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Résultat pour “Sortie hors du corps

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BMC - Toro mort et son double
 
         Sortie hors du corps
     Décorporation
     Sortie en astral
     Bilocation
     OBE (Out of Body Experience)
     Sortie consciente et volontaire hors du corps
     Sortie involontaire
     NDE (Near Death Experience)
     EMI (Expériences de Mort imminentes)
                
 
« Où mettre la limite du corps et du monde ? »

                             Maurice Merleau-Ponty


 
Si ces titres ne suffisent pas à vous décourager, c’est peut-être que vous faites partie des personnes qui ont vécu ce genre d’expérience. On dit, selon différents sondages, qu’il y a entre 10 et 30% d’individus ayant connu une expérience de sortie hors du corps, la plupart du temps involontaire, le plus souvent due à un choc émotionnel.

Peut-être avez-vous lu ce merveilleux livre “JonathanLivingston le goéland” . Sans doute ignorez-vous que son auteur, Richard Bach, raconte dans un autre livre ses sorties hors du corps, ce qui pour un aviateur émérite comme lui était certainement une belle expérience. (Un pont sur l’infini).

Je n’aborde ici que les cas le plus souvent appelés “sortie en astral”, qui, très probablement, sont le premier stade des NDE ; c’est-à-dire des expériences proches de la mort.

Maintenant que nos chers amis RBB (vous vous souvenez : “Rationalistes bêtes et bornés“) nous ont très certainement quittés, nous allons pouvoir aborder sérieusement le sujet.

Depuis la plus haute antiquité, on raconte beaucoup d’histoires de ce genre (voir Platon dans la République). Dans toutes les traditions, l’on trouve des exemples. La sortie consciente hors du corps est un des prémices de la sorcellerie africaine, de la sorcellerie en général et, bien entendu, du chamanisme. Le bouddhisme tibétain enseigne le yoga du rêve (yoga de Naropa). Dans l’église catholique, les cas de bilocations sont assez courants, même à une époque récente. Je pense en particulier à Padre Pio (1887-1968), mais aussi à sœur Yvonne-Aimée (1901-1951), à Marthe Robin (1902-1981). puisqu’elle permet de se trouver à deux endroits en même temps et d’y apparaître physiquement. Elle est, si j’ose dire, réservée aux “champions“ de la SHC.
 

Bien entendu la bilocation est une “variante“ du voyage astral. Si ça vous intéresse, je consacrerai un article complet à la bilocation.

Ça y est, ce coup-ci ya plus de RBB    !!!!!

En quelques mots voici ce qui pourrait vous arriver, ou que vous avez peut-être déjà vécu.

Ce genre d’expérience comme je l’ai écrit plus haut peut survenir de façon tout à fait fortuite, en particulier suite à un choc, une anesthésie, un accident. Cela peut aussi arriver le plus simplement du monde dans votre lit durant votre sommeil. Bien que les circonstances diffèrent voici le cas le plus courant.

Au milieu de la nuit, vous vous réveillez, vous flottez au-dessus de votre corps, vous êtes contre le plafond, souvent dans un angle de la pièce. Votre chambre baigne dans un éclairage bleuté, la lumière émane de chaque objet, comme si ceux-ci étaient générateurs de lumière. Bien que l’expérience ne soit pas franchement banale, vous n’avez pas peur, vous ressentez une très grande lucidité d’esprit, une impression de déjà-vu. Une chose est absolument certaine : VOUS NE RÊVEZ PAS.
Ceux qui ont vécu cette expérience disent éprouver une impression de paix, de joie profondes. Pour autant que je sache ces sentiments ne sont pas liés à une quelconque croyance religieuse ou mystique. Cela peut arriver à tout le monde sans exception. Il n’est pas non plus nécessaire de fumer, un ou plusieurs joints, encore que ça peut, peut-être, aider… À voir !
À ce moment, le moindre bruit, le moindre choc vous fera rentrer brutalement dans votre corps. Si vous poursuivez l’expérience, vous allez très vite vous apercevoir que vous pouvez, tel le passe muraille de Marcel Aimé, traverser sans difficulté murs et plafonds.
Ce qui est extrêmement rassurant c’est de savoir (vous pourrez le constater de visu) que votre corps “astral“ est en permanence relié au corps physique par, ce que la tradition nomme : “la corde d’argent”, ce mince fil argenté qui peut s’étirer indéfiniment, garantie incassable, à vie (si vous ne la voyez pas, ne cherchez plus : vous êtes mort)  lol.

Se voir dormir et savoir que la personne couchée en dessous de moi, c’est moi. C’est plutôt rigolo, non ?

Je précise que ce genre d’expérience, tout le monde peut la faire. Il n’est pas nécessaire d’avoir un grain ou même de faire de la peinture.

Si vous sortez de votre corps, ne vous attendez pas pour autant à rencontrer  Napoléon au premier coin de rue, encore moins les  Aliens dont La Muse nous a fait une aussi charmante description. Sans doute l’espace-temps est-il différent. Vous pourrez à la vitesse de la pensée vous retrouver à l’autre bout du monde. Attention si vous habitez au 7e étage, réfléchissez avant de traverser le mur. Le vertige, ça existe même en dehors de notre véhicule terrestre. Le monde astral est le monde de l’émotion.

Sortis de votre corps physique vous n’aurez plus de pouvoir sur lui, il dort. Impossible de parler ou même de faire un mouvement, ce qui aurait pour effet de vous réveiller instantanément. Probablement l’oubli de votre sortie serait instantané.

Sans doute sortons-nous de notre corps toutes les nuits. Souvenez-vous lorsque vous vous endormez, et brutalement vous vous sentez tomber, et cette chute n’a pas de fin tant que vous n’êtes pas réveillé. Et pourquoi tous ces rêves si fréquents de vols ?

Comment sortir consciemment de son enveloppe terrestre ?

Il serait bien trop long de détailler les différentes méthodes. Il existe des exercices de contraction et de décontraction des muscles au moment de l’endormissement. La respiration a aussi une très grande importance. Au moment du “départ“ (provisoire, celui-là) le corps devient lourd comme du plomb. Parfois vous entendrez des bruits “zarbi“, grincements, ronflement, sifflement ; pour ceux qui connaissent les acouphènes ce ne sera pas un problème, pour les autres n’y attachez pas trop d’importance.  Visualiser votre sortie par la tête, la sortie par les pieds étant réservée aux sorciers et à ceux qui pratiquent la magie noire. Je sais bien que ces explications sont du domaine de l’occultisme et sans doute en feront réagir plus d’un. Je ne cherche à convaincre qui que se soit, mon but n’est pas de faire du prosélytisme. Je raconte ; c’est tout. Vous pouvez maintenant faire vos expériences par vous-même. Les personnes hypersensibles devront apprendre à maîtriser la peur, en particulier celle de ne pas revenir. Ce domaine est réservé à ceux qui ont les nerfs solides, comme je l’ai dit plus haut c’est le monde de l’émotion.

Le rêve n’a apparemment rien à voir avec la sortie en astral, en revanche il arrive souvent que le souvenir de la sortie se “mélange“ avec le rêve et laisse des images extrêmement confuses au niveau du subconscient. On se méfiera donc des souvenirs.

Comme je crois vous l’avoir dit cela peut arriver à tout le monde. Souvent à la suite d’un arrêt cardiaque ou d’une anesthésie, ce sont les cas les plus courants. Mais il existe des cas étranges : je connais une personne  qui raconte avoir vécu un dédoublement alors qu’il conduisait sa voiture sans que cela pose de problème. Mais plus étrange encore il a vécu la même expérience, au même endroit bien des jours plus tard ??? Et comme c’est souvent le cas en a gardé un très bon souvenir.

En occident, la pensée est toujours liée au corps, il est donc très difficile d’imaginer un esprit hors du corps physique. Chez nous on localise la pensée au niveau du cerveau, en orient le plus souvent c’est au niveau du cœur qu’elle se situe. Pourquoi la pensée serait-elle liée aux organes ? On peut se poser la question.

Les principales traditions ésotériques enseignent que le corps physique “contient“ 7 corps imbriqués les uns dans les autres, chacun d’entre eux ayant un niveau de vibrations différent.

On peut vivre le voyage astral à plusieurs niveaux, sans doute en fonction du corps de référence, le premier ressemble au monde que nous connaissons. À d’autres degrés, certains prétendent y avoir rencontrer leur maître spirituel. À découvrir par vous-même. Il n’y a peut-être pas que dans le domaine géographique ou spatial  que l’on peut encore faire de grandes découvertes.

J’espère vous en avoir dit suffisamment pour titiller votre curiosité et vous donner envie d’aller jeter un œil de l’autre côté du miroir.

J’aurais pu joindre à cet article des quantités considérables de témoignages de personnes connues ou inconnues, de savants plus ou moins célèbres, relater toutes les recherches faites par des scientifiques tout à fait dignes de foi. Mon but n’est pas de chercher à convaincre qui que ce soit. Vous vous souvenez de ce que disait Jacques Bergier : “Je suis le scribe des miracles“, j’aimerais pouvoir en dire autant.

Si vous avez des difficultés techniques, demandez à votre chat, lui il n’a pas de problème.

Bon voyage, et même si vous êtes bien “là-haut“ revenez-nous vite, on a encore besoin de vous sur le plancher des vaches.

Satprem à qui l’on demandait : “Est-il vrai que l’on peut sortir de son corps ? “ Aurait répondu : “ Oui, et alors…“


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Publié le par La Muse
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“âme :  anima, souffle, vie. Principe de vie et de pensée de l’homme animant son corps. Rendre l’âme = mourir. Ce principe, conçu comme un être spirituel, séparable du corps, immortel et destiné à être jugé..”

J’ai un vieux Larousse qui date de 1999 et “ils” n’ont pas pris la peine de mettre un H à homme … ce qui laisse à penser qu’ils en sont encore à douter que la femme en possède une !!!

Duncan Mac Dougall, au début des années 1900, a fait des expériences, cherchant manifestement à prouver son idée première ( ce qui est déjà anti-scientifique  en diable et complètement hors-norme au point de vue de la recherche ) . Il a pris quelque chose comme une dizaine (vérifiez vous-même, moi, ça me gonfle – p’têt un peu plus, mais à peine) de mourants (of course) et a placé sous leur lit une balance, dans l’idée de calculer la variation de poids des patients au moment précis de leur mort (alors là, déjà, faut être bon …)
Le hic (entre autres), c’est qu’il choisissait soigneusement les mourants en fonction de leur affection (fallait pas qu’ils bougent trop; donc, fallait pas qu’ils souffrent trop non plus … non mais, des fois !!!)
Très (TROP) peu nombreux. RIEN QUE DES MECS (où vous avez entendu dire que les nanas avaient une “âme” ?????)

Après, histoire de prouver qu’il avait raison, il a refait l’  “expérience”   avec une poignée de chiens (l’histoire raconte qu’il les aurait peut-être aidés un peu à trépasser à heure fixe, sans bouger … mais qui peut se poser la question ???)
Et alors là  - ô miracle – il a déclaré que les chiens n’avaient pas varié de poids… Mais alors PAS DU TOUT, DU TOUT !!!
Donc, les chiens n’ont pas d’âme. 
CQFD

Bref, ce sinistre passe – à juste titre – pour un rigolo dans la sphère scientifique … mais, en attendant, reste bien ancrée dans l’esprit de tout-un-chacun l’idée reçue que quelque chose, bien spécifique à l’homme, s’échappe du corps au moment précis de la mort…

Pourquoi je vous raconte ça ?

Parce que j’ai vécu (il y a fort longtemps, mais va falloir vous y faire) une expérience des plus troublantes…

Il s’appelait Memphis; c’était un berger belge magnifique, costaud, gentil, intelligent et très proche de nous. Un jour, un … allez on dira un “gamin”… l’a renversé avec la voiture qu’il avait “empruntée” à son père. Et plus rien rien n’est allé droit… Opération, re-opération…

Ce matin-là, j’étais dans la salle de bains lorsque j’ai entendu un profond, un terrible soupir. Je suis sortie en trombe. Il était par terre, couché dans le couloir, inerte.

Et là…

Eh bien là, et ça n’a pas duré longtemps, et il fallait être présent et attentif … Juste à ce moment

 

précis. Je suppose aussi – vu la configuration des lieux – que la lumière devait être diffuse.

Et puis, il fallait un témoin : le chat Chnoua ( = pas n’importe quel chat !)
 

 

Chnoua   -   Photo B.M.C.
 
 
J’ai vu – NOUS avons vu – une “fumée”, un “nuage” très dense sortir par le haut du crâne de ce qui avait été Memphis. Pas un truc nébuleux. Quelque chose de véritablement “matériel” – blanchâtre – épais. Qui montait doucement en direction du plafond…

Sur le moment, je n’ai pas vraiment compris ce qui se passait. J’ai suivi du regard la “fumée” puis je me suis suis aperçue que  le chat Chnoua – assis de l’autre côté du couloir (donc, avec un autre point de vue, une autre lumière, etc…) regardait également attentivement – levait la tête comme moi … Puis “ça” a disparu.

Inutile de me rétorquer un truc genre “exhalation”. Il avait déjà soupiré-expiré. Et “ça” ne venait pas de sa bouche mais DU HAUT DE SON CRÂNE.

Je ne sais pas ce que c’est, mais je - non, pardon, NOUS  - l’avons distinctement vu, suivi…
Le regard que m’a jeté le chat Chnoua au moment de la dissolution du “nuage” était empreint de sagesse : “bon, voilà…” puis il a “tourné les talons”…
C’est à ce moment seulement que j’ai compris que Memphis, mon chien chéri, venait de mourir.


< un petit détail en passant : je ne sais pas vraiment ce qu’est supposée être l’âme – je n’y crois pas vraiment – j’ai rien à prouver…>


NB : pardon si j’ai plombé l’ambiance !

 



 
*

 

Publié le par BMC

Il y a un mystère dans ma vie (...) dont la base est que je ne suis pas né à Marseille le 4 septembre 1896, mais que j’y suis passé ce jour-là, venant d’ailleurs, parce que, en réalité, je ne suis jamais né et que je ne peux pas mourir. Pour les ânes médico-légaux, c’est du délire; pour certains de la poésie; pour moi, c’est de la vérité comme un bifteck pommes frites ou un coup de vin blanc au comptoir d’en face”                                                                                 Antonin Artaud

 

Petite fleur - Photo BMC

En 1957 j’habitais en Belgique, un triste jour je reçu du consulat de France une convocation pour rejoindre au plus vite Brive la Gaillarde afin de remplir mes obligations militaires, c’est comme ça que l’on disait à l’époque. C’était la guerre d’Algérie, “la pacification”, enfin vous connaissez la suite... J’avais la ferme intention d’être objecteur de conscience, malheureusement la famille veillait, mon père crut bon de me rappeler comment son frère était mort à la guerre. Comme si cela allait m’encourager! Enfin j’abandonnais cette idée qui a été probablement le plus grand regret de ma vie. Je suis arrivé à Brive avec 11 jours de retard, c’était déjà ça de gagné. J’étais attendu de pied ferme, à peine passé le poste de garde on m’amena manu militari jusqu’au bureau du capitaine commandant la compagnie. - Ça fait longtemps qu’on vous attendait ! - Excusez-moi Monsieur, mais comme j’habite en Belgique, le temps que je reçoive mes papiers... A voir sa tête je voyais bien ce qu’il devait penser : “il me prend pour un idiot ou quoi ! ” - Bon en tout cas il faudra que vous rasiez votre barbe, et puis sachez qu’ici il n’y a pas de Monsieur, vous devez m’appeler mon capitaine. - Non Mon cap.. j’ai l’intention de garder, ma barbe. Le capitaine qui commençait à ne pas apprécier la plaisanterie me répondit que dans ce cas je devrai faire une demande au colonel par voie hiérarchique. Bien m’en pris, j’obtint l’autorisation de la garder à condition de laisser tout pousser sans la tailler. Depuis Napoléon (au fait c’était quoi son prénom à celui-là ?) une loi stipulait que seul les marins, allez donc savoir pourquoi, avaient le temps de tailler correctement leurs barbes, mais à Brive la gaillarde il n’y avait pas de marine.  Je fus grâce à ce subterfuge, barbu exempté de garde et de défilé. Monsieur le capitaine prit congé de moi en ces termes: - Bon comme vous voulez, vous serez affecté à la première section en temps que grenadier voltigeur (Ce n’est que plus tard qu’à ma demande je suis devenu infirmier). L’expression me plut beaucoup, je n’imaginais pas que des militaires pouvaient à ce point faire preuve de poésie. Moi qui n’ai jamais pu lancer une grenade à plus de trois mètres, ce n’était pas ce qui me convenait le mieux, pour la voltige non plus je n’étais pas très doué, mais bon ici on ne discute pas. Le jour même, avec mes futurs “coreligionnaires” nous étions convoqué dans une salle, où un quelconque sous officier demanda à ceux qui savaient écrire de bien vouloir noter leur première impression, l’un d’eux résuma très bien la situation en six mots:
“Ciel gris, murs gris, matière grise” Et nous voici maintenant 28 mois (moins 11 jours) après le jour où j’aurais normalement dû faire mes premiers pas au service de la France. Il leur aura fallu tout ce temps pour s’apercevoir que finalement je n’étais pas  de la bonne graine à fusil. je suis enfin libéré, et comme il n’est pas question que je retourne en Belgique, c’est tout naturellement que je décide de m’installer à Paris, ville des arts, des musées et de tout ce qui me passionne. En ce temps là il suffisait d’ouvrir le journal à la page des petites annonces, et c’était dans la poche. Comme je ne pouvais pas espérer vivre de ma peinture, j’ai commencé ma carrière comme commercial, 50.000Fr. par mois payés en espèces dans une enveloppe marron, c’était pas terrible mais ça permettait de survivre.
C’est Boulevard de Courcelles, dans les beaux quartiers face au parc Monceau que j’ai négocié le prix de ma chambre de bonne, la propriétaire en voulait 13.000 Fr.  Je lui ai expliqué que comme j’étais superstitieux ça me posait problème, sans doute ai-je été suffisamment convaincant le loyer fut ramené à 12.000. A vrai dire ça ne méritait pas davantage, après avoir passé l’entrée de service de l’immeuble il fallait descendre quelques marches, tourner au niveau des poubelles pour ensuite remonter 7 étages à pied. La pièce minuscule   se trouvait tout au fond d’un interminable couloir Kafkaïen, elle était éclairée par un demi œil de bœuf. Elle aurait très bien convenue à un moine trappiste, le mobilier était réduit à un petit lit en fer, une table de toilette un broc, une cuvette, une table et une chaise, pas de chauffage et l’eau à l’autre bout du couloir. Pas question de brancher le moindre appareil électrique, les plombs de l’étage sautaient et plongeait tout le monde dans l’obscurité.
Pardonnez-moi cette introduction un peu longue, mais je crois qu’il était important de planter le décor. Et c’est maintenant que tout commence : Un soir, qui allait sans doute devenir le moment le plus important de ma vie, après une journée tout ce qu’il y a de plus banale, je m’étais endormi comme  d’habitude, je crois me souvenir qu’il faisait très froid. Au milieu de la nuit j’ai subitement  pris conscience de me trouver en train de flotter au dessus de mon corps, c’était bizarre je me regardais dormir et pourtant j’étais au dessus, je n’avais pas conscience d’être dans un autre corps, je ressentais très bien ma respiration, c’est tout. J’avais une curieuse impression celle d’occuper tout l’espace de la pièce, une chose était certaine Je ne rêvais pas, j’étais dans un état de conscience différent, je me sentais capable de résoudre tous les problèmes, jamais je n’avais été aussi lucide, jamais je ne m’étais senti aussi bien. je prenais conscience des objets de l’intérieur, je ne vois pas comment le dire autrement. Des objets en question irradiait une lumière bleue. Beaucoup plus tard j’ai eu l’occasion à la centrale atomique de Saclay de me retrouver sur “le plongeoir” (c’est comme ça qu’on l’appelle)  de la pile atomique au cœur de la piscine, et le bleu qu’irradiaient les barres me rappela mon expérience c’était exactement la même lumière. Jamais de ma vie je ne m’étais senti si bien, la chambre n’était pas bien grande je me trouvais près du plafond et c’est à ce moment qu’est survenu une chose bien étrange: je suis passé à travers le mur, je voyais tout en perspective, il devait être tard l’immeuble en face avait quelques fenêtres allumées, c’est à ce moment que j’ai pris conscience du vide en dessous de moi j’ai été pris de vertige et instantanément j’ai regagné mon corps physique, celui-ci me paraissait lourd comme du plomb. Ne vous étonnez pas si plus tard dans mes séries de peinture il y en a une qui s’intitule “Le poids de la matière”. Jusqu’au matin je ne me suis pas rendormi, je venais de vivre une expérience exceptionnelle, je prenais conscience de l’événement que cela représentait. Je savais maintenant que l’esprit pouvait exister en dehors du corps, je savais aussi que plus jamais je n’aurai peur de la mort, tout ça je le savais avec toute ma masse, rien ni personne ne pourra jamais me faire douter de cela. Non l’esprit ne demeure pas dans le cerveau comme le pensent les occidentaux. Il n’est pas non plus dans le cœur comme le disent les orientaux, pourquoi serait-il situé dans un organe? Et maintenant se posait la grave question, fallait-il en parler ? J’allais passer pour un doux dingue. J’imaginais ce que penseraient mes interlocuteurs : “Tu as fumé la moquette ou quoi ? ”, une ou deux fois j’ai essayé, cela provoquait généralement un petit sourire en coin qui en disait long. “Ah oui ce rêve ue tu m’as raconté”. Non ce n’était pas un rêve. A cette époque personne n’avait jamais  entendu parlé de ce genre de baliverne. Je pris donc le partie d’enfouir tout ça dans le cimetière de mon jardin secret, à cette époque il y avait encore un peu de place. Bien sûr j’ai cherché dans la littérature existante ce qu’il pouvait y avoir sur le sujet. Mais en dehors des livres d’occultisme, il n’existait rien. J’ai lu et relu la méthode de dédoublement personnel de Charles Lancelin. Je suis même allé chez un pharmacien demander que l’on me fasse une préparation censée aider à sortir de mon corps, malheureusement celle-ci contenait certaines drogues illicites, et bien entendu, je n’avais pas d’ordonnance. Je me rappelle la tête du potard lorsque je lui ai expliqué l’usage que je voulais en faire. Enfin en 1975 paraissait un ouvrage sérieux sur le sujet, le docteur Raymond Moody publiait “La vie après la vie”. Dans ce livre de nombreux témoignages faisaient état de sorties hors du corps, et à un niveau bien supérieur à celui que j’avais connu. Tous racontaient la même histoire, quelle que soit leur nationalité ou leur religion, les enfants aussi (voir leurs dessins). Cela commençait toujours par la décorporation telle que je l’avais vécue suivie du passage dans un tunnel qui menait à une lumière blanche très forte mais qui n’éblouissait pas. Ceux qui s’y sont “baignés” disent avoir ressenti une impression d’amour, de chaleur intense, inimaginable sur terre. Parfois la personne voit en quelque secondes défiler sa vie. Le temps et l’espace semblent ne plus exister à ce niveau. Comme je ne vais pas vous raconter tout le livre du célèbre docteur, je vous conseille de le lire. Cet ouvrage fit beaucoup parler et ceux qui avaient vécu ce genre d’histoire se décidèrent enfin à dire des choses, les langues se délièrent. De nombreux médecins, particulièrement des anesthésistes, s’intéressèrent à la question. Le docteur Moody et bien d’autres firent paraître de nombreux autres ouvrages sur le sujet. En parler n’était plus tabou.

 

Comment expliquer que le peintre Jérome Bosch (1453 - 1516 ) peignit le fameux tunnel?

 Les expérimentateurs (c’est ainsi qu’on les nomme) ne sont pas forcément des mystiques, ils n’ont pas forcément une croyance particulière, ce sont des gens comme vous et moi. Parfois certains ajustent leur expérience en fonction de leur religion, mais c’est quand même toujours le même schéma de base, même si pour certains la lumière au bout du tunnel est assimilée à leur Dieu. Après avoir vécu ce genre d’événement on voudrait bien le vivre à nouveau.  J’ai  lu et relu le livre des morts tibétains, lui aussi racontait la même chose. Aux tibétains on pouvait faire confiance, cela ne faisait jamais que plus de 3.000 ans qu’ils étudiaient le problème, et comme de plus ils ne sont pas déiste leur connaissance est plus basée sur la philosophie et l’expérimentation que sur une quelconque foi religieuse. Pour eux l’expérience post-mortem semble encore faire partie du Samsara, mais ne compliquons pas les choses. Même les scientifiques se sont intéressés à la question voir, entre autres le livre du physicien Jean E. Charon : “Mort voici ta défaite”.Dans cet ouvrage le célèbre physicien explique que les électrons entrant dans la constitution de notre corps ressemblent à de minuscules “trous noirs”. Ces éléments enferment un espace et un temps différents. Cet espace-temps nouveau possède des qualités qu’il faut bien se résoudre à qualifier de spirituelles. Ce serait dans ces électrons “pensants” appelé éons que notre esprit tout entier serait contenu. Ces particules ayant une vie pratiquement éternelle, dans le passé comme dans le futur, je vous laisse imaginer la suite. Pour en savoir plus lire le livre de J.E.Charon. Voir aussi les recherches menées par Elisabeth Kubler Ross. Les témoignages sont trop nombreux pour êtres cités dans ce billet. La plupart des expérimentateurs ont vécu ces expériences après avoir subi  un accident violent. Souvent alors même qu’ils sont endormis par anesthésie ou considérés comme “mort clinique” parfois depuis plus d’une heure, ils reviennent et curieusement le plus souvent ils semblent ne pas garder de séquelles de leur passage de l’autre coté du miroir. Voir plus loin quelques témoignages vidéo. Parfois cela peut arriver durant le sommeil, mais c’est plus rare, mon histoire personnelle en témoigne. Souvent les victimes, endormies artificiellement, inconscientes, vont à leur réveil faire des déclarations étonnantes, révéler des choses qu’elles ne pouvaient pas voir, pourquoi tel chirurgien s’est-il comporté de telle ou telle façon, pourquoi tel autre n’avait pas les mêmes vêtements. Parfois elles rapportent des conversations que nul n’avait pu répéter, conversations parfois tenues loin de la salle d’opération ? Après cette expérience leurs vie est le plus souvent transformée, les valeurs matérielles ne comptent plus, une expérimentatrice qui avant son expérience était professeur de danse à son réveil se retrouve sculpteur. Un homme qui était garagiste ne comprend pas pourquoi le mot quanta “le poursuit” alors même qu’il ne sait pas ce que cela veut dire, pour se débarrasser du problème il ira chez un libraire et racontera un gros mensonge “figurez-vous c’est pour un concours, on me demande des renseignement concernant quanta?” le libraire lui trouva un livre sur la physique des quantas et l’homme s’aperçut à son grand étonnement qu’il comprenait presque tout. Il y a des cas plus dramatiques : celui d’un homme qui venait d’avoir un accident de moto et voyait les urgentistes discuter pour savoir si sur l’homme en question on pouvait prélever le cœur, et lui d’en haut voulait crier “arrêtez je suis vivant”, de retour dans ce que vous appelez le monde de la réalité  il a bien dû raconter cette histoire mais sans doute pas aux médecins. De quoi faire réfléchir sur les dons d’organes...

