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ENTREZ LIBRES

Publié le par BMC
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De la série “Les Hommaginaires” Francis Bacon par BMC
 
Je crois que l’on peut dire que l’expo du Grand Palais de 1971 va agir comme un révélateur. Bacon, qui a commencé à peindre très tard, va enfin être reconnu du grand public. À 62 ans et après 25 ans de peinture, on daigne enfin reconnaître sa valeur. Jusqu’à présent seuls les spécialistes s’intéressaient à son travail.
 
Au Grand Palais, il y avait au même moment au rez-de-chaussée une très importante exposition Fernand Léger (non ! je ne ferai pas de comparaison…). Les organisateurs s’attendaient à un nombre très important de visiteurs pour l’expo Léger et ne fondaient pas beaucoup d’espoir sur celle de Bacon. Ce fut le contraire qui se produisit ; l’exposition Léger attira relativement peu de monde et  Bacon dépassa toutes les espérances.

Je peux vous dire pour l’avoir vécu que voir une exposition Fernand léger en sortant de celle de Bacon c’est une véritable épreuve. Cela dit je ne dirai pas de mal de Fernand Léger qui a eu toute son importance dans l’évolution de l’art moderne, en particulier grâce à ses premières peintures cubistes. Mais il y a des comparaisons qui sont difficiles à faire et des peintures qui vieillissent mal…
 
 
 L’exposition Bacon a eu un tel succès qu’elle est présentée à la Kunsthalle de Düsseldorf.


La même année, un autre de ses amis, le photographe John Deakin, qui avait accompagné Bacon à Paris pour l’expo du Grand Palais,  meurt à son tour.

Bacon achète une maison dans l’Essex. 
Francis Bacon rencontre  un autre photographe : John Edwards, qui va devenir son compagnon. Selon son habitude Bacon entraîne son ami   de grands restaurants en casino ; les soirées sont très arrosées, Francis adore le scherry ;  alcool, drogue, jeux. Passons sur les détails…

Comme le succès de l’expo de Paris a été foudroyant, et qu’on en a parlé dans le monde entier, le Metropolitan Museum de New York propose à Bacon une exposition ; elle ouvre en mars 1975, c’est la première fois qu’un peintre anglais expose dans ce musée. L’Amérique va enfin découvrir Bacon.
 
Francis Bacon, qui adore la France, vient d’acheter près de la place des Vosges un «pied-à-terre/atelier» (pour les nostalgiques, voici l’adresse exacte : 14, rue de Birague).

C’est à cette époque que Bacon peindra plusieurs portraits de Michel Leiris.
 
 
En 1976, a lieu une très belle exposition au musée Cantini à Marseille.

En 1977, superbe expo à la Galerie Claude Bernard, expo dont je vous ai parlé dans mon dernier article. Je vous ai dit  l’effet extraordinaire qu’elle m’avait fait. Voici ce qu’en dira plus tard Bacon : «Cette exposition est la meilleure qui ait jamais été faite de mes peintures dans une galerie où les espaces sont petits, et les peintures semblent plus intenses ».

L’exposition attire un public si dense que le jour du vernissage  la police se voit obligée de fermer la rue des Beaux Arts. Les réactions sont très diverses. Nous sommes en 1977, le grand public a encore une certaine réticence vis-à-vis de la peinture contemporaine. De l’émotion que l’on peut ressentir face à ces œuvres, jusqu’au rejet de ceux pour qui cela provoque des crises de fou rire, toutes les réactions sont là. Les critiques s’en donnent à cœur joie. Bacon scandalise, alors même que contrairement à ce que l’on pourrait imaginer,, ce n’est pas du tout dans ses intentions.
 
Je viens de relire la préface du catalogue de l’expo écrite par l’incontournable Michel Leiris et dans laquelle il cite plusieurs fois les propos de Bacon.

 Bacon se méfiait de la peinture non-figurative (abstraite) voici ce qu’il en dit : «Voyez-vous je pense que l’art rend compte, je pense que c’est un reportage.(Cela me rappelle Picasso devant un de ses tableaux disant : « C’est quand même pas mal un tableau qui raconte une histoire »). Et je pense que dans l’art abstrait, puisqu’il n’y a pas de reportage, il n’y a rien d’autre que l’esthétique du peintre et ses quelques sensations. Il n’y a là jamais aucune tension ». Le mot est lâché : tension, c’est bien ce dont il s’agit à propos de Bacon.
 
Je vous ai donné quelques détails sur la technique utilisée par Bacon, en dehors du fait qu’il peint au dos de la toile, il va utiliser ce que les peintres appellent « des accidents ». Ces accidents sont provoqués par frottages, par décalques (traces de journaux etc…), par grattages à l’aide d’un peigne, et bien d’autres techniques encore… C’est aussi dans le but de créer ces accidents qu’il utilisera de gros pinceaux. Les ajouts de pastels contribueront également à créer cet effet. Et pour que le contraste soit parfait, les fonds seront le plus souvent unis et la plupart du temps dans une couleur agressive, jaune, orange rouge …Dans la vie Bacon passe la plupart de ses soirées à jouer à la roulette. En fin de compte, c’est aussi les mêmes méthodes  qu’il utilise pour peindre, laissant au hasard toute sa place. Mais là, il gagne à tous les coups…
 
Les expositions «Bacon» s’enchaînent, Mexico, Caracas, Madrid ; en 1980, c’est à la Marlborough Gallery de New York, etc…
 
En 1981, voici ce que Bacon va écrire à propos de Michel Leiris : « Mieux que personne Michel Leiris nous a montré que la grandeur humaine est intimement liée à la futilité. Pour moi son œuvre est non seulement un document qui contribue à enrichir notre connaissance de l’homme, mais aussi un témoignage personnel qui me touche profondément. Le désespoir côtoie ces moments d’éclaircie dont la chaîne  compliquée se déroule tout le long de cette tragique et merveilleuse corde raide tendue de la naissance à la mort ».
 
1984, à l’occasion d’une très belle expo organisée chez Maeght-Lelong, j’ai l’immense plaisir de faire découvrir à « notre chère Muse » Francis Bacon dont elle n’avait encore jamais vu d’œuvres « sur pied ». L’exposition comporte seize tableaux parmi les plus célèbres.

Toujours en 1984, Louise et Michel Leiris font don au centre Georges Pompidou d’un autoportrait de Francis Bacon, deux portraits de Michel Leiris et un portrait  d’Isabel Rawsthorne.


1985, rétrospective Bacon à la Tate Gallery (25 peintures ). De nombreux critiques continuent à rejeter l’œuvre du peintre.
 
A partir de maintenant les expositions s’enchaînent, je ne vais pas toutes vous les citer…

En 87, Bacon peint un très beau triptyque inspiré d’un poème de Garcia Lorca sur la mort d’un torero. Il détruira  les deux panneaux de gauche pour ne garder que la partie de droite.


1988, expo à Moscou.
 
1989, Bacon à maintenant 80 ans, le monde entier lui rend hommage.

1992, décès d’Isabel Rawsthorne.


Bacon séjourne à Madrid, en avril il est hospitalisé pour une pneumonie aggravée d’une crise d’asthme aiguëe. Il décède le 28 avril à l’age de 82 ans.

Au même moment, quelque part en France, un de ses plus fidèles admirateurs, qui n’est pas au courant  de sa maladie et moins encore  de son décès, peint le premier « Hommaginaire à Francis Bacon ». 
 
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