bmc.constans@free.fr

ENTREZ LIBRES

Publié le par BMC
Publié dans : #B.M.C.



Art-maniac,art maniac,bmc,BMC,le peintre bmc,peinture, peintures,art, art moderne,art contemporain, art ancien,impressionnisme, ,photo,photos,dessin,art brut,musée,culture,
 
BMC Peinture ST – 1963 - 75 x 110 cm - Technique mixte sur papier.



De tout temps la peinture a eu une fonction magique.

L’homme préhistorique qui peignait des animaux sur les parois de sa grotte, voulait-il par là  s’approprier  la capture de l’animal, ou simplement raconter ses exploits de chasse ?



En tout cas il ne fait aucun doute que la peinture a eu une origine figurative et narrative. Il est bien difficile pour nous d’imaginer l’homme de Tautavel traçant des triangles, des rectangles de différentes couleurs dans le seul but de décorer son environnement. Encore que tout n’a pas encore été découvert…

Avant même de savoir écrire, l’homme a commencé par dessiner, c’est encore ce que font naturellement  les enfants.
À noter que les enfants font toujours des dessins figuratifs, même si parfois ils ont une apparence abstraite. Si vous ne me croyez pas demandez au jeune prodige, il aura toujours une histoire à vous raconter et bien heureux s’il ne vous prend pas pour un imbécile qui n’a pas  su déchiffrer son œuvre tachiste.
 

Au fur et à mesure de son évolution, la peinture, et l’art en général, vont évoluer vers un certain classicisme, qui touche à la perfection avec la sculpture grecque.
L’évolution de  la peinture se fera beaucoup moins vite. Cela s’explique facilement, en effet le sculpteur va copier la réalité telle qu’elle est, le peintre devra tricher pour représenter sur un panneau qui a deux dimensions un monde qui en a trois (et même sans doute plus…). Le sculpteur ne se soucie ni de la perspective, ni de la couleur, ni de toutes les astuces et tromperies du peintre. Le domaine de la peinture est beaucoup plus étendu, il peut représenter un paysage, un coucher de soleil, chose que ne peut pas faire le sculpteur.


Au moyen âge, peintres, maîtres verriers, sculpteurs, tous les artistes qui étaient affectés aux constructions des cathédrales se devaient dans leurs créations de raconter une histoire religieuse, généralement issue de la bible, même si parfois derrière il y avait un symbolisme caché, souvent alchimique, mais là, c’est une autre histoire… À cette époque, le peuple n’accédait  pas directement à la création artistique, bien entendu, il n’y avait pas de musée, les palais étaient réservés à de rares privilégiés. Le seul endroit susceptible de leur permettre de découvrir l’art était la cathédrale. Les vitraux étaient les bandes dessinées de l’époque.

Je me suis toujours posé la question de savoir pourquoi on parle toujours d’art sacré, alors même que la nature de l’art  est bien le sacré, sacré ne veut pas dire religieux, je crois qu’il y a là une certaine confusion. Dans l’art profane, il y a indéniablement une notion de sacré, donc il n’y a pas d’art profane. Mais là aussie
le profane et le sacré, c’est un autre débat.

Avec la renaissance, les sujets religieux seront toujours très présents, mais il va y avoir un “glissement” vers le profane avec des thèmes mythologiques.


Si l’origine de l’art fut en occident religieuse ou superstitieuse, il en est de même dans presque toutes les cultures. Que ce soit l’Égypte, l’Orient, ou les civilisations précolombiennes. 
 
art maniac, art-maniac, bmc, art maniac bmc, artmaniac-bmc.com, art, le blog de bmc, art contemporain, art moderne, galerie d’art, art informel, gallery, peinture bmc, albums peintures bmc, peintre contemporain, tauromachie, corrida, torero, les restes du monde, la guerre, les hommaginaires, imaginaire, prisonnier, crucifiction, cruci-fiction, le déjeuner sur l’herbe, le déjeuner sous l’herbe, d’après manet, d’après picasso, james ensor,
 

En peinture, le classicisme apparaîtra beaucoup plus tard, en particulier à l’époque napoléonienne avec Louis David, le baron Gros, tous ces peintres qui vont se mettre au service de l’Empereur. Suivra Ingres qui ne s’est malheureusement pas noyé dans son bain turc. Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais personnellement je n’aime pas du tout le classicisme en peinture, je trouve cela profondément ennuyeux.

