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ENTREZ LIBRES

Publié le par BMC
Publié dans : #B.M.C.
 
“Ah ! qu’il est beau, le débit de l’eau !
 Ah ! qu’il est laid, le débit de lait !

 Charles Trenet
 
(Paroles de Francis Blanche)


 

 

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 Peinture B.M.C.   - Les Hommaginaires   -   Francis Bacon 

 
 
Jacques Chirac visite une exposition Francis Bacon en compagnie de son ministre des Beaux-Arts, suivi du gratin habituel pour ce genre d’évènements.

Comme il ne s’agit pas d’Art Premier et que l’on ne peut pas tout connaître, même quand on est Président de la République (tout le monde ne s’appelle pas Pic de la Mirandolle). Le Président interpelle son ministre avec un de ses raccourcis dont il a le secret : “Il est joli, ce tableau !”

Perplexité de l’entourage… personne même n’a osé chuchoter “C’est du joli !”

En tous cas, il y a une chose qui est certaine, c’est que Francis Bacon, c’est BEAU, mais certainement pas joli …


 


 Peinture BMC  -   Les hommaginaires   -   Francis Bacon 
 

Pour pouvoir apprécier la peinture à sa juste valeur, je pense qu’il est très important de faire cette différence entre le beau et le joli.


A propos du joli, voici les adjectifs que l’on peut trouver dans le Petit Robert (je n’ai rien vu dans le Grand Albert, du moins de joli) = "aimable, coquet, gracieux, mignon, charmant"…


Exemple – toujours du Petit Robert  :
“Une parisienne ne se dit pas belle mais jolie comme un coeur” … !!!!

Moi, j’en connais une belle, et même elle est plus belle que rebelle, mais pour pouvoir vous en parler, les mots n’existent pas. Il fallait bien une exception.


Dans joli, il y a souvent un côté mièvre. Beau et belle sont forcément liés à l’esthétique. Est beau ce qui fait éprouver une émotion = la musique en est un des meilleurs exemples. Si vous écoutez l’Offrande musicale de Bach, vous êtes touché, ému. Si vous entendez la roulette du dentiste, c’est pas pareil… Encore que j’ai connu une dame qui prétendait adorer le bruit du marteau-piqueur …


On parle de  Beaux-Arts et on a raison parce que l’Art est forcément lié au beau. Mais imaginez que demain on vous parle de l’école des Jolis-Arts,  du musée des Jolis-Arts … On peut vouer, comme on dit, un culte à la beauté. Celui qui vouerait un culte au joli ne se ridiculiserait-il pas ?

Si, dans une phrase, vous remplacez le mot “beau” par “joli”, ou l’inverse, ça change complètement le sens :

Exemple :
 
1)    cette dame qui a un joli chapeau est allée écouter de la belle musique;
 
2)    cette dame qui a un beau chapeau est allée écouter de la jolie musique.


Le chapeau était sans doute le même, mais la musique sûrement pas …


Le joli est souvent lié à la mode. On a trouvées jolies des choses qui maintenant nous paraissent ridicules. Les exemples sont innombrables. Particulièrement concernant la façon dont on voit (certains écriraient “regarde”) les femmes. Des beautés plantureuses de Rubens ou de Maillol aux Parisiennes de Jean-Gabriel Domergue ( : c’était – paraît-il – un peintre ?????). De la ligne haricot vert aux Nanas de Niki de Saint Phalle ou à Botero (beau-et-gros ou beauté-gros … souvenez-vous : la langue des oiseaux !).
On passe de la peau diaphane de l’Olympia de Manet aux filles ultra-bronzées des magazines de mode.


 

  Edouard Manet - Olympia 
 

Pourquoi croyez-vous que je vous raconte tout ça ?


Tout simplement, parce que je cherche à vous prouver que, comme on le dit si bien : la beauté est éternelle.

