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ENTREZ LIBRES

Publié le par BMC
Publié dans : #B.M.C.
 Voyage au pays de l’art brut



Frédéric Seron  - 
Editions d
uTemps 1962
Photo Ehrmann
Vous connaissez sans doute le facteur Cheval et son Palais des Merveilles. Mais peut-être n’avez-vous jamais entendu parler de Frédéric Seron (rien à voir avec l’auteur de bandes dessinées).

Frédéric SERON (1878-1959) :

Il était une fois dans un petit hameau de Seine-et-Oise, c’est comme ça qu’on disait, un boulanger du nom de Frédéric Seron. Son pain était, vu l’époque, fait “à l’ancienne”. C’était le pain de vie du village. Et même si, pendant la guerre, il n’avait pas le droit de le vendre frais (durant l’occupation, une loi n’autorisait la vente que du pain … rassis !!!), c’était quand même le meilleur pain à des kilomètres à la ronde.


Editions du Temps 1962
Photo Ehrmann
 
Cet homme était un rêveur. La nuit, il voyait des figure bizarres. Le jour, en pétrissant la pâte, il se demandait comment faire pour concrétiser ses songes.

Penché sur son pétrin, pendant qu’il méditait, lui vint une idée :” si je crée des personnages, ils ne pourront exister que s’ils ont une âme. Un corps sans âme, ça n’existe pas.”
 

 
Editions du Temps 1962
Photo Ehrmann
 
Cette nuit-là, il avait rêvé d’une sculpture (admettons que ce soit la Sirène de la Liberté). A quarante ans passés et après avoir longuement songé à la réalisation de ses œuvres, il se décide enfin. Dans une petite boîte métallique, seul, à l’abri de tout regard indiscret, il va mettre ce qui deviendra l’âme de la statue : tickets d’alimentation, un bouton de culotte, une pièce percée de cinq sous… Dieu seul sait quoi ! Le mystère de l’âme est décidément insondable…



Editions du Temps 1962
Photo Ehrmann

 
Si, par malheur, “l’âme“ ne correspondait pas avec l’idée qu’il se faisait de sa création,  il allait l’enterrer au fond de son jardin, dans les limbes de son monde onirique.

Ensuite, il ne lui restait plus qu’à construire une armature métallique en fil de fer et grillage, dans laquelle il introduisait la fameuse petite boîte. Il habillait le tout de ciment qu’il peignait.
Certaines d’entre elles avaient des bras articulés, de façon à pouvoir en changer l’attitude.

Sans doute cette démarche est-elle beaucoup moins naïve qu’il n’y paraît à première vue. Toute œuvre d’art n’a-t-elle pas une âme ? Posez la question aux spécialistes des ondes de forme, ils vous parleront de l’ext (e?) et du géniteur. Mais tout ça est extrêmement compliqué, aussi je retourne à mes pinceaux…
Et quand le temps sera venu, j’apprendrai à faire du pain.
 


Editions du Temps 1962
Photo Ehrmann

 
PS : Comme vous le savez peut-être, les violons ont, à l’intérieur de la caisse de résonnance, un petit morceau de bois cylindrique, fait généralement d’épicea, reliant la table d’harmonie et le dos de l’instrument. Cette partie  est nommée “l’âme” du violon; elle joue un rôle très important au niveau de la sonorité.

 
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