Les expérimentateurs disent tous, lors de leurs expériences, lire dans la pensée des personnes, elle savent à l’avance ce qu’elles vont dire. De même la vue n’est plus directive, on voit de tous les cotés à la fois sur 360 degrés. Pour se déplacer il suffit de penser à l’endroit où l’on veut se rendre, l’effet est immédiat. Comme les images valent souvent mieux qu’un long discours voici quelques documents que je vous conseille de consulter, il en existe des quantités sur le net.
                    
                                                  
                                              
Quelques liens sur ce blog            
                                      
                             

Sortie hors du corps                  
            

 

                              
                             
Elisabeth Kübler-Ross, l’ange de la mort
                          

                     
                 ☆

 

Publié le par BMC
Publié dans : #B.M.C.

 

“ ON A VITE FAIT DE DIRE C’EST PUERIL, CE QUI EST PUERIL, C’EST DE SE FIGURER, QU’EN SE BANDANT LES YEUX DEVANT L’INCONNU, ON SUPPRIME L’INCONNU ”                                                                                   

                                                                          Victor Hugo

 

 

 

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Apollonius de Tyane (Photo réalisé avec truquage )

 

 

Dans un précédent article, je vous ai parlé du dédoublement, où si vous aimez mieux de la sortie hors du corps et du voyage astral.

 

Comme je vous l’avais promis, je vais maintenant aborder le sujet de la   bilocation et de la translation.

 

On parle de bilocation lorsqu’une personne est aperçue ou semble être présente simultanément en deux endroits distincts et agit “normalement”.

 

On parle de translation lorsqu’une personne disparaît du lieu où elle se trouve pour reparaître ailleurs sans que l’on puisse voir une différence dans son attitude habituelle.

 

Si la personne apparaît après son décès, il s’agit d’une apparition ce qui n’est pas du tout la même chose.

 

Je pense qu’il était nécessaire de donner ces précisions, on a trop souvent tendance à confondre ces différents états.

 

Bien entendu dans un music-hall un magicien qui fait disparaître quelqu’un de la scène pour le faire réapparaître au fond de la salle, le remplace tout simplement par un jumeau. Compte tenue des personnes dont il sera question dans cet article, il serait bien difficile de penser qu’ils utilisent des jumeaux ou tout autre stratagème pour tromper leur  monde.

 

Ce genre de phénomène apparaît le plus souvent chez des mystiques. Dans le bouddhisme, dans l’hindouisme, on relate fréquemment ce genre d’histoire. Chez les chamanes, on retrouve de nombreux exemples, souvenez-vous des alliés dans l’œuvre de Carlos Castanéda. L’église catholique romaine est particulièrement riche en cas de ce genre. Voici une liste non exhaustive de mystiques chrétiens s’étant signalés dans ce domaine :

 

 

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L’église parle rarement de ce genre “d’exploit” qui ne prouve rien et à une certaine époque était même considéré comme une  manifestation diabolique.

 

Dans l’Antiquité, on cite de nombreux cas, en particulier Apollonius de Tyane. Sans doute Jésus marchant sur les eaux était-il en bilocation. Mais tout ça est tellement loin…

 

 

 

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Marthe Robin  (Photo réalisé avec truquage )

 

 

Heureusement pour nous il existe des cas plus  récents, je pense à Padre Pio (†1968), à Marthe Robin (†1981), Sœur Yvonne Aimé (†1951) Le maître Philippe de Lyon (†1905). Et un cas très intéressant, une personne laïque Emilie Sagée († après 1850) qui apparemment n’avait aucun penchant mystique et dont je vous parlerai en fin d’article.

 

 

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Maître Philippe  (Photo réalisé avec truquage )

 

 

Comme dans le voyage astral, un choc émotif peut provoquer une bilocation ou une translation, c’est probablement ce qui est arrivé à Goethe qui se voit face à lui-même vêtu d’un costume gris perle. Guy de Maupassant  se découvre à plusieurs reprises assis à son bureau en train d’écrire juste en face de lui (non il n’y avait pas de miroir !). Difficile de mettre en doute la parole de personnalités aussi dignes de foi.

 

 

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Guy de Maupassant   (réalisé avec truquage )

 

 

Les personnes ayant le don d’ubiquité ne se limitent généralement pas  à ce seul don. Ils leur arrivent souvent de s’exprimer dans plusieurs langues (glossolalie) et aussi de faire des prédictions qui se révèlent exactes, comme on le verra plus loin concernant Mère Yvonne Aimée ; mais ce sera peut-être le sujet d’un autre article.

 

Et maintenant quelques petites histoires :

 

Comme il serait fastidieux d’étudier un très grand nombre de cas, je préfère me limiter à trois personnages particulièrement caractéristiques : Mère Yvonne Aimée, Padre Pio et Emilie Sagée.

 

 

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Mère Yvonne Aimée décorée de la légion d’honneur par Charles de Gaulle.

 

 

 

MERE YVONNE AIMEE

 

Son cas est extraordinaire, elle est la fondatrice de l’Ordre des Augustines Hospitalières.

 

Durant la seconde guerre mondiale , elle va avoir  un rôle important au sein de la résistance, abritant dans son couvent des soldats français et alliés ainsi que des maquisards.

Son don d’ubiquité va lui permettre de réaliser de nombreuses missions secrètes. Voici une histoire que raconte le Père Labutte, confident et maître spirituel d’Yvonne :

 

Dimanche 24 janvier 1943. Mère Yvonne fait part de son inquiétude : “Je fais un travail important et scabreux en ce moment et j’ai besoin de vos prières”.

 

Elle savait qu’on l’avait dénoncée à la Gestapo. Très rapidement elle est arrêtée et conduite à la prison du Cherche-Midi (et non rue Lauriston comme cela est parfois mentionné, la prison en question se trouvait 54 Bd. Raspail ) où elle va être incarcérée et torturée.

 

Ayant eu la prémonition de ce qui allait lui arriver, elle avait pris la précaution de rédiger des télégrammes destinés à prévenir et demander les prières de ceux qui pourraient l’aider. Une des sœurs du couvent était chargée de les envoyer si nécessaire.

 

Le télégramme était ainsi rédigé :

 

“Yves clinique avec Germaine, depuis Midi.”

 

 

Traduire :

 

Yves = Yvonne.

Germaine = Allemands, (germanique).

Clinique = Incarcération douloureuse, tortures.

Depuis Midi = Prison du Cherche-Midi.

 

 

À la réception de ce télégramme, le Père Labutte décide d’aller à Paris accompagné de sa maman qui désirait rendre visite à une de ses nièces ; bien entendu, la maman n’est pas au courant de ce qui vient d’arriver à Mère Yvonne Aimée.

13 heures  A Paris-Montparnasse le Père Labutte descend les escaliers du métro, sa mère le précède de quelques mètres, dans le couloir qui mène au quai, il se retourne et se retrouve brusquement face à Mère Yvonne Aimée en habits civils. “Marche, marche dit-elle” (tutoiement non habituel), c’est une heure d’affluence, ils montent tous deux dans le wagon en s’arrangeant pour être à quelque distance de sa maman qui n’a rien remarqué. “Alors vous êtes libérée ?” demande le Père.

Yvonne à juste le temps de lui dire : “Non je ne suis pas libérée … Je suis en prison …Je subis la torture, debout, devant un mur…J’ai la tête dans une sorte d’étau…”

C’est seulement maintenant que le père Labutte comprend qu’il s’agit du double de Mère Yvonne Aimée. “Vous êtes en deux endroits ?” demande-t-il”, pour toute réponse elle incline la tête. Dans son rapport, le Père fait part de son étonnement de voir Yvonne aussi réelle, il l’entend respirer, son visage

exprime la douleur, il la touche. Non ce n’est pas un fantôme !

Arrivée à la station Denfert-Rochereau, Yvonne descend se fond dans la foule et DISPARAIT.

Le Père Labutte doit accompagner sa mère jusqu'à Pantin, ce trajet lui paraît interminable, changement à Porte d’Italie, enfin on arrive au terminus Eglise de Pantin, le Père Labutte marche derrière sa maman, dans l’escalier qui mène à la sortie un des vantaux de porte est poussé par quelqu’un, c’est Yvonne Aimée, toujours en civil, elle a juste le temps de lui murmurer : “Prie ! prie ! Si tu ne prie pas assez, on m’embarque ce soir pour l’Allemagne ! Ne le dis à personne !”

 

Une  autre bilocation survenue le 17 juin 1929 devant cinq sœurs qui témoigneront toutes de l’exactitude des faits :

 

Yvonne sort à peine d’une extase, elle cause avec les religieuses qui se trouvent là lorsque subitement elle semble s’endormir, comme à chaque fois que cela arrive elle fait un violent soubresaut, un sinistre craquement retentit, tout son corps est agité de tremblements. Elle commence à parler en anglais :“Good night…you are a lazy man”. Ensuite elle récite le Pater et l’Ave toujours en anglais. Maintenant elle parle allemand (langue qu’elle ne connaît pas), puis dans une langue inconnue, elle fait des gestes, semble écrire et donner sa signature. Comme cela dure la Mère supérieure qui se trouve là, craignant qu’elle ne souffre lui demande de revenir. Immédiatement elle est agitée d’un soubresaut puis revient à son état normal. Elle prétend revenir d’Argentine, d’Allemagne, d’Angleterre et de Pologne (rien que ça !). Dans ce cas, on peut parler d’une quadruple bilocation. Elle semble très fatiguée et demande qu’on lui refasse ses pansements (déjà à cette époque, elle avait reçu les stigmates).

 

 

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Mère Yvonne Aimée  (réalisé avec truquage )

 

 

Lors de son procès en béatification de nombreuses personnes sont venues témoigner, ceux qui l’ont vu en deux endroits en même temps sont nombreux, c’est grâce à ces témoins que nous en savons davantage, et que nous connaissons bien des histoires qui sans cela seraient restées dans l’oubli.

 

Ses premières “sorties” étaient destinées à aller chercher des hosties volées en vue de profanation, hosties qu’elle ramenait matériellement au couvent.

 

On dit que lors du sabordage de la flotte à Toulon elle aurait guidé un sous-marin à travers un “ champ” de mines. Ses bilocations sont beaucoup trop nombreuses pour que je vous les raconte toutes.

 

Comment se passent les bilocations chez Mère Yvonne Aimée ?

 

 

Fréquemment une extase précède la bilocation.

 

La position ne semble pas très importante, le plus souvent elle sera allongée sur son lit, elle  peut aussi se trouver dans une autre posture, assise, à genoux ou même exceptionnellement debout. Généralement elle joint les mains. D’autres fois elle va effectuer des tâches ménagères, on l’a vue cuisiner avec d’autres sœurs, dans le même temps elle était dans sa cellule en train d’écrire une lettre. Dans ce cas, la personne qui se trouvait à la cuisine semblait absente “agissait de façon mécanique”.

 

Les témoins perçoivent d’abord ce que certains appelleront un déclic, d’autres parleront d’un craquement, “on croit que tous les os vont craquer”. Certaines sœurs parleront d’emboîtement. Voici ce que dira Mère Marie-Anne : “On sentait très bien qu’il se faisait un dédoublement. Elle avait comme un déclic, comme une grosse commotion électrique, et je n’ai jamais pu m’y habituer. Quand j’étais avec elle je sautais comme elle” (Témoignage recueilli le 11 décembre 1955).

Le déclic (nous l’appellerons ainsi) se produit au moment du départ et au retour. Plus elle va loin et plus le déclic est fort. Lors de son retour certaines sœurs diront “Elle débiloque”.

 

Le déclic est le plus souvent suivi de tremblements de tout le corps.

 

Après ses bilocations Yvonne est très fatiguée.

 

La durée des bilocations peut être très courte ;  cela va de 2 minutes à 5 heures dans des cas exceptionnels.

 

 

Les missions de Mère Yvonne étaient très variées, voici quelques exemples :

 

-Aide aux pauvres

-Sauvetage de 3 marins pêcheurs (21 et 22 décembre 1927)

-Intervention auprès des profanateurs d’hosties et récupération des hosties (plusieurs fois)

-Intervention dans des incendies (10 mai et 5 août 1927)

-Capture de malfaiteur (29 octobre 1927)

-Évasion de 3 prisonnier en stalag (4 juillet 1941)

-Évasion d’un Polonais dont elle a le sentiment de prendre la place (9 juillet 1941)

-Guérison de malades (14 décembre1927, 21 et 22 décembre 1927, 27 décembre 1927)

-Visites à des réunions de portée nationale ou internationale

-22 décembre 1927 : Elle semble présider une conférence au Portugal

-Intercession pour une guerre qui cesse dans le désert

-Rencontre avec Hitler en 1941 (témoignage du 14 janvier 1958 et du 8 janvier 1967) Que se sont-ils dit ? Comment cela s’est-il passé ? Probablement ne le saurons-nous jamais !

 

À noter que les personnes qui rencontrent Yvonne Aimée en dédoublement  ont le sentiment de faire une rencontre normale. Lorsque le Père Labutte, qui la connaît bien, la rencontre dans le métro, il est persuadé qu’elle a été libérée.

 

Yvonne Aimée parle très peu de ses bilocations, qui d’ailleurs se produisent souvent la nuit sans témoins. Impossible d’en connaître le nombre exact. Voici quelques phrases dans lesquelles elle semble se livrer :

 

“Je biloque souvent pour l’Amérique, ils sont persuadés que je ne quitte pas leur pays, mais j’y suis chaque fois qu’ils ont besoin de moi.”

 

“Quelquefois, je ne sais pas comment cela se fait, je suis au lit et à la messe quand même. Je ne sais pas si c’est mon esprit qui y est, ou si j’y suis avec mon corps. Je ne peux pas contrôler. Mais pourtant, je suis au lit ! À la messe aussi, car je me tâte, je me sens bien et vois bien que j’y suis…Je ne comprends pas, mais ce n’est pas la peine. Ça y est. Cela suffit. Pourquoi chercher à comprendre ?”

 

Le 22 décembre 1927 elle écrit : “La nuit dernière j’ai biloqué trois fois, et j’ai causé beaucoup d’ahurissement… et de joie.

“J’ai guéri le bébé de C.J.”

“Maintenant, quand je passe chez les gens, la nuit ou le jour, sans que je me montre, j’allume une lampe ou l’électricité, leur montrant par là, la réalité de mon passage…

C’est tout à fait amusant.”

Suite à la guérison du bébé, elle écrira plus loin :“Depuis j’ai très mal à la tête. Mais je supporte cela mieux que ce pauvre mignon.”

 

Elle précisera qu’elle peut passer à travers portes, murs ou tout autre obstacle (voir mon article sur le dédoublement).

 

À la libération Mère, Yvonne Aimée a reçu six décorations dont la légion d’honneur. Le général de Gaulle s’est déplacé spécialement à Vannes pour la lui remettre. Le général restera en contact avec Yvonne (ne pas confondre avec “tante Yvonne”) jusqu’en 1951 date à laquelle elle quitte ce monde.

 

 

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Padre Pio  (Photo réalisé avec truquage )

 

 

PADRE PIO

 

Je n’aborderai ici que ce qui a trait  à la bilocation. Il y aurait bien d’autres choses à dire le concernant.

 

Padre Pio se rendait très rarement à Rome, il y vint en 1917 pour accompagner une religieuse. Pourtant la Révérende Mère Espoir, fondatrice de l’ordre des Servantes de l’Amour miséricordieux, affirme avoir vu Padre Pio tous les jours pendant un an. Elle est certaine de l’avoir rencontré physiquement et n’a aucun doute sur la réalité de ces rencontres.

 

 

Le général italien Cadorna suite à une défaite militaire devint dépressif au point de décider de se suicider. Un soir, il donna des instructions afin de ne pas être dérangé, enfermé, seul dans sa chambre, certain que personne ne viendrait, il prend son pistolet, au même moment il voit devant lui un moine inconnu ; celui-ci s’adresse à lui :“Oh, mon général, désirez-vous vraiment commettre pareille bêtise?” Le général furieux s’en prit au gardien qui avait soi-disant laissé entrer ce moine. Ce n’est que beaucoup plus tard qu’il apprit à qui il avait eu à faire.

 

Concernant le Padre Pio, les témoignages de ses bilocations sont très nombreux, en voici un autre :

 

En 1951 Padre Pio célèbre une messe chez des religieuses tchécoslovaques. À la fin de la cérémonie (avec Padre Pio les messes durent parfois plus de trois heures), après qu’il ait distribué la communion, les sœurs qui n’étaient pas prévenues de la venue du saint homme se précipitent à la sacristie pour le remercier et lui offrir une tasse de café, ne voyant personne elles comprirent qu’il s’était rendu chez elles en bilocation. Il fut confirmé qu’au moment de la messe, il se trouvait ailleurs.

 

 

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Émilie Sagée et son double   (Photo d'époque sans truquage???) 

 

 

 

EMILIE SAGEE

Panique à l’école !

 

 

En 1845 - Pour ceux qui comme moi ne le sauraient pas, du moins jusqu'à aujourd’hui, existait  un  territoire au nord de la Lituanie dénommé La Livonie. C’est là près d’une petite ville du nom de Volmar que se trouvait un institut pour jeunes filles nobles : le pensionnat de Neuwelcke.

 

Émilie Sagée, une Française de trente-deux ans originaire de Dijon, avait été engagée comme professeur de langue. La jeune femme est gaie, intelligente, de plus elle n’a que de très bonnes références. Bref le Directeur Herr Bush est ravi.

 

Bientôt un bruit court, “il se passe des choses bizarres !” Des élèves prétendent avoir vu Émilie à tel ou tel endroit alors que d’autres disent la voir  à  l’opposé. Les élèves ne tardent pas à en parler à  d’autres professeurs. Au fil des jours, la rumeur grandit.

 

Un jardinier la rencontre dans la cour, lui dit bonjour, elle ne répond pas à ce moment-là, elle est censée être avec les autres professeurs au réfectoire. Effectivement elle s’y trouve bien en grande discussion avec ses collègues. Complètement ébahi notre jardinier retourne dans la cour et retrouve Émilie…

 

Malheureusement pour Émilie, les choses s’accélèrent. Un jour qu’elle fait une démonstration au tableau noir devant treize élèves, ce n’est plus une Émilie, mais deux qui côte à côte font les mêmes gestes, seulement l’une des deux a un morceau de craie et écrit tandis que l’autre ne fait qu’imiter ses gestes. Émilie est très fatiguée, elle s’assied et découvre face à elle treize visages effarés. Les treize élèves sont toutes formelles, elles ont vu deux personnes identiques. Lorsque ce genre de chose arrive Émilie n’en a pas conscience, ce sont souvent les autres qui par leur attitude la “préviennent” qu’il se passe quelque chose. Après ce genre d’événement, elle est généralement très fatiguée.

Parmi ses élèves se trouve une jeune fille, Julie Von Güldenstubbe, c’est grâce à elle que cette histoire sera racontée.

 

Au cours d’une leçon de couture, les élèves avaient vue sur le jardin ; tout en continuant leurs travaux elles aperçoivent Émilie qui cueille des fleurs, une autre maîtresse assise au bout de la table les surveille, à un moment elle doit s’absenter. Au même instant Émilie apparaît assise dans le fauteuil de sa collègue. Les élèves regardent dehors et aperçoivent Émilie qui continue à cueillir ses fleurs.

 

Mais ce n’est qu’un début, un autre jour, on voit Mademoiselle Sagée au réfectoire, elle mange normalement, mais son double se tient sagement debout derrière elle. D’autres fois lorsqu’elle se lève de sa chaise, son double y reste assis.

 

Certaines élèves doutent que le “double” de leur maîtresse soit une véritable personne ; deux d’entre elles décident de toucher l’apparition, elles ont la surprise de constater que le “fantôme” a la consistance d’une mousseline, d’un crêpe ce sont leurs mots.

 

 

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Émilie Sagée et son double   (Photo d'époque sans truquage ???) 

 

 

Lorsque Émilie avait pris ses fonctions, il y avait quarante-deux élèves, dix-huit mois plus tard il n’en restait plus que douze. Les histoires d’Émilie et “d’Émilie bis” sont arrivées jusqu’aux oreilles des parents. Il n’est pas question de laisser une jeune fille de bonne famille dans une institution où l’on pratique la magie, où pour certains il ne fait aucun doute ce sont là des manifestations du “malin”.

 

Le Directeur décide de se séparer d’Émilie, seulement il n’a aucun motif valable, c’est un excellent professeur. Il la convoque dans son bureau et lui explique son “problème”. Émilie craque et lui avoue  qu’avant d’être embauché chez lui, elle qui avait commencé à travailler à l’âge de seize ans était passée dans dix-huit institutions qu’elle avait dû quitter alors même quelle donnait entière satisfaction au niveau de l'enseignement. Elle sait maintenant qu’elle ne pourra plus pratiquer son métier.

 

Au début de ce texte, je vous ai parlé d’une élève Julie Von Güldenstubbe, celle-ci va rester en contact avec Émilie. Julie va lui faire rencontrer le célèbre parapsychologue russe Alexander Akasov. grâce à Alexander Akasov, qui est très intrigué par le cas d’Émilie, elle va trouver pour quelque temps un emploi en Russie comme préceptrice, cela ne durera pas très longtemps.

 

Émilie perd tout contact avec Julie.

 

Émilie ne sachant plus que faire se réfugie auprès de sa belle-sœur, ses neveux âgés respectivement de trois et quatre ans sont ravis d’avoir deux tantes Émilie, “une gaie et une triste ”, ce sont eux qui le disent.

 

Émilie  est maintenant chargée de s’occuper d’une vieille dame, elle fait pratiquement partie de la famille, tout le monde s’entend très bien avec elle et ses bizarreries.

 

Un jour la vieille dame est retrouvée morte dans sa maison. Plusieurs témoins affirment avoir vu Émilie Sagée sortir de la maison le soir du meurtre. Au même moment Émilie a été vu à cinquante kilomètres de là dans la maison de campagne de son employeur.

 

Je ne connais pas l’épilogue de l’histoire, mais avouez que c’est bizarre non !

 

 

 

 

Dans le cas d’Émilie Sagée, ce qui est intéressant c’est, d’une part qu’il ne s’agissait pas d’une mystique et d’autre part qu’elle a toujours cherché à se défaire de ce “don” qui était pour elle un véritable handicap. D’ailleurs quel intérêt aurait-t-elle eu à le cultiver ?

 

 

Je vous laisse tirer vos conclusions…

 

 

Liens sur ce blog

 

 

 

 

 

Sortie hors du corps (SHC)

 

 

Interlude, Bokar Rimpoché.

 

 

Marthe Robin

 

 

 

 

Maître Philippe (Première partie)

 

 

 

Maître Philippe (Deuxième partie)

 

 

 

 

 

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Publié le par BMC
Publié dans : #B.M.C.

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Elisabeth Kübler Ross




«Les gens sont comme les vitres sales. Ils sont éclatants et brillent lorsqu’il y a du soleil, mais lorsque l’obscurité s’installe, leur véritable beauté est révélée seulement s’il y a une lumière qui vient de l’intérieur.»

                                                                                      E K R



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Elisabeth   Kübler-Ross



Peut-être est-ce la première fois que vous entendez ce nom, pour simplifier elle est souvent affublée du sobriquet de EKR, c’est sous cette abréviation que nous en parlerons le plus souvent. Ross étant le nom de son époux, pour le moment elle s’appelle encore Elisabeth Kübler.

EKR est “née triplée” le 8 juillet 1926 près de Zurich. De faible constitution, et à une époque ou les maternités ne sont pas équipées comme de nos jours, elle a du mal à effectuer sa croissance, elle restera chétive durant toute sa jeunesse.
De caractère solitaire, elle a tendance à s’isoler de ses sœurs.
 
Ceux qui sont promis à un grand avenir manifestent souvent dès leur plus tendre enfance un comportement en rapport avec leur future profession. Le rêve d’EKR est  d’aider les autres. À l’âge de quatre ans, elle installe dans une dépendance de la maison une sorte de cabinet vétérinaire où elle soigne tout ce qui passe comme animaux malades ou  blessés, chats, crapauds, oiseaux, tout, sans distinction d’espèce, bien entendu. Son véritable rêve est de devenir médecin.

Comme elle avait fait part à son papa de son désir, celui-ci lui aurait répondu : “Pas question, je n’ai pas les moyens de  te payer des études de cet ordre”.

Nous sommes en Suisse allemande. Elisabeth entend les discours de Hitler, elle a 11 ans lorsque l’armée nazie envahi la Pologne. Elle fait le vœu de tout faire pour aider ces malheureux Polonais. Aussi lorsque qu’en 1942 son père  lui demande d’entrer comme secrétaire à son service, elle refuse, ça ne l’intéresse pas – Monsieur Kübler ne transige pas, il la chasse de la maison.

Même en Suisse, la vie n’est pas toujours facile ; pour survivre elle trouve une place de bonne à tout faire chez des riches propriétaires français, résidant au bord du lac. Ceux-ci l’exploitent honteusement. À la suite de ça, elle gardera toute sa vie une aversion pour la langue française. On peut comprendre !

Dès que possible, elle retourne à Zurich et comme elle a toujours la même idée (soigner, devenir médecin), elle trouve une place d’aide laborantine ; ce n’est pas passionnant, mais ça lui permet de se rapprocher du milieu médical. C’est là qu’elle va rencontrer un célèbre ophtalmologiste, auprès de qui elle va maintenant travailler : le Docteur Zehnder. Ce dernier va très vite découvrir les capacités dont fait preuve la jeune fille. Elle est très proche des patients, dévouée et appréciée de tous.


À partir de 1943 elle va entrer, cette fois-ci comme apprentie laborantine au service du professeur Weitz. Seulement voilà, le laboratoire se trouve à l’étage en dessous de celui où arrivent les réfugiés qui affluent de toutes parts. Élisabeth quitte régulièrement son laboratoire et passe le plus clair de son temps à épouiller, laver, s’occuper des réfugiés, leur trouver des vêtements, les réconforter. Le professeur Weitz ne dit rien et laisse faire ; devant tant d’amour et de compassion, la science s’incline. On trouvera quelqu’un d’autre pour le labo. Très vite elle va avoir la responsabilité d’un bâtiment entier de l’hôpital.

La fin de la guerre arrive enfin, suivie de son cortège tragique. Je n’ai pas ici la possibilité d’entrer dans le détail. Élisabeth enchaîne ses actions de bienfaisance. Avec une troupe de bénévoles “Peace Corps”, où elle est engagée comme cuisinière, elle va aller d’abord en France, puis en Belgique, Allemagne, Suède, enfin la Pologne. Souvenez-vous de son vœu d’aider ces malheureux Polonais.
Dans le village où elle se trouve, deux étudiantes en médecine ont ouvert une infirmerie, Elisabeth se joint à elles. Avec les moyens du bord, autant dire rien, elles soignent comme elles peuvent.

Son périple va l’amener jusqu’en Russie. De retour en Allemagne, on la retrouve inanimée au cœur d’une forêt. Elle a la typhoïde. Elle va être “soignée” dans un hôpital où tout le monde, la croyant Polonaise, l’abandonne à son triste sort, oubliant même parfois de lui donner à boire. Enfin miraculeusement rétablie, elle fini par se retrouver à nouveau à Zurich et laborantine dans un grand hôpital.

Voyant son zèle, son nouveau patron l’encourage à passer son bac. Elle avait abandonné ses études en troisième, maintenant elle va s’y remettre tout en continuant de travailler. Un an plus tard elle obtient son baccalauréat, s’inscrit à la fac de médecine, sept ans d’études et voici Elisabeth Docteur en médecine.

