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ENTREZ LIBRES

Publié le par BMC
Publié dans : #B.M.C.
 
(Deuxième partie)
 
 

 
Hermaphrodite endormi (e) de face - Grèce - Musée du Louvre
(Comme promis...)

 
C’est à partir des conceptions de Cézanne que va naître l’Art improprement qualifié de moderne.

A compter de ce moment, la logique du peintre change :
Que fait le peintre de la réalité qui veut dessiner un chemin ? Il sait très bien que les deux côtés sont parralèles. Si, comme lui dicte sa raison, il trace deux lignes parralèles, il trace le plan du chemin. En revanche, s’il trace deux lignes obliques fuyant vers un même point sur la ligne d’horizon, cela ressemble à un chemin. D’où nous tirons la conclusion que le peintre de la réalité est un tricheur. Si nous comparons le plan du chemin à son dessin, nous constatons que le dessin FAUX ressemble plus à la réalité que le plan JUSTE… La morale de cette histoire est que l’Art n’a rien à voir avec la raison et le rationnalisme, qui furent de tout temps ses pires ennemis.
C’est un raisonnement semblable à celui-ci qui allait donner naissance au Cubisme analytique, puis synthétique. Le peintre cubiste ne veut plus être dupé par ses sens, et surtout par l’espace et le temps qui déforment la réalité. Un objet éloigné ne sera pas nécessairement représenté plus petit. Le nez d’un personnage étant plus significatif de profil sera placé ainsi dans un visga vu de face, etc, etc…
Je ne voudrais pas vous infliger ici la liste de toutes les écoles qui se sont succédées du Cubisme à nos jours, car cela serait long et fastidieux.

On a dit que l’Art moderne était né le jour où la notion de laideur avait été introduite en peinture.
Au risque de choquer certains, je dirai que si la laideur a sa place dans le monde de l’Art, c’est que les lois qui la régissent ne connaissent ni la raison, ni la morale.
 
 


Egon Schiele
 
Face à une œuvre d’Art moderne, le spectateur a souvent l’impression qu’il va être mystifié, floué. Si nous voulons y avoir accès, il va falloir laisser parler en nous notre intuition, qui sait beaucoup de choses que notre raison ne sait pas que nous savons… Il ne faudra pas raisonner en termes de logique, genre :”Qu’est-ce que ça représente ?” Rechercher un sens concret, une référence avec le réel, ne sert qu’à rassurer celui qui a la faiblesse de croire que la matière est la seule réalité.
La façon de voir est aussi importante que la chose vue.
Gustav Meyrinck écrivait “Ce n’est pas ce que l’on regarde qui compte, mais le lieu en soi d’où l’on regarde”.
 
“Un enfant de cinq ans pourrait le faire”…. Combien de fois ai-je entendu cette phrase!... Comme si la difficulté technique était une fin en soi … La spontanéité n’exclut nullement la méditation et l’apprentissage. C’est d’ailleurs très probablement une certaine libération de l’Art qui a fait croire à sa décadence.
 
Aujourd’hui, pour le grand public, il existe deux écoles de peinture : la peinture contemporaine, pour laquelle on ne fait généralement aucun effort de compréhension, préférant laisser cela aux spécialistes (il faut dire que les marchands y sont pour beaucoup …) et la peinture de ce qu’il est convenu d’appeler “l’artiste-peintre”, peinture figurative, représentative, pour ne pas dire réaliste (que les peintres du dimanche me pardonnent !).

A ce propos, vous connaissez peut-être la définition que donnait Ambrose Bierce du mot “réalisme” ?

“REALISME : Art de décrire la nature telle que la voit le crapaud”

Croyez bien que je n’ai rien contre l’artiste-peintre, même si pour moi sa peinture date de plusieurs centaines d’années.

 




B.M.C.  -  Les gros yeux technique mixte - 65 x 50 cm.
 
                            

             


LIENS

L'art me ment (1)

 

L'art me ment (3)



(A suivre)
                 

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