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ENTREZ LIBRES

Publié le par BMC
Publié dans : #B.M.C.

 

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             “ L'art est une garantie de santé mentale”                  

                                                                                 Louise Bourgeois

 

 

On ne dira jamais assez combien les souvenirs d’enfance peuvent marquer notre existence. Cela concerne particulièrement les artistes qui par nature sont plus sensibles que le commun des mortels. Chez Louise Bourgeois, c’est particulièrement visible dans  son œuvre qui  est une continuelle métamorphose des souffrances de son  enfance.

Louise est née à Paris le jour de noël 1911 sous le signe du capricorne, ses parents sont restaurateurs de tapisseries anciennes à Choisy-le-Roi. Dès l’âge de dix ans, Louise va participer aux restaurations, en recréant les dessins manquants. Pendant ce temps, Joséphine, sa mère, tisse sa toile. Pas étonnant que plus tard elle l’ait représentée sous la forme d’une araignée qu’elle prénommera maman.

À la maison il y a une jeune nounou qui s’occupe d’elle et  des deux autres  enfants, Henriette et Pierre. Pour une jeune artiste, c’est bien normal de ne pas avoir, comme on dit  “les  yeux dans sa poche”, aussi très vite elle va remarquer que son père, qui malencontreusement pour elle s’appelle Louis, est l’amant de sa nounou et que sa mère ferme les yeux sur cette relation. Comme on pouvait s’y attendre  l’impact sur la jeune fille est considérable, elle va reporter toute son affection sur sa mère, affection aussi forte que le mépris qu’elle voue à son père et à ses nombreuses  frasques, car, bien entendu, il ne s’en tient pas à la seule nounou. Plus tard la représentation symbolique de son père sera un phallus hyperréaliste baptisé “Fillette”.

À partir de maintenant la destinée de Louise est sur des rails. Les éléments qui vont être à la base de son travail sont : la maison, la mère, le père et par voie de conséquence la sexualité.

Louise n’a jamais voulu s’intégrer à une quelconque école artistique. Ce qui lui importe c’est de représenter tout ce qui est au plus profond d’elle, souffrance, solitude… Elle ne pardonnera jamais à son père tout ce qu’il peut faire subir à sa mère.

Permettez-moi, ici cette parenthèse: en écrivant ce texte, je ne sais pas pourquoi je pense à “La douleur” de Margueritte Duras, peut-être parce que les œuvres de Louise Bourgeois ont particulièrement bien représenté  cet état de souffrance que l’écrivain a su transcrire de si belle manière.

Après avoir obtenu son bac, Louise décide de s’inscrire à la Sorbonne où elle fait des études de mathématique supérieure qu’elle abandonnera au profit d’études artistiques. Voici ce qu’elle dira plus tard : “Pour exprimer des tensions familiales insupportables, il fallait que mon anxiété s'exerce sur des formes que je pouvais changer, détruire et reconstruire”.

Détruire et reconstruire, là est la clé de voûte de son œuvre.

En 1937 Louise rencontre l’historien d’art américain Robert Goldwater qu’elle épouse et l’année suivante file s’installer à New York.

Maintenant elle va bâtir son œuvre à partir de sujets récurrents : la naissance, la sexualité, la maternité. Mêlant souvent les constructions (maisons) avec ses personnages.

Son œuvre est polymorphe, basée en grande partie sur la sculpture et ce qu’on n’appelle pas encore des installations. Louise Bourgeois n’a jamais cessé de dessiner, sur tout et n’importe quoi, chaque fois que l’envie l’en prenait, chaque fois que son inconscient atteignait le trop-plein. Elle va créer des cellules représentant le huis-clos familial.

La France et ses amis qui y sont toujours lui manquent énormément ; à cette époque, personne ne s’intéresse à son travail. Pour recréer un lien avec son pays et ses anciens amis, elle va sculpter des totems (période qui va de 1940 à 1950) qui par leur présence magique établissent un lien avec son cher pays. Je ne sais plus dans quelle région du monde les habitants qui voulaient communiquer entre eux s’adressaient à un arbre, comme s’il s’agissait de leur interlocuteur, ce dernier recevait le message. Un touriste de passage demanda : “Pourquoi vous adressez-vous à un arbre ?” “Parce que je suis pauvre, si j’étais riche j’aurais le téléphone”. Les totems de Louise sont ses arbres de communication.

En 1955 Louise Bourgeois obtient la nationalité américaine.

Elle poursuit inlassablement son œuvre. Son travail est dérangeant, impudique, tragique, on pourrait dire qu’il s’agit d’une œuvre d’adolescente en colère, tous ses phantasmes sont exacerbés. Comme beaucoup de grands artistes, Louise est une écorchée vive. Bien entendu, comme on pouvait s’y attendre, elle défend la cause féministe.

En 1945 Louise Bourgeois présente sa première exposition personnelle ; en dehors de quelques amis, l’incompréhension est totale

En 1973 décès de Robert Goldwater.

Elle devra attendre la soixantaine pour que l’on commence à s’intéresser à son travail. Ce n’est qu’à partir de 1982, Louise a 71 ans, que son œuvre est vraiment reconnue. Le MOMA lui consacre une rétrospective, à compter de ce moment sa notoriété grandit de jour en jour particulièrement aux Etats-Unis. En Europe, elle est encore presque totalement inconnue ; la Galerie Maeght présente quelques-unes de ses œuvres, il faut bien le dire sans grand succès. Son travail peut difficilement être morcelé, une œuvre seule n’a pas beaucoup de sens, chaque pièce est indissociable de l’ensemble. En France, le grand public ne découvrira vraiment son travail qu’en 2005 avec son exposition au Musée d’Art Moderne de la ville de Paris et surtout avec la rétrospective du Centre Georges Pompidou en 2008. Nul n’est prophète en son pays !

Louise Bourgeois sera une éternelle adolescente révoltée et c’est bien cela qui la rend si attachante, toute sa vie a été consacrée à exorciser son enfance. C’est une chercheuse, toujours insatisfaite, elle travaillera avec toutes les techniques possibles, du marbre aux poupées de chiffon, passant des  sculptures monumentales en bronze aux petites sculptures intimistes. Vous vous souvenez certainement de l’araignée géante qui surplombe la tombe de James Ensor, le prince des peintres méritait bien cet hommage.

Si Louise Bourgeois a eu autant de difficultés à faire reconnaître son œuvre, c’est bien parce qu’elle forme un tout difficilement sécable. En France comme je l’ai déjà dit, son travail était peu représenté. Je me souviens avoir vu pour la première fois une ou deux sculptures d’elle chez Maeght, qui je dois le dire, m’avaient sur le moment laissé relativement indifférent, mais comme je sais qu’en art il ne faut jamais se fier au premier regard ; depuis j’ai bien entendu changé d’avis.

Louise Bourgeois fait partie de ces artistes qui n’en finissent pas de grandir lorsqu’ils sont morts, d’ailleurs ils ne meurent jamais.

 

 

 

Images Louise Bourgeois sur Google

 

 

 

Maman

 

 

 

 

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