C’est au cours de ses études qu’elle  rencontre Emmanuel Ross qui va l’emmener, malgré ses réticences, à New York. Elle aurait préféré l’Inde ou l’Afrique, mais le destin en avait décidé autrement. Son mariage avec Emmanuel a lieu en 1958.

En Amérique, EKR décide de poursuivre ses études en psychiatrie, très vite elle obtiendra son diplôme de spécialiste.
C’est à New York qu’elle va découvrir avec quel mépris sont considérés les mourants. Le but de la médecine étant de maintenir la vie, la mort est un échec, face auquel on a tendance à pratiquer la politique de l’autruche.

EKR va se retrouver en enfer, c’est-à-dire dans un hôpital psychiatrique où les patients servent le plus souvent à tester de nouvelles drogues, sans leur accord, cela va sans dire. Les malades sont tous des incurables. EKR va accomplir des miracles, elle obtient qu’au moins dans son service “la camisole chimique” soit réduite au minimum et aussi l’arrêt des électrochocs. Une de ses patientes depuis toujours refusait de parler, aucune expression n’animait son visage, pas le moindre cillement, elle restait prostrée dans un coin. Élisabeth va tous les jours lui parler, durant de très longs mois, il n’y aura aucune réaction. Quelque temps plus tard, le grand patron qui inspectait les services  trouve la “schizophrène en question” en train de faire de la broderie, celle-ci se tourne vers lui et lui demande :“ Docteur que pensez-vous de mon travail ?”.L’histoire a fait le tour de l’hôpital. Le cas EKR est décidément très louche…Ce n’est pas comme ça qu’on fait de la médecine ! Ce n’est pas rationnel.

Passons sur les détails. EKR voit mourir un grand nombre de malades, sans accompagnement, dans la plus grande indifférence, sans que personne jamais ne cherche à savoir ce qui peut bien se passer à l’ultime phase de ce que nous appelons la vie. À partir de maintenant, tout son travail va s’orienter  dans cette direction : “que se passe-t-il au moment de la mort ?” Toutes les traditions, religieuses, chamaniques, bouddhistes, la sorcellerie africaine… tout y passe. Elle fouille partout, mais surtout elle va rencontrer des patients en fin de vie, et ce sont eux qui vont lui en apprendre le plus. Ceux qui après une mort clinique parfois très longue vont revenir à la vie. Ceux qui jusqu’à présent n’ont jamais osé parler. Impossible de raconter des histoires à dormir debout sans passer pour fou, alors on se tait. Personne n’en est jamais revenu, c’est bien connu, pourquoi écouter ces  balivernes ?
Au cours de ces observations, voici les conclusions auxquelles sont  arrivés EKR ainsi que le Docteur Moody qui depuis quelque temps a, lui aussi fait des recherches dans ce domaine.

Celui qui va mourir passe par différentes phases avant d’aborder le moment proprement dit de  la mort.




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     Peinture BMC La dernière bataille

D’abord il refuse la chose. “Non ce n’est pas possible, je suis trop jeune, je ne mérite pas ça, pourquoi moi ? je me sens en forme, je vais guérir.”
Suit la colère “Comment un homme aussi riche et aussi célèbre que moi peut-il mourir ?”
Ensuite il négocie, “Non je ne veux pas mourir tant que je n’ai pas pu assister au mariage de mes enfants” (tous les prétextes sont bons). Souvenez-vous de Pie XII qui n’arrivait pas à mourir car il voulait être là pour la bénédiction pascale. Et cela malgré son hoquet qui devait le handicaper sérieusement pour débiter sa bénédiction dans toutes les langues.
Vient ensuite une période de dépression suivie de l’acceptation. “Bon mon testament est chez le notaire, ne vous inquiétez pas, tout est en ordre je peux partir tranquillement”. Pierre Bonnard mourant a demandé qu’on lui apporte son dernier tableau, un amandier en fleurs, pour y faire une dernière retouche, après quoi il est mort sereinement.

Évidemment l’entourage ne fait rien pour dissuader le mourant, allez donc dire à quelqu’un qu’il va mourir !

Il va bien falloir que le malade accepte l’idée  de sa propre mort, ce ne sera pas facile, mais c’est ce qui va l’aider à bien “vivre le passage”. Tout l’art des soins palliatifs consiste à faire accepter l’idée de la mort au malade.

Au moment de la mort, le mourant va passer par plusieurs phases connues sous le vocable de NDE (Near Death Experience).

La personne quitte son corps, elle a la sensation de flotter dans l’espace près du plafond. Si c’est à l’extérieur, elle se retrouve à 3 ou 4 mètres de hauteur. Si comme cela arrive souvent, c’est au cours d’une réanimation, elle voit les secouristes qui s’affairent, elle ressent une impression de bien-être qu’elle n’a jamais connu. UNE CHOSE EST CERTAINE, ELLE NE RÊVE PAS, son état de conscience lui paraît multiplié en proportion géométrique à la puissance x. Ceux qui ont vécu ce premier stade s’en souviennent généralement durant toute leur vie, et considèrent cette expérience comme une des (ou La) plus intéressantes. Difficile d’imaginer que celui qui se voit mourir puisse en même temps trouver ce moment particulièrement “jouissif”, c’est pourtant ce qui est rapporté par les ”expérimentateurs” (je n’ai pas trouvé d’autre mot).
Maintenant la personne comprend qu’elle est morte, cela ne la choque pas du tout, on pourrait dire qu’elle trouve ça naturel. Certaines personnes revenues de ce stade on rapporté des détails qu’elles ne pouvaient absolument pas connaître, décrit la salle d’opération dans ses moindres recoins, alors qu’elless étaient déjà dans le coma en y entrant. Une personne a demandé pourquoi l’un des chirurgiens n’avait pas mis ses bottillons, les exemples sont très nombreux.




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 Peinture de Jérôme Bosch (Vers1500 - détail)


Maintenant “la personne” (elle a toujours l’impression d’avoir un corps physique, même si elle ne doute plus de sa mort) se sent aspirée à l’intérieur d’un tunnel noir (certains parleront d’un puits, mais c’est plus rare), l’obscurité y devient de plus en plus sombre, le tunnel paraît être sans limite. À ce niveau de l’expérience, la sensation de bien-être est doublée d’une impression de vitesse, vitesse vertigineuse. Au bout du tunnel commence à apparaître une lumière blanche-dorée qui devient de plus en plus puissante. Ceux qui l’ont vue disent tous qu’il est impossible d’en donner une idée, elle atteint une fulgurance inimaginable et en même temps une douceur extrême. Ils parlent d’un rayonnement d’amour qui pénètre tout. C’est souvent à ce moment que l’on voit défiler les différents événements de notre vie, en l’espace d’un éclair on revit toutes nos actions, y compris les plus insignifiantes, en même temps de notre point de vue, mais aussi à la place de ceux qui en ont subi les conséquences. C’est en traversant le tunnel que l’on pourra revoir des êtres chers, c’est très probablement une vue de l’esprit, plus une image qu’une réalité, mais cela est rassurant.
Arrivé à ce niveau, l’esprit n’a plus besoin de se poser de question, tout lui paraît simple, les questions les plus complexes  ont leurs solutions dans l’instant.  Personne ne souhaite revenir. On cite le cas d’une femme qui n’aurait pas supporté que de retour sur terre, son époux lui ait avoué qu’il était prêt à l’abandonner pour rester là-haut.
Au dernier degré certains parlent d’un monde de lumière, de cristal lumineux, tous disent qu’il n’y a aucun mot pour décrire cet “espace” ainsi que l’état de conscience sublime qui l’accompagne.
À certains, il sera demandé de revenir sur terre pour y continuer leurs missions, mais c’est toujours de force qu’il y seront ramenés. Ils garderont le souvenir d’avoir connu une conscience que l’on pourrait qualifier d’universelle, malheureusement oubliée sur le chemin du retour.

Il me paraît intéressant à constater que tous les expérimentateurs racontent la même histoire, qu’ils soient athées ou profondément religieux. Celui qui croit en Jésus-Christ va assimiler la Lumière au Christ, mais l’expérience sera la même.

Ici je voudrais apporter une précision qui me paraît importante. Lorsque le docteur Moody a fait paraître son premier livre, “La vie après la vie” , dans lequel il décrivait précisément les NDE, une foule de lecteurs lui ont écrit :“Mais alors si la mort est si bien que ça autant se suicider tout de suite !”. Raymond Moody a été conduit à écrire un deuxième livre pour donner des détails sur ce que disaient les “revenants”. Que disaient-ils ? Premièrement ils faisaient part de leur joie, jamais ils n’avaient été aussi heureux de vivre, ils étaient devenus bien plus altruistes et détachés du monde matériel, l’argent, le pouvoir leur semblaient des valeurs sans intérêt (pour l’argent, les valeurs sans intérêts, c’est pas mal !).  Deuxièmement, qu’il ne fallait pas se suicider sous peine d’être obligé de revenir pour un tour vivre une deuxième fois nos expériences, ce qui accréditerait la thèse de la réincarnation, mais là c’est une autre histoire.

L’histoire ne date pas d’hier, Platon lui-même en parlait... Mais maintenant c’est de notre chère EKR qu’il sera question.

EKR quitte New York, elle va travailler dans un autre hôpital à Denver. Elle est l’assistante du professeur Sydney Margolin. Celui-ci a une très grande confiance en elle. Un jour, sans préambule, il lui dit : “Je dois partir dans le sud ; j’avais prévu  ma conférence mensuelle pour les internes en dernière année, c’est vous qui la ferez”. EKR lui demande le sujet de la conférence, s’il peut lui donner quelques notes.“Non je n’ai rien prévu, mais ne vous inquiétez pas vous trouverez bien quelque chose à leur dire”. Panique à bord, que peut-elle raconter à des internes en dernière année, qui s’attendent à voir l’illustre professeur et vont découvrir une frêle jeune femme qui leur est inconnue et qu’ils vont certainement chahuter.
Mais EKR a sa petite idée, la voilà partie à la recherche d’un ou d’une mourante qui voudrait bien parler de son “expérience” devant un amphi plein à craquer de futurs médecins. Elle en trouve un, manque de chance, il passera de l’autre coté du miroir avant la conférence. Nouvelles recherches parmi ses chers mourants, cette fois-ci elle va trouver.
Le jour venu, elle s’adresse aux internes à peu près en ces termes : “Je suis originaire de Suisse. Dans mon pays, la mort n’est pas un sujet tabou comme chez vous, alors, si vous le voulez bien nous allons en parler avec une personne en fin de vie ”. Imaginez l’ambiance ! j’ai failli écrire “silence de mort”, personne ne bouge.
Élisabeth demande quelques volontaires pour poser des questions, personne.  On introduit la malade sur un fauteuil roulant, à peine sortie de l’enfance, elle doit avoir 16 ou 17 ans, elle est d’une extrême maigreur, en phase finale d’une leucémie, mais elle s’est maquillée de son mieux. EKR désigne des volontaires pour lui poser des questions. Ne sachant quelle attitude avoir, ils vont bafouiller des trucs idiots, anodins, si elle a encore de l’appétit, enfin n’importe quoi sauf les vraies questions. Alors EKR, qui, bien entendu, a eu de nombreuses discussions avec la jeune Linda s’en chargera. Elle sait que Linda est maintenant dans la phase d’acceptation de la mort. La jeune fille explique que ce qui lui manque le plus c’est de ne plus pouvoir jouer au tennis, elle aurait voulu pouvoir passer son bac, maintenant elle sait que ce n’est plus possible, tant pis…
Je vous laisse imaginer la suite…
Non EKR n’a pas été chahutée ce jour-là.




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Peinture BMC - La mort qui joue faux


Par la suite auront lieu de nouvelles séances de cet ordre dans ce que l’on appellera l’aquarium, le malade est au courant des personnes qui sont là mais il est  séparé de l’auditoire par une glace sans tain.

Comme je ne peux pas entrer dans les détails en si peu de lignes, nous allons avancer dans le temps.

Suite à plusieurs articles dans des revues à grand tirage, en particulier Life Magazine, EKR à maintenant une certaine renommée. Elle va organiser des séminaires dans le seul but d’aider les mourants à accepter leur condition. Ces séminaires seront également bénéfiques à ceux qui ont perdu un enfant et n’ont jamais pu s’en remettre, aux vétérans du Vietnam qui n’acceptent pas leurs mutilations ou la mort de leurs copains ; enfin je ne vais pas vous faire toute la liste. Plus de 100 personnes par réunion. Bien difficile de raconter comment ça se passe, il faudrait y être. Encouragé par EKR, celui qui se retrouve au centre va se mettre moralement à nu, raconter son enfance, ses souffrances, ses rapports avec ses parents, la maladie, il va crier qu’il ne veut pas mourir. À genoux sur un matelas et muni d’une matraque, il va se défouler en frappant parfois très fort sur un coussin censé représenter selon le cas, le père, la mère, la maladie etc. Suivent des crises de larmes qui parfois durent très longtemps. De temps à autre une assistante emmène le patient dans des pièces destinées “aux pleurs”, là où il continue à matraquer son matelas.
Lorsque tout le monde y est passé (pardon pour l’expression), certains reviennent s’exprimer, ils sont calmés, presque sereins, le miracle s’est accompli. Mais comment raconter ces faits ? Le séminaire dure cinq jours.

Maintenant EKR donne des conférences dans le monde entier. Elle veut fonder un home d’enfants séropositifs, on lui met des bâtons dans les roues, c’est l’époque où l’on découvre le sida. Un jour, le Ku Klux Klan vient tirer des coups de feu sur sa maison. Elle ne pourra jamais réaliser ce rêve.

Il est question d’EKR pour le prix Nobel, mais impossible de le donner à une personne qui professe des idées aussi farfelues sur “la vie après la mort”, elle se marginalise trop par rapport au monde scientifique.

En 1985, elle est nommée professeur de médecine du comportement à l’Université de Charlottesville. Élisabeth achète une ferme, c’est une véritable arche de Noé, elle y élève des ânes, des saint-bernard, des lamas. Un immense potager bio va alimenter le centre voisin.



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Elisabeth Kübler Ross


Un beau jour, une délégation d’Indiens Sioux vient chez elle, lui décerne le titre de grand-mère dans la nation indienne, et pour fêter l’événement ils plantent un totem à côté du drapeau suisse.

En France, une association Elisabeth Kübler Ross voit enfin le jour.

La santé d’EKR se dégrade suite à plusieurs accidents vasculaires. Elle se prépare pour le grand voyage, organise ses obsèques.
Malgré son état, elle continue son travail, se rend à Paris pour y donner une conférence ; à son retour, elle est à nouveau hospitalisée. Sa maison brûle, il ne reste rien de ses précieuses archives.  Seul le totem est intact.

Elle dissout son équipe, interdit que l’on utilise son nom à toute fin publicitaire.

Elle voit enfin le bout du tunnel le 24 août 2004.




À lire sur le sujet.


La source noire de Patrice Van Eersel.
Tous les livres de Elisabeth Kübler Ross.
Tous les livres de Raymond Moody


   
Si ce texte vous a un peu plombé, 2 liens pour se décontracter :
 
 

 
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Publié le par la Muse
Publié dans : #La Muse
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J'y avais pensé déjà il y a un moment mais je craignais que ce ne soit hyper-douloureux. Il semblerait que non. Donc, puisqu'un jour il faudra bien mourir, je retiens cette option : la combustion humaine spontanée (ou CHS).

D'abord, sachez que si ce n'est pas franchement courant, ça n'est pas si rare que celà. Car on comptabiliserait une cinquantaine de cas attestés par an, dont deux en France. Sans compter tous ceux qui passent à l'as…

L'un des premiers cas reconnus de combustion humaine spontanée ou auto-combustion humaine (les scientifiques préfèrent cette deuxième appellation) est celui d'une femme dont on retrouva au matin la tête et le bout des doigts, alors qu'elle s'était endormie sur une paillasse… le reste du corps n'était plus qu'un amas de cendres. Ca se passait en 1673 L'histoire a été rapportée par un certain Pierre-Aimé Lair, qui a publié la première étude sur le sujet en 1800.
 
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Le cas le plus célèbre est celui de la comtesse Cornelia  Bandi qui se produisit près de Vérone le 4 avril 1731.

Effectivement, dans ce milieu, "l'incident" pouvait difficilement passer inaperçu…

La veille au soir, la dame dîne avec un chanoine de ses relations puis rejoint sa chambre où elle discute quelques instants avec sa camériste. Puis elle s'endort.

Jusque là, tout va bien.

Mais le lendemain matin, quand, à l'heure habituelle, la domestique vient réveiller la comtesse… elle trouve sur le sol, à un mètre du lit, un tas de cendres, un demi-crâne et… deux jambes intactes recouvertes de bas de soie !

Ca, c'est le côté "classe" de la scène. Malheureusement, il y a aussi un aspect plus gore… des taches de graisse parsèment le plancher de la chambre et, comme le rapporte une gazette de l'époque, "un liquide jaunâtre, écœurant, coulant le long de la fenêtre, emplissant la pièce d'une odeur répugnante".

Donc, se rappeler d'avoir le bon goût de faire ça en extérieur…

On retrouve également des traces de suie sur les meubles… mais le lit est absolument intact (rappelez-vous qu'on a retrouvé le corps juste à côté, à un mètre…)

Non seulement le feu ne s'était pas propagé, ce qui est pour le moins curieux, mais il faut savoir que la graisse humaine fond à 250° C et qu'il faut une température d'au moins 1650° C pour pulvériser un os humain… D'ailleurs, dans les crématoires, après une incinération, les os – quasi-intacts – doivent être broyés.



 



Ca va ? ou j'apporte une bassine ? … en même temps, vous étiez prévenus, hein…

Dans la plupart des cas, la victime est retrouvée dans une position naturelle comme si elle n'avait pas eu le temps de réagir. Une chaleur intense est dégagée et cependant le feu ne s'étend pas.

Les quelques rares survivants ont été incapables de raconter quoi que ce soit sur ce qui leur était arrivé.

On a dit beaucoup de bêtises sur les victimes, à commencer qu'elles étaient toutes alcooliques. OK, il y en avait qui buvaient… et d'autres qui n'absorbaient que de l'eau.

En 1973, un bébé de sept mois et la poussette dans laquelle il était installé, au milieu du salon familial, s'enflamment. C'est un des rares rescapés de la CHS.

En 1939, un bébé de onze mois provoque un véritable embrasement dans la nursery… et c'est à peine si les meubles ont été touchés par le feu.

En 1904, en Angleterre, une servante balayait la cuisine lorsque son patron entre dans la pièce. Il voit le dos de sa robe en feu et elle, qui ne s'apercevait de rien… La cheminée abritait un tout petit feu de rien du tout et se trouvait à l'opposé de la pièce. Il semblerait, au vu de ses blessures, que la femme était en train de brûler depuis un bon bout de temps..



 
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Alors, l'alcool, bon… Et puis même… avant que l'alcool contenu dans un corps s'enflamme, servant de combustible, il en faudrait une concentration supérieure à 50%. Or, un corps humain ne peut supporter que 3 à 4 grammes d'alcool pur par litre de sang. Au-delà, c'est la mort éthylique assurée. Bon, alors, avant d'arriver aux 50% !

J'ai lu aussi que "la CHS est un phénomène post-mortem. Au moment où le phénomène commence, la victime est seule, dans un état où elle ne peut plus ressentir la douleur et incapable de réaction" (vous me direz… si elle est morte…) et que une source calorifique est toujours présente à proximité du corps. Sauf que…

En 1938, Mrs Mary Carpenter s'enflamme sous les yeux de son mari et de ses enfants lors d'une croisière au large de Norfolk. En quelques instants, elle était réduite à l'état de squelette carbonisé sans que personne d'autre ne soit blessé ni que le bateau subisse le moindre dégât.

En 1980, une jeune Anglaise brûle dans une discothèque à Darlington.

En 1960, dans le Kentucky, on retrouve cinq corps carbonisés dans une voiture "assis comme s'ils venaient d'entrer dans l'automobile" dira le médecin-légiste.

On a prétendu aussi que les victimes étaient en train de fumer (bien sûr, des bébés de quatre et onze mois, c'est on ne peut plus courant !)

On a parlé d'électricité statique emmagasinée par le corps. On a parlé de gaz intestinaux (Les auteurs de South Park s'en sont amusés dans un épisode où on suggère d'expulser régulièrement le méthane, à titre de précaution !..).

Et aussi de l'augmentation de la courbe magnétique de la terre ou d'attaques d'esprits frappeurs…

En effet, certains pensent que les cas de CHS augmentent avec la courbe géomagnétique, qui elle-même varie suivant l'activité solaire. On relate cependant un cas assez troublant: le 7 avril 1958 trois personnes "auto-combustionnent" dans la même journée. Le premier sur un cargo au large des côtes irlandaises, le deuxième dans un camion en Angleterre et le troisième  en Hollande.

On a dit que ces gens souffraient d'obésité morbide… ben non, il y en avait de carrément maigres… qu'ils étaient tous âgés, pour ne pas dire séniles = encore tout faux!

Il y a aussi l'hypothèse de la prise de certains médicaments qui auraient provoqué une sorte de "dissolution" physique… sauf que parmi les victimes, certaines ont été certifiées en excellente santé et ne suivant aucun traitement médical.

Je passerai sous silence la thèse de l'intervention divine qui a eu cours jusqu'au XIXè siècle, histoire de punir les méchants ivrognes…



 
 


En fait, même si la science explique très bien le processus "d'entretien du feu", elle ne convainc pas du tout quant à la "mise à feu".


Alors, la prochaine fois qu'un type me déclare sa flamme, dit qu'il se consume d'amour pour mes beaux yeux… il va se faire traiter de menteur, de vantard, de "petit-bras", de dégonflé! ... et toc !
 
Publié le par BMC
Publié dans : #B.M.C.

 

Un peu de tout pris au hasard dans mes articles,

 ou dans ma tête.
 
L’artiste est un rêveur. Son monde commence là où finit celui du matérialiste mais il n’obéit pas aux mêmes lois. Pour ces raisons, le peintre passe souvent pour un anarchiste. Il est presque toujours incompris et, comme le disait Georges Braque : “tout juste accepté”.
 
*
Le monde cherche le sens des choses. L’artiste cerne l’essence des choses.
En cherchant le sens, on ne trouve que la manifestation. En trouvant l’essence, on trouve la cause.
 
*
L'art moderne est né en Europe à une époque où le monde était en guerre, il est issu de la douleur.
 

 
La plupart des grands chefs-d'œuvre picturaux sont des hymnes à la souffrance. De Goya à Picasso, de Egon Schiele à Francis Bacon. La souffrance est partout sous-jacente.  Dans l'art moderne et contemporain, elle ressort en filigrane, même parfois dans des œuvres abstraites, je pense en particulier à Rothko.
 
*
 
Comme le chercheur en initiation, l’artiste doit être en perpétuel mouvement. S’il s’arrête un instant, s’il pense avoir trouvé, s’il n’est plus dans le mouvement, c’est comme s’il était mort. En Art comme ailleurs, malheur à ceux qui détiennent la Vérité car la VERITE n’est pas du domaine de l’humain.
 
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Pourquoi la peinture intéresse-t-elle si peu de monde ? Pourquoi n’en parle-t-on presque pas à la télévision ? Pourquoi ne l’enseigne-t-on pas (ou si peu, ou si mal) dans les écoles ?
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On a dit que l’Art actuel était né le jour où la notion de laideur avait été introduite en peinture.
Au risque de choquer certains, je dirai que si la laideur a sa place dans le monde de l’Art, c’est que les lois qui le régissent ne connaissent ni la raison, ni la morale.
*
Créer une œuvre d’art c'est accomplir un acte magique. Son but est de capter des énergies immatérielles pour les focaliser au plan du manifesté.
 
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“Un enfant de cinq ans pourrait le faire” - Combien de fois ai-je entendu cette phrase! - Comme si la difficulté technique était une fin en soi … La spontanéité n’exclut nullement la méditation et l’apprentissage. C’est d’ailleurs très probablement une certaine libération de l’Art qui a fait croire à sa décadence.
 
 
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Gérard Gasiorowski
 
 
L’artiste n’étant qu’un être humain n’est jamais qu’un “singe savant”: aussi l’œuvre accomplie ne vient-elle pas de lui. Le peintre n’est rien d’autre que l’outil qui EST AGI. Il s’efface derrière son œuvre. Et, en aucun cas, l’outil ne peut se prévaloir de l’origine de la création. Aussi le véritable artiste connaît-il l’humilité. C’est d’ailleurs souvent à ce signe qu’il se reconnaît…
 
*
Vous êtes-vous déjà posé la question de savoir pourquoi, à un certain moment, l’artiste considère son œuvre comme terminée  ? À ce moment, il n’y a aucun élément d’ordre rationnel. Ce qui fait que le peintre décide d’en rester là, c’est simplement par une sorte de “perception extra-sensorielle”, qu’il cultive depuis toujours, qu’il va savoir si le tableau est “habité”. S’ il émane de son œuvre “quelque chose” qui serait d’origine surnaturelle. Le tableau est un piège. Et tant qu’il ne s’est pas refermé sur sa proie, il n’est pas terminé.
Les Égyptiens parlaient du “divin dedans des choses”
 
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Fra Angelico
 
 
La création  a un certain rapport avec la méditation : lorsqu’on peint le temps disparaît, on oublie tout, peut-être devient-on un peu autiste. C'est sans doute dans ces moments que survient ce que d'aucuns appellent d'une manière très pompeuse “l'inspiration”.
Lorsque je peins, j'ai tendance à penser "ça peint". Ce n'est pas moi qui fais, ce sont les choses qui arrivent.
 
*
Peut-être vais-je vous sembler bizarre, mais j’ai toujours eu un peu honte d’être peintre. Si je reviens de chez le marchand de couleurs avec une toile ou même un simple rouleau de papier sous le bras, j’ai l’impression que tout le monde me regarde et va me montrer au doigt : “Tu as vu, c’est un artiste…”
 
*
Je n’aime pas parler d’art majeur et d’art mineur. Pourtant, il faut bien faire une différence entre l’art et la décoration (n’en déplaise à certains). Avec la venue du design, les créateurs ont fait preuve de beaucoup d’imagination. Ils ont créé de superbes objets. Mais aucun fauteuil – fut-il dessiné par Charles Eames – ne provoquera en vous l’émotion ressentie devant un Vermeer ou un Monet.
 

 
Jan Vermeer de Delft
 
 
Le peintre, comme le photographe, le sculpteur, le chorégraphe, ont la chance de pouvoir s’adresser  dans une langue qui n’est pas la leur à des observateurs qui en parlent souvent une autre. L’art est un “dialecte” universel. Il en est de même pour les mathématiques.
 
*
Chacun doit s’exprimer avec ses moyens. Si la peinture n’exprime pas une idée, elle devient un vulgaire panneau décoratif, qui fera très joli dans une salle de séjour. Ce n’est pas avec ce genre de chose que l’on risque de se remettre en question.
 
*
C’est souvent l’homme révolté qu’est généralement  l’artiste qui, par son travail de création, va nous aider à prendre conscience de notre condition d’homme, et des devoirs liés à celle-ci. Mais pour ça, encore faut-il savoir décoder l’œuvre.
 