Une femme peinte par Rubens ou Rembrandt (perso, je préfère), si elle ne correspond plus du tout aux canons actuels, est belle simplement par le regard du peintre, par la façon dont elle est peinte, par les couleurs, par l’éclairage, le contraste… C’est l’ensemble du tableau que vous regardez , pas seulement la femme (à moins que vous ne soyiez particulièrement vicieux, ce qui est, paraît-il assez courant). Comme disait Brassens, à propos de Corne d’Auroch : “Il prenait les brouillons de ses baisers sur les femmes nues des musées”.

Dans Guernica, Picasso peint des personnages exangues; cette oeuvre  reflète toute l’horreur de la guerre d’Espagne et de cet horrible massacre. Sur ce tableau, il n’y a pratiquement pas de couleurs. Sur la partie gauche, une mère hurle la mort de son enfant, gisant à ses pieds. Le guerrier, mort lui aussi, a la main gauche grande ouverte, tournée vers le ciel, tandis que la droite tient une épée brisée, représentant l’impuissance face à l'étendue de cette atrocité. Le cheval est éventré.
 

ET POURTANT, C’EST UN DES PLUS BEAUX TABLEAUX QU’IL M’AIT ETE DONNE DE VOIR.

Petit détail, si vous regardez attentivement en bas à droite, juste au-dessus de l’épée brisée, il y a une petite fleur…

La légende veut que Dora Maar ait participé à la réalisation de ce tableau. J’ai plaisir à croire que c’est elle qui a déposé cette offrande. Elle est le symbole d’espoir qui existe encore, même aux portes de l’enfer.


Et, à propos de Dora Maar, j’ai encore une histoire à vous raconter.
C’était il y a très, très longtemps, je venais d’arriver à Paris et mes pas m’emmenèrent tout naturellement à Saint Germain des Prés. Rue de Seine, je m’arrête à toutes les galeries. Place Furstenberg : l’atelier de Delacroix. J’arrive par la rue Bonaparte, face à l’église, et mon regard est immédiatement attiré par une sculpture qui se trouve dans le mini-square. De loin, je n’aperçois qu’une masse informe, et pourtant je suis attiré comme si cette tête – il s’agissait bien d’une tête – était aimantée et moi réduit à un copeau de ferraille, irrésistiblement aspiré vers elle.


Enfin devant, je reconnais le portrait de Dora Maar par Picasso, dédié à Guillaume Appolinaire.

Encore une fois, une personne qui aurait cette tête-là serait probablement perçue comme monstrueuse et pourtant… C’est beau, c’est tout ce que je peux dire. C’est beau et voila tout.

Je laisse aux “estêtes de lard” le soin de vous expliquer pourquoi, de vous décortiquer un tas de théories à dormir debout. Ca, je peux le faire aussi … mais à quoi bon ?...


L’autre jour, je vais chez la fleuriste. “Regardez, monsieur, je vais vous faire un joli bouquet, avec ces belles roses roses, on va ajouter un peu de orange, du rouge et … c’est joli, hein ?...”

“Oui, madame, c’est très joli. Est-ce que, par hasard, vous auriez entendu parler de l’art de l’Ikebana ?...”


 

  

Je n’aime pas parler d’art majeur et d’art mineur. Pourtant, il faut bien faire une différence entre l’art et la décoration. Avec la venue du design, les créateurs ont fait preuve de beaucoup d’imagination. Ils ont créé de superbes objets. Mais aucun fauteuil – fut-il dessiné par Charles Eames – ne provoquera en vous l’émotion ressentie devant un Vermeer ou un Monet.

En architecture, on a fait des choses extrêmement intéressantes, des cathédrales à la fondation Guggenheim de Bilbao, en passant par Gaudi.


Mais je n’échangerais rien de tout ça contre un seul petit tableau de Klee.

 
 
"Ce n'est pas ce que l'on regarde qui compte, mais le lieu en soi d'où l'on regarde". (Gustav Meyrink)

 

 
 
 Peinture BMC - Les hommaginaires - Pablo & Lump 
     
 
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