Jusqu’à l’avènement de la photographie, la peinture se devait d’être une représentation, plus ou moins fidèle de la réalité. Il ne serait venu à l’idée de personne de contester ce fait.
Les Salons des années 1880 en sont des exemples frappants. C’est un ramassis de mièvreries biens léchées, avec les Bouguereau, les Cabanel ou autre Troyon, je ne vais pas tous vous les citer, d’ailleurs tout le monde les a oubliés.


Avec Cézanne, Monet, Van Gogh, va naître une révolution dont ils seront les trois piliers. Tout va être brutalement remis en question. Le tableau n’est plus sensé être une représentation de la réalité, ni même une simple interprétation, à partir de maintenant le peintre va donner libre cours à ses états d’âme sans contraintes ni retenue, la notion d’intellectualisme n’est plus absente de la peinture.

Sur ces nouvelles bases, tenant compte de la leçon de Cézanne, Picasso, Braque, Gris et la suite, vont donner naissance à   l’Art Moderne. 

Il faudra attendre 1910 pour que Wassily Kandinsky crée la première peinture abstraite. Les esthètes (de l’art) n’avaient pas encore fait de différence entre  abstrait et non-figuratif.

La toute première peinture abstraite était une petite aquarelle de Kandinsky, petite par la taille, et grande par ce qu’elle allait engendrer.

Ce n’est pas pour rien que Kandinsky va écrire un livre intitulé “Du spirituel dans l’art”. À compter de maintenant les peintres, et bien sûr les sculpteurs ne vont plus être obligés de partir  de bases existantes. L’élément de départ de l’œuvre peut être n’importe quelle idée, aussi abstraite soit-elle. Après tout jusqu’à ce jour, personne ne s’était jamais offusqué du fait que la musique soit un art abstrait. C’est vrai qu’en dehors de quelques morceaux descriptifs, dans son ensemble l’art musical est complètement abstrait, aucun musicien n’a jamais cherché à reproduire fidèlement le bruit de la rue ou autres bruits de basse-cour (même “Les animaux modèles”). Pourquoi le peintre n’agirait-il pas de même ?  Le langage utilisé par l’artiste non-figuratif est très proche de celui du musicien, il va parler de rythmes, de vibrations, d’harmonie des couleurs etc.
Une expérience fut faite par Alexandre Scriabine pour associer les couleurs à la musique. Expérience qui malheureusement n’a pas eu de suite.
 

Concernant l’abstraction, trois noms sont à retenir, Kandinsky, Mondrian et Malevitch. Ils seront tous les trois à différents titres les fondateurs de cette école.
 

Cette évolution de la peinture était nécessaire parce que si elle était restée  représentative il y aurait eu une sérieuse concurrence avec la photo.
 
Prière de faire ici la différence entre représentatif et figuratif. Une œuvre représentative essaie de copier la réalité le plus fidèlement possible, une œuvre figurative s’inspire de la réalité pour en faire, avec plus ou moins de liberté, une interprétation.

Beaucoup d’artistes vont maintenant se poser la grave question “Dois-je rester figuratif ou me tourner vers l’abstraction ?”. D’autres vont louvoyer entre les deux tendances, c’est pour notre plus grand bonheur le cas de Klee, plus tard celui de Nicolas de Staël et aussi Tàpies et sa “peinture zen”.
 
Cette bataille  des abstraits et des figuratifs va culminer vers les années cinquante. Certains critiques vont prétendre que la grande peinture n’est plus figurative (Malraux), d’autres que la peinture figurative va pouvoir enfin renaître de ses cendres. Bref, c’est la guerre.