*
 
Pour moi la sculpture est un art qui convient particulièrement aux femmes. (Que l’on ne m’accuse pas ici de machisme). L’homme, plus rêveur, sera capable de créer en deux dimensions un monde qui en a trois. Pour cela il devra tricher, et ne s’en privera pas. La femme sans doute plus réaliste, plus proche de la matière, va créer en modelant de la terre, de ses mains, ainsi  va naître, pourrait-on dire, un homuncule.
 
*
À propos d’Andy Warhol :
 
Comme tout ce qui découle de la mode d’une époque, sa peinture vieillit  mal. Warhol s’étant tellement identifié à une certaine génération, il en devient maintenant la victime. Désolé de le dire, je trouve que son œuvre a, déjà, mal vécu l’épreuve du temps (celle de Jeff Koons est en bonne voie pour lui succéder).
 
*
 
Quel est le peintre qui n’a jamais pensé à voir certaines de ses peintures transformées en sculptures. Même Bacon souhaitait le faire.
Seulement voilà, la réalisation n’est pas facile, pour beaucoup par manque d'argent.
 
*
Vous qui faites de la peinture, attention, il arrive que l’on se retrouve victime de sa création. Il n’y a pas que Paracelse qui était poursuivi par les incubes et les succubes ! Combien sont mort fous !

 



Vincent Van Gogh
 
 
À quand des amateurs qui achèteront une œuvre sur un coup de cœur ? Ça existe, mais c’est de plus en plus rare. Vincent Van Gogh a vendu un seul tableau durant toute sa vie, “Les vignes rouges”, celui qui le lui a acheté était un véritable amateur, il n’a pas consulté la cote (il ne risquait pas), il l’a acheté parce qu’il l’aimait.
 
  *
 
Faites l’expérience suivante : montrez à un néophyte  le tableau de Pollock n°5. Demandez-lui ce qu’il en pense ?
Ensuite annoncez-lui le prix auquel il s’est vendu : 140 millions de dollars soit : 97 902 097.90 €* , pour ceux qui n’auraient toujours pas compris, je précise : 642 195 664.33 Frs*. Et alors vous verrez son attitude changer, peut-être même finira-t-il par trouver quelque intérêt à l’œuvre en question.

* Cours au 5/11/08
*
En tout cas il ne fait aucun doute que la peinture a eu une origine figurative et narrative. Il est bien difficile pour nous d’imaginer l’homme de Tautavel traçant des triangles, des rectangles de différentes couleurs dans le seul but de décorer son environnement.
Encore que tout n’a pas  été découvert…
 
*
 
Je me suis toujours posé la question de savoir pourquoi on parle toujours d’art sacré, alors même que la nature de l’art  est bien le sacré. Au sens philosophique du terme, sacré ne veut pas dire religieux; je crois qu’il y a là une certaine confusion. Dans l’art profane, il y a indéniablement une notion de sacré, donc il n’y a pas d’art profane.
 
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Je n’ai rien contre la photographie qui est un art à part entière. Mais ce que je ne comprends pas c’est que l’on puisse comparer photo et peinture. Opposer Rembrandt et Bill Brandt est parfaitement ridicule (j’ai pris Rembrandt pour la rime).
 
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Art Aztèque
 
 
Si l’origine de l’art fut en occident religieux ou superstitieux, il en est de même dans presque toutes les cultures. Que ce soit l’Égypte, l’Orient, ou les civilisations précolombiennes.
C’est bien la preuve que l’art est  lié au spirituel.

 
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Avec Cézanne, Monet, Van Gogh, va naître une révolution dont ils seront les trois piliers. Tout va être brutalement remis en question. Le tableau n’est plus sensé être une représentation fidèle de la réalité. À partir de maintenant le peintre va donner libre cours à ses états d’âme sans contraintes ni retenue. La notion d’intellectualisme n’est plus absente de la peinture, comme elle le fut à l’époque du classicisme. 
 
 
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Claude Monet
 
 
Je ne suis probablement pas le seul à penser que les deux peintres qui ont dominé la fin du XX ème siècle sont Picasso et Bacon.
 
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Si Léonard avait demandé à Mona Lisa de se tourner vers la droite ça n’aurait pas été si mal non plus.

 
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“Pourquoi les peintres de toutes les époques s’obstinent-ils à peindre Adam et Ève avec un nombril ?”
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Sur cette planète où tout semble voué à la destruction, comment un artiste, qui par nature est quelqu'un doué de sensibilité, pourrait-il recréer un monde idyllique, où ne régneraient que la paix et le bonheur. Bien rares sont ceux qui ont réussi cet exploit, Bonnard sans doute, Renoir et quelques autres, on les compte sur les doigts de la main.
 
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J'ai toujours eu une très grande admiration pour ceux que l'on appelait autrefois "les marchands d'art", qui avaient l'amour de leur métier, qui le faisaient souvent plus par passion que par  goût de l'argent. Où sont-ils donc aujourd’hui ?

 
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Toute sa vie Rebeyrolle va se révolter contre l’injustice et l’intolérance ; il sera toujours pour moi, avec Picasso et Bacon un des meilleurs peintres de cette fin de siècle.  Malheureusement très peu connu du grand public.
 
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Avant même de savoir écrire, l’homme a commencé par dessiner, c’est encore ce que font naturellement  les enfants.
À noter que les enfants font toujours des dessins figuratifs, même si parfois ils ont une apparence abstraite. Si vous ne me croyez pas, demandez au jeune prodige, il aura toujours une histoire à vous conter et bien heureux s’il ne vous prend pas pour un imbécile qui n’a pas  su déchiffrer son œuvre tachiste.
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Ma série de peintures Les hommaginaires” est dédiée à tous ceux qui ont souffert et qui ont su transcender cette souffrance par leur art ou leurs recherches, qu’elles fussent spirituelles, artistiques, littéraires, scientifiques ou autres… La souffrance est parfois un révélateur !   
 
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À l’origine, l’Art a une fonction magique. L’homme des cavernes dessine à même le rocher avec du sang et de la terre la représentation de l’animal dont il prend ainsi possession de l’âme. Il ne chasse pas, il “traque”. C’est un peu la démarche des “graffitistes” d’aujourd’hui (ou si vous préférez des tagueurs).

 
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Que reste-t-il aujourd’hui des civilisations disparues (égyptienne, assyrienne, précolombienne ou autres) si ce n’est précisément leur Art ? Et que saurions-nous d’elles sans cela ?
 
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Que fait le peintre de la réalité qui veut dessiner un chemin ? Il sait très bien que les deux côtés sont parallèles. Si, comme le lui dicte sa raison, il trace deux lignes parallèles, il trace ainsi le plan du chemin. En revanche, s’il trace deux lignes obliques fuyant vers un même point sur la ligne d’horizon, cela ressemble à un chemin. D’où nous tirons la conclusion que le peintre de la réalité est un tricheur. Si nous comparons le plan du chemin à son dessin, nous constatons que le dessin FAUX ressemble plus à la réalité que le plan JUSTE… La morale de cette histoire est que l’Art n’a rien à voir avec la raison et le rationalisme, qui furent de tout temps ses pires ennemis.

 
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Face à une œuvre d’Art moderne, le spectateur a souvent l’impression qu’il va être mystifié, floué. Si nous voulons y avoir accès, il va falloir laisser parler en nous notre intuition, qui sait beaucoup de choses que notre raison ne sait pas que nous savons… Il ne faudra pas résonner en termes de logique, genre :“Qu’est-ce que ça représente ?” Rechercher un sens concret, une référence avec le réel, ne sert qu’à rassurer celui qui a la faiblesse de croire que la matière est la seule réalité.
 
 
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(Je ne sais pas si vous avez lu “Le désert des tartares” de Dino Buzzati, sinon faites-le !) …
 
Du haut de mon atelier transformé en forteresse, j’attends  “l'ennemi” galeriste, qui viendra ou pas… Mais la vue sur ce désert ne m’empêchera pas de continuer mon œuvre, bien au contraire.
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En occident, la pensée est toujours liée au corps, il est donc très difficile d’imaginer un esprit hors du corps physique. Chez nous on localise la pensée au niveau du cerveau, en orient le plus souvent c’est au niveau du cœur qu’elle se situe. Pourquoi la pensée serait-elle inséparable d’un organe ? On peut se poser la question.
 
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Comment vivre confortablement dans un monde où le premier novembre, on rentre les géraniums et les SDF !!! 
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Il faut bien se rendre à l'évidence, les images que l'on nous donne du monde, que ce soit à la télévision ou au cinéma, ont une charge négative à laquelle un artiste ne peut pas être insensible.
 
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Lorsque par un hasard extraordinaire je décroche le téléphone (c’est très rare) et que le correspondant s’est trompé de numéro, je réponds : “Non, non, c’est une erreur, moi je n’ai pas le téléphone”, généralement j’ai droit à des excuses.
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Comme cela a été bien souvent dit, le symbole était, à l’origine, un objet cassé en deux parties. On faisait coïncider les fragments en signe de reconnaissance. Le symbole tient à la fois du manifesté et du non manifesté, du fini et de l’infini.
Son essence est matérielle et spirituelle. Il a une face dans le visible et une autre dans l’invisible. C’est en réunissant les fragments matériel et spirituel que nous faisons vivre les symboles et franchissons ainsi la porte qui nous mène d’un plan à un autre.
 
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Albrecht Dürer
 
 
À une époque où l’intellectualisme, le rationalisme règnent en maîtres dans un monde qui voue un culte à la matière, il n’est pas de mise de parler de surnaturel  que l’on a tôt-fait d’assimiler à un occultisme de bas étage, venu tout droit du bocage normand.
 
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Dans les quartiers pauvres la glace fond moins vite.
 
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Sans doute, le monde est-il, comme nous, fait de contradictions, d’arbres en fleurs arrosés de pluies acides…
Combien de temps cela durera-t-il ?
 
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 Avant il y avait de grands espaces, maintenant il y a des grandes surfaces.  
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Ce n’est pas parce que mon environnement est superbe que je dois ignorer ce qui se passe à côté.
À côté – ou presque – c’est la guerre. Ce sont ici des attentats, là des otages qu’on égorge, ailleurs des enfants qu’on viole …
Bien sûr, il y a la solution qui consiste à ne rien voir, ne rien entendre. C’est sans doute la plus hypocrite mais aussi la plus courante.
 
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Pourtant avec l’âge, on devrait être moins con (soit, on perd des neurones, mais quand même…). Après tout, “je ne suis pas plus bête qu’un autre” (quel autre ?)
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“Tu verras quand tu auras mon âge”…
Maintenant que j’ai ton âge, je vois bien : y a rien à voir.
 
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Je sais, si la science n’avait pas existé, tu n’aurais pas ton ordi, ton auto, ta machine à laver, tous ces beaux joujoux qui ne sont jamais que les hochets de l’humanité.
Si la science n’avait pas existé, il n’y aurait pas eu non plus Hiroshima, Nagasaki, Tchernobyl.


 
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Vladimir Vélickovic
 
 
Sans la science, les diplodocus auraient peut-être pris le pouvoir – peut-être n’existerions-nous pas … Et alors (comme dirait ma Muse) y en a que ça gêne ?
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On peut se poser des questions sur tout; on peut les poser aux autres. On peut faire semblant d’y répondre.

Longtemps, je me suis demandé : “combien y a-t-il de fourmis dans le monde ?” Mais qui peut répondre. Le temps (encore lui) de formuler une réponse et elle est déjà erronée. Voilà une vraie question, car il n’y a pas de réponse possible. Je suis comme le Petit Prince : seules les questions sans réponse m’intéressent.
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Il me plait à penser que la vérité est ailleurs. Le monde est illusion. Nous sommes dans un rêve permanent.
 
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Je crois, comme l’enseignent certaines traditions plusieurs fois millénaires, que le monde de la réalité profonde n’est pas celui que nous connaissons (le monde de la réalité relative) ou croyons connaître.
La méditation est sans doute la porte qui y mène.

 
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Tout à l’ego !

Pour méditer, il suffit de faire le vide en soi : l’ego disparaît.
Y a plus qu’à tirer la chasse.

 
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Il avait acheté une voiture rouge, parce qu’il aimait la vitesse.
 
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Entretiens le feu, entretiens la Lumière, ne deviens pas poussière avant la mort
 
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J’en connais qui mesurent le temps et qui pèsent l’espace.

 
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BMC De la série "Mes Naissances”  TM - 119 x 142 cm.
 
 
Je vous ai déjà parlé de "mes" naissances, et de l'influence qu'elles ont pu avoir sur mon travail. Vous avez sans doute remarqué que j'en parle au pluriel, tout simplement, parce qu'à chaque nouvelle peinture de naissance, je la revis de nouveau (faute de mieux, ce sont mes stigmates, à moi). Rassurez-vous, ce n'est plus aussi douloureux que la première fois.
On a, je crois, trop tendance à penser que la mère est la  seule à souffrir. N’oubliez pas l’enfant. Merci pour lui.

 
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A propos de la guerre d'Algérie.
 

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BMC De la série "Algérie Galerie Française” TM 118 x 142 cm.
 
 
À tous les ex-jeunes qui l'ont faite, voici ce que j'aimerais dire: Durant plus de deux ans, vous avez été les otages de la France, elle seule est responsable de vos actes. Tant pis pour son Karma!!!
 
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Beaucoup de jeunes, qui à l'époque avaient à peine vingt ans, quand ils n'ont pas perdu la vie, ont perdu vingt-sept, ou vingt-huit mois de leur existence. Et ce n'est pas la ridicule pension qui leur est attribuée aujourd'hui qui pourrait être une quelconque compensation. Les "grands" de ce monde ont vite fait de se donner bonne conscience.


 
La mort

 
 
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BMC De la série "La Mort” TM 110 x 75 cm.
 
 
 Que vient faire la camarde dans mon panthéon pictural ?
Je pourrais certainement me passer de ce personnage apparemment pas très sympathique… Mais si elle apparaît de façon récurrente dans mon travail, c’est parce qu’elle est bien présente dans mon esprit. Et après tout, quoi de plus normal ? La vie n’a de valeur que par rapport à la mort . Le temps qui passe – symbolisé par le sablier -  nous rappelle à son bon souvenir : on a beau “freiner à mort”, l’échéance est inévitable.
 
    *
Notre monde est en mode solde "TOUT DOIT DISPARAITRE". Il faut bien se faire à l'idée de "l'impermanence". Regardez mes tableaux avant qu'ils ne disparaissent… Et VOUS avec…
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Je n’ai jamais pu peindre la mort sans une pointe d’ironie.
La mort-bide représente à la fois la mort mais aussi la renaissance dont elle est pour moi, indissociable...
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Peindre la mort, c'est aussi se remettre perpétuellement en question, que se soit la mort des êtres ou des choses. C'est aussi obliger ceux qui regardent l'œuvre à se poser  eux-mêmes les questions fondamentales.  
 
*
Pour moi, peindre la mort, c’est aussi lui faire un pied de nez. C’est la regarder en face. C’est apprendre à ne pas en avoir peur. Pas seulement de l’image, mais aussi de son inéluctable et fatale réalité.
 
*
Tel le torero, l’artiste qui peint la mort la défie, apprend à la connaître, finit par s’en faire une amie.
*
Après tout, on peut aussi mourir de rire ! Et mourir en souriant, c’est encore mieux.


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Petite fleur (Photo BMC)

 
Je vous présente “Petite fleur”. Ça doit faire une bonne quarantaine d’années que nous vivons face à face, elle sur un coin de mon bureau ; elle est très sage, jamais un mot. J’avais peint sur son front une petite fleur, d’où son nom, avec le temps, elle a pâli (la fleur). Je ne sais rien de sa vie, mais je ne doute pas que c’était très certainement quelqu’un de très bien. En tout cas les chats l’aiment bien, ce qui est plutôt bon signe.

 
 
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Publié le par BMC

“Son art est un ruban autour d’une bombe”

                             André Breton.

 

La peinture mexicaine n’a jamais été ma tasse de thé, le côté naïf et décoratif, très peu pour moi !  Mais je dois reconnaître qu’il existe une exception: Frida Kahlo. Sa peinture exprime une force tellement exceptionnelle que pour la “comprendre” et l’aimer il est nécessaire de mettre en parallèle sa vie et son œuvre. Est-il besoin de souffrir pour être génial? Certains le prétendent…Il faut dire qu’il y a, en particulier chez les peintres, de nombreux exemples.

Née le 6 juillet 1907, Magdalena Frida Carmen Kahlo Calderon. Son père est allemand sa mère mexicaine d’origine indienne.

A l’âge de six ans Frida est atteinte de poliomyélite. (Le vaccin ne se pratiquera couramment qu’à partir des années cinquante) Le mal va rapidement progresser: sa jambe droite et son pied ne grandissent plus et resteront déformés pour le restant de ses jours.
Frida qui a une très grande force de caractère et qui passera sa vie à se battre commence, malgré tout, de brillantes études. Dès son arrivée à l’école elle sera surnommée “La boiteuse”. A cet âge là on imagine les conséquences d’un tel sobriquet.
En 1922 Frida va s’inscrire à La Escuela National Preparatoria qui à l’époque est une des meilleures institutions du Mexique. Très peu de filles y sont admises. Frida s’intéresse aux sciences naturelles et espère pouvoir faire un jour des études de médecine.
Par son père photographe et pratiquant l’aquarelle  elle  découvre  l’art mais n’envisage pas pour le moment une carrière artistique.

Le 17 septembre 1925, Frida vient d’avoir dix-huit ans, elle rentre chez elle en bus. Soudain l’autobus percute un tramway. Il y a plusieurs morts. Une barre de fer la transperce de part en part. Elle dira plus tard: “C’est comme ça que j’ai perdu ma virginité” cet événement va provoquer une grave maladie dénommée syndrome d’Asherman, maladie qui par la suite sera  la cause de plusieurs fausses couches. Dans l’accident sa jambe droite (celle déjà atteinte par la polio) a maintenant onze fractures, son pied droit est cassé ainsi que le bassin et la colonne vertébrale. “Elle a la chance” que son épaule soit simplement démise. Après un mois d’hôpital elle devra rester en permanence allongée.
Sa mère persuadée que sa fille va mourir n’ira la voir à l’hôpital qu’un mois après l’accident…
Heureusement son père à toujours été là, il sera présent dans tous les moments difficiles..
Un an plus tard de nouvelles opérations sont nécessaires. Frida doit maintenant porter durant neufs longs mois un corset de plâtre et de fer. Frida fait preuve d’abnégation, elle dira : “Maintenant je commence à m’habituer à la souffrance ”. À partir de ce moment les douleurs en particulier à la colonne vertébrale ne vont plus la quitter, sa vie devient une éternelle crucifixion. Comme elle n’est pas du genre à rester sans rien faire, elle décide qu’elle va devenir peintre. Il va falloir installer un ciel de lit avec un miroir pour lui permettre de se voir et ainsi faire de très nombreux autoportraits, il en existe 55. Frida va passer tout son temps face à elle-même.  Sa toile est fixé sur une sorte de chevalet à hauteur des genoux. Durant sa vie elle peindra 143 tableaux (dont les fameux 55 autoportraits)
Frida, grâce à la peinture et a un courage hors du commun, surmonte ses souffrances.
Sexuellement, Frida  comme on dirait en France: “ marche à  voile et à  vapeur” . On la verra souvent travestie en homme. Une photo très connue prise par son père  en 1926 la montre en famille avec sa mère, Matilde et sa sœur Cristina devant “ La maison bleue” celle de sa naissance, (ne pas confondre avec celle  de Maxime le Forestier) elle est vêtue en costume  trois pièces.
Frida est une femme libre, elle affiche ouvertement sa bisexualité. Elle milite pour l’émancipation de la femme.  N’oublions pas que nous sommes en  1928, les choses ne sont pas si faciles que de nos jours. Encouragée par son amie du moment Tina Modotti, elle s’engage politiquement et s’inscrit au Parti communiste mexicain. Moment charnière dans sa vie Frida va rencontrer le très célèbre peintre Diego Rivera. Les femmes sont parfois bien étranges, comment a-t-elle fait pour s’amouracher de Diego qui a vingt ans de plus qu’elle, et physiquement ressemble plus à un Troll qu’a un grand artiste, il est vêtu comme un clochard. Mystère !  Heureusement ils se retrouvent par leurs discussions entre artistes, Diego a la gloire, l’argent, il sera souvent comparé à un ogre, on dit qu’à l’âge de neuf ans il fréquentait les bordels mexicains, certains iront même jusqu’a prétendre qu’il mangeait de la chair humaine afin de se donner de la force “C’est peut être une légende”.
Malgré ses terribles souffrances Frida vit une grande passion dont elle ne se croyait plus capable. Ils se marient à Mexico le 21 août 1929. Il ne faudra pas attendre longtemps pour que Diego la trompe “joyeusement” (c’est parait-il le terme à employer) . Elle-même s’engage dans de nombreuses relations extra-conjugales et bisexuelles. Bref, rien n’est simple.
En 1929 Frida et Diego habitent à l’hôtel. L’hôtel en  question est interdit aux juifs, Frida menace de déménager en guise de protestation, elle réussira à faire lever l’interdiction ce qui à l’époque était presque impossible .
Dans les années 30 Frida en réaction au mouvement nazi décide d’écrire son nom Frieden (Paix en allemand). Toujours en 1930 Diego est chargé de réaliser deux importantes fresques murales à San Francisco. Grace à un mécène ( amant de Frida) Diego obtient son visa pour l’Amérique. À la même époque Frida fera sa première fausse couche. Elle se vide de son sang. Elle qui voulait un enfant est  très marqué par cet événement, pourtant les médecins l’avait prévenue, avec son bassin fracturé en trois endroits le fœtus n’aurait pas pu survivre.
Lors d’un voyage à Détroit, Frida se retrouve à nouveau enceinte. Elle va rencontrer “un médecin” qui lui conseille de garder l’enfant en prétendant pouvoir l’accoucher par césarienne. Contrairement à ce qu’avait dit le “spécialiste”, elle va faire une deuxième fausse couche. C’est à  cette époque qu’elle peint un tableau intitulé :“le lit volant” très significatif de son état du moment.
Frida découvre que Diego la trompe (joyeusement) avec sa propre sœur Cristina. À ce moment on verra apparaître sur les peintures de son corps mutilé de nombreuses piqures, chacune correspondant symboliquement à une tromperie.
Grâce à Diego, Léon Trotsky à réussi à obtenir l’asile politique à Mexico . Frida ne va pas tarder à avoir une brève mais intense liaison avec Léon. Elle va lui dédicacer un de ses tableau, en  voici le texte: “Pour Léon Trotsky , je dédicace cette peinture avec tout mon amour”.
Frida et sa mère ont toujours eu des relations difficiles, souvenez-vous sa visite à l’hôpital  un mois après son accident. Tout a une fin, sa mère meurt en 1933.
Durant la période 1932/1933 Frida vit un moment difficile, elle se sent mal aux Etats-Unis. Autant Diego est fasciné par les Etats-Unis autant elle n’aime pas ce pays, ni ses habitants, ce dégout apparaît dans ses peintures. Diego consent à retourner au Mexique. Ils s’installent à San Ángel.
1934.Frida devra subir à nouveau un curetage.
Comme chez beaucoup de peintres Frida a de longs passages sans activités artistiques.
Vers 1935 Frida à une vie tumultueuse. Elle part à New-York avec deux amies et ne retournera au Mexique qu’avec la certitude que la liaison de Diego avec sa sœur Cristina soit bien terminée.
Début 1938, Frida expose à New-York (Julien Levy Gallery). Ses tableaux portent des titres révélateurs: “La colonne brisée”- “Le cerf blessé”-“La fleurs de la vie”-“L’étreinte de l’univers”-
Les surréalistes s’intéressent à son travail, elle ne supporte pas qu’on l’associe à ce groupe (comme je la comprends).
En 1938 Frida et Diego divorcent. La même année elle est atteinte d’une mycose aiguë de la main droite, ce qui la handicape pour son travail de peintre.
En 1939 Frida part seule à Paris. André Breton qui adore sa peinture organise avec Pierre Colle une exposition. Dix huit tableaux y seront présentés. À cette occasion Picasso lui offrira deux mains en ivoire en guise de boucles d’oreille. Elle commence à avoir une petite renommée à Paris. Mais Frida ne supporte ni Breton qui d’après elle ne pense qu’à sa propre gloire, ni Pierre Colle qui avait organisé cette expo qu’elle traitera de “vieux bâtard et fils de pute”.
Frida pique sa     colère: ”Ça valait le coup de venir en Europe pour voir en train de pourrir sur pieds ces gens, ces bons à rien qui sont la cause de tous les Hitler et Mussolini” Frida rentre au Mexique.
Malgré leurs complexités de leurs relations Ils ne peuvent vivre l’un sans l’autre
En 1940 Diego Rivera propose à Frida de l’épouser de nouveau. Le second mariage aura lieu le 8 décembre 1940.

Après le décès du père de Frida “les jeunes remariés” s’installent au Mexique dans la maison natale de Frida (La maison bleue).
Diego a toujours été engagé dans la lutte sociale, il place l’art au niveau populaire (On pense à Fernand Léger). Diplomatiquement les États-Unis cherchent à se rapprocher du Mexique, Diego en profite, il est de plus en plus connu et devient un ambassadeur de choix, il a de nombreuses  commandes. Bref “tout va bien, POUR LUI”
En 1943 aura lieu une exposition Khalo, à Mexico. Frida y arrive vêtue d’une robe zapothèque, elle est allongée sur le fameux lit à baldaquin que porte ses amis.
Cela fait bien longtemps qu’elle n’a pas été aussi heureuse.
1950 Frida doit rentrer à l’hôpital, elle va y rester neuf mois, les opérations à la colonne vertébrale se succèdent, il y en aura sept d’affilée qui laisseront d’énormes cicatrices. Fournissant un effort surhumain elle peut  se remettre  à peindre . En août 1953 on l’ampute de la jambe droite.

 LA LETTRE À DIEGO.

Mon cher Don Diego,

Je t’écris cela depuis une chambre d’hôpital, la salle de préparation au bloc opératoire. Ils essayent de me presser mais je suis déterminée à achever cette lettre, je n’aime pas faire les choses à moitié et encore moins maintenant que je suis au courant de ce qu’ils planifient, ils veulent blesser ma fierté en me coupant un pied…
Lorsqu’ils m’ont annoncé qu’ils devaient m’amputer de la jambe, ça ne m’a pas affectée comme chacun le croyait, NON, j’étais déjà une femme incomplète lorsque je l’ai perdue cette autre fois, peut-être la énième, et pourtant j’ai survécu.
Ça n’a pas changé ma douleur et tu le sais, c’est presque une condition immanente à mon être, bien que je t’avoue que j’ai souffert, et beaucoup, la fois, toutes les fois, où tu m’as trompée… Pas seulement avec ma sœur mais avec tant d’autres femmes … Comment ont-elles pu tomber dans tes filets? Tu penses que je t’ai emmerdé à propos de Cristina, mais je dois t’avouer aujourd’hui que ce n’était pas pour elle, mais pour toi et moi, d’abord pour moi parce que je n’ai jamais compris. Qu’est-ce que tu cherchais, qu’est-ce que tu cherches, qu’est-ce qu’elles te donnent et t’ont donné que je ne t’ai pas offert ? Parce que, soyons francs Diego, je t’ai donné tout ce qui était humainement possible et nous le savons, alors maintenant, j’aimerais comprendre putain comment tu fais pour conquérir toutes ces femmes alors que tu es si laid fils de pute…
L’intérêt de cette lettre n’est pas de te reprocher plus que ce que nous nous sommes déjà reprochés dans cette vie, et qui sait dans combien d’autres encore, mais seulement de t’annoncer qu’ils vont me couper une jambe (finalement on en vient à la condamnée)… Je t’ai déjà dit il y a bien longtemps que je me sentais incomplète, mais quelle aurait été la putain de nécessité que les gens s’en doutent ? Maintenant tu le vois, mon morcellement sera visible à la vue de tous, de toi… C’est pour cela que je préfère te le dire « personnellement » avant que ça ne s’ébruite. Excuse moi de ne pas m’être arrêtée chez toi pour te l’annoncer, mais dans ces instances et ces conditions, ils ne m’ont pas laissée sortir de la chambre, pas même pour aller aux toilettes. Je ne souhaite pas te déranger, ni toi ni personne, et je veux que tu ne te sentes coupable de rien, je t’écris pour t’annoncer que je te libère de moi, allez, je « t’ampute » de moi, sois heureux et n’essaye plus jamais de me voir. Je ne veux plus avoir de tes nouvelles ou que tu en aies de moi, si j’ai réellement envie de quelque chose avant de mourir c’est de ne plus être amenée à revoir ton horrible sale gueule roder dans mon jardin.
C’est tout, je peux enfin m’en aller et reposer en paix.
Celle qui vous aimait d’une impétueuse folie fait ses adieux.

