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ENTREZ LIBRES

Publié le par BMC
Publié dans : #B.M.C.
 

Peinture B.M.C    -    Le JugeMent


-“Petit homme, c' est l’heure de faire dodo !”
 
Je suis dans ma chambre. On retire le moine de mon lit. (MAIS NON ! Pas celui auquel vous pensez !) Pour ceux qui n’auraient jamais entendu parler de cet engin, en voici la description :
MOINE : structure en bois destinée à écarter les draps, à la base de laquelle se trouve une plaque de tôle qui permet de poser une casserole emplie de braises. Le tout servant à réchauffer le lit. (Voir aussi : bassinoire).

Avec ce système, un jour ou l’autre, le lit prenait feu… C’est ainsi qu’un soir, on a retrouvé ma grand-mère hurlant dans les escaliers : “Je ne veux plus de moine dans mon lit! Je ne veux plus de moine dans mon lit!....”

Bien entendu, l’histoire fut colportée par mes frères et sœurs afin que tous les ecclésiastiques de passage en bénéficient…

Le moine est retiré de mon lit. La prière est dite. J’insiste pour que ma mère laisse allumée la veilleuse.

Et c’est maintenant que tout commence…

Adossé à l’oreiller, face à la porte surmontée d’un encadrement formant comme un trumeau, dans ce dernier, des serpents commencent à apparaître, de toutes les couleurs, de toutes les formes, de toutes les tailles… Des jaunes, des verts, des noirs à rayures … et même des bleus. Des gros, des longs, des fins. Je passe sur les détails : ça grouille… A chaque regard, ce magma augmente.
 

 
 

 
 
J’ai peur. Dans mon lit, qui commence à refroidir, je suis pétrifié, frigorifié. Je m’enfonce de plus en plus sous les draps. Un ENORME serpent se penche au-dessus de ma tête. Rien à voir avec celui qui avait protégé Siddharta… Il est vert et noir. Sa gueule est plus large que le lit. Je ne vois plus que ses monstrueux crochets. Et ça dure … DUR,DUR…
 
 
 
 

                                         


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J’espère toujours m’endormir … mais Morphée, cette nuit-là, a pris des vacances…
Je me retourne : plus de serpent… Tout autour de ma chambre, se dressent, jusqu’au plafond, de très hautes stalles en bois sculpté, et sur chacune des miséricordes (ne me demandez pas ce qu’est une miséricorde, je vous ai déjà expliqué le moine.. La miséricorde, ce sera pour une autre fois, na!..)
Donc, sur chaque miséricorde, “assis-debout”, se trouve un personnage ressemblant vaguement à un moine, vêtu de bure. Ils sont douze ou treize, la capuche relevée. L’un d’eux est en rouge. Celui-là restera constamment silencieux. On aperçoit à peine leur visage : crâne auquel adhèrent quelques lambeaux de chair. (Je ne sais pas si vous avez vu les têtes réduites qui sont exposées au Musée de l’Homme – mais ça a quelque chose à voir avec ça.) A ce niveau d’horreur, toute description devient inutile…

De temps à autre, l’un d’entre eux se lève, vient près de moi, me regarde puis reprend sa place. Suit, entre eux,  une longue discussion à base de chuitements (je ne sais pas comment dire autrement).


 

 
Peinture   -   B.M.C.
 
Cette scène se reproduira plusieurs fois.
 
Après une nuit passée en compagnie de ces monstres, je devais aller à l’école. L’école, c’était le petit collège St Caprais. Et ce jour-là, la maîtresse avait décidé de nous raconter l’histoire de saint Caprais. En voici le résumé :

Il était une fois une jeune fille de douze ans qui s’appelait Foy. L’évèque d’Agen, qui lui s’appelait Caprais, convertit la jeune fille à la chrétienté. Sans doute aurait-il mieux fait d’aller au bistrot comme nous le prouvera la suite… Un certain Dacien, qui ne pensait, lui, qu’à persécuter les chrétiens, fit placer Foy sur un gril, alluma lui-même le feu puis la fit fouetter, avant de la faire décapiter… Ensuite, il fit également décapiter Caprais. C’est ainsi qu’en quelques minutes, Foy devint sainte Foy et Caprais, saint Caprais. Ainsi va le monde …

Toutes ces histoires ne risquaient pas de calmer mon esprit.. Les nuits qui suivirent furent aussi difficiles. Mais tout a une fin :

Un nuit, je me trouve face à mes diables, venus visiblement dans l’intention de me juger. L’un d’entres eux se lève, pointe un doigt (ou du moins ce qu’il en reste) vers moi. Je sais que la sentence va tomber. Il faut agir très vite. Je me dresse sur mon lit, ça y est, j’ai trouvé = je vais pousser le cri-qui-tue. Je fixe mon interlocuteur et hurle ce mot terrible …. CANAILLE!!!!!!! A l’époque, les jurons n’avaient pas cours dans ma famille et encore moins au petit collège … c’était la pire insulte que j’avais trouvée.
Puissance du Verbe, le mot fit son effet… Je ne revis jamais plus mes étranges visiteurs, pas plus que les serpents.

Pendant longtemps, un autre visiteur vint me voir. Lui, c’était le matin. Il était aussi grand que la maison. Je ne voyais que sa tête derrière la fenêtre. Mais c’était un gentil et je l’aimais bien. Je n’ai rien eu à dire, il est parti de lui-même. Sans doute, d’autres enfants avaient-ils eu besoin de son aide…
 

 
 
Peinture B.M.C.   -   Don Genaro
 

 

Ne me demandez pas pourquoi, de temps à autre, quelques monstres apparaissent dans mes tableaux. C’est simplement pour faire le ménage dans mon esprit. Un coup de balai et toc : un petit serpent, et toc : une vague chimère, qui se cachaient dans un coin, et toc, et toc…

Pour ceux que l’alchimie intéresse, je vous rappelle cette gravure que vous connaissez sans doute, où l’on voit Paracelse, le célèbre spagyriste, chassant les incubes et les succubes.


Voici quelques extraits de peintures :

 

 
 
  B.M.C --- Extraits de peintures


Mais ne vous inquiétez pas :
 
Les enfants sont des petits anges – ils ne faut jamais croire ce qu’ils racontent.

Les enfants sont très heureux.

Ils ne pensent qu’à jouer, dormir, dire des bêtises…

Ah! l’enfance : c’était le bon temps….



Rajout de La Muse : “C’est pas tout ça, mais si vous êtes arrivés jusqu’au bout de cet article, vous méritez bien quelques définitions :

   incubes et succubes = les incubes sont des “démons mâles” qui, bien qu’invisibles, viennent se mêler aux femmes et les prennent charnellement. Les succubes sont des “démons femelles” qui se livrent aux hommes. Il semblerait que ceux-ci sont insensibles à l’exorcisme (pas les hommes, hein !) . Un célèbre médecin grec a donc mis au point cette potion : “barbue en poivrette, semence d’agnus castus, corne de cerf, graine de laurier, absinthe, goudron de Judée, marjolaine d’Angleterre, cumin éthiopique, anis, castoreum, garipo ou ongle odorant, gagate, résine de cèdre, poix liquide”. …. Rassure-moi, c’était pas sexuel, ton truc ?????? (PS : j’adore l’ongle odorant !)

-    élémentals = êtres cellulaires, forces inconscientes des éléments, obéissant passivement à toute influence.

-    miséricorde = sorte de console placée sous le siège relevable d’une stalle d’église et   servant, quand ce siège est relevé, à s’appuyer tout en ayant l’air d’être debout … bande d’hypocrites !



 
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