bmc.constans@free.fr

ENTREZ LIBRES

Publié le par BMC
Publié dans : #B.M.C.


  (Vrais ou faux -Deuxième partie)

 

 

 
L'image “http://entrezlibres.free.fr/van-meegeren/tete-vm.jpg” ne peut être affichée car elle contient des erreurs.
Van Meegeren
 
Les Vermeer de Van Meegeren


 
Nombre de faussaires  sont souvent des peintres ratés. C’est précisément le cas de l’homme qui nous intéresse : Henricus Antonius van Meegeren (1889-1947).
Restaurateur de tableaux et professeur de peinture. Arrivé à la quarantaine, ne voyant pas son talent reconnu,, il va virer sa cuti, afin, si l’on peut dire, de prendre sa revanche sur le monde de l’Art.
Il étudie par le menu l’œuvre du maître de Delft. Technique, pigments, support etc…
Ensuite, il va passer à l’action :
Tout d’abord, découvrir une toile du XVIIème, d’un auteur inconnu, relativement grande (elle se vendra plus cher si elle est grande). De plus, chez Vermeer, les grands formats sont rares.
La deuxième opération va consister à faire disparaître l’image figurant sur la fameuse toile en la ponçant avec une pierre ponce et de l’eau, mais en prenant bien soin de laisser visibles les craquelures.
Ensuite, “poser” le dessin des personnages et du décor, inspiré directement des originaux.
Lors de l’exécution proprement dite, il va utiliser les mêmes pigments : le lapis lazuli pour le bleu, le jaune de plomb (les si beaux jaunes de Vermeer). Il en profite pour intégrer de la résine à la peinture. Chose que Vermeer ne faisait probablement pas.
Comme en ce temps-là le four à micro-ondes n’avait pas encore été inventé, il cuisait son “tableau-tarte” dans le four de sa cuisinière, histoire de le faire vieillir.
C’est de ce four qu’est sorti son premier vrai-faux Vermeer, “Les pélerins d’Emmaüs”.
 

 
Van Meegeren - Les pellerins d'Emmaüs
 
C’était le moment idéal pour faire émerger miraculeusement de nouvelles œuvres du maître. Nous sommes – ne l’oublions pas – dans les années 30 et Vermeer (1632-1675), qui était largement méconnu de son vivant, n’a été “re-découvert” que vers 1860, par un certain John Smith. Mais ce ne sera qu’en 1935, suite à une exposition au musée d’Amsterdam, que le maître va être adoubé par la critique.
Aujourd’hui, il reste moins de quarante tableaux authentifiés; ils étaient déjà tous répertoriés en 1935.
Van Meegeren vient de terminer ses “Pélerins d’Emmaüs”. Il va d’abord les “tester” en les présentant à l’expert Abraham Brédius qui n’en croit pas ses yeux et affirme qu’il s’agit bien d’un original.
En 1937, la Galerie Royale de Rotherdam achète le tableau pour la coquette somme de 500 000 florins.
Encouragé par ce succès et profitant de la situation trouble de l’occupation allemande, Van Meegeren va peindre toute une série de faux Vermeer :


 


Van Meegeren - Le Christ et la femme adultère

 
- Jacob bénissant Isaac
- La Cène
- Le Christ aux outrages
- Le Christ et la femme adultère

- La lavandière

En 1943, le “Lavement des pieds” est vendu aux enchères 1,25 million de florins.
Ce n’est qu’au sortir de la guerre que cet afflux de nouveaux Vermeer va inquièter critiques, collectionneurs et marchands. Tout ce beau monde discute, se dispute pour savoir si oui ou non il s’agit bien de peintures authentiques.
Finalement, ce sera en faisant le décompte des œuvres pillées par les nazis que l’on va découvrir le pot-aux-roses. “Le Christ et la femme adultère” avait été vendu à Gœring et il fut relativement facile de remonter à l’origine de la vente jusqu’à notre Hollandais de service.
Très vite, il avouera avoir conçu sept faux, dans le seul but, ajouta-t-il, de tromper l’ennemi (allemand) et ainsi lui prendre son argent.
Il faut se remettre dans le contexte de l’époque : on n’allait pas lui remettre une médaille mais, tout de même, ce pouvait être considéré comme  une “attitude patriotique”. On le condamna à un an de prison. Il mourut deux mois plus tard dans sa cellule, le 31 octobre 1947.
 
 
 

 

Pour la petite histoire, durant son procès on lui demanda de réaliser un de ses fameux faux. Il s’exécuta, et même si, comme on peut le comprendre, ce ne fut pas un des meilleurs, il suffit tout de même à convaincre les experts commis par le tribunal.
 
 
 


Van Meegeren Jesus enseignant
 
En 1947, de nombreux critiques, contre toute attente  juraient encore que “Les pélerins d’Emmaüs” était un vrai Vermeer. La polémique durera longtemps. Tous les musées possédant des Vermeer les firent expertiser, analyser, etc.. Enfin toutes les méthodes furent mises en œuvre.
Un tableau intitulé “La jeune fille assise devant un virginal” fut classé comme faux (sans doute par prudence). Le célèbre collectionneur belge Frédéric Rollin, qui pourtant n’était pas un spécialiste de ce genre de peinture, en voyant le tableau chez un marchand londonien, en tomba littéralement amoureux. Pour l’acheter, il dut revendre un Bonnard, un Klee, un Riopelle, qui eux, bien entendu, ne souffraient pas de doute quant à leur authenticité. Il fallut encore treize ans pour que “La jeune fille devant un virginal” soit reconnu comme un vrai Vermeer sans aucun doute possible. Treize ans d’investigation avec toutes les techniques  modernes auront eu raison de la rumeur : l’œuvre était bien de la main du maître.

 
 

 
Johannes Vermeer de Delft  -  Jeune fille asise devant un virginal


 
N’essayez pas de faire cuire vos tableaux, ça ne marche plus…

 

tRADUCTION DANS TOUTES LES LANGUES

Hébergé par Overblog