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ENTREZ LIBRES

Publié le par BMC
Publié dans : #B.M.C.

 

 
Alberto Giacometti
Alberto Giacometti
Les Hommaginaires - Alberto - Par BMC 1973
50 x 65 cm.
 
Il y a en ce moment une très importante exposition consacrée à Alberto Giacometti au centre Georges Pompidou, cela m’a donné envie de vous  parler de cet artiste. Pour moi Alberto Giacometti et Germaine Richier sont certainement les deux plus importants sculpteurs de cette fin de siècle. Sans doute Germaine Richier est-elle moins connue du grand public, ce qui, bien entendu, n’enlève rien à sa valeur. J’aurai l’occasion de vous en parler prochainement.

Comme je pense que la vie d’un artiste peut difficilement être séparée de son œuvre, permettez-moi de la parcourir sommairement avec vous.

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Le père d’Alberto Giovanni Giacometti était lui-même artiste peintre, comme on le disait à cette époque. Il pratiquait le postimpressionnisme avec plus ou moins de bonheur ce qui lui permettait de jouir d’une certaine renommée, du moins en Suisse et en Allemagne.
 
La famille réside en Suisse dans le canton des Grisons.
Alberto naît le 10 octobre 1901. Son frère Diego le 15 novembre 1902. Il sera lui aussi sculpteur (et décorateur) et il accompagnera son frère tout au long de  sa vie, ce sera un des modèles préférés d’Alberto, il l’aidera dans ses travaux d’atelier.
 
 
En 1904 naîtra un troisième enfant Ottilia. Et en 1907 le dernier des quatre Bruno, qui  deviendra architecte (il aura 100 ans cette année).


Dans une maison où le père s’adonne régulièrement à la peinture, il est bien normal que les enfants deviennent tous artistes. À en voir ce qui reste les débuts d’Alberto en peinture n’était pas franchement convaincants. Tant pis il se vengera plus tard !

C’est vers 1914 que datent ses premiers essais en tant que sculpteur.
De 1915 à 1919 Alberto sera pensionnaire dans un collège protestant, c’est un bon élève passionné de sciences naturelles.  En 1919 il va s’inscrire à l’école des Beaux Arts de Genève.
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1920. C’est une année très importante pour Alberto. Un premier voyage à Venise, il visite la biennale avec son père ; suit un déplacement à Padoue. Les fresques de Giotto, là c’est le choc avec la découverte des primitifs italiens. Il retournera en Italie la même année  pour continuer ses visites. L’art égyptien le passionne également.
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1921. Alberto s’installe à Rome chez un vague parent de son père. Il continue de visiter l’Italie, Florence, Naples, Pompéi.  ..
 
C’est à Rome qu’il rencontre un certain Piéter Van Meurs, bibliothécaire de son état. Ce dernier est maintenant âgé de 61 ans, ils deviennent très amis. Au cours d’un voyage qu’ils font ensemble Van Meurs décède d’une crise cardiaque. Cet événement va marquer Alberto à vie. À partir de ce moment, il ne va presque plus dormir la nuit, ou alors, il sera obligé de laisser la lumière allumée jusqu’au matin. C’est sans doute pour ça qu’il deviendra le noctambule que l’on sait.
 
1922. Giacometti arrive “enfin” à Paris. Paris, 1922, c’est l’époque des “montparnos”. Il travaillera avec plus ou moins de régularité dans l’atelier de Bourdelle.

1925. Le fidèle Diego vient rejoindre son frère.

La première  sculpture importante datera de 1926, il s’agit de “La Femme Cuillère”.
 
C’est en 1927 qu’Alberto s’installe dans un atelier de 36 mètres carrés, atelier qu’il ne quittera plus jusqu’à la fin de sa vie. Ni l’argent, ni la renommée, ni l’inconfort ne lui feront changer d’un iota ses habitudes de vie. Pierre Alechinsky racontera plus tard que lorsqu’on a installé l’eau courante dans son atelier ce fut un événement.
 
1929, Jeanne Bucher expose deux de ses œuvres. C’est un succès immédiat, il commence maintenant à vendre. Rencontres avec André Masson et toute “sa clique”, Michel Leiris (encore lui), Georges Bataille. Cette même année va être bénéfique pour lui, il obtient un contrat avec Pierre Loeb (Galerie Pierre pour ceux qui ne le sauraient pas).
 
