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ENTREZ LIBRES

Publié le par BMC
Publié dans : #B.M.C.
 
Premier exemple : Vous êtes présent à un vernissage. C'est pas forcément marrant, mais vous n'avez pas eu le choix.

Regardez autour de vous et voila ce qui arrive :

Le premier imbécile venu regarde longuement un tableau, on dira celui-ci :

 
 
 

 
     B.M.C - Les restes du monde 

 
 

 Après une très longue minute de concentration (comme vous n'êtes pas sans savoir, la longueur des minutes n'est pas une question de temps - et tant pis pour ceux qui ne comprennent pas ...), l'illustre visiteur (ceux qui viennent aux vernissages sont rarement visiteurs, mais toujours illustres) finit par s'exprimer :

 

    "Le cadre est magnifique!"

 

    L'artiste s'étrangle, avale rapidement son petit four, ingurgite une flûte de champ et se précipite vers le bar pour refaire le plein. Puis il repart à la recherche du deuxième imbécile.

 

    Généralement, il n'a pas loin à aller.

 

 

    Deuxième exemple. Et deuxième imbécile :

 

    "Vous mettez combien de temps pour faire un tableau comme celui-ci?"

 

    Perplexité de l'artiste !!!

 

    "Excusez-moi, je n'ai pas de chronomètre dans mon atelier.." Non, je ne peux pas répondre à ça .. Je ne sais d'ailleurs pas combien de temps j'ai mis. Il m'arrive de commettre trois tableaux dans la nuit. Il m'arrive aussi d'en laisser traîner un pendant des mois dans un coin de l'atelier.. Je ne sais plus très bien quoi répondre.

 

    A ce propos, permettez-moi un aparté. Vous connaissez peut-être l'histoire de l'empereur de Chine et du peintre de la cour ?

    Comme je suis gascon et / donc bavard, je m'en vais vous la conter :

 

    Cela se passait il y a fort longtemps, à l'époque han (c'est celle que je préfère). L'empereur de Chine convoque le meilleur peintre du royaume et lui intime l'ordre de peindre un coq. L'empereur exige, le maître s'exécute, ainsi le veut la tradition...

 

    Les mois passent, les années passent. L'empereur, sentant sa fin venir, convoque le peintre.

 

    Vieux, usé et fatigué, le maître se présente au palais.

 

    L'empereur, vieux, usé et courroucé, exige que l'artiste peigne le coq séance tenante, faute de quoi il aura la tête tranchée.

 

    "Qu'on m'apporte une feuille de papier, des pinceaux et de la couleur."

    Et l'artiste, en moins de cinq minutes, dessine le plus beau coq que la Chine ait connu jusqu'à ce jour.

 

    L'empereur, pas plus vieux, pas plus usé mais de plus en plus courroucé, lui dit : "Pourquoi tout ce temps ? C'est inadmissible ! Tu es un misérable !Tu auras la tête tranchée !".

 

    Alors, le maître qui, comme beaucoup de peintres, est un vieux sage, demande - en respectant, ça va sans dire - l'étiquette, que l'empereur lui fasse l'honneur de se rendre à son atelier. Et là, il lui montre tous les coqs qu'il a peint durant les trente dernières années. A raison de quinze coqs par jour, cela fait 164.250 coqs. Et 164.251, avec celui qu'il vient de faire. Pendant ces trente ans, il s'était entraîné à dessiner des coqs...

 

    Afin qu'il eût le seul et unique exemplaire, l'empereur exigea un autodafé (qui consista à brûler les 164.250 coqs).

     Puis il fit trancher la tête du peintre !

 

    Question : Combien de temps l'artiste a-t-il consacré à peindre le seul et unique coq restant ?

 

    Réponse : Bien malin qui le dira ?

 

    Picasso peignait plusieurs tableaux en une journée. Braque a mis sept ans pour venir à bout du  "billard".

 

    Si vous dites : "ce tableau, je l'ai fait en une heure", alors on pensera "il s'est vraiment pas foulé la rate; je ne vais tout de même pas payer ce prix-là pour une heure de travail !".

