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ENTREZ LIBRES

Publié le par BMC
Publié dans : #B.M.C.



 
 

     "J'espère que ma peinture tiendra  sans  craquelures,
        je voudrais arriver devant les jeunes peintres de l'an
       2000 avec des ailes de papillon."

                                                      (Pierre Bonnard)

   
Pierre Bonnard est né le 3 octobre 1867 à Fontenay-aux-Roses près de Paris. Issu d’une famille bourgeoise. Il a un frère, Charles, et une sœur, Andrée, qui plus tard épousera le compositeur Claude Terrasse.
Le jeune Pierre est un très bon élève ;  il montre des dispositions pour le grec, le latin et la philosophie. Ses études commencées au lycée de Vanves, il les terminera à Paris  à Louis le Grand. Il est reçu bachelier es lettres en 1885.

La suite logique c’était, bien entendu l’école des Beaux-Arts c’est là que Bonnard va rencontrer Edouard Vuillard avec qui il deviendra très ami, leurs peintures étant souvent très proches.
Pierre Bonnard découvre la peinture japonaise, la technique des kakemonos, la peinture par à-plat. Cette passion lui vaudra plus tard  le surnom de «Bonnard le japonard ».


En 1888, Pierre Bonnard, qui a continué ses études de droit, obtient sa licence.
Il va adhérer au groupe des Nabis. En hébreux, « nabis » signifie prophète. Feront partie de ce groupe : Paul Sérusier, Maurice Denis, K.X. Roussel, Félix Vallotton, bien entendu Edouard Vuillard et, ce qui se sait beaucoup moins, le sculpteur  Aristide Maillol. C’est avec les nabis que Bonnard va découvrir l’estampe, et aussi l’affiche, technique qui sera largement pratiquée par les artistes du groupe qui illustreront aussi de nombreux ouvrages.

Une commande d’affiche pour « France Champagne » va être à l’origine de sa carrière artistique. Il abandonne définitivement sa carrière juridique  pour se consacrer définitivement à la peinture.
Petit à petit Bonnard va trouver son style, il peint de plus en plus d’intérieurs, de nus féminins et de paysages.Ce sont là les trois sujets qu’il va étudier et perfectionner durant toute sa vie.
En 1890, Bonnard partage un atelier avec Edouard Vuillard et Maurice Denis, 28 rue Pigalle. En 1893, Pierre Bonnard rencontre une jeune   femme âgée de 24 ans qui prétend s’appeler Marthe de Méligny. Il s’agit en fait  de Maria Boursin. Pour Bonnard, elle sera toujours Marthe, son modèle et son unique amour. C’est elle dont Bonnard fera si souvent une représentation dans son cabinet de toilette, chose qui à cet époque-là était très choquante.

En 1891, il expose pour la première fois au Salon des Indépendants. Ce sera aussi l’année de ses premières lithographies.
En 1906, il fait une expo personnelle à la galerie Bernheim-Jeune qui le prend sous contrat.
En 1909 il va effectuer un séjour à Saint Tropez où il découvre la lumière du midi.
Pierre Bonnard fait partie du groupe de peintres qui en 1916 sont chargés d’aller « peindre la guerre ». On se doute que ce travail ne lui convient pas du tout, compte tenu du style de sa peinture. Il s’acquittera de sa tâche en une seule toile inachevée.
Comme il rêve du midi depuis longtemps, en 1926, il s’installe dans  une villa au Cannet.
Bonnard est maintenant connu dans le monde entier, il expose à Londres et à New York. C’est un des très rares peintres qui n’aient jamais connu de soucis matériels ; c’est assez rare pour être signalé !..

Sa très chère Marthe meurt en 1942. Pierre Bonnard se retrouve seul, il vivra jusqu’en 1947.
Pierre Bonnard est sans doute un des peintres  les plus représentatifs de la peinture française. Pourtant il est bien moins connu que Braque, ou son ami Matisse. Personnellement, je donnerais dix Matisse pour un Bonnard …, cela n’engage que moi, bien entendu.
Sans doute sa modestie légendaire est pour quelque chose dans cet oubli. Permettez-moi de vous conter  une anecdote que raconte un autre peintre : un jour le peintre en question visite un galeriste de ses amis. Ils sont en grande discution  lorsque derrière la vitrine apparait un personnage tout de noir vêtu qui a tout d’un inspecteur des impôts. Le galeriste, qui est poursuivi par de nombreux huissiers, demande au peintre : «S’il rentre, faites semblant d’être mon employé ; je vais me cacher dans l’arrière-boutique ». L’homme entre et le jeune peintre le reçoit, commence à parler avec lui, lui présente les tableaux et attend que la sentence tombe : « Je viens pour la saisie », mais au lieu de cela : « Mon nom ne vous dira peut-être rien, je m’appelle Pierre Bonnard » je vous laisse imaginer la suite…
 Bonnard s’affirme comme un coloriste génial, son sens de la mise en scène en aurait sans doute fait un très bon photographe. La façon sous laquelle il regarde les choses est très étudiée. Bref, la composition de ses tableaux est parfaite. L’angle de vue est très différent de tout ce qui se faisait jusque-là. Bonnard est en marge de tous les courants du modernisme, il ne sera influencé   par personne, il aurait pu continuer dans l’esprit de l’impressionnisme, il aurait pu prendre la roue des fauves. Non rien de tout ça, Bonnard fait sa propre peinture. Voici ce qu’il dit :  "Je me suis remis à l'école. J'ai voulu oublier tout ce que je savais, je cherche à apprendre ce que je ne sais pas. Je refais mes études depuis les principes, depuis l'a.b.c. et je me défie de moi-même, de tout ce qui m'avait tant passionné, de cette couleur qui vous affole.”
Pierre Bonnard aurait certainement été un très grand peintre abstrait, mais compte tenu de ce qu’il a fait il n’y a rien a regretter.
Bonnard est un laborieux il lui est arrivé d’aller dans certains musées et trompant la vigilance des gardiens, il sortait un tube de couleur d’une poche et une brosse de l’autre  et retouchait son tableau. On prétend que « l’amandier » lui fut apporté quelques instants avant sa mort afin qu’il transforme une partie qui devait être moins jaune.
Comme disent les Indiens d’Amérique : « c’était un beau jour pour mourir ».
 




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