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ENTREZ LIBRES

Publié le par BMC
Publié dans : #B.M.C.

 








Séraphine Louis
 
Voyage au pays de l’art naïf
 
Il est très difficile de parler de Séraphine sans citer celui qui fut son découvreur, le critique et surtout très illustre collectionneur allemand Wilhelm Uhde.
Il a été un des plus grands découvreurs de talents des années 1900.
C’est à Florence qu’il s’initie à la peinture, jusqu’à ne plus vivre que pour elle. En 1904, quittant l’Allemagne, il s’établit à Paris. La même année, il achète une toile d’un jeune inconnu dont le titre est “Femme à sa toilette”. Elle est signée d’une simple initiale “P” … comme Picasso, vous l’aviez compris.
Durant son séjour en France, il fréquente tout le monde de l’avant-garde : Gertrude Stein, Ambroise Vollard, Henri Kahnweiler. Il contractera quelque temps un mariage blanc avec Sonya Delaunay (qui pourtant était une spécialiste de la couleur…).
Sa vie a été très romanesque; il existe d’ailleurs de nombreux ouvrages le concernant.
Il va très vite se constituer une collection très importante qui comprend des œuvres de Pablo Picasso, Georges Braque, Robert et Sonya Delaunay, Raoul Dufy.
Il défend aussi des peintres très contestés à l’époque et qui le sont encore aujourd”hui, y compris par moi.. (pour qui y se prend cui-là !) : Marie Laurencin, Henri Rousseau (le douanier), Louis Vivin, (on peut peut-être rajouter Raoul Dufy…).
Durant la première guerre mondiale, il retourne en Allemagne où sa collection est “confisquée” et vendue. Plus tard, il se réjouira en consultant le catalogue de cette vente qui prouvait à quel point il avait été perspicace dans ses choix…

Wilhem Uhde mène un combat pour le pacifisme et l’anti-militarisme qui n‘est pas au goùt de tout le monde en pays teuton. Aussi, en 1924, il décide de retourner en France avec son ami (et amant) le peintre Elmuth Kolle.
Il recommence une nouvelle collection. Par “hasard” (le hasard existe-t-il?), il engage Séraphine Louis comme femme de ménage.


Séraphine Louis
 
Elle a d’abord été gardienne de moutons, ensuite femme de ménage dans un couvent (où elle traquait les moutons..), puis chez Wilhem Uhde. Celui-ci ne sait pas que Séraphine fait de la peinture “en douce” en dehors de ses heures de travail. Elle peint dans sa minuscule chambre, sous une image de la Vierge et s’éclaire à la bougie.
Le hasard – encore lui – fait qu’un jour, Wilhem la surprend en plein travail.
“Que faites-vous ?”
Séraphine : “Je m’inspire des vitraux de la cathédrale” (voir Picassiette)
Le célèbre collectionneur va lui acheter ses premières toiles et défendra bec et ongles son travail.
La peinture de Séraphine est décorative. Il est curieux de constater que le monde végétal qu’elle peint à tendance à rejoindre le monde animal, les feuilles des végétaux devenant plumes d’oiseaux. Il y a parfois quelques fruits. C’est un monde onirique qui nous amène à une vision macroscopique d’un eden connu d’elle seule.

Atteinte de délire de persécution, Séraphine Louis fut internée en 1930. Elle mourut en 1942.
            Les plus grands musées du monde possèdent ses œuvres. 
 
 
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