                             Votre Frida.


En août 1953, on lui ampute la jambe droite jusqu’au genou à cause d'une gangrène. Cette opération apaise ses souffrances, mais la plonge dans une profonde dépression :
« On m’a amputé la jambe il y a six mois qui me paraissent une torture séculaire et quelques fois, j’ai presque perdu la tête. J’ai toujours envie de me suicider. Seul Diego m’en empêche, car je m’imagine que je pourrais lui manquer. Il me l’a dit, et je le crois. Mais jamais de toute ma vie je n’ai souffert davantage. J’attendrai encore un peu… »
Malheureusement sa destinée la poursuit: La gangrène attaque maintenant sa jambe droite. Frida noie son chagrin dans l’alcool, l’envie de suicide la poursuit.
Le 2 juillet 1954 on pourra voir Frida sur sa chaise roulante lever le poing lors d’une manif contre l’intervention de la CIA au Guatemala. Frida la révoltée est toujours parmi nous. Ce jour là elle attrape une pneumonie, la souffrance est  présente plus que jamais. Elle écrira sur son journal intime : “J’espère que la sortie sera joyeuse et j’espère ne jamais revenir”
Le 13 juillet l’infirmière la découvre les yeux ouverts, elle vient de mourir à l’âge de 47 ans.
Sur son dernier tableau, elle écrira “Viva la Vida“

Sa mort n’est sans doute pas accidentelle.

Et dire qu’il y aura toujours des imbéciles pour dire que l’euthanasie ou le suicide assisté n’a pas droit de cité sur cette planète !

 

Images Frida Kahlo sur Google

 

Images Diego Rivera sur Google

 

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Terme anglais qui signifie "enlèvements"(en l'occurence, sous-entendu "par des extraterrestres") - également appelées "Rencontres Rapprochées du 4ème type" ou "RR4", ces abductions sont revendiquées par près de 2% de la population américaine, ce qui représente plusieurs millions d'individus.

Sur le nombre, entre 10 et 20% décrivent le même scénario et les mêmes sensations = période d'amnésie, flottement dans les airs, paralysie au réveil et apparition de marques étranges sur le corps.


Je ne vous étonnerai pas en vous avouant que même les ufologues ont parfois du mal à accepter l'idée...
Cependant c'est un vrai phénomène sociologique que nous ne saurions nier dont les socio-psychologues américains font leurs choux gras !
 
Le cas "historique" est celui de Betty et Barney Hill.

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 L'histoire :

le 19 septembre 1961, Betty et Barney Hill, respectivement 41 et 39 ans, de retour du Canada, rentrent chez eux dans le New Hampshire. Ils sortent du restaurant. Il est 22 heures. Ils sont dans leur voiture, direction Portsmouth, lorsqu'ils aperçoivent au-dessus des White Mountains un objet lumineux qui traverse le ciel. Lorsqu'ils s'arrêtent pour l'observer aux jumelles, l'objet change de direction et fonce sur eux puis stoppe au-dessus de la voiture, à quelques centaines de mètres d'altitude. Lorsque Barney sort de l'auto, la chose se met à foncer droit sur le véhicule. Paniqué, il se remet au volant et démarre en trombe. Suit une série de bruits et de vibrations qu'ils ne s'expliquent pas. Puis plus rien d'anormal... si ce n'est qu'à l'arrivée, ils s'aperçoivent qu'ils ont mis deux heures de plus qu'à l'accoutumée pour faire le trajet. Un vide de deux heures qu'ils ne comprennent pas.

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Durant les nuits qui suivent, ce sont insomnies et cauchemars. Si bien qu'ils finissent par consulter un psychiatre de Boston, le docteur Benjamin Simon.

Le médecin décide de leur faire faire une régression par hypnose profonde et d'enregistrer leurs "souvenirs" liés à cette nuit. Je mets volontairement le mot "souvenirs" entre guillemets parce que bon.. on ne peut exclure que ces "souvenirs" aient été induits par l'hypnose. Cependant leurs récits, bien que des plus étranges, se recoupent.
 
Leur récit sous hypnose :

A un moment la lumière aperçue prend l'aspect d'une soucoupe et, quelques kilomètres plus loin, leur véhicule immobilisé, ils voient atterrir l'engin à une dizaine de mètres d'eux. Barney, dans un premier temps, pense avoir à faire à un hélicoptère et s'approche. Mais en s'approchant il voit des hublots derrière lesquels se trouvent d'étranges créatures. Il s'enfuit, regagne le véhicule et démarre sur les chapeaux de roue. C'est alors qu'interviennent les sons, des "bip-bip". Puis la perte de notion du temps. Ils reprennent conscience 50 km plus loin. Leurs montres sont arrêtées. A l'arrivée, il leur manque deux heures.

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Au fil des séances, le récit se fait plus précis.
Betty par exemple, se souviendra, après avoir subi un examen, s'être adressée à l'un des  extraterrestres qui lui répondit dans un anglais impeccable et se fit un plaisir de lui montrer sur une carte du ciel l'endroit d'où ils venaient. Avant d'être ramenés tous deux jusqu'à leur voiture.

Elle dira quelques années plus tard (1969) reconnaître sur une carte l'endroit désigné comme étant Zeta-Reticuli.

Par la suite, beaucoup de témoignages d'abductés rapportent des récits d'examens médicaux douloureux et/ou humiliants (prélèvement d'échantillons de peau, de sang, de sperme ou d'ovules, introduction de sondes dans les narines, le conduit auditif ou la cavité oculaire), voire des fécondations par ces  ET.

A ce propos, on note quelque chose de peu banal. Il semble que certaines victimes aient dû se faire enlever par la suite de minuscules implants situés dans leur corps à divers endroits ; œil, main, cou ou près du globe oculaire, souvent attachés à un nerf. Un ufologue américain, Derrel Sims, les auraient collectés. Il en détiendrait une trentaine qu'il tente d'analyser.
Je vous fais grâce des délires messianiques et autres prophéties cataclysmiques que nombre de ces victimes se sentent en devoir de rapporter.

Plus étonnant encore : quelques rares cas ont été signalés en Europe, au Brésil ou en Australie mais la quasi-totalité reste concentrée sur les Etats-Unis.


Si le bord des routes américaines semble propice à ce genre de mésaventure (hormis les Hill, on retrouve beaucoup de cas similaires), la majorité des témoignages situe le récit dans la chambre à coucher et les chercheurs proposent une explication liée à la paralysie du sommeil qui aurait entraîné une sensation de présence, de danger, d'immobilisation forcée, etc.... Le récit dérive ensuite, en règle générale, vers un déplacement dans un vaisseau en vue d'analyses médicales, voire d'IVG, où quelquefois les victimes, généralement conscientes durant les examens, voient des extraterrestres (petits-gris) et parfois même quelques humains. Puis le scénario habituel opérations/poses d'implants/révélations prophétiques. Certains reviennent parfois avec des marques inexpliquées sur le corps.


Hystérie collective ? Si vous avez un doute vous concernant, voici un test de rencontre ou d'enlèvement par des Et !



 

Liens :
Wikipedia
Luxorion
Paranormal-info

Témoignages d'enlèvements :
RRO
Secretebase

Livres :
Susan Clancy
Stéphane Allix





 

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Voyage au pays de l'art brut



 
Raymond Isidore dit Picassiette
 
Sans doute connaissez-vous Chartres. C’est certainement un des lieux les plus magiques de France. Bien sûr, la cathédrale (en particulier la deuxième crypte).
C’est dans ce lieu que vers les années 1900 va se produire une chose étonnante. Si le cœur vous en dit, appelez ça un miracle.
Voici ce qu’en racontera plus tard l’heureux bénéficiaire :
J’étais aveugle (c’est ainsi qu’on disait autrefois) quand j’étais enfant; c’est dans la cathédrale que j’ai vu pour la première fois de ma vie. Il faisait sombre, d’abord je n’ai pas vu grand-chose, et puis les vitraux…”
 
 
 
 
La destinée de certains individus hors du commun semble tracée dès l’enfance.
Raymond Isidore est né le 8 septembre 1900 dans une famille modeste. Bien qu’ayant recouvré la vue, il ne voyait pas beaucoup son père qui avait une fâcheuse tendance à préférer le bistrot à la cathédrale.
 

Les cathédrales de France
 
 
Dès l’âge de treize ans, il va être obligé de travailler, apprenti mouleur à la fonderie de Chartres puis mouleur aux établissements Teisset.
Il habitera chez ses parents jusqu’en 1924, date à laquelle il va se marier avec Adrienne Dousset, de onze ans son aînée, qui débarque dans sa vie flanquée de ses trois marmots.
 
Adrienne Dousset  - Madame Isidore
 
En 1928, il achète pour 450 francs quatre acres de terrain en jachère; c’est là qu’il va construire sa maison.
Assez vite, des problèmes de santé l’obligent à quitter sa profession de mouleur. Il est alors engagé par la ville comme cantonier et sera rapidement affecté en qualité de balayeur (c’est comme ça qu’on disait autrefois) au cimetière
.
 
 
 
Le balayage est un art peu connu du grand public; ne nécessitant pas une grande concentration, il permet de méditer longuement.
Aussi notre ami ne va-t-il pas s’en priver, n’interrompant son travail que pour laisser passer les enterrements et leur cohorte de noir vêtue.
Il réfléchit : “Pourquoi (c’est lui qui parle) sur les morts on met des fleurs ? Pourquoi n’en met-on jamais sur les vivants ?”



 
Chartres vu par Isidore
 
Et comme Adrienne adore les fleurs, toute sa vie il y en aura partout.
En 1930, il commence la construction de sa maison; trois pièces (une cuisine et deux chambres) qu’il construira seul. Elle est entourée d’un petit jardin.
Encore une fois, le destin choisit souvent à notre place. Comme le célèbre facteur Cheval butant sur une pierre qui allait lui révéler sa vocation, Raymond va trouver quelques morceaux de vaisselle cassée, et là il ne peut s’empêcher de les ramasser. En rentrant chez lui, il les dépose dans un coin du jardin. Et finalement décide d’en faire une mosaïque.en les collant sur le mur. Faire revivre ce que les hommes mettaient au rebut, voila qui allait devenir le but de sa vie.
 
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La cuisinière
 
Tout allait y passer. D’abord l’extérieur, les sols, les murs, jusqu’au faîte du toît. Enfin, l’intérieur, du sol au plafond… Tout, vous dis-je : le poste de T.S.F (c’est comme ça qu’on disait autrefois), la machine à coudre, l’armoire, les pots de fleurs et même la cuisinière. Tout devient mosaïque. Il va passer sa vie à refaire le vitrail qui lui a donné la lumière.
 
 
Le lit
 
Voici ce qu’il dit : “L’esprit m’a dicté ce que je devais faire pour embellir la vie. Beaucoup de gens pourraient en faire autant, mais non : ils n’osent pas. Moi, j’ai pris mes mains et elles m’ont rendu heureux, je voudrais être un exemple”.
Il prétendait être guidé par une force spirituelle.
Dans la maison, les rares endroits où il n’y aura pas de collages seront peints. Une fresque représente le mont Saint-Michel… qu’il n’a jamais vu.
Comme beaucoup de visionnaires, son panthéon foisonne de toutes sortes de dieux, et aussi d’animaux qu’il adore. Des chiens, des chats, un dromadaire, un cerf, etc…
 
 
Le chat et le lapin
 
Les voyages qu’il ne fera jamais, il les fait en esprit, sans jamais sortir de chez lui.
En 1956, il achète une petite parcelle de terrain jouxtant sa maison. Il va y construire la chapelle et la maison d’été.

 
 
La chapelle

 
 
Le 7 septembre 1964, Raymond Isidore transite vers un autre monde, celui dont il avait rêvé toute sa vie.
En 1981, la ville de Chartres achète la maison.
En 1982, elle est classée monument historique.La maison faite de mille morceaux n’a pas été détruite (en mille morceaux). Elle se trouve à Chartres au 22 de la rue du Repos.

Si vous passez par là… dites-lui bonjour pour moi.


 
 Raymond Isidore
 
 
*
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De la série “Les prisonniers” par BMC – TM - 110 x 75 cm.

 

 

Je ne sais pas si vous avez lu “La Douleur” de Marguerite Duras. Sinon faites-le.

 

Dans La douleur, Marguerite Duras évoque le retour de son mari, Robert Antelme (qu'elle nomme ici Robert L.).

 

 

En voici un extrait de l’édition Folio Gallimard, POL Editeur 1985.

 

Dans mon souvenir, à un moment donné, les bruits s'éteignent et je le vois. Immense. Devant moi. Je ne le reconnais pas. Il me regarde. Il sourit. Il se laisse regarder. Une fatigue surnaturelle se montre dans son sourire, celle d'être arrivé à vivre jusqu'à ce moment-ci. C'est à ce sourire que tout à coup je le reconnais, mais de très loin, comme si je le voyais au fond d'un tunnel. C'est un sourire de confusion. Il s'excuse d'en être là, réduit à ce déchet. Et puis le sourire s'évanouit. Et il redevient un inconnu. Mais la connaissance est là, que cet inconnu c'est lui, Robert L., dans sa totalité.

 

Il avait voulu revoir la maison. On l'avait soutenu et il avait fait le tour des chambres. Ses joues se plissaient mais elles ne se décollaient pas des mâchoires, c'était dans ses yeux qu'on avait vu son sourire. Quand il était passé dans la cuisine, il avait vu le clafoutis qu'on lui avait fait. Il a cessé de sourire : “Qu'est-ce que c'est ? ” On le lui avait dit. À quoi il était? Aux cerises, c'était la pleine saison. “Je peux en manger? — Nous ne le savons pas, c'est le docteur qui le dira” II était revenu au salon, il s'était allongé sur le divan. “ Alors je ne peux pas en manger? — Pas encore. — Pourquoi? — Parce qu'il y a déjà eu des accidents dans Paris à trop vite faire manger les déportés au retour des camps. ”

II avait cessé de poser des questions sur ce qui s'était passé pendant son absence. Il avait cessé de nous voir. Son visage s'était recouvert d'une douleur intense et muette parce que la nourriture lui était encore refusée, que ça continuait comme au camp de concentration. Et comme au camp, il avait accepté en silence. Il n'avait pas vu qu'on pleurait. Il n'avait pas vu non plus qu'on pouvait à peine le regarder, à peine lui répondre.

 

Le docteur est arrivé. Il s'est arrêté net, la main sur la poignée, très pâle. Il nous a regardés puis il a regardé la forme sur le divan. Il ne comprenait pas. Et puis il a compris : cette forme n'était pas encore morte, elle flottait entre la vie et la mort et on l'avait appelé, lui, le docteur, pour qu'il essaye de la faire vivre encore. Le docteur est entré. Il est allé jusqu'à la forme et la forme lui a souri. Ce docteur viendra plusieurs fois par jour pendant trois semaines, à toute heure du jour et de la nuit.  Dès que la peur était trop grande, on l'appelait, il venait. Il a sauvé Robert L. Il a été lui aussi emporté par la passion de sauver Robert L. de la mort. Il a réussi.

 

Nous avons sorti le clafoutis de la maison pendant qu'il dormait. Le lendemain la fièvre était là, il n'a plus parlé d'aucune nourriture.

 

S'il avait mangé dès le retour du camp, son estomac se serait déchiré sous le poids de la nourriture, ou bien le poids de celle-ci aurait appuyé sur le cœur qui lui, au contraire, dans la caverne de sa maigreur était devenu énorme : il battait si vite qu'on n'aurait pas pu compter ses pulsations, qu'on n'aurait pas pu dire qu'il battait à proprement parler mais qu'il tremblait comme sous l'effet de l'épouvante. Non, il ne pouvait pas manger sans mourir. Or il ne pouvait plus rester encore sans manger sans en mourir. C'était là la difficulté.

La lutte a commencé très vite avec la mort. Il fallait y aller doux avec elle, avec délicatesse, tact, doigté. Elle le cernait de tous les côtés. Mais tout de même il y avait encore un moyen de l'atteindre lui, ce n'était pas grand, cette ouverture par où communiquer avec lui mais la vie était quand même en lui, à peine une écharde, mais une écharde quand même. La mort montait à l'assaut. 39,5 le premier jour. Puis 40. Puis 41. La mort s'essoufflait. 41 : le cœur vibrait comme une corde de violon. 41, toujours, mais il vibre. Le cœur, pensions-nous, le cœur va s'arrêter. Toujours 41. La mort, à coups de boutoir, frappe, mais le cœur est sourd. Ce n'est pas possible, le cœur va s'arrêter. Non.

De la bouillie, avait dit le docteur, par cuillers à café. Six ou sept fois par jour on lui donnait de la bouillie. Une cuiller à café de bouillie l'étouffait, il s'accrochait à nos mains, il cherchait l'air et retombait sur son lit. Mais il avalait. De même six à sept fois par jour il demandait à faire. On le soulevait en le prenant par-dessous les genoux et sous les bras. Il devait peser entre trente-sept et trente-huit kilos : l'os, la peau, le foie, les intestins, la cervelle, le poumon, tout compris : trente-huit kilos répartis sur un corps d'un mètre soixante-dix-huit. On le posait sur le seau hygiénique sur le bord duquel on disposait un petit coussin : là où les articulations jouaient à nu sous la peau, la peau était à vif. [...] Une fois assis sur son seau, il faisait d'un seul coup, dans un glou-glou énorme, inattendu, démesuré. Ce que se retenait de faire le cœur, l'anus ne pouvait pas le retenir, il lâchait son contenu. Tout, ou presque, lâchait son contenu, même les doigts qui ne retenaient plus les ongles, qui les lâchaient à leur tour. Le cœur, lui, continuait à retenir son contenu. Le cœur. Et la tête. Hagarde, mais sublime, seule, elle sortait de ce charnier, elle émergeait, se souvenait, racontait, reconnaissait, réclamait. Parlait. Parlait. La tête tenait au corps par le cou comme d'habitude les têtes tiennent, mais ce cou était tellement réduit — on en faisait le tour d'une seule main — tellement desséché qu'on se demandait comment la vie y passait, une cuiller à café de bouillie y passait à grand-peine et le bouchait. Au commencement le cou faisait un angle droit avec l'épaule. En haut, le cou pénétrait à l'intérieur du squelette, il collait en haut des mâchoires, s'enroulait autour des ligaments comme un lierre. Au travers on voyait se dessiner les vertèbres, les carotides, les nerfs, le pharynx et passer le sang : la peau était devenue du papier à cigarettes. Il faisait donc cette chose gluante vert sombre qui bouillonnait, merde que personne n'avait encore vue. Lorsqu'il l'avait faite on le recouchait, il était anéanti, les yeux mi-clos, longtemps.

Pendant dix-sept jours, l'aspect de cette merde resta le même. Elle était inhumaine. Elle le séparait de nous plus que la fièvre, plus que la maigreur, les doigts désonglés, les traces de coups des S.S. On lui donnait de la bouillie jaune d'or, bouillie pour nourrisson et elle ressortait de lui vert sombre comme de la vase de marécage. Le seau hygiénique fermé on entendait les bulles lorsqu'elles crevaient à la surface. Elle aurait pu rappeler — glaireuse et gluante — un gros crachat. Dès qu'elle sortait, la chambre s'emplissait d'une odeur qui n'était pas celle de la putréfaction, du cadavre — y avait-il d'ailleurs encore dans son corps matière à cadavre — mais plutôt celle d'un humus végétal, l'odeur des feuilles mortes, celle des sous-bois trop épais. C'était là en effet une odeur sombre, épaisse comme le reflet de cette nuit épaisse de laquelle il émergeait et que nous ne connaîtrions jamais. (Je m'appuyais aux persiennes, la rue sous mes yeux passait, et comme ils ne savaient pas ce qui arrivait dans la chambre, j'avais envie de leur dire que dans cette chambre au-dessus d'eux, un homme était revenu des camps allemands, vivant.)

Évidemment il avait fouillé dans les poubelles pour manger, il avait mangé des herbes, il avait bu de l'eau des machines, mais ça n'expliquait pas. Devant la chose inconnue on cherchait des explications. On se disait que peut-être là sous nos yeux, il mangeait son foie, sa rate. Comment savoir? Comment savoir ce que ce ventre contenait encore d'inconnu, de douleur?

 Dix-sept jours durant l'aspect de cette merde est resté le même. Dix-sept jours sans que cette merde ressemble à quelque chose de connu. Chacune des sept fois qu'il fait par jour, nous la humons, nous la regardons sans la reconnaître. Dix-sept jours nous cachons à ses propres yeux ce qui sort de lui de même que nous lui cachons ses propres jambes, ses pieds, son corps, l'incroyable. Nous ne nous sommes jamais habitués à les voir. On ne pouvait pas s'y habituer. Ce qui était incroyable, c'était qu'il vivait encore. Lorsque les gens entraient dans la chambre et qu'ils voyaient cette forme sous les draps, ils ne pouvaient pas en supporter la vue, ils détournaient les yeux. Beaucoup sortaient et ne revenaient plus. Il ne s'est jamais aperçu de notre épouvante, jamais une seule fois. Il était heureux, il n'avait plus peur. La fièvre le portait. Dix-sept jours.

Un jour la fièvre tombe.

Au bout de dix-sept jours la mort se fatigue. Dans le seau elle ne bouillonne plus, elle devient liquide, elle reste verte, mais elle a une odeur plus humaine, une odeur humaine. Et un jour la fièvre tombe, on lui a fait douze litres de sérum, et un matin la fièvre tombe. Il est couché sur ses neuf coussins, un pour la tête, deux pour les avant-bras, deux pour les bras, deux pour les mains, deux pour les pieds ; car tout ça ne pouvait plus supporter son propre poids, il fallait engloutir ce poids dans du duvet, l'immobiliser.

Et une fois, un matin, la fièvre sort de lui. La fièvre revient mais retombe. Elle revient encore, un peu plus basse et retombe encore. Et puis un matin il dit : «J'ai faim. »

 

La faim avait disparu avec la montée de la fièvre. Elle était revenue, avec la retombée de la fièvre. Un jour le docteur a dit : “ Essayons, essayons de lui donner à manger, commençons par du jus de viande, s'il le supporte, continuez à lui en donner, mais en même temps donnez-lui de tout, par petites doses tout d'abord, et par paliers de trois jours, un peu plus à chaque palier. ”

 

Dans la matinée je fais tous les restaurants de Saint-Germain-des-Prés pour trouver un presse-viande. J'en trouve un boulevard Saint-Germain dans un grand restaurant. Ils ne peuvent pas le prêter. Je dis que c'est pour un déporté politique qui est très mal, que c'est une question de vie ou de mort. La dame réfléchit, elle dit : “Je ne peux pas vous le prêter mais je peux vous le louer, ce sera mille francs par jour (sic). ”» Je donne mon nom, mon adresse et une caution. La viande m'est vendue au prix coûtant par le restaurant Saint-Benoit.

II digérait parfaitement le jus de viande. Alors au bout de trois jours il a commencé à manger des aliments solides.

Sa faim a appelé sa faim. Elle est devenue de plus en plus grande, insatiable.

Elle a pris des proportions effrayantes.

On ne le servait pas. On lui donnait directement les plats devant lui et on le laissait et il mangeait. Il fonctionnait. Il faisait ce qu'il fallait pour vivre. Il mangeait. C'était une occupation qui prenait tout son temps. Il attendait la nourriture pendant des heures. Il avalait sans savoir quoi. Puis on éloignait la nourriture et il attendait qu'elle revienne.

 

Il a disparu, la faim est à sa place. Le vide donc est à sa place. Il donne au gouffre, il remplit ce qui était vidé, les entrailles décharnées. C'est ce qu'il fait. Il obéit, il sert, il fournit à une fonction mystérieuse. Comment sait-il pour la faim ? Comment perçoit-il que c'est cela qu'il faut? II le sait d'un savoir sans équivalence aucune.

 

Il mange une côtelette de mouton. Puis il suce l'os, les yeux baissés, attentif seulement à ne laisser aucune parcelle de viande. Puis il reprend une deuxième côtelette de mouton. Puis une troisième. Sans lever les yeux.

Il est assis dans la pénombre du salon, près d'une fenêtre à demi ouverte, sur un fauteuil, entouré de ses coussins, sa canne à côté de lui. Dans ses pantalons ses jambes flottent comme des béquilles. Lorsqu'il fait du soleil, on voit à travers ses mains.

Hier, il ramassait les miettes de pain tombées sur son pantalon, par terre, en faisant des efforts énormes. Aujourd'hui il en laisse quelques-unes.

Quand il mange on le laisse seul dans la pièce. On n'a plus à l'aider. Ses forces sont revenues suffisamment pour qu'il tienne une cuiller, une fourchette. Mais on lui coupe la viande. On le laisse seul devant la nourriture. On évite de parler dans les pièces à côté. On marche sur la pointe des pieds. On le regarde de loin. Il fonctionne. Il n'a pas de préférence marquée pour les plats. De moins en moins de préférence. Il avale comme un gouffre. Quand les plats n'arrivent pas assez vite il sanglote et il dit qu'on ne le comprend pas.

Hier après-midi il est allé voler du pain dans le frigidaire. Il vole. On lui dit de faire attention, de ne pas trop manger. Alors il pleure. [...]

 

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De la série “Les Prisonniers” par BMC - TM - 110 x 75 cm.

 

 

 

 

 

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PHOTOS BMC

 

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4 / La chasse.

 

 

La plupart des veneurs jouent de la trompe de chasse. Tout au long de la chasse ils seront amenés, par ce moyen, à "avertir" des événements qui s'y déroulent.

Si on est sur la voie du cerf, on sonne le "bien aller", qui entre autres choses encourage les chiens, permet aux membres de l'équipage de savoir que la chasse suit "son courre".

 

 

 

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Photo BMC

 

 

Si l'animal "débuche" (sort d'un bois à découvert), on sonne le "débuché", cela veut dire qu'il risque de se retrouver dans des cultures, et qu'en conséquence il va falloir être très prudent.

 

 

Si on voit le cerf franchir un chemin ou une route, sonner la vue, mais pour ça encore faut-il être sûr qu'il s'agit bien du cerf de chasse, en cas de doute attendre le passage des chiens.

