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ENTREZ LIBRES

Publié le par BMC
Publié dans : #B.M.C.

 

Germaine Richier
 
Germaine Richier est un sculpteur français. Je crois savoir que sculptrice n’est pas français, désolé, pourtant un grand nombre de femmes ont pratiqué la sculpture : Camille ClaudelAlicia PenalbaNiki de Saint Phalle, Louise Bourgeois, et j’en oublie…
 
Pour moi la sculpture est un art qui convient particulièrement aux femmes. (Que l’on ne m’accuse pas ici de machisme). L’homme plus rêveur sera capable de créer en deux dimensions un monde qui en a trois. Pour cela il devra tricher, et ne s’en privera pas. La femme sans doute plus réaliste, plus proche de la matière, va créer en modelant de la terre, de ses mains, ainsi  va naître, pourrait-on dire un homuncule. Chez Germaine Richier on pourrait parler de Golem.
 
Germaine Richier est née le 16 septembre 1902 à Grans, village provençal des Bouches-du-Rhône.
 
Ses débuts ont lieu à l’École des Beaux-Arts de Montpellier. En 1908, elle monte à Paris. Curieusement Germaine Richier n’a jamais été amie avec Alberto Giacometti. Pourtant tous deux ont travaillé ensemble dans l’atelier d’Antoine Bourdelle dont elle fait partie dès 1926, et leurs sculptures ont, me semble-il, des résonances communes sans pour autant qu’il y ait eu copie de l’un sur l’autre, mais certainement une recherche dans la même direction. Personnellement je n’ai pas une très grande admiration pour Bourdelle, son académisme me gêne un peu ; nous aurons peut-être l’occasion d’en reparler.  Mais je dois reconnaître qu’il fut un très bon professeur.
 
Au début le  travail de Germaine Richier est très classique. Jusqu’en 1945 elle va pratiquer une sculpture figurative, pour ne pas dire classique. À compter de ce moment sa sculpture va se déformer, devenir expressionniste. Germaine Richier exprime la difficulté d’être, l’homme prisonnier au sein de la matière. Rien d’étonnant que très tôt je me sois passionné pour son œuvre.
 
Assez rapidement ses êtres “humains” vont petit à petit se transformer en animaux, mais rien de monstrueux, ses bestioles sont plutôt sympathiques, il y a chez elles un côté humain, elles prêtent plus à sourire qu’à avoir peur, elles font penser aux shadoks.
 
Ce côté hybride entre l’homme et l’animal n’est pas gênant, elle humanise plus l’animal qu’elle ne rapproche l’homme de la bête. Pourtant d’une manière sous-jacente apparaît une certaine angoisse qui ne laissera personne insensible. Oserais-je dire que chez elle parfois l’humour tutoie la souffrance.
 
Vous avez certainement entendu parler de l’église d’Assy, peut-être même l’avez-vous visitée, si c’est le cas, vous avez vu le Christ de Germaine Richier. Mais ce que vous ne savez sans doute pas c’est que ce Christ fut soustrait à la vue des fidèles en 1951 à la demande de l’évêque d’Annecy, Monseigneur Cesbron. Sans doute un Dieu souffrant, si fin qu’il semble se dissoudre au sein de la matière ne correspondait pas à l’image d’un être supérieur et tout puissant. Germaine Richier a sans doute représenté Jésus assimilé à l’homme de souffrance et non à un personnage omniscient, ce qui, bien entendu, n’a pas plu au clergé. Heureusement le crucifix en question a retrouvé sa place.ilement acceptable par l’église. Un jour, je vous parlerai du père Couturier qui a fait beaucoup pour faire tomber les préjugés dans ce domaine, c’est lui qui,nt la sculpture de Germaine Richier, il faut bien remarquer qu’elle ne s’exprime avec toute sa puissance que dans les dernières années de sa vie, alors même qu’elle souffrait d’un cancer et se savait condamnée.
Germaine Richier exposera au Salon de Mai.  

En 1956, le Musée National d’Art moderne organisera une rétrospective de son œuvre.

Germaine Richier a quitté ce monde le 31 juillet 1959.
 
Par la suite, en 1996 la fondation Maeght lui consacrera une grande exposition.
 
Je regrette qu’elle soit si peu connue de mes contemporains, heureusement le temps remettra certainement Germaine Richier à sa vraie place, c’est-à-dire une des premières parmi les sculpteurs du XX° siècle.
   
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