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ENTREZ LIBRES

Publié le par Complik Clé
Publié dans : #Guest Stars
 
 
     Si les murs étaient vivants, ils seraient mes amis.

  Vous vous dites « ça y est, Complik-clé a pété les   plombs, elle a du trop écouter un certain P.O… »

Eh bien non, je ne suis pas plus folle que d’hab (est-ce seulement possible ???), je suis relativement à jeun (à moins que le Yop à la noix de coco ait des effets secondaires jusque là inconnus), et je me dis que, décidément, les murs pourraient avoir une vie intéressante.
C’est peut-être parce que je suis timide, d’ailleurs je me demande si d’autres timides se posent ce genre de question : « que pensent les murs ? ».
Quand on est timide on parle peu, ça, tout le monde est bien d’accord. Quand on est timide on ne regarde pas toujours les gens en face, jusque là vous suivez.
Mais, lorsqu’à la timidité se superpose une imagination débordante (ou pathologique, c’est au choix), alors le silence crée d’autres mondes.
Ce n’est pas parce que le timide ne parle pas qu’il ne pense pas, il ne faut pas tout mélanger. Non, le timide pense. Il pense souvent trop, il pense parfois mal, mais il pense. Il observe.
Et au bout d’un moment de pensée, de silence et d’observation, il quitte un peu le monde des parleurs pour se perdre. Les yeux un peu dans le vague, ou fixant un point invisible sur un mur, sur une porte ou sur un ciel, le timide n’est plus là. Si vous lui posez une question à ce moment-là, vous serez sûrement surpris par sa réponse, qui sera à tous les coups à côté de la plaque. Il ne faut pas lui en vouloir, ce n’est pas qu’il n’écoutait pas. Il était juste happé par un autre monde (le monde de la porte, du mur, ou du ciel).
Quand je sens monter la timidité, je regarde souvent les murs, les fissures, les aspérités. Quand je ne me sens plus à ma place avec les humains, je cherche un soutien, un salut dérisoire dans un mur (une porte ou un ciel). J’imagine alors la vie de la fissure, la vie du mur. Ce mur qui contemple éternellement les humains, ce spectateur contraint et silencieux qui en sait plus sur le jeu des acteurs que les acteurs eux-mêmes, je le contemple à mon tour et j’essaye de deviner tout ce qu’il a bien pu voir jusqu’à présent. Donc, le temps d’un instant, le temps d’une contemplation, le timide devient mur, devient porte ou devient ciel.
Il ferait certainement mieux de parler, de faire une tentative d’intégration mais, que voulez vous, notre nature prend souvent le dessus… J’espère alors que vous ne regarderez plus les murs (les portes ou les cieux) du même œil, vous entr’apercevrez peut-être les myriades de vies qui ont défilé devant eux…

  Peinture B.M.C.

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