 

 

 

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Photo BMC

 

 

Si vous apercevez le cerf de chasse vous devez prévenir en criant"taïaut".

 

 

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Photo BMC

 

Bien entendu les sonneries ne sont pas, comme on pourrait le croire l'apanage des membres de l'équipage. Tout suiveur a le droit de sonner de la trompe. Cela dit, si vous suivez pour la première fois une chasse à courre, éviter de sonner n'importe quoi, à n'importe quel propos. À la fin de la chasse, vous aurez l'opportunité, si vous le désirez, de vous joindre à la fanfare.

 

 

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Photo BMC

 

Durant la chasse ne jamais oublier que ce sont les chiens qui chassent, faire tout pour les appuyer, ce n'est pas le chasseur qui poursuit le cerf ce sont les chiens, ne jamais l'oublier.

 

L'art du veneur va consister à mener les chiens vers l'animal choisi, mais si possible toujours rester en retrait. La connaissance du cerf "par corps" (à vue) peut très bien n'intervenir qu'au moment de"l'hallali", quand le cerf est cerné par les chiens.

 

 

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    5/L'hallali.

 

   

 

 

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Photo BMC

 

Vers la fin de la chasse, le cerf est fatigué, les chiens sont juste derrière lui, il est "hallali courant".

 

 

 

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Photo BMC

 

Enfin le cerf reste debout face aux chiens, qui n'approchent pas trop…. Afin de ne pas le laisser souffrir plus longtemps, il va falloir très vite le mettre à mort. La plupart du temps, c'est le rôle du maître d'équipage; dans le cas où il ne serait pas encore sur les lieux, c'est un piqueux qui se chargera de la mise à mort. Généralement il se servira d'une dague qu'il plantera dans le cœur de l'animal, la mort est instantanée.

 

 

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Photo BMC

 

Dans le cas où le cerf se réfugie dans un étang, et s'il n'y a pas de barque à proximité, on se sert d'une carabine, le but étant de laisser l'animal souffrir le moins longtemps possible.

  

 

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 Photo BMC

 

 

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Photo BMC

 

 

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Photo BMC

 

 

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Photo BMC

 

 

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Photo BMC

 

6/ Les Honneurs.

 

 

Le maître d'équipage va remettre "le pied" à la personne à qui la chasse a été dédiée. Le tout agrémenté du laïus de circonstance.

 

 

Le maître d'équipage va remettre

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À compter de ce moment, la fanfare va jouer  jusqu' à la fin de la curée.

 

 

 

7/La Curée.

 

 

 

On écarte les chiens pendant qu'on dépouille l'animal.

On va procéder, d'abord au prélèvement d'un pied, on formera une tresse avec la peau, il est destiné, au moment des honneurs, à celui à qui la chasse à été dédiée, généralement il s'agit d'un invité, mais je vous en ai déjà parlé.

 

 

 

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Les morceaux de choix vont être prélevés; généralement, ils seront offerts, souvent à des hôpitaux, ou à  une maison de retraite. En tous cas pas aux chasseurs comme on aurait tendance à le penser.

 

 

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Photo BMC

 

Les restes de l'animal vont être "proposés "aux chiens. Ceux-ci attendent, sagement rangés en ligne, dés qu'ils entendent (à peine murmuré) "allez". Alors là c'est la curée.

 

 

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Photo BMC

 

La chasse se termine, on va procéder à "la comptée", on rentre les chiens un à un dans la camionnette du chenil

 

 

 

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Photo BMC

 

Il arrive fréquemment que certains manquent à l'appel, ceux qui seront partis faire leur chasse, ça arrive particulièrement avec les jeunes chiens qui s'en seront pris à un lapin, ou un lièvre. Il va falloir refaire un grand tour dans la forêt en les appelant jusqu'à ce que le compte y soit, mais en général ça ne pose pas de problème.

  

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Photo BMC

 

 

    A suivre si vous le voulez bien.

 

 

  Liens sur ce blog

 

 

L'art de la vénerie 1

 

 

L'art de la vénerie 3

 

 

 

 

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 Jérôme Bosch
 
En cette avant-veille de halloween, il fallait bien trouver un peintre à la hauteur de l'événement, Jérôme Bosch me paraissait tout indiqué.

 
 

 

Jérôme Bosch - Détail
 
Peintre néerlandais célèbre pour ses œuvres fantastiques, sorte de cour des miracles, où des humains difformes rivalisent d'horreur avec des êtres mi-reptiles, mi-insectes  venus tout droit du bas astral.
 
 

 

 
Jérôme Bosch - Saint Jérôme en prière
 
 
De Jérôme Bosch, on ne sait pas grand-chose. Il est né en 1453 dans une famille d'artistes modestes à Bois-le-Duc, (Aix-la-Chapelle) son véritable nom est Hiéronimus van Haken. Son père et son grand père sont peintres spécialisés dans la fresque et la dorure (restaurateurs doreurs, et parfois "restaurateurs d'horreurs"…) Ils signent leur travail du nom de van Haken, ce qui va amener Hiéronimus pour se distinguer à prendre le nom de Bosch, nom qui signifie "bois”

 

 
Jérôme Bosch - Le jardin des délices - (Panneaux refermés)

 

 

 
 
Jérôme Bosch -  Le jardin des délices (Triptyque ouvert)
 
Hiéronimus apprend la peinture avec son père. Aucun document d'époque ne nous renseigne sur sa jeunesse; tout ce qu'on sait c'est qu'il va en 1480 épouser la fille d'un riche aristocrate, ce qui va lui permettre de vivre en faisant de la peinture sans se soucier du lendemain. Grâce à ce mariage, il est accueilli en tant que "membre notable" par la confrérie Notre-Dame. Il s'agit d'une association religieuse consacrée au culte de la vierge; il en devient le peintre attitré.

 

 

 
 
Jérôme Bosch - Dessin
 
À compter de maintenant, il semblerait qu'il ait eu une vie paisible auprès de son épouse, vie rythmée entre son travail à l'atelier, et sa participation active à la confrérie.

 


 
 Jéröme Bosch - Le chariot de foin - Panneau central

 
Petit à petit sa notoriété s'étendra bien au-delà des frontières de son pays.

Probablement ses peintures ont paru empreintes d'hérésie, heureusement pour lui son appartenance à la confrérie de Notre-Dame l'aura protégé. Comme il en était le peintre officiel, on ne pouvait pas l'accuser de connivence avec les esprits du mal. Il ne sera jamais inquiété par rapport au sujet parfois sacrilège de ses œuvres.

 


 
Jérôme Bosch - L'enfer
 
C'est dans ses lectures que Bosch puise l'inspiration. Ses sujets sont une constante confrontation entre le religieux et le profane. Il travaille d'une manière manichéenne, opposant sans cesse le bien au mal, la beauté à l'horreur. Il passera du jardin des délices à l'enfer. Chez lui il y aura toujours la thèse et l'antithèse, le vice et la vertu. Très probablement influencé par le discours des prédicateurs du moment. L'un d'eux le célèbre dominicain Alain de la Roche enseigne que les insectes et les animaux sont les représentations des vices et des péchés.


 
 
Jérôme Bosch
 
Les monstres que l'on retrouve dans l'œuvre de Bosch sont les mêmes que ceux qui figurent aux murs de nos cathédrales :  salamandres, personnages mi-animal mi- humain, gargouilles au faciès inquiétant etc.

 

 

 
Jérôme Bosch - Jésus portant sa croix 
 
Parmi les primitifs hollandais, Bosch n'est comparable à aucun de ses contemporains : de Van Eyck à Van der Weyden en  passant par Memling ou Durer. Grâce à son originalité, son travail est extrêmement moderne, en avance sur celui de ses confrères de l'époque; on pourrait presque parler de surréalisme. Si l'on faisait un inventaire de ses œuvres, on y trouverait toutes sortes de choses hétéroclites, pattes d'insectes, plumes d'oiseaux, têtes de reptiles, corps de batraciens, membres humains, mais aussi des machines infernales, des paysages enflammés, monde où règne à la fois l'ordre et le chaos.

 

 
 Jérôme Bosch -  La tentation de Saint Antoine
 
L'œuvre de Jérôme Bosch est une interrogation permanente sur la folie des hommes. Dans le célèbre tableau représentant "l'extraction de la pierre de folie", il représente le chirurgien avec un entonnoir sur la tête (image reprise bien des années plus tard par le "Canard Enchaîné", cette fois-ci concernant un illustre homme politique). Le chirurgien en question est entouré de religieux plutôt douteux à qui je ne confierais ni mon portefeuille ni ma femme.


 Jérôme Bosch - L'extraction de la pierre de folie
 
La "Nef des fous" représente des personnages visiblement éméchés, un moine et une religieuse  chantant au pied d'un mât de cocagne et  cherchant à attraper un gâteau.

 

Jérôme Bosch - La nef des fous
 
"L'escamoteur" représente l'incrédulité, et la naïveté des "gogos".


 
 
Jérôme Bosch -  L'escamoteur   
 
Dans "Le jardin des délices"  (assimilé par lui, au paradis terrestre) Bosch essaie de nous montrer l'harmonie qui est censée y régner : les hommes et les animaux n'ont plus d'agressivité, l'abondance règne, et pourtant tout semble prêt à se transformer.
 

 

 Jérôme Bosch -  Le Jardin des délices - panneau central
 
Sur le panneau de droite (voir plus haut), des maisons sont en feu, les animaux et les hommes semblent prêts à se changer en monstres, en un coup de baguette magique, le paradis peut devenir enfer : sans aucun doute la représentation de notre monde.
 
Avec Jérôme Bosch, rien n'est simple, c'est aussi pour ça que sa peinture est aussi intéressante.



 
 
 
Aujourd'hui ses œuvres répertoriées sont très rares : 25 tableaux et 8 dessins.

Il est probable qu'un grand nombre de ses œuvres ont été détruites, ou perdues.

Où peut-on les voir :

Au Musée du Louvre : (Paris) "La nef des fous"

Au musée municipal de Saint Germain en Laye : "L'escamoteur"
 
Au Musée du Prado (Madrid) : "Le jardin des délices" -"Le char de foin".
 
 
 



 

 Jérôme Bosch-  Serait-ce le tunnel vers l'au-delà ???
 
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                (Troisième et dernière partie)
 
 
Le peintre, de nos jours, est un homme seul qui passe le plus clair de son temps entre les murs de son atelier. Il n’a généralement que peu de contacts avec le monde extérieur. Il ne nie pas le monde: il lui accorde une dimension supplémentaire, qui est de pouvoir l’en délivrer.

 
Voici ce qu’écrivait le physicien Jean Charron : “Les poètes, les peintres, les musiciens, et tous les artistes qui manipulent les symboles créés par leur imagination, savent bien que, après quelques années, l’ensemble de ces symboles devient pour eux un langage authentique, qui leur révèle un savoir secret – profondément ancré dans leur chair – et généralement difficilement traduisible pour autrui. L’artiste édifie ainsi souvent autour de lui les murs d’une véritable forteresse, à l’intérieur de laquelle il se trouve parfaitement à l’aise, mais aussi de plus en plus isolé du monde extérieur, où on ne parle pas (ou pas encore) le langage qui est le sien entre les murs de sa citadelle”.

L’artiste est un rêveur. Son monde commence là où finit celui du matérialiste et il n’obéit pas aux mêmes lois. Pour ces raisons, le peintre passe souvent pour un anarchiste. Il est presque touours incompris et, comme disait Georges Braque “tout juste accepté”.
 
 
Il est à la recherche d’une porte qui le ferait passer du monde des apparences à celui du réel. Il s’aventure ainsi vers une quête quasi-impossible de la vérité, à laquelle beaucoup ne résistent pas. Je n’aurai pas ici le mauvais goût de faire l’inventaire des peintres et musiciens et écrivains suicidés ou morts fous…

Vous êtes-vous déjà posé la question de savoir pourquoi, à un certain moment, l’artiste arrête de peindre sa toile ? Là encore, il n’y a aucun élément d’ordre rationnel. Ce qui fait que le peintre décide d’en rester là, c’est simplement par une sorte de “perception extra-sensorielle” – que l’artiste cultive depuis toujours – qu’il va savoir si le tableau est “habité”, s’il émane de son œuvre “quelque chose” qui serait d’origine spirituelle. Le tableau est un piège. Et tant qu’il n’est pas refermé sur sa proie, il n’est pas achevé.
Les Egyptiens parlaient du “divin dedans des choses”


 
 

 

Le scribe accroupi  -  Musée du Louvre

 
Créer une œuvre d’art c'est accomplir un acte magique. Son but est de capter des énergies immatérielles pour les focaliser au plan du manifesté.

La peinture ne nous fait pas pénétrer dans un autre monde; elle nous délivre de ce que nous appelons “la réalité” – qui n’est qu’un aspect restreint du “TOUT”.


 


Gerard Gasiorowski  -  Giotto

 
Le monde n’est qu’une description à laquelle nous souscrivons et que nous alimentons par nos propres pensées. C’est pourquoi le Sage apprend à faire le vide en lui pour “stopper le monde”.

Voici ce qu’écrivait à ce propos Carlos Castaneda : “Le monde ne s’offre pas à nous directement. La description du monde s’interpose toujours entre nous et lui. Donc, nous sommes toujours littéralement un pas en arrière et notre expérience du monde est toujours une mémoire de cette expérience. Nous ne faisons que remémorer, remémorer, remémorer…”


 

 

 
L’artiste qui crée se crée en même temps. Son travail se situe hors du temps. Il poursuit la quête de la conscience qui, petit à petit, le mènera à la négation de la mort. C’est ce qu’avait parfaitement compris le peintre Paul Klee, lorsqu’il écrivait dans son journal “En ce monde, nul ne peut me saisir, car je suis plus présent chez les morts et chez ceux qui ne vivent pas encore. Un peu plus près du cœur de la création qu’il n’est d’usage. Et pourtant, encore bien trop loin…”
 
L’artiste n’étant qu’un être humain n’est jamais qu’un “singe savant”: aussi l’œuvre accomplie ne vient pas de lui. Le peintre n’est rien d’autre que l’outil qui EST AGI. Il s’efface derrière son œuvre. Et, en aucun cas, l’outil ne peut se prévaloir de l’origine de la création. Aussi le véritable artiste connaît-il l’humilité. C’est d’ailleurs souvent à ce signe qu’il se reconnaît…
 
Comme le chercheur en initiation, l’artiste doit être en perpétuel mouvement. S’il s’arrête un instant, s’il pense avoir trouvé, s’il n’est plus dans le mouvement, c’est comme s’il était mort. En Art comme ailleurs, malheur à ceux qui détiennent la Vérité car la VERITE n’est pas du domaine de l’humain. Il y a pour chacun de nous, en fonction de son degré d’évolution, une “vérité” qui lui correspond à un moment donné, en un lieu donné. Cette vérité n’est pas immuable, puisqu’elle n’est pas “LA VERITE”.

Le monde cherche le sens des choses. L’artiste cerne l’essence des choses.
En cherchant le sens, on ne trouve que la manifestation. En trouvant l’essence, on trouve la cause.
En fait, le peintre est à la recherche d’une cause qu’il ne trouvera sans doute jamais et qui est la CAUSE DES CAUSES.
 
Consciemment ou non, nous sommes tous des créateurs. Le monde n’a, en fin de compte, pas d’autre sens que celui que nous lui attribuons.
Nous sommes ce que nous créons.

Vous l’aurez sans doute compris, toute œuvre de création artistique est une quête de la spiritualité – que cette quête soit consciente ou non.

Pour terminer, je voudrais vous donner une définition du tableau, définition qui pourrait également être ma conclusion : le tableau N’EST PAS SEULEMENT UNE SURFACE PLANE recouverte de peinture.

Et, comme l’écrivait Antoine de Saint Exupéry : “Ainsi, l’essentiel du cierge n’est point la cire qui laisse des traces, mais la lumière”.
 
 


B.M.C.  -  Touilleur - Technique mixte - 65 x 50 cm.



 
FIN
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L'art me ment (1)

 




 
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C’était en ???? (mes quatre neurones ont fondu au soleil … faut pas trop leur en demander !) Enfin, au siècle dernier …
Dans le sud de la France.

Reçu une invitation pour le vernissage d’une expo ( Schnabel ?? … sais plus trop. Gonflez pas mes neurones ..).

Oui, d’accord, vous savez ce qu’on pense des vernissages mais ils ont l’avantage de vous permettre de visiter l’expo gratos … après quoi on n’a pas forcément les moyens de faire face aux dépenses inhérentes à la muscu desdits neurones).

Bref, on se prépare. Ca se passe au Musée d’Art Contemporain. Tout le gratin sera là. Enfin, on fait le minimum syndical, faut ce qu’il faut. 


Quand on sort de la maison, il fait déjà nuit. Mais la nuit est douce par chez nous.

Douce … jusqu’à ce qu’on tombe sur de drôles de zèbres, tout de noir vêtus, casque intégral, matraque à la main et visiblement très nerveux… En plein sur le chemin ! Manifestement, les passants obliquent, ils esquivent … C’est quoi-t-est-ce ?
Moi, c’est pas difficile, je vais de là à là : la route la plus courte, c’est la ligne droite.
Donc : “Bonjour, Monsieur. Nous nous rendons à tel endroit. Comment on fait ?”
 
 


Manifestement, il savait pas. Pas de chez nous, l’alien !... Remarquez, fallait pas réfléchir longtemps pour deviner qu’il fallait contourner par la gauche… Mais j’aime bien que les choses soient claires.
Nerveux de chez nerveux, l’athlète répond par de grands gestes un truc genre “vous passez au loin”. Déjà, c’est pas poli, mais bon..
Comme on est curieux, on a demandé pourquoi… (non mais, c’est vrai des fois, tu sors de chez toi, y a un mec qui décide que t’iras pas plus loin… pis quoi encore ?)
Alors, tranquillou, on insiste gentiment. “Mais est-ce qu’on peut nous dire ce qui se passe ?” Le nerveux prend sur lui. D’une voix sèche et hachée (comme un robot mal fignolé), il nous explique que Jean-Marie vient éructer un discours à l’hôtel d’à côté… Et que, de ce fait, personne, j’ai bien dit personne, n’a le droit d’approcher !

Vu l’allure du monsieur et le nombre de ses sombres accolytes … on fait le grand tour (on n’est pas des martyrs, non plus !) – non sans l’avoir remercié avec force salamalecs. “Alors, vous dites, c’est par ici.. Puis, après, on tourne par là.. Ah, d’accord, monsieur. Merci, monsieur. Trop aimable, monsieur. Bonne soirée, monsieur…”


Morts de rire (ou verts de gris), on continue.
Puis, à force, on finit par arriver.

Grands falbalas autour du Musée. Le maire ne va pas tarder à arriver avec ses courtisans. Très en vogue à cette époque, le maire. Sais pas ce qu’il est devenu.
Visite de l’expo. Lumière crue. Bavardages champanisés (à mon avis, on devait être en retard). Mouvements de foule bon chic-bon genre.

Nous, on regarde les tableaux. On est bien. On est même très bien. On a largement le temps de faire au moins deux fois le tour de l’expo = tout le monde se presse au buffet, on est quasiment les seuls à regarder.
Deux jeunes mecs nous croisent alors et me gratifient d’un regard entendu, limite foutage-de-gueule…
Je ne leur ai rien fait. Les connais même pas. Ne peux en aucun cas être leur genre. Regard circulaire et circonspect … pas de doute, c’est bien à moi que ça s’adresse. D’un coup, je ne suis plus si bien que ça… Je veux bien braver des gardes du corps casqués et uniformisés … mais pas cette incertitude.
Alors, ma gueule, qu’est-ce qu’elle a ma gueule ?

Recherche d’une surface (insolente mais) polie permettant de refléter mon anatomie et, horreur, malheur…

J’avais enfilé à toute berzingue une vieille jupe toute pourrie, faite maison, genre jupon avec volants, voyez ? (Mais NOIRE. Important ça, le noir. Après vous mettez un top noir, des bottines noires et vous prenez l’air entendu … et tout passe).

Sauf que
1)    la jupe était à l’envers
2)   c’est moi – la plus nulle des couturières – qui l’avais bricolée. A savoir (c’est dommage que j’ai pas de tablette graphique !) : trois kilomètres d’ourlets voyants, de fils inutiles, pendant, glandouillant et … accrochant un max la lumière !

Solutions :
a)    sortir en pleurant = pas possible, le rimmel, ça pique trop les yeux (encore que côté look, j’eusse été au top),
b)   trouver les chiottes et s’y précipiter pour retourner la chose (et si je re-croise les deux mecs – sans parler de tous les autres qui ont poliment détourné le regard – ils vont ouvertement se payer ma tronche, cette fois…)
c)    assumer. Après tout, la mode a assimilé le mouvement grunge. OK, je SUIS grunge (sans le vouloir). Et après, y en a que ça gêne ?

  

C’est seulement une fois sortis que j’ai fait remarquer à mon Mi-Amor-à-moi-que-j’aime (quand même) qu’il aurait pu s’en apercevoir avant (dans ces moments-là, faut attaquer = quoi ?? C’est de ta faute, patin, couffin).
Mais le problème, c’est que plus zen que lui, y a pas.. Il s’en foutait comme de l’an quarante.
De toutes façons, à part les oeuvres d’art, les livres et les chats, il voit rien.
Il peut venir passer la soirée chez vous et ne pas vous reconnaître le lendemain dans la rue, si vous le croisez à un endroit inattendu. En revanche, six mois plus tard, il pourra vous décrire en détails chaque tableau, chaque bibelot et le titre de la plupart de vos bouquins. Sans parler du nom de votre chat et de la couleur de ses yeux..

Moralité : si vous voulez vieillir tranquille, grossir tranquille, vous clochardiser tranquille … devenez Muse (le tout, c’est d’en trouver un comme le mien et alors là, bon courage !).

 
☮☮☮☮☮☮☮☮
 
Publié le par BMC
Publié dans : #B.M.C.


Vingt secondes de sagesse. Ne zappez pas…
 


Bokar Rimpoché  -  photo B.M.C.


 
Une dame s’adresse à  : Bokar Rimpoché

“Rimpoche, voici ce qui m’arrive : lorsque je médite j’ai parfois des visions, je vois des évènements du passé, d’autres fois j’ai des visions prémonitoires. Il m’arrive aussi de sortir de mon corps…”

Bokar Rimpoché écoute attentivement, sourit comme seuls savent le faire les Tibétains, laisse un moment le silence faire son office et enfin s’exprime :

“Continuez, vous verrez, avec le temps, tout ça n’arrivera plus…”

 
 
 
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Les aliens... petite liste non exhaustive

 


    D'abord, parce que c'est pas poli d'ignorer à qui l'on s'adresse lorsqu'on dit bonjour, ensuite parce que parfois il vaut mieux prendre la poudre d'escampette... nous allons aborder aujourd'hui, si vous le voulez bien, les différentes races d'extra-terrestres, du moins celles le plus couramment recensées !

    Bon, d'accord, les méthodes d'investigation sont discutables. Pour beaucoup d'entre elles, leur existence a été révélée par "channeling", un genre de mediumnité, un canal par lequel un être d'une autre dimension s'adresse à nous, par le biais d'un réceptacle humain. Je vous vois venir... et ne tiendrai pas compte de vos récriminations, autrement on va pas avancer et, j'ai peut-être pas l'air, là, mais je bosse !

 

LE PETIT GRIS OU ZETA-RETICULIEN

 


    Le plus courant. (le premier qui ajoute "de Bourgogne" ou "des sables", il sort...)

    Petit Gris (Short Grey) ou EBE (Extraterrestrial Biological Entity) viendrait de Zéta-Réticuli dans la constellation du Réticulum, située à 37 années-lumière de la Terre.

    Entités aux yeux noirs et au corps gris, sans pilosité, ils se diversifient en plusieurs races présentant des différences physiques (taille etc...) et psychologiques. Leur mode de reproduction le plus courant est le clonage. Ils ont en commun un gros problème de dégénérescence biologique et aussi semble-t-il sociale, puisqu'ils sont en guerre permanente contre les autres ET.

 

    Le type physique le plus courant est très mince, petit (entre 1 mètre et 1 mètre 40), généralement chauves, ils présentent deux grands yeux noirs ne semblant pas être pourvus de paupières et une quasi absence de nez. La couleur de leur peau varie d'un gris à l'autre.


    En très grand nombre, primitifs et opérant dans un but exclusivement collectif, ils ne ressentent aucune émotion.
    Pour la plupart, ils ont quitté leur planète et vivent dans des vaisseaux gigantesques qui voyagent sans répit d'un monde à l'autre dans le but de piller les ressources naturelles.

    Il existe cependant un second groupe de Gris - presque aussi nombreux - un peu moins hiérarchisé, qui essaye de rentrer en contact avec les humains et les autres aliens.


    Quelques dissidents enfin, une poignée, ayant une notion d'individualité et une capacité émotionnelle qui nous les rend plus accessibles.


    Sur notre planète, les Gris ont pour principale occupation l'enlèvement des humains à seul but de diversifier et sophistiquer leur matériel génétique. Ils auraient, entre autres, une déficience du système digestif, qui serait atrophié et non fonctionnel. Ils tireraient leur nourriture d'une enzyme ou sécrétion hormonale extraite des tissus prélevés sur des humains ou des animaux vivants.

    Il va sans dire que des expériences seraient menées sur une hybridation Gris/Humains afin de faire évoluer la race. Nous reparlerons (mais un autre jour... vu la longueur de cet article!) des enlèvements dont se réclament des millions de gens... sous hypnose.

 


    Le fameux ET de Roswell (Nouveau-Mexique - 1947) aurait été un Gris.

    Il se dit également depuis 1947, que des accords auraient été passés entre les Gris et les militaires américains, leur permettant de perpétrer en toute quiétude leurs enlèvements d'humains moyennant une contre-partie d'ordre technologique.

    Une partie d'entre eux vivrait dans des bases souterraines du Nouveau-Mexique et du Névada.

    Ils seraient apparentés aux Végans et aux Lyriens. Cependant, d'après les dires des Cassiopéens, les Gris ne seraient en fait qu'une sorte de robots évolués créés par les Reptiliens.

 

LES HYBRIDES

 


    Le résultat d'un croisement entre Gris et Humains à partir d'ovules et de sperme prélevés sur les "abductés". Plus proches physiquement des Humains, minces, avec un front haut et une tête légèrement plus grande et plus ronde, ils auraient des pouvoirs psy.


LES NORDIQUES

 


    Très semblables aux Humains, ont été surnommés ainsi à cause de leur apparence physique : grands (plus de 2 mètres) aux cheveux blonds et à la peau claire. Ils auraient souvent été aperçus en compagnie des Gris dans les engins inter-stellaires, sans qu'on sache de quelle nature est leur association.

 

LES ANCIENTS

 

 

    Physiquement plus près des insectes que les Gris. Et également plus grands. Ils seraient néanmoins étroitement liés à eux et sembleraient commander leurs actions, supervisant les enlèvements et multipliant les expériences sur les personnes enlevées.


LES VEGANS


    Originaires de Vega dans la constellation de la Lyre. Proches des Lyriens, des Pléïadiens et des DAL.
    Très tôt, ils sont séparés des Lyriens et ils présentent un type physique très différent : humanoïde, 1 mètre 80 à 2 mètres 10, cheveux sombres avec une nuance verdâtre. Une peau très sombre et des yeux noirs en amande.

