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ENTREZ LIBRES

Publié le par La Muse
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Avertissement :

Vous vous rappelez, la dernière fois que je vous ai conseillé de garder une bassine à portée de main ?... y en a qui ne m’ont pas écoutée…
 
 
Gunther Von Hagens
 
Il s’appelle Gunther Von Hagens. Il est né en 1945 en Allemagne de l’Est. A passé son diplôme de médecine et s’est spécialisé en anatomie. En 1974, il met au point un procédé qu’il appelle « plastination », visant à garder les cadavres en excellent état de conservation. Le résultat est bien meilleur qu’avec les techniques antérieures : des corps entiers sont ainsi conservés pour l’éternité, tout en gardant leur plasticité.

Le procédé :

-    Les corps sont d’abord plongés dans une solution de formol, qui se fixe sur les tissus cutanés.
-    Ils sont ensuite placés dans des bains glacés (à moins 25°C) d’acétone pendant au moins quinze jours. Cela permet la déshydratation complète du corps.
-    Les corps sont immergés dans le silicone afin que ce dernier prenne la place des liquides et des graisses organiques.
-    On fixe le silicone à l’aide d’un gaz durcisseur.
 
Jusque là, tout va bien…
 

 

 
Il faut quand même rappeler que ce n’est qu’à partir de la Renaissance que l’idée de la préparation et la dissection des corps humains n’a été acceptée. Jusqu’au 15è siècle, en Occident, cette pratique était totalement interdite, en grande partie parce que le corps était perçu comme le réceptacle de l’âme et que profaner l’un revenait à profaner l’autre…En conséquence, les choses avaient lieu clandestinement…on volait des cadavres à la morgue et on pillait les fosses communes. Avant que les médecins ne finissent par obtenir de pouvoir utiliser les cadavres de condamnés à mort. Mais à condition de rester discrets, n’est-ce pas…
 
 
 
Il ne fait aucun doute que la pratique de la dissection a permis une avancée considérable dans la connaissance de l’anatomie et qu’elle a permis à la médecine de progresser formidablement.

En 1993, un Américain ayant fait don de son corps à la science s’est vu (façon de parler !) découper en 1800 lamelles d’un millimètre d’épaisseur. Chaque lamelle a été photographiée. Chaque photo rentrée dans un ordinateur. Le résultat, c’est un homme virtuel en 3D qui permet de voir l’anatomie humaine comme jamais auparavant.
Je vous joins le lien du Science Health Center de l’Université du Colorado. En cliquant sur une partie du corps du personnage, vous obtenez une image transversale de ladite partie.   
 
 
Mais revenons-en à notre médecin allemand. En 1997, Gunther Von Hagens lance une expo itinérante qui va attirer quelque 7 millions de visiteurs dans le monde. Et il a beau se défendre d’avoir une quelconque formation artistique, ni quelque velléité en ce domaine, il parle  d’ « art anatomique »… Il y présente des écorchés humains, dans des poses qu’il veut naturelles, telles des sculptures…
La polémique va bon train. Une partie de la presse allemande le surnomme « Docteur La Mort ». Mais le succès de l’exposition ne faiblit pas.
  
Fort de cette expérience, il rachète une ancienne usine textile de la fin du 19è siècle dans une petite ville allemande, proche de la frontière polonaise, Guben, où il inaugure le 17 novembre de cette année Le plastinarium, un atelier de production de tranches « plastinées» de cadavres humains et animaux… découpés à la scie.

Le but officiel est d’aider les étudiants en médecine. Mais bon.. en même temps, l’investissement a été d’un million d’euros, il y a 42 salariés… d’où l’idée d’ouvrir au public trois jours par semaine (moyennant 12€ la visite) afin que tout-un-chacun, pourvu qu’il soit âgé d’au moins quatorze ans, puisse profiter du spectacle offert par toutes les étapes de la transformation des cadavres – avant d’admirer, en fin de visite, une exposition de corps humains entiers ou disséqués.
 
On peut ainsi contempler à loisir :
une baigneuse nageant le crawl,
un homme faisant son jogging,un autre jouant aux échecs,
une femme enceinte, le ventre ouvert, laissant entrevoir son fœtus…
Le clou de l’expo étant une impressionnante statue équestre où l’homme est tranché en deux de la tête aux pieds… (Pour le bon goût, il repassera !) 
 
 
Gunther Von Hagens espère produire ainsi chaque année sur cinq ans un million de tranches humaines et animales, dont les plus complexes pourraient être vendues jusqu’à 7000€ aux laboratoires de recherche.

Si ça vous tente, il pense recruter 200 personnes en qualité de « préparateurs de cadavres ». Il y a même pléthore de postulants, dans ce coin de l’Allemagne où le chômage règne en maître. D’après une employée « au bout d’un moment, on s’y fait.. ».
Autre chose : Ils sont déjà des milliers à avoir proposé leur corps post-mortem. Mais si ça vous intéresse, vous n’avez que deux ans pour vous décider ! Qu’on se le dise ! (Vous verrez directement avec lui s’il y a obligation de décéder dans un laps de temps défini – je ne sais pas, c’est pas précisé).

A la fin de la visite, un petit tour à la boutique s’impose. Vous pourrez ainsi, à titre de souvenir, acquérir une tranche plastinée.. mais d’animal, seulement !
 
 
La question est : l’horreur suscitée par la vision de cadavres humains écorchés « dans des poses naturelles » ou « en tranches » vient-elle de l’objet lui-même ou de la perception qu’en a le spectateur ? 
 
 
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