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ENTREZ LIBRES

Publié le par BMC
Publié dans : #B.M.C.

 



Voyage au pays de l'art brut



 
Raymond Isidore dit Picassiette
 
Sans doute connaissez-vous Chartres. C’est certainement un des lieux les plus magiques de France. Bien sûr, la cathédrale (en particulier la deuxième crypte).
C’est dans ce lieu que vers les années 1900 va se produire une chose étonnante. Si le cœur vous en dit, appelez ça un miracle.
Voici ce qu’en racontera plus tard l’heureux bénéficiaire :
J’étais aveugle (c’est ainsi qu’on disait autrefois) quand j’étais enfant; c’est dans la cathédrale que j’ai vu pour la première fois de ma vie. Il faisait sombre, d’abord je n’ai pas vu grand-chose, et puis les vitraux…”
 
 
 
 
La destinée de certains individus hors du commun semble tracée dès l’enfance.
Raymond Isidore est né le 8 septembre 1900 dans une famille modeste. Bien qu’ayant recouvré la vue, il ne voyait pas beaucoup son père qui avait une fâcheuse tendance à préférer le bistrot à la cathédrale.
 

Les cathédrales de France
 
 
Dès l’âge de treize ans, il va être obligé de travailler, apprenti mouleur à la fonderie de Chartres puis mouleur aux établissements Teisset.
Il habitera chez ses parents jusqu’en 1924, date à laquelle il va se marier avec Adrienne Dousset, de onze ans son aînée, qui débarque dans sa vie flanquée de ses trois marmots.
 
Adrienne Dousset  - Madame Isidore
 
En 1928, il achète pour 450 francs quatre acres de terrain en jachère; c’est là qu’il va construire sa maison.
Assez vite, des problèmes de santé l’obligent à quitter sa profession de mouleur. Il est alors engagé par la ville comme cantonier et sera rapidement affecté en qualité de balayeur (c’est comme ça qu’on disait autrefois) au cimetière
.
 
 
 
Le balayage est un art peu connu du grand public; ne nécessitant pas une grande concentration, il permet de méditer longuement.
Aussi notre ami ne va-t-il pas s’en priver, n’interrompant son travail que pour laisser passer les enterrements et leur cohorte de noir vêtue.
Il réfléchit : “Pourquoi (c’est lui qui parle) sur les morts on met des fleurs ? Pourquoi n’en met-on jamais sur les vivants ?”



 
Chartres vu par Isidore
 
Et comme Adrienne adore les fleurs, toute sa vie il y en aura partout.
En 1930, il commence la construction de sa maison; trois pièces (une cuisine et deux chambres) qu’il construira seul. Elle est entourée d’un petit jardin.
Encore une fois, le destin choisit souvent à notre place. Comme le célèbre facteur Cheval butant sur une pierre qui allait lui révéler sa vocation, Raymond va trouver quelques morceaux de vaisselle cassée, et là il ne peut s’empêcher de les ramasser. En rentrant chez lui, il les dépose dans un coin du jardin. Et finalement décide d’en faire une mosaïque.en les collant sur le mur. Faire revivre ce que les hommes mettaient au rebut, voila qui allait devenir le but de sa vie.
 
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La cuisinière
 
Tout allait y passer. D’abord l’extérieur, les sols, les murs, jusqu’au faîte du toît. Enfin, l’intérieur, du sol au plafond… Tout, vous dis-je : le poste de T.S.F (c’est comme ça qu’on disait autrefois), la machine à coudre, l’armoire, les pots de fleurs et même la cuisinière. Tout devient mosaïque. Il va passer sa vie à refaire le vitrail qui lui a donné la lumière.
 
 
Le lit
 
Voici ce qu’il dit : “L’esprit m’a dicté ce que je devais faire pour embellir la vie. Beaucoup de gens pourraient en faire autant, mais non : ils n’osent pas. Moi, j’ai pris mes mains et elles m’ont rendu heureux, je voudrais être un exemple”.
Il prétendait être guidé par une force spirituelle.
Dans la maison, les rares endroits où il n’y aura pas de collages seront peints. Une fresque représente le mont Saint-Michel… qu’il n’a jamais vu.
Comme beaucoup de visionnaires, son panthéon foisonne de toutes sortes de dieux, et aussi d’animaux qu’il adore. Des chiens, des chats, un dromadaire, un cerf, etc…
 
 
Le chat et le lapin
 
Les voyages qu’il ne fera jamais, il les fait en esprit, sans jamais sortir de chez lui.
En 1956, il achète une petite parcelle de terrain jouxtant sa maison. Il va y construire la chapelle et la maison d’été.

 
 
La chapelle

 
 
Le 7 septembre 1964, Raymond Isidore transite vers un autre monde, celui dont il avait rêvé toute sa vie.
En 1981, la ville de Chartres achète la maison.
En 1982, elle est classée monument historique.La maison faite de mille morceaux n’a pas été détruite (en mille morceaux). Elle se trouve à Chartres au 22 de la rue du Repos.

Si vous passez par là… dites-lui bonjour pour moi.


 
 Raymond Isidore
 
 
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