    Il existe aussi chez les Végans un type non-humanoïde, du moins au niveau de l'apparence car, bien que mammifères, ceux-ci font penser à des insectes ou à des reptiles.
    Ces derniers étant en contact avec la Terre sont à l'origine de beaucoup d'observations de ET de type reptilien.

    LES LYRIENS


    Se disent être les ancêtres de notre lignée d'évolution.

    Il y a de cela très longtemps, les Lyriens étaient des êtres très évolués qui exploraient l'espace mais leur société s'est en grande partie anéantie dans des guerres internes qui ont détruit l'essentiel de leur société. Malgré tout, certains sont partis avant la chute et ont fondé les civilisations des Pléïades et de Vega.


    A l'aube de l'évolution de notre planète, avant l'apparition de l'Homme, les Lyriens seraient venus observer la Terre et, par le biais de leurs descendants Pléïadiens, auraient été spectateurs de nos civilisations lémurienne et atlante. Certains d'entre eux se seraient intégrés dans ces civilisations et fait considérablement avancer la technologie de l'époque, avant de se scinder en deux camps ennemis s'entre-tuant.


    Les survivants partirent dans l'espace reconstruire leur civilisation. Ce sont eux qui nous visitent encore aujourd'hui occasionnellement.

    Les Lyriens, longtemps rebelles et destructeurs, sont maintenant devenus pacifiques et ont atteint un haut niveau spirituel. Ils seraient les ancêtres des anciennes races terrestres. Ils surveillent de près l'évolution de notre technologie et la manière dont nous l'utilisons.

    De type caucasien, peau, yeux et cheveux clairs, ils mesurent entre 1 mètre 80 et 2 mètres 70. Ce sont eux qui auraient été à l'origine des dieux de la mythologie grecque et de certains géants bibliques.

    Il existe des Lyriens à cheveux rouges qui présentent des problèmes d'exposition  à certaines fréquences de la lumière naturelle, ayant interféré par le passé avec les Vikings, violents, passionnés, rebelles.

    Des Lyriens à peau sombre, couleur chocolat, aux yeux marrons ou verts.

    Et un sous-groupe de Lyriens-oiseaux : humanoïdes, mammifères mais d'apparence différente, membres très fins voire maigres, visage angulaire. Très calmes et intellectuels, ils eurent une influence certaine sur les Sumériens et les Egyptiens. Ceux-ci n'ont pas de contact à l'heure actuelle avec nous.

    Egalement, un sous-groupe de Lyriens-chats : humanoïdes, mammifères à caractéristiques de félins. Très forts, très agiles. Nez de chat. Oreilles légèrement pointues. Bouche petite et yeux très prononcés avec une seconde paupière. Leur peau est recouverte d'un duvet. Peu de rapports avec les Terriens aujourd'hui.

 

LES PLEÏADIENS

 

 

    Origine Pléïades. Planète-mère : Erra

 

    Issus originellement des Lyriens (parfois après avoir vécu sur Terre), les Pléädiens ont pour particularité de posséder chacun un petit jardin qu'il cultive de ses mains. Autrement, ils se doivent de travailler deux heures par jour en usine et poursuivent leurs études jusqu'à l'âge de 70 ans... âge auquel ils se marient généralement, pour une durée de 110 ans.


    Leur technologie est axée sur l'espace-temps et leur permet de voyager d'une dimension à l'autre. Ils ont une grande conscience spirituelle. Humanoïdes de type caucasien, ils sont affectés par notre atmosphère et présentent des problèmes de sinus s'ils restent trop longtemps à l'air car très sensibles à la pollution.

    En fait, leur planète est très semblable à la nôtre.

 

LES HABITANTS DE LA CONSTELLATION D'ORION

    A près de 90%, les habitants de la constellation d'Orion sont des Végans (qui, eux-mêmes sont à plus de 80% de type humanoïde).
    Les autres sont issus d'une variété lyrienne, de type caucasien-lyrien, compatible avec la race humaine.
    Ils sont plutôt agressifs, en général et engagés dans de nombreux conflits.

 


LES SIRIENS


    Issus su système stellaire de Sirius, ceux-ci font partie des espèces qui aident la Terre et ses habitants.
    Malheureusement, une planète de Sirius B est tombée aux mains de l'alliance Draco-Orion et a provoqué une guerre civile intense sur Sirius, durant les dernières années de ce qui est notre vingtième siècle.


LES DRACONIENS ou REPTILIENS ou LIZZIES

 


    Originaires d'Alpha Draconis, ont un vaste empire et des velléités d'occupation de tous les systèmes stellaires des bords extérieurs de la galaxie. Autant dire que c'est des méchants !
    Ils auraient envahi la Terre il y a plusieurs milliers d'années à bord d'un gigantesque vaisseau, qui n'est autre que la Lune.
    D'autres vaisseaux (au nombre de trois) seraient en route, qui devraient arriver incessamment sous peu. Ils seraient déjà entrés dans notre système solaire, cachés dans la queue de la comète Hale-Bopp !

    Les Draconiens sont mâles uniquement et créent des femelles à usage de la reproduction de l'espèce.

    Les Draconiens utilisent les Gris comme mercenaires. L'alliance Gris-Draconiens a mené d'innombrables guerres. Certains Gris essayent néanmoins de s'extraire du contrôle exercé sur eux par ces Reptiliens.

 

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    De la même manière que cela se passerait, dit-on, en ce moment sur la Terre, leur technique consiste à proposer un traité d'échange technologique et culturel qui n'a pour seul but que de faciliter l'infiltration et la conquête finale du monde convoité.

    Lors de leur première attaque de la Terre, ils ont été expulsés par les Lyriens mais certains d'entre eux sont allés se réfugier sous terre, se mettant en état de stase en attendant d'être réactivés à l'arrivée des prochains vaisseaux et envahir de nouveau notre planète à partir du sous-sol.

    Lors de leur première invasion, les Draconiens auraient créé la civilisation lémurienne et ce n'est qu'à l'ère de la civilisation atlante que les Atlantes, aidés des Lyriens et des Pléïadiens ont réussi à chasser les Draconiens. Mais les Draconiens réclament la Terre comme leur appartenant, afin de l'utiliser comme base militaire pour envahir le reste de la galaxie. C'est la raison pour laquelle tant de races ET s'intéressent à nous : si la planète tombe aux mains des Draconiens, le reste de la galaxie est en danger.

    Nos dirigeants seraient parfaitement informés de l'invasion en cours et se serviraient de medias comme le cinéma et la télévision pour préparer nos esprits à cet inéluctable évènement.
    Certains d'entre eux auraient même préparé des plans d'évacuation sur Mars, où un gigantesque complexe a été construit jadis par les Siriens.

    Les Draconiens (ainsi que la grande majorité des Gris) sont mus exclusivement par leurs instincts prédateurs et ont systématiquement violé tous les traités qu'ils ont passé avec les races humanoïdes.

    L'espèce se divise en Reptiliens (apparence de lézard de grande taille, odeur forte) et en Hommes-Phalènes (ailés, d'une taille de 2 mètres 40, qui vivent exclusivement la nuit).

    Si l'on en croit les Cassiopéens, Les Reptiliens se nourrissent de l'énergie générée par nos émotions, avec une très nette prédilection pour les émotions négatives.


    LES DAL


    L'univers DAL est une contre-partie du nôtre. C'est-à-dire que l'un n'existerait pas sans l'autre. Ils ont une origine commune et si l'un d'eux venait à disparaître, l'autre cesserait également d'exister. C'est un peu comme une contre-partie d'anti-matière de notre univers.
    Ils travaillent avec les Pleïadiens qu'ils aident au plan technologique. Humanoïdes, ils sont d'apparence nordique et respirent notre atmosphère.


    LES UMMITES


    Se disent originaires de l'étoile Wolf 424. Ils sont très bien disposés à notre égard et nous aident, tout en restant dans l'ombre.

    Ils auraient atterri pour la première fois en France, au lieu-dit "La Javie" à 13 kilomètres de Digne le 28 mars 1950 à 4 heures 17.

    D'allure 100% humaine, ils nous prodiguent des conseils et des informations par le biais d'appels téléphoniques adressés à un comptable espagnol, qui lui-même retranscrit leurs dires par écrit et  les envoie par courrier aux responsables politiques et scientifiques.
    Nous aurons, je pense, l'occasion d'en reparler plus en détails...


LES CASSIOPEENS

    Se présentent comme des êtres de lumière vivant dans une densité supérieure à la nôtre, faisant abstraction de toute notion d'ordre physique et affirment être "nous" dans l'avenir.
    En d'autres termes, "nous" tentons de "nous" aider nous-mêmes..., leur objectif étant de nous débarrasser des Reptiliens.

 

LES VENUSIENS


 

Portrait d'un Vénusien

 

    Originaires de la planète Vénus mais sur un autre plan que le plan physique, ils auraient vécu sur terre au temps de la Lémurie.

    Ce sont des êtres éthériques, non pourvus de corps donc, mais néanmoins mortels.
    Ils ont toutefois la possibilité de se matérialiser dans des corps d'humains ou d'animaux.

    Comme de nombreux autres groupes d'extra-terrestres, ils ont des colonies sur un certain nombre de planètes (Mars, Vénus) et une base sur la Lune.

    Leurs vaisseaux voyagent au voisinage de la Terre mais restent invisibles à nos yeux, tant qu'ils n'ont pas décidé de les matérialiser.

    Ils affirment que Vénus serait à l'heure actuelle habitée par des entités physiques humaines et reptiliennes, sous la surface du globe.

    Leur mission est d'aider  à l'évolution de la race humaine.


LES M.I.B. (ou Men In Black)


    Toujours vêtus de noir de la tête aux pieds, leurs yeux sont sensibles à la lumière, alors ils portent des lunettes de soleil fortement teintées.

    Ce sont presque toujours des hommes. Bruns à peau blanche, ils ont parfois des mouvements qui font penser à des robots et leur visage est sans expression.

    Il semblerait que le plus souvent ce sont des humains contrôlés par les Draconiens. Ils apparaissent juste après une observation d'ovni, intimident les témoins et profèrent des menaces afin que ceux-ci gardent le silence. En règle générale, ils apparaissent avant même que le témoin n'ait eu le temps de parler à qui que ce soit...


    Ils se déplacent souvent par groupes de trois et arrivent dans de grandes automobiles noires - toujours de modèles anciens -  qui parfois se dématérialisent devant les yeux ébahis des témoins.

    On les voit depuis les années 60. Ils vivraient dans des complexes souterrains d'origine atlante, situés sous la côte Est des Etats-Unis.

 


    Et comme vous avez bien mérité une récompense pour être parvenus jusqu'ici... je vous offre, bande de chanceux !... un strip-tease !!!

 

 


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Publié le par La Muse
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Avertissement :

Vous vous rappelez, la dernière fois que je vous ai conseillé de garder une bassine à portée de main ?... y en a qui ne m’ont pas écoutée…
 
 
Gunther Von Hagens
 
Il s’appelle Gunther Von Hagens. Il est né en 1945 en Allemagne de l’Est. A passé son diplôme de médecine et s’est spécialisé en anatomie. En 1974, il met au point un procédé qu’il appelle « plastination », visant à garder les cadavres en excellent état de conservation. Le résultat est bien meilleur qu’avec les techniques antérieures : des corps entiers sont ainsi conservés pour l’éternité, tout en gardant leur plasticité.

Le procédé :

-    Les corps sont d’abord plongés dans une solution de formol, qui se fixe sur les tissus cutanés.
-    Ils sont ensuite placés dans des bains glacés (à moins 25°C) d’acétone pendant au moins quinze jours. Cela permet la déshydratation complète du corps.
-    Les corps sont immergés dans le silicone afin que ce dernier prenne la place des liquides et des graisses organiques.
-    On fixe le silicone à l’aide d’un gaz durcisseur.
 
Jusque là, tout va bien…
 

 

 
Il faut quand même rappeler que ce n’est qu’à partir de la Renaissance que l’idée de la préparation et la dissection des corps humains n’a été acceptée. Jusqu’au 15è siècle, en Occident, cette pratique était totalement interdite, en grande partie parce que le corps était perçu comme le réceptacle de l’âme et que profaner l’un revenait à profaner l’autre…En conséquence, les choses avaient lieu clandestinement…on volait des cadavres à la morgue et on pillait les fosses communes. Avant que les médecins ne finissent par obtenir de pouvoir utiliser les cadavres de condamnés à mort. Mais à condition de rester discrets, n’est-ce pas…
 
 
 
Il ne fait aucun doute que la pratique de la dissection a permis une avancée considérable dans la connaissance de l’anatomie et qu’elle a permis à la médecine de progresser formidablement.

En 1993, un Américain ayant fait don de son corps à la science s’est vu (façon de parler !) découper en 1800 lamelles d’un millimètre d’épaisseur. Chaque lamelle a été photographiée. Chaque photo rentrée dans un ordinateur. Le résultat, c’est un homme virtuel en 3D qui permet de voir l’anatomie humaine comme jamais auparavant.
Je vous joins le lien du Science Health Center de l’Université du Colorado. En cliquant sur une partie du corps du personnage, vous obtenez une image transversale de ladite partie.   
 
 
Mais revenons-en à notre médecin allemand. En 1997, Gunther Von Hagens lance une expo itinérante qui va attirer quelque 7 millions de visiteurs dans le monde. Et il a beau se défendre d’avoir une quelconque formation artistique, ni quelque velléité en ce domaine, il parle  d’ « art anatomique »… Il y présente des écorchés humains, dans des poses qu’il veut naturelles, telles des sculptures…
La polémique va bon train. Une partie de la presse allemande le surnomme « Docteur La Mort ». Mais le succès de l’exposition ne faiblit pas.
  
Fort de cette expérience, il rachète une ancienne usine textile de la fin du 19è siècle dans une petite ville allemande, proche de la frontière polonaise, Guben, où il inaugure le 17 novembre de cette année Le plastinarium, un atelier de production de tranches « plastinées» de cadavres humains et animaux… découpés à la scie.

Le but officiel est d’aider les étudiants en médecine. Mais bon.. en même temps, l’investissement a été d’un million d’euros, il y a 42 salariés… d’où l’idée d’ouvrir au public trois jours par semaine (moyennant 12€ la visite) afin que tout-un-chacun, pourvu qu’il soit âgé d’au moins quatorze ans, puisse profiter du spectacle offert par toutes les étapes de la transformation des cadavres – avant d’admirer, en fin de visite, une exposition de corps humains entiers ou disséqués.
 
On peut ainsi contempler à loisir :
une baigneuse nageant le crawl,
un homme faisant son jogging,un autre jouant aux échecs,
une femme enceinte, le ventre ouvert, laissant entrevoir son fœtus…
Le clou de l’expo étant une impressionnante statue équestre où l’homme est tranché en deux de la tête aux pieds… (Pour le bon goût, il repassera !) 
 
 
Gunther Von Hagens espère produire ainsi chaque année sur cinq ans un million de tranches humaines et animales, dont les plus complexes pourraient être vendues jusqu’à 7000€ aux laboratoires de recherche.

Si ça vous tente, il pense recruter 200 personnes en qualité de « préparateurs de cadavres ». Il y a même pléthore de postulants, dans ce coin de l’Allemagne où le chômage règne en maître. D’après une employée « au bout d’un moment, on s’y fait.. ».
Autre chose : Ils sont déjà des milliers à avoir proposé leur corps post-mortem. Mais si ça vous intéresse, vous n’avez que deux ans pour vous décider ! Qu’on se le dise ! (Vous verrez directement avec lui s’il y a obligation de décéder dans un laps de temps défini – je ne sais pas, c’est pas précisé).

A la fin de la visite, un petit tour à la boutique s’impose. Vous pourrez ainsi, à titre de souvenir, acquérir une tranche plastinée.. mais d’animal, seulement !
 
 
La question est : l’horreur suscitée par la vision de cadavres humains écorchés « dans des poses naturelles » ou « en tranches » vient-elle de l’objet lui-même ou de la perception qu’en a le spectateur ? 
 
 
☠☠☠☠☠

 

 

Publié le par BMC

           Dédié à Loulou Heyral  

 

 

  corrida,

Photo BMC

 

 

Comment, lorsqu’on n’a aucun don d’écrivain, raconter l’inracontable ?

 

Le 21 septembre. À Nîmes, c’est la féria des Vendanges. Ce jour-là, Marie-Sara doit recevoir l’alternative des mains de Conchita Cintron. Si vous aimez l’art équestre, ne vous privez pas du spectacle que procure une corrida à cheval. Je reconnais qu’il y a de quoi être “scotché”.

 

 

conchita cintron,

Conchita Cintron

 

 

L’image de Conchita Cintron (69 ans à l’époque, décédé le 17 février 2009 à l'âge de 86 ans) restera à jamais imprimée dans ma mémoire.

 

 

conchita cintron,

Conchita Cintron

 

 

Mais tout ça n’était rien à côté de ce qui allait suivre :

Etait ensuite programmée une corrida à pied avec Curro Romero.

 

    Curro Romero, le pharaon de Séville.

 

C’est pas un torero, c’est une légende. Certains aficionados attendent depuis des décennies (je n’exagère pas) de voir une de ces faenas dont il a le secret et dont on parlera durant des années.

 

 

curro romero,

Curro Romero à Seville

 

 

Seulement voila… Curro face à un toro a plutôt tendance à lui tourner le dos et partir sous une pluie de coussins et la bronca (huées) des spectateurs. L’histoire raconte qu’un jour, circonstance agravante : en Espagne, il a quitté l’arène en courant. Les policiers (ça rigolait pas là-bas à cette époque) l’ont retrouvé dans le hall de la gare, en habit de lumière, prêt à sauter dans le premier train… C’était tout simplement passible de prison !

 

 

dubout,

Dessin de Dubout

 

Mais revenons à notre corrida. Conchita Cintron descend de son cheval et s’adresse au “pharaon” en ces termes : “J’ai entendu dire que parfois vos faenas … etc, etc…” J’ai un peu l’impression de vous raconter l’histoire du corbeau et du renard… En tous cas, c’est ce qu’il ne fallait pas dire – ou plutôt ce qu’il fallait dire ! – au maestro pour le mettre en condition.

 

C’est enfin le tour de Curro Romero.

 

La porte du toril s’ouvre. Le fauve fait son entrée. Les péons agitent leur cape. Le maestro fait trois pas dans l’arène. D’un revers de la main, il renvoie tout le monde derrière les burladeros.

 

 

 

curro romero,

Curro Romero

 

 

Cet homme de 58 ans à l'époque  est ridicule. Un peu chauve, largement bedonnant. En costume de lumière, on s’attendrait à le voir sur la scène du Chatelet aux côtés de Luis Mariano, mais certainement pas face à un monstre au cœur de l’arène…

  

Et le miracle s’accomplit. Le torero, à une extrémité des arènes, cite le toro, les pieds joints. Tel une cariatide, il reste de marbre face à la charge du toro, qui s’élance de l’autre bout de l’arène.. Première passe de cape. Olé! Quelqu’un, à côté de moi, murmure “C’est une véronique d’anthologie”. Ses pieds n’ont pas bougé. La cape tourne. La bête semble soudée à elle. L’homme et l’animal ne font plus qu’un.

 

Un silence impressionnant règne dans l’arène. Vingt mille personnes et pas le moindre éternuement. Pas le moindre murmure. À croire que les mouches se sont arrêté de voler… Le torero, le toro, les spectateurs ne forment plus qu’un être unique. Oserai-je employer le terme d’égrégore ?

 

Suit une faena comme on peut en voir une fois dans une vie – et encore, avec beaucoup de chance… On a tous  le souffle coupé.

 

 

CE JOUR-LÀ, LE TEMPS S’EST ARRÊTÉ.

 

 

Ce fut un ressenti physique, très fort et partagé par l'ensemble du public : nous étions quelque part hors de l'espace et du temps.

 

Mais tout a une fin. Curro Romero doit tuer son toro. Bien entendu, il le fera comme il sait le faire : très mal. Carrément placé sur le côté (eh! eh! c'est moins dangereux !). Ce qui ne lui vaudra qu’une oreille.

 

Mais tous ceux qui ont assisté à cette corrida ne l’oublieront jamais. Il y a des images qui restent ancrées dans nos souvenirs. Ces images ne font pas partie du passé; elles refont surface chaque fois que nous y faisons appel.

 

Puis Curro Romero fait sa vuelta (tour de piste). Attention, on ne lance pas de fleurs au “pharaon” !  Heureusement, tout le monde, à tout hasard et sans conviction, avait apporté un petit brin de romarin…

 

Cette corrida a été tellement extraordinaire qu’un livre entier a été écrit sur ce combat.

 

Comme tout ce qui fait parler, la corrida en a fait dire, des bêtises. Et ce n’est certainement pas fini.

 

Tout le monde pense que c’est la couleur rouge qui rend le toro furieux.

 

     “Enfants, voici des bœufs qui passent,

    Cachez vos rouges tabliers”

 

    (Victor Hugo – La légende de la nonne)

 

 

Une corrida avait été organisée à New-York, il y a longtemps, C’était pour le moins insolite. Tous les défenseurs des animaux cherchaient un moyen de l’empêcher. Ils eurent cette idée "géniale" : d’accord, à condition de ne pas utiliser de “chiffon rouge” !..

 

 

 

la corrida verte, bmc,

Photo BMC

 

La corrida verte par BMC - 4 Panneuax de 110 x 75 cm.

 

 

Cette course eut lieu. On utilisa une muleta verte. Ce qui, bien sûr, ne changea rien au comportement du toro, au grand dam de tous les anti-corrida.

 

J’aimerais maintenant m’adresser à tous les détracteurs de la tauromachie :

 

Bien sûr, je n’aime pas voir souffrir un animal. Si demain on me demande de signer une pétition pour interdire la corrida, honnêtement, je ne sais pas bien quel sera mon comportement. Sans doute, signerai-je des quatre pattes.

 

Mais ce que je n’arrive pas à comprendre, ce sont ces gens qui vont, avec raison certes, défendre les bébés phoques, s’insurger contre le commerce de la fourrure (je suis de tout cœur avec eux), mais qui, hypocritement, s’attablent devant une escalope de veau. Vous avez déjà vu un petit veau ? C’est adorable “oh qu’il est mignon !” Seulement voila, le même élevé en batterie, attaché entre quatre planches, bourré d’antibiotiques et d’anti-stress … Et les poulets … Il y a aussi la langouste qui DEMANDE à être ébouillantée vivante, le homard qui DEMANDE à être coupé en deux, vivant… Vous savez comment on tue les lapins ?..

 

Peut-être, j’ai pas tout compris.

 

En tous cas, une chose est certaine : si demain je dois renaître taureau, je préfère bien vivre quatre ans toro au campo en broutant l’herbe des meilleures prairies andalouses, pour ensuite mourir en me battant plutôt que vivre quelques mois entre quatre planches (c’est déjà un cercueil) pour être ensuite tué “proprement” au pistolet électrique.

 

Et des bêtises, on en dit beaucoup aussi concernant les chevaux.

S’il est vrai que dans les années 1900, le cheval n’était pas protégé, on assistait alors à un carnage. Heureusement vint un certain monsieur Heyral (le papa de Loulou, à qui est dédié ce texte) qui a inventé le caparaçon.

 

  caparaçon,

  Photo BMC

 

Sans entrer dans le détail, le caparaçon est une sorte de grand manteau de cuir armé, attaché sous le ventre du cheval et descendant jusqu’aux pattes. Avec cette armure, le cheval ne risque rien. Il arrive exceptionnellement qu’il soit renversé. Dans ce cas, c’est le plus souvent l’homme qui risque d’être coincé sous le cheval. Mais c’est tout-à-fait exceptionnel. Aujourd’hui, les chevaux de picadors français finissent leurs jours dans une “maison de retraite équine" en Normandie ou ailleurs.

Je voudrais également parler de tous ceux qui souhaitent la mort du torero… Face à un tel état d’esprit, il n’y a pas grand-chose à dire. Dois-je vous dresser la liste de tous ces jeunes gens qui, rêvant de devenir torero, ont perdu une jambe ? Lisez les revues tauromachiques à la rubrique “blessures”. Combien de toreros sont morts dans l’arène ? Combien se sont retrouvés handicapés à vie?  Je ne souhaite à personne de voir le “spectacle” d’un toro s’acharnant sur un homme…

 

 

 

toro,

  Photo BMC

 

 Pour terminer, j’ai envie de vous raconter :

 

“ la belle histoire” :

 

 

1er mai 1991. Les arènes Paul Ricard. C’est en Camargue, des petites arènes, presque privées. Ce jour-là était organisé un festival taurin. C’est un peu, si l’on peut dire, une corrida “entre amis”. Le torero ne revêt pas l’habit de lumière. Souvent d’anciens matadors ou des peons participent. Ce jour-là, il y avait entre autres concurrents, le directeur de l’école de tauromachie de Nîmes. Disons, c’est très convivial.

 

 

Louis heyral,

 

 

Nous parlons longuement avec Loulou Heyral (c’est l’homme des chevaux). Ma Muse (allez-donc savoir pourquoi) lui demande de signer ce qu’elle appelle son carnet de pouvoir, dédicacé par nombre des grands toreros du moment.

 

 

corrida;

 

La corrida a lieu dans une ambiance bon-enfant.

Nous allons partir. Au sortir de la course, nous sommes hélés de loin par Loulou (bien qu'il soit en grande conversation avec une bonne dizaine de personnes) qui agite la main en criant “Salut les amoureux!!!” On ne l’a plus jamais revu. Probablement est-il en train d’effectuer une dernière vuelta au paradis des chevaux…

 

loulou heyral,

 

      Loulou Heyral   -   Photo B.M.C.

 

 

 

Liens sur ce blog 

 

Art et Tauromachie

 

 

Première Partie

 

 

Goya tauromachie

 
  

 

 

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Photo BMC

 

 

 

 

 

Publié le par Complik Clé
Publié dans : #Guest Stars



 
Je marche à la recherche
Des ombres qui m'attendent.
J'languis d'les retrouver,
que mes ombres m'entourent,
que mes ombres m'étouffent,
et je les mêle aux tiennes...

Quittons la sphère infecte
Adieu les nouveaux hommes,
Moi j'préfère les insectes.
Pégase est dépassé,
enfourche le serpent...

Entre ombres on tourbillonne,
lentement mais sûrement
Et on s'laisse aller,
sans chercher à comprendre
Sans plus savoir comment

Si j'avais du te dire
Si j'avais pu le pire,
Sûr que je l’aurais fait

J’aurais chassé les ombres,
Explosé nos reflets,
Ton regard dans la glace
Avant que l’on ne sombre…

Je marche à la recherche
Des hommes qui sont partis,
Happés par le désir
D’un monde sans névrose.

Ils sont loin, devant moi,
Je les vois en mirage
Tuer leur nouveau roi,
Chercher le dernier sage

Le chemin continue,
Infini, hors du temps.
Marchons, mon ami,
Allons au bout du rien,
Jusqu’à ce qu’on n’en puisse plus

Si j'avais du te dire
Si j'avais pu le pire,
Sûr que je l’aurais fait


 
*
Publié le par BMC
Publié dans : #B.M.C.

Antonin Artaud par BMC

 

 

B.M.C.  -  Les hommaginaires  - Antonin Artaud
 

“Ce que vous avez pris pour mes œuvres n’était que les déchets de moi-même, ces raclures de l’âme que l’homme normal n’accueille pas.”
 
                                                     A.A.

