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ENTREZ LIBRES

Publié le par BMC
Publié dans : #B.M.C.
                                             
(SUITE)
 


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Théodore Géricault - Le radeau de la méduse
 
Pendant longtemps les peintres se contentaient de représenter des scènes issues tout droit de leur imagination, ou de faits religieux, et non pas inspirées d'événements de la vie quotidienne. C'est avec l'arrivée au pouvoir de Napoléon que s'est développée la peinture représentant des  faits-divers. Bien entendu tout le monde connaît "le Sacre de Napoléon de David", ou "Napoléon au pont d'Arcole" de Gros.

Géricault et Delacroix vont être parmi les premiers à faire un travail de reportage, relatant les événements du moment. "La Barricade" de Delacroix et, bien entendu, "le Radeau de la Méduse" de Géricault, en sont des exemples.


Ne comptez pas sur moi pour vous faire une analyse géométrique du tableau de Géricault, car il n'y a, à mon sens, rien de plus ennuyeux que ce genre de divagations intellectuelles. Il est relativement facile de "décomposer" l'œuvre pour la transformer. Prenez un tableau au hasard, tracez les diagonales, ensuite découper l'œuvre en petits morceaux pour, soi-disant trouver "le secret du maître". Sauf exception très rare, aucun peintre n'invente une structure géométrique qui servirait de base à son tableau (sauf, peut-être, à l'époque du grand classicisme). En revanche il arrive qu'une fois l'ouvrage terminé, on découvre une certaine construction, une certaine organisation, qui se font instinctivement. Personnellement la seule chose dont je décide  au tout début de l'œuvre c'est l'emplacement de la ligne d'horizon, ou "le point de fuite". Le reste se fait tout seul.

Picasso, encore lui, disait (de mémoire) : "si vous voulez faire un bon tableau, il ne faut pas avoir dès le départ une idée trop précise".  Les choses s'enchaînent toutes seules, l'une en entraînant une autre. Le résultat  est presque toujours très différent de ce que l'on avait pu imaginer au début.

Mais revenons à notre "Méduse" . Dans la plupart des œuvres classiques il y a généralement un personnage "dominant", disons de référence, voir à ce sujet les composition d'Ingres, de David, ou même de Poussin. Ici nous avons affaire à un enchevêtrement de corps, il faut regarder assez longuement pour "faire le tri dans ce magma". Chez les "Romantiques" on retrouvera assez souvent ce genre de composition touffue et désordonnée, c'est le cas du célèbre tableau de Delacroix "le Massacre de Sardanapale".

 
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Eugène Delacroix - Le massacre de Sardanapale
 
Ce désordre apparent ajoute au drame qui se déroule sous nos yeux, on ne sait plus très bien qui est mort, qui est vivant. La teinte dominante de l'œuvre est très caractéristique, si j'osais, je dirais qu'elle est : "couleur de cadavre". Paradoxalement se sont, à l'exception de quelques verts, des couleurs chaudes.

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Je ne sais pas si ça a été le cas pour ce tableau mais les artistes de cette période utilisaient fréquemment le bitume qui donnait des teintes brun foncé superbes, mais qui malheureusement vieillissait très mal, virant lentement au noir et ce qui est plus grave provoquait de nombreuses craquelures (voir les œuvres de Delacroix).

Le tableau se veut très réaliste, mais il faut bien constater que les personnages ont une pose on ne peut plus académique. Chacun des modèles ayant été peint séparément. Vous remarquerez que l'on ne voit pas de personnages blessés, pas de sang, pas non plus de mutilés. Aucune scène de cannibalisme. La réalité était certainement bien plus terrible.

À propos des modèles, les peintres avaient souvent des difficultés à trouver celui qui convenait, aussi ils avaient souvent recours à des amis. C'est ainsi que le personnage central en bas, du tableau qui a le bras sur une poutre  n'est autre qu'Eugène Delacroix qui avait posé pour Géricault.
 
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Sans doute du point de vue occidental avons-nous pris l'habitude de regarder les tableaux de gauche à droite, cela est certainement dû à la façon dont nous lisons  l'écriture. Devant un grand tableau, on regarde généralement la partie gauche avant la droite. Essayer de vous souvenir la première fois que vous avez vu une œuvre monumentale !

Dans ce tableau, la majorité des personnages sont tournés vers la droite, vers le minuscule bateau (l'Argus) qui passe à l'horizon, cela donne une impression de dynamisme, je dirais presque de vitesse, alors même que la voile gonflée semble les tirer en arrière. Ce contraste ajoute sans doute à l'angoisse régnante sur le radeau.


 
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Géricault a mis beaucoup de soin à faire ce tableau qu'il souhaitait présenter au Salon de 1819. Il fit venir le charpentier qui avait conçu le radeau et qui par chance faisait partie des survivants, c'est en tenant compte de ses conseils qu'il fit des croquis, qui lui permirent d'être le plus réaliste possible. Il aurait aimé que le charpentier en question pose pour le tableau ainsi que deux autres survivants. Malheureusement cela ne fut pas possible.

Il faut reconnaître à Géricault un certain courage d'avoir créé cette œuvre à un moment où "l'affaire" était dans tous les esprits et où il prenait ainsi officiellement position contre l'état qui ne souhaitait qu'une chose : faire oublier au plus vite cette triste histoire.


Le tableau fut présenté au Salon de 1819 où il déclancha de très nombreuses polémiques. On parla à nouveau de "l'affaire".

Et maintenant une question à cent sous: "Pourquoi la plupart des personnages portent-ils des chaussettes ?"

Réponse: Lorsqu'on passa le tableau à la radiographie, on s'aperçut que Géricault avait essayé de dessiner des pieds et comme il n'était pas très doué "pour les pieds", il avait dû leur enfiler des chaussettes.


 
P.S.
 - Il existe un film, "Le Radeau de la Méduse" avec Jean Yanne et Claude Jade qui date de 1998.

 
 - Un groupe de folk irlandais "The Pogues" relate l'histoire dans leur chanson : "The Wake Of The Medusa" (Le réveil de la Méduse).

- Dans Astérix légionnaire, vous pourrez voir une reproduction du célèbre tableau.



- Et n'oublions pas l'ami Georges:

"Non, ce n'était pas le radeau
De la Méduse, ce bateau
Qu'on se le dise au fond des ports
Dise au fond des ports
Il naviguait en pèr' peinard
Sur la grand-mare des canards
Et s'app'lait les Copains d'abord
Les Copains d'abord"


De nombreux peintres ont fait des interprétations de ce tableau. Je vous propose de découvrir la version d'un blogger d'O-B =


 
 

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