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ENTREZ LIBRES

Publié le par BMC
Publié dans : #B.M.C.





Peintures à regarder par le trou de la serrure.



«Je n'ai jamais travaillé en vue d'obtenir un grand prix à une quelconque Biennale de Venise, mais bien plutôt pour mériter dix ans de prison.»

                                             Clovis Trouille



Généralement la vie des peintres fourmille d’anecdotes de toutes sortes, pourtant celle de Clovis Trouille est une vie tranquille, sans histoire. Comme Magritte, il ressemble plus à un petit-bourgeois à la retraite qu’à l’idée que l’on se fait généralement de l’artiste peintre.

Fils d’horticulteur, il naît dans un chou en 1889 à La Fère, dans l’Aisne.


Dans sa jeunesse Camille (il ne s’appellera Clovis que bien plus tard) gagne sa vie en dessinant des illustrations pour les journaux d’Amiens. Il fréquente quelque temps l’école des Beaux-Arts, puis très vite il va trouver un emploi de peintre maquilleur. Ce travail consiste à peindre des mannequins destinés aux grands magasins. Il restera quarante ans dans cette entreprise, ce qui lui permettra de vivre sans trop de souci d’argent.
 
Premier tableau exposé en 1930, au Salon des artistes et écrivains révolutionnaires. La peinture exposée passe totalement inaperçue, sauf pour Salvador Dali. On peut comprendre que ce côté kitch ait pu séduire l’illustre moustachu, ce dernier le présente à André Breton.

Les surréalistes tentent de récupérer Clovis, mais il n’est pas du genre à se laisser embrigader dans un quelconque mouvement, fut-il révolutionnaire, comme l’était le surréalisme à l’époque. En véritable anarchiste, il agira toujours seul.

Clovis Trouille ne cherche pas à se faire connaître, il peint durant ses heures de loisirs, n’expose pratiquement pas (il n’a peint que 120 tableaux durant toute sa vie). Sa technique tient plus de l’imagerie que de la peinture proprement dite. Le côté anecdotique, érotique, anticlérical, antimilitariste reprend toujours le dessus, ce qui explique qu’en dehors des surréalistes peu d’artistes ou d’amateurs se soit intéressés à son œuvre, sa recherche n’étant pas vraiment picturale.

Si nous aimons la peinture de Clovis Trouille c’est plus pour l’histoire qu’elle raconte que pour ses qualités plastiques, qui,  il faut bien le dire sont du domaine du plus mauvais goût.

La première fois que j'ai vu une peinture de Trouille,Salon de mai c’était au dans les années soixante, j’avoue sur le moment m’être demandé ce qu’il fallait en penser…Il est vrai que passer de Picasso, Miro, Tapiès, Bacon à Trouille était « difficile ».


La seule expo personnelle (à ma connaissance) de Clovis Trouille eut lieu en 1963, elle était interdite aux moins de 18 ans et au plus de 70 ans

Vers la fin de sa vie l’auteur de comédies musicales  Kenneth Tynan lui offrit des royalties afin de pouvoir utiliser le titre de l’un de ses tableaux  "Oh ! Calcutta ", On connaît le succès qu’a eu cette comédie. Bien peu sont ceux qui connaissent l’origine du titre ainsi que son auteur.

Clovis Trouille est décédé à Paris en 1975 à l’âge de 86 ans. Il n’a malheureusement pas eu  les funérailles qu’il aurait  souhaitées.

 

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Expo Clovis Trouille du 28 novembre 2009 au 7 mars 2010

Le musée d’art et d’histoire Louis Senlecq de L’Isle-Adam (Val-d’Oise) organise
du 28 novembre 2009 au 7 mars 2010 une exposition consacrée au
peintre Clovis Trouille (1889-1975), baptisé par André Breton
« Le grand maître du tout est permis » et à ses amis artistes parmi lesquels
Alfred Courmes et Pierre Molinier.

Exposition "Voyous, voyants, voyeurs" autour de Clovis Trouille (1889-1975)

28 novembre 2009-7 mars 2010


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