1930. Alberto et Diego réalisent ensemble des objets décoratifs (on peut voir du mobilier créé par Diego au Musée Picasso à Paris).
 
C’est en 1930 que Giacometti adhère au mouvement surréaliste, il faut bien le dire sans beaucoup de conviction. Il publiera quelques textes dans la revue d’André Breton. Très vite il quittera le groupe surréaliste dont il ne partage pas les idées. À la fin de sa vie, il jugera lui-même cette période comme “catastrophique” (‘c’est lui qui le dit, est-il besoin de dire que je suis tout à fait d’accord avec lui, n’en déplaisent à certains snobs ou intellos de tous poils). Par la suite, il détruira un grand nombre d’œuvres de cette période.
 
1932, Première expo personnelle à la Galerie Pierre Colle dont il dépend maintenant.
 
1933. Décès de son père. Alberto est profondément marqué, il passera cette année en Suisse et ne travaillera pratiquement pas.

1934. C’est le début des sculptures figuratives qui le feront connaître dans le monde entier.

1937. Décès de sa sœur Ottila.

1938. “L’accident“, Alberto est renversé par une voiture, il va pendant quelque temps marcher avec une canne, il en gardera à vie une très légère claudication.
Je ne sais pas si vous avez lu “Les mots” de Jean-Paul Sartre (sinon, faites-le, ça vaut le coup), dans son livre le célèbre philosophe raconte l’accident de Giacometti ce qui lui vaudra de perdre à vie l’amitié du peintre, ce dernier n’a pas supporté (souvenez-vous Cézanne et Zola, l’Œuvre).

1939. Expo à New York chez Peggy Guggenheim.
1940-42. L’exode. Alberto et Diego tentent de fuir la capitale à bicyclette ; après bien des péripéties, ils sont de retour à Paris. C’est l’époque de l’amitié avec Sartre et Simone De Beauvoir.

De 1942 à 1945 Alberto s’installe à Genève, Diego qui na pas pu avoir de visa reste à Paris où il garde l’atelier.

Jusqu'à 1943 Alberto a eu quelques aventures, quelques “belles passantes”, mais rien de franchement sérieux. En 1943 il va rencontrer sa Muse, Annette Arm, elle à 20 ans, lui 42. Ce sera sa compagne à vie.
1945. C’est avec Annette qu’il va retourner à Paris où il retrouve Diego et son cher atelier.
 
1947. Première sculpture de l’Homme qui marche. Permettez-moi d’ouvrir ici une parenthèse pour parler de cette étrange sculpture. J’ai bien dit étrange car, en effet je n’ai jamais vu un homme qui marche avec les deux jambes raides. Et pourtant si les jambes étaient pliées cette sculpture perdrait tout son sens. Tout le dynamisme vient de cette incohérence.
 
1949. Mariage avec Annette. Maintenant Giacometti peint de plus en plus, c’est la série des portraits que l’on connaît, Il est aussi grand peintre que sculpteur.
Suivront les gravures, les dessins.


Giacometti est enfin reconnu mondialement comme un des plus grands artistes de son temps.
De 1951 à 1964 Giacometti sera représenté par la Galerie Maeght. Ses œuvres sont très nombreuses à la fondation, cela mérite un large détour (pour les voir).
 
Rien ne changera pour autant dans sa vie
Sans doute aura-t-il quelques amis en plus, Samuel Beckett, Jacques Dupin, Jean Genet qui lui consacrera un livre.
 
Giacometti fréquente les restaurants, les cafés de Montparnasse, il attend le petit jour pour se coucher. Le matin, au point du jour, il pourra un peu dormir avant de se remettre à l’œuvre. À la fin de sa vie Giacometti travaille beaucoup, il n’a jamais tant produit…

 Alberto Giacometti quitte ce monde à 64 ans, le 11 janvier 1966  à 10 heures du soir. Mais pour lui la claire lumière était restée  allumée.
 

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« L'Atelier d'Alberto Giacometti, collection de la Fondation Alberto et Annette Giacometti »,
du 17 octobre au 11 février,
niveau 6, galerie 1 du Centre Georges-Pompidou.
Tél. : 01 44 78 12 33.
http://www.centrepompidou.fr 
 
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