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ENTREZ LIBRES

Publié le par BMC
Publié dans : #B.M.C.
 
 
 

  
 
Johannes Vermeer de Delft  -  L'art de la peinture
 
Maintenant que l’on a parlé des faux (voir mon dernier article), il est temps de s’intéresser aux originaux.


“Rien n’est plus beau, je crois, qu’un Vermeer que l’on montre à la femme qu’on aime.”
                                           
Sacha Guitry
          
Sa vie pourrait se résumer ainsi : 43 ans et 36 tableaux.
Il n’y a pas beaucoup à dire sur Vermeer, pour la bonne raison qu’on ne sait pas grand-chose le concernant. Son père était tisserand et propriétaire d’une petite auberge. Apparemment, il pratiquait aussi, à l’occasion, le métier d’antiquaire. Ce qui a probablement donné à son fils le goût de la peinture.
Johannes apprend la peinture dans l’atelier de Carel Fabritus.
En 1653, âgé de vingt et un ans, il se marie. Il aura quinze enfants dont plusieurs mourront en bas âge.
La même année, il est reçu dans la bonne ville d’Anvers, à la Guilde de saint Luc (patron des peintres, pour ceux qui ne le sauraient pas), dont avait fait partie son père. Il en deviendra deux fois vice-président.
Qu’est devenue l’auberge tenue par son père ? Aucun renseignement précis à ce sujet. On sait seulement que Vermeer habitait une petite maison sans prétention, où il ne devait pas être facile de loger sa nombreuse famille, le premier étage étant dévolu à l’atelier.
Probablement, pour vivre, fit-il le commerce d’œuvres d’art (pas les siennes) et de gravures. Il fut consulté comme expert à propos de peintures vénitiennes, qu’il jugea pour la plupart fausses.
A-t-il rencontré Pieter de Hooch ? On sait que ce dernier est arrivé à Delft en 1654 (Vermeer avait vingt-deux ans). A regarder leurs œuvres respectives, on serait fondé de le penser.
 
 

 
Pieter de Hooch
 

 
Johannes Vermeer de Delft  -  Le concert
 
Au moment de sa mort (à quarante-trois ans), il n’arrivait plus à faire vivre sa famille. Sa femme aurait dit qu’il avait perdu la santé à cause de cela et qu’il en serait mort en un jour et demi.
Vermeer laissait derrière lui de nombreuses dettes et au minimum onze enfants. Pour payer le boulanger, sa veuve donna un ou deux tableaux (pour une bouchée de pain…).
 
 

Johannes Vermeer de Delft  -  Diane et ses compagnes
 
On connaît l’acte de succession dressé après sa mort : très peu de ses tableaux y figurent. Or, peu de temps après, un marchand de Harfleur était en possession de vingt-six toiles du maître… Comment se les est-il procurés ? Dieu seul le sait..
On oublia Vermeer. Il fut découvert par quelques spécialistes près de deux cents ans après sa disparition, et seulement en 1935 par le grand public.
 
 

 Johannes Vermeer de Delft  -  L'astronome


De la peinture de Vermeer

 
En 1966, j’ai eu la chance de visiter une des plus importantes expositions Vermeer. Elle avait été organisée à l’orangerie des Tuileries à la demande d’André Malraux.
Voici ce que j’ai envie de dire quarante ans plus tard : il se dégage de ses œuvres une poésie intimiste qu’on ne trouve qu’assez rarement en peinture. Sans doute chez Chardin, mais pour moi, Chardin, c’est “Vermeer traduit en français”.
 
 

Johannes Vermeer de Delft  -  La lettre d'amour
 
 
Ses tableaux sont envahis par la lumière. Bien que souvent cette dernière vienne de la gauche (généralement par une fenêtre), elle donne l’impression d’émaner du sujet lui-même. Vermeer réduit tout à l’essentiel. Malraux parlait à son propos “d’abstraction sensible”. Cette simplification radicale apaise l’esprit. Voir un tableau de Vermeer est une cure de jouvence: on se sent lavé, nettoyé, que dis-je … purifié. Non, je n’exagère pas.
Quand le regard se pose sur une de ses œuvres, le silence se fait en nous. C’est aussi la peinture du silence.
Marcel Proust disait de lui : “Il est une énigme dans une époque où rien ne lui ressemble ni ne l’explique.”
 

Johannes Vermeer de Delft  -  Le verre de vin
 
 
Vous l’aurez sans doute compris, j’aime beaucoup la peinture de Vermeer.
 
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