèse
 
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Giovanni Batista Piranèse
 
Jean-Antoine Watteau – qui, rappelons-le, mourut à l’âge de trente-sept ans, et bien que son œuvre peint soit relativement important – a eu le temps de renouveler la gravure en mélangeant deux techniques différentes : eau-forte et burin. Ses gravures étaient souvent réalisées par d’autres graveurs, dont le jeune François Boucher, qui commençait la carrière que nous lui connaissons. Il existe une quarantaine d’estampes de Watteau.

Dès 1730, on cherche par tous les moyens à “colorer” les gravures (J.C. Leblond s’y est ruiné), à imiter la peinture… on ira même jusqu’à coller des estampes sur des toiles.
Beaucoup de recherches sont faites. On imprime successivement les trois couleurs de base et on ajoute le noir. Tout ça ne marche pas très bien. Jusqu’au jour où, grâce à Louis-Philibert Debucourt et Jean-François Janinet, la couleur va naître.

Dès 1760, le Japon connaissait l’âge d’or des estampes avec Kitagawa Outamaro et surtout Katsushika Hokusai – artistes qui furent “re-découverts” par Claude Monet et Vincent Van Gogh.


 
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Katsushika Hokusaï

Et pour “finir en beauté” comme on dit… Goya. Là non plus, il n’y a rien à dire… ouvrez grands vos petits yeux !

 
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Francisco Goya
 
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Francisco Goya
 
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Francisco Goya
 
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