En 1948 le prix de la critique est décerné conjointement à  deux peintres figuratifs, Bernard Lorjou et Bernard Buffet (c’est l’époque où Bernard Buffet peint encore bien, et même très bien). C’est le scandale, si beaucoup se félicitent, les défenseurs de l’art qu’à partir de maintenant on va appeler “non-figuratifs”, se révoltent : “Inadmissible !” Les revues d’art campent chacune sur leurs positions. Enfin il y a de l’ambiance…

Quelques peintres vont militer en faveur de la peinture figurative, Rebeyrolle, ce qui d’ailleurs ne l’empêchera pas d’être ami avec Riopelle et faire certains tableaux à la limite de l’abstraction. Mais le plus virulent d’entre tous est le dénommé Bernard Lorjou (c’est pourtant un très bon peintre). Il va véritablement mener une croisade contre la peinture abstraite. L’homme au chapeau publie des manifestes anti-abstrait ; à l’entrée de ses expositions (il n’y a jamais de vernissages) sont mis à la disposition des visiteurs des lithographies à très grands tirages au dos desquelles on a imprimé toutes sortes de manifestes anti-abstrait.

Les critiques se doivent de prendre officiellement position, pour ou contre.

C’est vers les années cinquante que vont émerger quelques-uns de ceux que plus tard on va appeler “les grands abstraits”, Poliakoff, Hartung, Bram van Velde et les autres…

Aujourd’hui les esprits se sont calmés, le surréalisme n’existe plus, le dadaïsme non plus, le cubisme et bien d’autres “ismes” ont définitivement disparu. Bien des artistes qui furent à l’origine de l’abstraction sont aujourd’hui presque totalement méconnus, je pense en particulier à Frantïsek Kupka. La peinture non-figurative survit, il faut bien le dire difficilement. Les grands peintres d’aujourd’hui sont pratiquement tous figuratifs. Je me demande même pourquoi j’ai mis “pratiquement tous” parce que si je cherche des noms y en a plus besef. Je sais ce que vous allez me dire : “Et Soulages, et Zao Wou-Ki”. Bon Soulages, d’accord c’est un bon peintre, rien à dire. Mais Zao Wou-Ki, dans le genre joli il est très doué (c’est du joli !), c’est un excellent décorateur mais certainement pas un grand peintre, de même pour Mathieu. Et c’est bien là le piège de la peinture non-figurative, Soulages a su l’éviter de justesse dans les années soixante. Il consiste à faire de son tableau un panneau décoratif. Pour décorer un hall de gare la peinture de Mathieu convient parfaitement, celle de Vasarely est limite.


Je ne suis probablement pas le seul à penser que les deux peintres qui ont dominé la fin du XX eme. siècle sont Picasso et Bacon. Autrement dit deux peintres figuratifs qui l’un et l’autre n’avaient pas beaucoup d’estime pour l’abstraction.

N’en déduisez pas pour autant que je renie la peinture non-figurative, je considère personnellement Serge Poliakoff comme le plus grand des “abstraits”, mais je n’oublie pas pour autant, Hans Hartung, Bram van Velde, Gérard Schneider, et bien d’autres. Je pense aussi à ce peintre espagnol bien trop méconnu Manolo Millares.


Il y a aussi les peintres qui ont une démarche tout à fait à part, dans le domaine de l’abstraction. J’ai nommé Yves Klein, Raymond Hains, Mark Rothko etc. 

Comme vous l’aurez compris, je ne prévois pas un grand avenir à la peinture abstraite, cela dit je pense qu’elle a eu sa raison d’exister. Mais personne ne m’empêchera jamais de penser qu’à la peinture non-figurative il manque une dimension, et que le peintre figuratif a beaucoup plus de moyens de s’exprimer dont il aurait bien tort de se passer.

En tout cas elle aura permis à un grand nombre de peintres qui ne savaient pas dessiner, ou ne voulaient pas apprendre à le faire, de pouvoir s’exprimer. C’est peut-être ce subterfuge qui lui permettra d’exister encore quelque temps.


Et puis il y aura toujours quelqu’un pour dire : “C’est joli, mais ça représente quoi au juste ?”

Messieurs les assassins ne tirez pas tout de suite… j’attends la livraison de mon gilet pare-balles.




 
☂☂☂☂☂☂☂☂☂

 

tRADUCTION DANS TOUTES LES LANGUES

Hébergé par Overblog