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ENTREZ LIBRES

Publié le par La Muse et B.M.C.
Publié dans : #La Muse

La Muse :

Nous nous retrouvons victimes consentantes d'une chaîne qui déroule ses maillons sur les blogs d'Over-Blog.
Du coup, vous allez devoir subir un souvenir d'enfance du sieur B.M.C. et un de votre servante.


Au fait, ça s'arrête quand, l'enfance ? Parce que là, il me vient à l'esprit un truc bizarre qui m'est arrivé vers l'âge de 12/13 ans. On dira que c'est bon, que ça compte encore pour, vu que c'est tout-à-fait dans l'esprit de mon dernier article et n'oubliez pas que c'est Halloween, aujourd'hui !

Je faisais seule cum pedibus le trajet entre le lycée et l'appartement familial. La longue avenue était quasi-déserte. Seul un groupe de 5 ou 6 gamines et 2 garçons avançait à ma rencontre. Ils déambulaient et plaisantaient. Les filles étaient visiblement du même lycée que moi (nous portions en guise d'uniforme des blouses infâmes bleues une semaine et beiges la semaine suivante avec nos noms brodés dessus.. tout juste s'ils nous avaient pas collé un matricule !). Au moment où le groupe et moi allions nous croiser, le silence s'est fait d'un coup. Le visage des filles a pâli et s'est durci. Puis – sans se concerter - elles se sont  ruées sur moi en vociférant "Sorcière !!" et ont commencé à me frapper avec une hargne indescriptible, sous le regard ébahi des garcons, qui se sont interposés juste à temps pour m'éviter un lynchage mémorable ! Je n'ai reconnu aucune d'entre elles – elles semblaient être un petit peu plus jeunes que moi. Et je n'ai jamais compris quel diable les avait piquées !
Bon, OK.. c'était une période où, solitaire et plutôt renfermée, mes jeux consistaient à tester la télépathie – sans prévenir mes cobayes – et à faire se gratter le crâne aux passagers de l'autobus… Mais je n'en avais jamais parlé à personne.. ça, non !
En tous cas, j'ai repris ma route sans accélérer le pas ni me retourner : je me sentais invulnérable et .. très très fière (eh eh ! loupé, les filles, si vous vouliez me vexer ou m'intimider, fallait trouver autre chose !).


B.M.C. :

C'était juste après la guerre.

Nous vivions à huit dans une grande maison. Mon père venait d'allumer le poêle et, comme la cheminée refoulait abondamment, la pièce était emplie de fumée.

On sonne à la porte. Une de mes sœurs va ouvrir et se retrouve nez-à-nez avec un personnage haut en couleurs – caricature de la Castafiore, vêtue d'une longue cape, arborant une capeline rouge et, à la main, une grande canne à pommeau d'argent – qui, dans un geste théâtral se saisit d'elle pour l'étreindre.

"Je suis ta tante Moreau des Homs de Favols."

Se baissant vers moi : "Celui-là, c'est un Maure. On en fera un curé."

Enfin, s'adressant à mes parents : "On m'a confisqué mon château. Mes meubles suivent."

La tante étant cantatrice de son état, a suivi le piano à queue de concert en même temps que les salons Louis XIV, Louis XV et Louis XVI et autre menu mobilier d'époque.
Il se trouvait que ça tombait bien : c'était la grande dèche et mes parents avaient vendu tout ce qui était vendable dans la maison…

Une fois le piano ré-accordé, on a été gavés quotidiennement de Rossini à toutes les sauces…

Deux mois plus tard, les meubles étaient repartis avec la dame, qui, quelques années ensuite, termina sa vie à la Fondation Rossini, genre de maison de retraite créée par Rossini lui-même à destination des artistes lyriques qui avaient eu le bon goût d'interpréter ses œuvres.



Voilà.. on fait suivre la chaîne ! Manue, tu t'y colles ?

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