    Si vous dites : "j'ai mis six mois avant de le mener à bien", on pensera "c'est un laborieux, il ne doit pas être très doué !". ("on" est un con).

 

    Georges Mathieu, après avoir préparé ses fonds sur la toile "se jette dessus" et, en quelques mouvements, certes très spectaculaires, achève son tableau en une poignée de secondes. C'est ce qui lui a valu l'admiration enthousiaste des Américains = c'était - semble-t-il - l'homme qui gagnait le plus d'argent en un minimum de temps !!

 

    A propos d'argent, il faut bien en parler du prix des oeuvres d'art :

    Ne parlez jamais d'argent à un peintre, car il va penser que vous parlez argent (la couleur) et très vite, vous vous apercevrez que vous n'êtes plus sur la même longueur d'onde.

 

    Combien de fois ai-je entendu des collectionneurs dire : "De toute façon, pour un peintre vivant, je ne dépasse jamais plus de .....€". Et comme disait très justement l'ami Richard :"Toi, ta peinture, tu en vivras quand tu seras mort .."

 

 B.M.C. Mort-Bide

 

    Deuxième histoire. Deuxième gasconnade :

 

    Ambroise Vollard passait sa vie sur une chaise à somnoler au fond de son magasin. Un client potentiel entrait. Le pas-encore-célèbre marchand consentait à interrompre sa sieste pour recevoir le visiteur. Et subito reprenait son sommeil paradoxal. Enfin réveillé par la voix de son visiteur :

     -   "Combien ce Cézanne ?"

     -   réponse (par exemple) ;10.000 francs.

     -  Le client : "C'est beaucoup trop cher !"

    -   Ambroise Vollard : "10.200 francs"

    -   Le client :"Vous vous moquez de moi ?"

    -   Ambroise Vollard : "10.300 francs"

    Le client repartait, et revenait quelques jours plus tard afin d'acheter le tableau  à 10.300 francs.

    Par la suite, les amateurs savaient que ce n'était pas la peine de discuter le prix avec Ambroise Vollard ..

 

 

    Revenons à notre vernissage :

 

 

                    B.M.C.- Petit déjeuner SOUS l'herbe

 

    Peinture suivante = imbécile suivant(e).

"Ce tableau me plait beaucoup. J'aimerais l'offrir à mon mari pour son anniversaire. Mais comme c'est un grand chasseur, si vous pouviez ajouter trois canards ?"

    (connard ...)

 

    (Attention, il n'y a pas QUE des imbéciles aux vernissages, on a aussi le droit d'inviter quelques amis, ce qui peut aider à tenir le choc).

    

    Imbécile suivant :

 

    "Ah, Maître, j'ai beaucoup entendu parler de vous. Je suis ravi de vous rencontrer. Figurez-vous, voilà..., j'ai un salon Louis XVI d'époque, les murs y sont tendus de soie bleu Nattier (encore un peintre qui méritait mieux que de laisser son nom à une vulgaire toile de fond..). Et, sur le mur principal, à côté de mon Watteau, j'ai un vide d'environ 40X40cm.  En fait, ce serait bien de trouver une oeuvre dans ce format. Et bien entendu, bleue !"

 

 

    Abrégeons, suite de l'exposition :

 

    B.M.C. - Tauromachie

 

    Imbécile suivant. Là, c'est la famille qui s'y colle. Gentiment, ayant appris que je faisais une expo, le téléphone sonne : "Allo, c'est toi? alors tu peins toujours?"  Ils ont sans doute oublié que ça fait jamais que plus de soixante ans que je peins ? Réponse : "Ah non, maintenant, je tricote!"... mais comme je suis plutôt gentil, je ne leur dirai jamais  ça !

 

    Il y a aussi les vagues connaissances, en visite à l'atelier : "Oh! Celui-là, il ferait très bien dans mon séjour !"

 

    "Et tous ces tableaux que tu as chez toi.. Ca ne sert à rien : tu ne peux pas tout mettre au mur..."

 

 

😽   

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