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ENTREZ LIBRES

Publié le par BMC
Publié dans : #B.M.C.



Photo B.M.C.  : Balai


 
A vingt-trois ans, je croyais tout savoir…

J’avais vécu une jeunesse sous l’occupation avec toutes les privations qui vont de pair.

J’avais fait, contre mon gré, une guerre que je trouvais profondément injuste.

J’avais aussi découvert l’Art avec toutes les joies qu’il peut apporter.

Fort de ces expériences, j’avais des idées sur tout. Et des réponses à TOUT.

Aujourd’hui je sais que je ne sais rien et, comme disait un célèbre écrivain, même de cela, je ne suis pas tout-à-fait sûr…

Tout le monde a une idée sur tout. Ce n’est pas difficile : vous allumez votre ordi, vous allez sur Google et toc, vous avez la réponse à toutes les questions possibles.

Pourtant avec l’âge, on devrait être moins con (d’accord, on perd des neurones, mais quand même …). Après tout, “je ne suis pas plus bête qu’un autre” (… quel autre ?)

Tu verras quand tu auras mon âge…

Maintenant que j’ai ton âge, je vois bien : y a rien à voir. Circulez.

Et l’expérience !

Chaque individu vit les évènements de façon différente et n’en tire pas les mêmes conclusions. L’impermanence – ce mot qui n’est pas français et qui va en faire frémir plus d’un – l’impermanence, donc, règne partout. Ce qui est vrai aujourd’hui ne le sera plus demain. Je vous vois venir : le rationnalisme, la raison, la logique, etc… Tout ça n’est jamais que du bruit dans la bouche et un peu de vent en prime. Et ne ramenez pas votre science, parce que, là, je vais me fâcher !

Je sais, si la science n’avait pas existé, tu n’aurais pas ton ordi, ton auto, ta machine à laver, tous ces beaux joujoux qui ne sont jamais que les hochets de l’humanité.

Si la science n’avait pas existé, il n’y aurait pas eu non plus Hiroshima, Nagasaki, Tchernobyl.

Les hommes sont des fous capables de construire des cathédrales ou des camps de concentration.

Sans la science, les diplodocus auraient peut-être pris le pouvoir – peut-être n’existerions-nous pas … Et alors (comme dirait ma Muse) y en a que ça gêne ?

On peut se poser des questions sur tout; on peut les poser aux autres. On peut faire semblant d’y répondre.

Longtemps, je me suis demandé : “combien y a-t-il de fourmis dans le monde ?” Mais qui peut répondre. Le temps (encore lui) de formuler une réponse et elle est déjà erronée. Voilà une vraie question, car il n’y a pas de réponse possible. Je suis comme le Petit Prince : seules les questions sans réponse m’intéressent.

Avec l’expérience – puisque nous en parlions – le doute est toujours présent en moi.

Je n’ai pas envie de répondre aux questions. Je sais bien que cela flatterait mon ego de pouvoir rétorquer :“Alors là, permets-moi de te répondre… Moi qui… etc…”  Ego, ego, ego…

Et les discussions entraînent le plaisir de contredire. Si tu dis blanc, moi je réponds noir. Alors même que le gris n’est encore pas la vérité.

Il me plait à penser que la vérité est ailleurs. Le monde est illusion. Nous sommes dans un rêve permanent.

Je crois, comme l’enseignent certaines traditions plusieurs fois millenaires que le monde de la réalité profonde n’est pas celui que nous connaissons ou croyons connaître.

La méditation est sans doute la porte qui y mène.

Pour méditer, il suffit de faire le vide en soi : l’ego disparaît.

Y a plus qu’à tirer la chasse.



 
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