 

 

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B.M.C.  -  Les hommaginaires  - Antonin Artaud

 

 

Ma série “Les hommaginaires” est dédiée à tous ceux qui ont souffert et qui ont su transcender cette souffrance par leur art ou leurs recherches, qu’elles fussent spirituelles, artistiques,scientifiques ou autres...
Pour vous parler d’Antonin Artaud, je crois que nul mieux que lui ne peut le faire, aussi je lui laisse la parole :


 


B.M.C.  -  Les hommaginaires  - Antonin Artaud
 
“Je ne suis né que de ma douleur”
 
 

B.M.C.  -  Les hommaginaires  - Antonin Artaud
 
 
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B.M.C.  -  Les hommaginaires  - Antonin Artaud
 

 

Il y a un mystère dans ma vie (…) dont la base est que je ne suis pas né à Marseille le 4 septembre 1896, mais que j’y suis passé ce jour-là, venant d’ailleurs, parce que, en réalité, je ne suis jamais né et que je ne peux pas mourir.  Pour les ânes médico-légaux, c’est du délire; pour certains de la poésie; pour moi, c’est de la vérité, comme un bifteck pommes frites ou un coup de vin blanc au comptoir d’en face.”

 

 

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B.M.C.  -  Les hommaginaires  - Antonin Artaud
 
“ Qui suis-je ? D’où viens-je ?  Je suis Antonin Artaud  et que je le dise comme je sais le dire immédiatement vous verrez mon corps actuel voler en éclats et se ramasser sous dix milles aspects notoires un corps neuf où vous ne pourrez plus jamais m’oublier.”
 
 
 
“Tout ce qui n’est pas un tétanos de l’âme ou ne vient pas d’un tétanos de l’âme comme les poèmes de Baudelaire ou d’Edgard Poe n’est pas vrai et ne peut être reçu dans la poésie (…) J’aime les poèmes des affamés, des malades, des parias, des empoisonnés.”
 
 
  Et n’oublions pas le dessinateur : 
 

Dessins Antonin Artaud sur Google


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Fra Angelico

 

 

 

Je ne suis ni catholique romain, ni même chrétien.Je n’ai aucune estime spéciale pour un pape qui fit campagne contre le préservatif, l’avortement ou l’homosexualité. Je n’ai jamais eu beaucoup d’affinités avec les prélats qui pour moi ne représentent en rien l’esprit des évangiles, même s’il y a des exceptions, mais je dois reconnaître qu’en tant qu’artiste, ce texte m’a touché, aussi j’ai pensé qu’il pouvait intéresser certains visiteurs de ce blog. Je vous le livre brut de fonderie, à vous d’en faire l’usage qu’il vous plaira.

 

                                                       BMC 

 

 

LETTRE DU PAPE JEAN-PAUL II AUX ARTISTES (1999)

 

À tous ceux qui, avec un dévouement passionné,

cherchent de nouvelles “épiphanies” de la beauté

pour en faire don au monde dans la création artistique.

 

 

“Dieu vit tout ce qu'il avait fait : cela était très bon”

 (Gn 1, 31).

 

 

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Michel-Ange

 

L'artiste, image de Dieu Créateur

 

Personne mieux que vous artistes, géniaux constructeurs de beauté, ne peut avoir l'intuition de quelque chose du pathos avec lequel Dieu, à l'aube de la création, a regardé l'œuvre de ses mains. Un nombre infini de fois, une vibration de ce sentiment s'est réfléchie dans les regards avec lesquels, comme les artistes de tous les temps, fascinés et pleins d'admiration devant le pouvoir mystérieux des sons et des paroles, des couleurs et des formes, vous avez contemplé l'œuvre de votre inspiration, y percevant comme l'écho du mystère de la création, auquel Dieu, seul créateur de toutes choses, a voulu en quelque sorte vous associer.

 

Pour cette raison, il m'a semblé qu'il n'y avait pas de paroles plus appropriées que celles de la Genèse pour commencer la lettre que je vous adresse, à vous auxquels je me sens lié par des expériences qui remontent très loin dans le temps et qui ont marqué ma vie de façon indélébile. Par cet écrit, j'entends emprunter le chemin du dialogue fécond de l'Église avec les artistes qui, en deux mille ans d'histoire, ne s'est jamais interrompu et qui s'annonce encore riche d'avenir au seuil du troisième millénaire.

 

En réalité, il s'agit d'un dialogue qui non seulement est dû aux circonstances historiques ou à des motifs fonctionnels, mais qui s'enracine aussi bien dans l'essence même de l'expérience religieuse que dans celle de la création artistique. La première page de la Bible nous présente Dieu quasiment comme le modèle exemplaire de toute personne qui crée une œuvre : dans l'homme artisan se reflète son image de Créateur. Cette relation est évoquée avec une évidence particulière dans la langue polonaise, grâce à la proximité lexicale entre les mots stwórca (créateur) et twórca (artisan).

 

Quelle est la différence entre «créateur» et “artisan” ? Celui qui crée donne l'être même, il tire quelque chose de rien - ex nihilo sui et subiecti, dit-on en latin -, et cela, au sens strict, est une façon de procéder propre au seul Tout-Puissant. À l'inverse, l'artisan utilise quelque chose qui existe déjà et il lui donne forme et signification. Cette façon d'agir est propre à l'homme en tant qu'image de Dieu. Après avoir dit, en effet, que Dieu créa l'homme et la femme “à son image”, la Bible ajoute qu'il leur confia la charge de dominer la terre. Ce fut le dernier jour de la création. Les jours précédents, scandant presque le rythme de l'évolution cosmique, le Seigneur avait créé l'univers. À la fin, il créa l'homme, résultat le plus noble de son projet, auquel il soumit le monde visible, comme un immense champ où il pourra exprimer sa capacité inventive.

 

Dieu a donc appelé l'homme à l'existence en lui transmettant la tâche d'être artisan. Dans la “création artistique”, l'homme se révèle plus que jamais “image de Dieu”, et il réalise cette tâche avant tout en modelant la merveilleuse“matière” de son humanité, et aussi en exerçant une domination créatrice sur l'univers qui l'entoure. L'Artiste divin, avec une complaisance affectueuse, transmet une étincelle de sa sagesse transcendante à l'artiste humain, l'appelant à partager sa puissance créatrice. Il s'agit évidemment d'une participation qui laisse intacte la distance infinie entre le Créateur et la créature, comme le soulignait le Cardinal Nicolas de Cues : “L'art de créer qu'atteindra une âme bienheureuse n'est point cet art par essence qui est Dieu, mais bien de cet art une communication et une participation”.

 

C'est pourquoi plus l'artiste est conscient du “don” qu'il possède, plus il est incité à se regarder lui-même, ainsi que tout le créé, avec des yeux capables de contempler et de remercier, en élevant vers Dieu son hymne de louange. C'est seulement ainsi qu'il peut se comprendre lui-même en profondeur, et comprendre sa vocation et sa mission.

 

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Le Caravage 

 

 

  La vocation spéciale de l'artiste

 

 

Tous ne sont pas appelés à être artiste au sens spécifique du terme. Toutefois, selon l'expression de la Genèse, la tâche d'être artisan de sa propre vie est confiée à tout homme : en un certain sens, il doit en faire une œuvre d'art, un chef-d'œuvre.

 

Il est important de saisir la distinction, mais aussi le lien, entre ces deux versants de l'activité humaine. La distinction est évidente. Une chose, en effet, est la disposition grâce à laquelle l'être humain est l'auteur de ses propres actes et est responsable de leur valeur morale; autre chose est la disposition par laquelle il est artiste, c'est-à-dire qu'il sait agir selon les exigences de l'art, en accueillant avec fidélité ses principes spécifiques. C'est pourquoi l'artiste est capable de produire des objets, mais cela, en soi, ne dit encore rien de ses dispositions morales. Ici, en effet, il ne s'agit pas de se modeler soi-même, de former sa propre personnalité, mais seulement de faire fructifier ses capacités créatives, donnant une forme esthétique aux idées conçues par la pensée.

 

Mais si la distinction est fondamentale, la relation entre ces deux dispositions, morale et artistique, n'est pas moins importante. Elles se conditionnent profondément l'une l'autre. En modelant une œuvre, l'artiste s'exprime de fait lui-même à tel point que sa production constitue un reflet particulier de son être, de ce qu'il est et du comment il est. On en trouve d'innombrables confirmations dans l'histoire de l'humanité. En effet, quand l'artiste façonne un chef-d'œuvre, non seulement il donne vie à son œuvre, mais à travers elle, en un certain sens, il dévoile aussi sa propre personnalité. Dans l'art, il trouve une dimension nouvelle et un extraordinaire moyen d'expression pour sa croissance spirituelle. À travers les œuvres qu'il réalise, l'artiste parle et communique avec les autres. L'histoire de l'art n'est donc pas seulement une histoire des œuvres, elle est aussi une histoire des hommes. Les œuvres d'art parlent de leurs auteurs, elles introduisent à la connaissance du plus profond de leur être et elles révèlent la contribution originale qu'ils ont apportée à l'histoire de la culture.

 

 

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Giotto

 

  L a vocation artistique au service de la beauté

 

Un poète polonais connu, Cyprian Norwid, écrit : “La beauté est pour susciter l'enthousiasme dans le travail, le travail est pour renaître”.

 

Le thème de la beauté est particulièrement approprié pour un discours sur l'art. Il a déjà affleuré quand j'ai souligné le regard satisfait de Dieu devant la création. En remarquant que ce qu'il avait créé était bon, Dieu vit aussi que c'était beau. Le rapport entre bon et beau suscite des réflexions stimulantes. La beauté est en un certain sens l'expression visible du bien, de même que le bien est la condition métaphysique du beau. Les Grecs l'avaient bien compris, eux qui, en fusionnant ensemble les deux concepts, forgèrent une locution qui les comprend toutes les deux : “kalokagathía”, c'est-à-dire “beauté bonté”. Platon écrit à ce sujet : “La vertu propre du Bien est venue se réfugier dans la nature du Beau”.

 

C'est en vivant et en agissant que l'homme établit ses relations avec l'être, avec la vérité et avec le bien. L'artiste vit une relation particulière avec la beauté. En un sens très juste, on peut dire que la beauté est la vocation à laquelle le Créateur l'a appelé par le don du “talent artistique”. Et ce talent aussi est assurément à faire fructifier, dans la logique de la parabole évangélique des talents.

 

Nous touchons ici un point essentiel. Celui qui perçoit en lui-même cette sorte d'étincelle divine qu'est la vocation artistique - de poète, d'écrivain, de peintre, de sculpteur, d'architecte, de musicien, d'acteur... - perçoit en même temps le devoir de ne pas gaspiller ce talent, mais de le développer pour le mettre au service du prochain et de toute l'humanité.

 

 

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Chardin

 

 

L'artiste et le bien commun

 

La société, en effet, a besoin d'artistes, comme elle a besoin de scientifiques, de techniciens, d'ouvriers, de personnes de toutes professions, de témoins de la foi, de maîtres, de pères et de mères, qui garantissent la croissance de la personne et le développement de la communauté à travers cette très haute forme de l'art qu'est “l'art de l'éducation”. Dans le vaste panorama culturel de chaque nation, les artistes ont leur place spécifique. Lorsque précisément, dans la réalisation d'œuvres vraiment valables et belles, ils obéissent à leur inspiration, non seulement ils enrichissent le patrimoine culturel de chaque nation et de l'humanité entière, mais ils rendent aussi un service social qualifié au profit du bien commun.

 

Tout en déterminant le cadre de son service, la vocation différente de chaque artiste fait apparaître les devoirs qu'il doit assumer, le dur travail auquel il doit se soumettre, la responsabilité qu'il doit affronter. Un artiste conscient de tout cela sait aussi qu'il doit travailler sans se laisser dominer par la recherche d'une vaine gloire ou par la frénésie d'une popularité facile, et encore moins par le calcul d'un possible profit personnel. Il y a donc une éthique, et même une «spiritualité», du service artistique, qui, à sa manière, contribue à la vie et à la renaissance d'un peuple. C'est justement à cela que semble vouloir faire allusion Cyprian Norwid quand il affirme : “La beauté est pour susciter l'enthousiasme dans le travail, le travail est pour renaître”.

 

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Léonard de Vinci

 

 

L'art face au mystère du Verbe incarné

 

La Loi de l'Ancien Testament interdit explicitement de représenter Dieu invisible et inexprimable à l'aide “d’une image taillée ou fondue”, car Dieu transcende toute représentation matérielle : “Je suis celui qui est”. Toutefois, le Fils de Dieu en personne s'est rendu visible dans le mystère de l'Incarnation : “Quand vint la plénitude des temps, Dieu envoya son Fils, né d'une femme”. Dieu s'est fait homme en Jésus-Christ, qui est devenu ainsi le centre par rapport auquel il faut se situer pour pouvoir comprendre l'énigme de l'existence humaine, du monde créé et de Dieu lui- même.

 

Cette manifestation fondamentale du “Dieu Mystère” constitue un encouragement et un défi pour les chrétiens, entre autres dans le domaine de la création artistique. Il en est sorti une floraison de beauté qui a tiré sa sève précisément de là, du mystère de l'Incarnation. En se faisant homme, en effet, le Fils de Dieu a introduit dans l'histoire de l'humanité toute la richesse évangélique de la vérité et du bien, et, en elle, a révélé aussi une nouvelle dimension de la beauté : le message évangélique en est totalement rempli.

 

La Sainte Écriture est devenue ainsi une sorte ”d’immense vocabulaire” (P. Claudel) et “d’atlas iconographique” (M. Chagall), où la culture et l'art chrétiens ont puisé. L'Ancien Testament lui-même, interprété à la lumière du Nouveau, s'est avéré source inépuisable d'inspiration. À partir des récits de la création, du péché, du déluge, du cycle des Patriarches, des événements de l'Exode, jusqu'à tant d'autres épisodes et personnages de l'histoire du salut, le texte biblique a enflammé l'imagination de peintres, de poètes, de musiciens, d'auteurs de théâtre et de cinéma. Une figure comme celle de Job, pour prendre un exemple, avec sa problématique brûlante et toujours actuelle de la souffrance, continue à susciter à la fois l'intérêt philosophique et l'intérêt littéraire et artistique. Et que dire du Nouveau Testament ? De la Nativité au Golgotha, de la Transfiguration à la Résurrection, des miracles aux enseignements du Christ, jusqu'aux événements rapportés par les Actes des Apôtres ou entrevus par l'Apocalypse dans une perspective eschatologique, d'innombrables fois la parole biblique s'est faite image, musique, poésie, évoquant par le langage de l'art le mystère du «Verbe fait chair».

 

Dans l'histoire de la culture, tout cela constitue un vaste chapitre de foi et de beauté. Ce sont surtout les croyants qui en ont bénéficié pour leur expérience de prière et de vie. Pour beaucoup d'entre eux, en des époques de faible alphabétisation, les expressions imagées de la Bible constituèrent même des moyens catéchétiques concrets. Mais pour tous, croyants et non-croyants, les réalisations artistiques inspirées par l'Écriture demeurent un reflet du mystère insondable qui enveloppe et habite le monde.

 

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Rembrandt

 

Entre l'Évangile et l'art, une alliance féconde

 

En effet, chaque intuition artistique authentique va au-delà de ce que perçoivent les sens et, en pénétrant la réalité, elle s'efforce d'en interpréter le mystère caché. Elle jaillit du plus profond de l'âme humaine, là où l'aspiration à donner un sens à sa vie s'accompagne de la perception fugace de la beauté et de la mystérieuse unité des choses. C'est une expérience partagée par tous les artistes que celle de l'écart irrémédiable qui existe entre l'œuvre de leurs mains, quelque réussie qu'elle soit, et la perfection fulgurante de la beauté perçue dans la ferveur du moment créateur : ce qu'ils réussissent à exprimer dans ce qu'ils peignent, ce qu'ils sculptent, ce qu'ils créent, n'est qu'une lueur de la splendeur qui leur a traversé l'esprit pendant quelques instants.

 

Le croyant ne s'en étonne pas : il sait que s'est ouvert devant lui pour un instant cet abîme de lumière qui a en Dieu sa source originaire. Faut-il s'étonner si l'esprit en reste comme écrasé au point de ne savoir s'exprimer que par des balbutiements ? Nul n'est plus prêt que le véritable artiste à reconnaître ses limites et à faire siennes les paroles de l'Apôtre Paul, selon lequel Dieu «n'habite pas dans des temples faits de mains d'homme», de même que “nous ne devons pas penser que la divinité soit semblable à de l'or, de l'argent ou de la pierre, travaillés par l'art et le génie de l'homme”. Si déjà la réalité profonde des choses se tient toujours «au-delà» des capacités de pénétration humaine, combien plus Dieu dans les profondeurs de son mystère insondable !

 

La connaissance de foi est d'une tout autre nature : elle suppose une rencontre personnelle avec Dieu en Jésus-Christ. Toutefois, cette connaissance peut, elle aussi, tirer avantage de l'intuition artistique. Les œuvres de Fra Angelico, par exemple, sont un modèle éloquent d'une contemplation esthétique qui est sublimée dans la foi. Non moins significative est à ce sujet la lauda extatique, que saint François d'Assise reprend deux fois dans la chartula rédigée après avoir reçu sur le mont de l'Alverne les stigmates du Christ : “Tu es beauté... Tu es beauté !”. Saint Bonaventure commente : “Il contemplait dans les belles choses le Très Beau et, en suivant les traces imprimées dans les créatures, il poursuivait partout le bien-aimé”.

 

Une approche semblable se rencontre dans la spiritualité orientale, où le Christ est qualifié de “Très Beau en beauté plus que tous les mortels”. Macaire le Grand commente ainsi la beauté transfigurante et libératrice du Ressuscité : “L'âme qui a été pleinement illuminée par la beauté indicible de la gloire lumineuse du visage du Christ est remplie du Saint Esprit,... n'est qu'œil, que lumière, que visage”.

 

Toute forme authentique d'art est, à sa manière, une voie d'accès à la réalité la plus profonde de l'homme et du monde. Comme telle, elle constitue une approche très valable de l'horizon de la foi, dans laquelle l'existence humaine trouve sa pleine interprétation. Voilà pourquoi la plénitude évangélique de la vérité ne pouvait pas ne pas susciter dès le commencement l'intérêt des artistes, sensibles par nature à toutes les manifestations de la beauté intime de la réalité.

 

 

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Peinture rupestre

 

 

 

Les origines

 

L'art que le christianisme rencontra à ses origines était le fruit mûr du monde classique, il en exprimait les canons esthétiques et en même temps il en véhiculait les valeurs. La foi imposait aux chrétiens, dans le domaine de l'art comme dans celui de la vie et de la pensée, un discernement qui ne permettait pas la réception automatique de ce patrimoine. L'art d'inspiration chrétienne commença ainsi en sourdine, étroitement lié au besoin qu'avaient les croyants d'élaborer des signes pour exprimer, à partir de l'Écriture, les mystères de la foi, et en même temps un “code symbolique”, à travers lequel ils pourraient se reconnaître et s'identifier, spécialement dans les temps difficiles des persécutions. Qui ne se souvient de ces symboles qui furent aussi les premières esquisses d'un art pictural et plastique ? Le poisson, les pains, le pasteur, évoquaient le mystère en devenant, presque insensiblement, les ébauches d'un art nouveau.

 

Quand, par l'édit de Constantin, il fut accordé aux chrétiens de s'exprimer en pleine liberté, l'art devint un canal privilégié de manifestation de la foi. En divers lieux commencèrent à fleurir des basiliques majestueuses dans lesquelles les canons architectoniques du paganisme ancien étaient repris et en même temps soumis aux exigences du nouveau culte. Comment ne pas rappeler au moins l'ancienne Basilique Saint-Pierre et celle de Saint Jean de Latran, construites aux frais de Constantin lui-même ? Ou, pour les splendeurs de l'art byzantin, la Haghia Sophía de Constantinople, voulue par Justinien ?

 

Alors que l'architecture dessinait l'espace sacré, le besoin de contempler le mystère et de le proposer de façon immédiate aux gens simples conduisit progressivement aux premières expressions de l'art pictural et sculptural. En même temps apparurent les premières esquisses d'un art de la parole et du son; et si Augustin, parmi les nombreux thèmes de ses œuvres, incluait un De musica, Hilaire, Ambroise, Prudence, Éphrem le Syrien, Grégoire de Nazianze, Paulin de Nole, pour ne citer que quelques noms, se faisaient les promoteurs d'une poésie chrétienne qui atteint souvent une haute valeur non seulement théologique mais aussi littéraire. Leur programme poétique mettait en relief des formes héritées des classiques, mais il puisait à la pure sève de l'Évangile, comme le déclarait à juste titre le saint poète de Nole : “Notre unique art est la foi et le Christ est notre chant”. Quelque temps plus tard, Grégoire le Grand, pour sa part, avec la compilation de l'Antiphonarium, posait les prémisses du développement organique de la musique sacrée si originale qui a pris son nom. Par ses modulations inspirées, le chant grégorien deviendra au cours des siècles l'expression mélodique typique de la foi de l'Église durant la célébration liturgique des Mystères sacrés. Le «beau» se conjuguait ainsi avec le «vrai», afin qu'à travers les chemins de l'art, les esprits soient transportés de ce qui est sensible à l'éternel.

 

Les moments difficiles ne manquèrent pas tout au long de ce chemin. Précisément à propos de la représentation du mystère chrétien, la période antique connut une controverse très dure, qui passa dans l'histoire sous le nom de “querelle iconoclaste”. Les images sacrées, qui s'étaient largement répandues dans la dévotion populaire, furent l'objet d'une violente contestation. Le Concile célébré à Nicée en 787 fut un événement historique, non seulement du point de vue de la foi mais aussi pour la culture, en décidant la laïcité des images et du culte qui les entoure. Pour régler la controverse, les Évêques firent appel à un argument décisif : le mystère de l'Incarnation. Si le Fils de Dieu est entré dans le monde des réalités visibles, en jetant par son humanité un pont entre le visible et l'invisible, il est loisible de penser, de manière analogue, qu'une représentation du mystère peut être employée, dans la logique des signes, comme une évocation sensible du mystère. L'icône n'est pas vénérée pour elle-même, mais elle renvoie au sujet qu'elle représente.

 

 

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Notre Dame de Paris

 

 

Le Moyen Âge

 

On fut témoin, au cours des siècles suivants, d'un grand développement de l'art chrétien. En Orient, l'art de l'icône continua à fleurir. Cet art reste lié à des canons théologiques et esthétiques précis, et il est sous-tendu par la conviction que, en un certain sens, l'icône est un sacrement: en effet, d'une manière analogue à ce qui se réalise dans les sacrements, elle rend présent le mystère de l'Incarnation dans l'un ou l'autre de ses aspects. C'est précisément pour cela que la beauté de l'icône peut surtout être appréciée à l'intérieur d'une église avec les lampes qui brûlent et jettent dans la pénombre d'infinis reflets de lumière. Pavel Florenski écrit à ce propos: “L'or, barbare, lourd, futile dans l'éclat du plein jour, se ravive sous la lueur vacillante d'une lampe ou d'une bougie, car il brille alors de myriades d'étincelles qui jettent leurs feux ici ou là et font pressentir d'autres lumières, non terrestres, qui remplissent l'espace céleste”.

 

En Occident, les artistes partent de points de vue extrêmement variés, en fonction des convictions de fond présentes dans le milieu culturel de leur temps. Le patrimoine artistique s'est enrichi au cours des siècles et compte une abondante éclosion d'œuvres d'art sacré qui témoignent d'une haute inspiration et remplissent d'admiration même l'observateur d'aujourd'hui. Les grands édifices du culte demeurent au premier plan; leur caractère fonctionnel se marie toujours au génie, et celui-ci se laisse inspirer par le sens de la beauté et l'intuition du mystère. Il en est résulté des styles bien connus dans l'histoire de l'art. La force et la simplicité de l'art roman, exprimées dans les cathédrales et les abbayes, se développeront graduellement, donnant les formes élancées et les splendeurs du gothique. Derrière ces formes, il n'y a pas seulement le génie d'un artiste, mais l'âme d'un peuple. Dans les jeux d'ombre et de lumière, dans les formes tour à tour puissantes et élancées, interviennent, certes, des considérations de technique structurale, mais aussi des tensions propres à l'expérience de Dieu, mystère qui suscite “crainte” et “fascination”. Comment résumer en quelques traits, et pour les diverses formes de l'art, la puissance créatrice des longs siècles du Moyen Âge chrétien ? Une culture entière, tout en restant dans les limites toujours présentes de l'humain, s'était imprégnée de l'Évangile et, là où la pensée théologique aboutissait à la Somme de saint Thomas, l'art des églises poussait la matière à se plier à une attitude d'adoration du mystère, tandis qu'un poète admirable comme Dante Alighieri pouvait composer “le poème sacré, où le ciel et la terre ont mis la main”, ainsi qu'il qualifiait lui-même la Divine Comédie.

 

 

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Raphaël Sanzio

 

 

Humanisme et Renaissance

 

L'heureux climat culturel d'où a germé l'extraordinaire floraison artistique de l'Humanisme et de la Renaissance a eu également une influence significative sur la manière dont les artistes de cette période ont abordé les thèmes religieux. Bien évidemment, leur inspiration est tout aussi variée que leurs styles, du moins en ce qui concerne les plus grands d'entre eux. Mais il n'est pas dans mes intentions de vous rappeler ces choses que vous, artistes, connaissez bien. Je voudrais plutôt, vous écrivant du Palais apostolique, véritable écrin de chefs-d'œuvre peut-être unique au monde, me faire l'interprète des grands artistes qui ont déployé ici les richesses de leur génie, souvent pétri d'une grande profondeur spirituelle. D'ici, parle Michel-Ange, qui, dans la Chapelle Sixtine, a pour ainsi dire recueilli tout le drame et le mystère du monde, depuis la Création jusqu'au Jugement dernier, donnant un visage à Dieu le Père, au Christ Juge, à l'homme qui chemine péniblement depuis les origines jusqu'au terme de l'histoire. D'ici, parle le génie délicat et profond de Raphaël, montrant, à travers la variété de ses peintures, et spécialement dans la “Controverse” qui se trouve dans la salle de la Signature, le mystère de la révélation du Dieu Trinitaire, qui, dans l'Eucharistie, se fait le compagnon de l'homme et projette sa lumière sur les questions et les attentes de l'intelligence humaine. D'ici, de la majestueuse Basilique consacrée au Prince des Apôtres, de la colonnade qui se détache d'elle comme deux bras ouverts pour accueillir l'humanité, parlent encore un Bramante, un Bernin, un Borromini, un Maderno, pour ne citer que les plus grands; ils donnent, à travers les formes plastiques, le sens du mystère qui fait de l'Église une communauté universelle, accueillante, une mère et une compagne de voyage pour tout homme qui cherche Dieu.

 

Dans cet ensemble extraordinaire, l'art sacré a trouvé une expression d'une exceptionnelle puissance, atteignant des sommets d'une impérissable valeur tout autant esthétique que religieuse. Ce qui le caractérise toujours davantage, sous l'impulsion de l'Humanisme et la Renaissance, puis des tendances de la culture et de la science qui ont suivi, c'est un intérêt croissant pour l'homme, pour le monde, pour la réalité de l'histoire. En elle-même, cette attention n'est en aucune manière un danger pour la foi chrétienne, centrée sur le mystère de l'Incarnation et donc sur la valorisation de l'homme par Dieu. Les grands artistes que je viens de citer nous le montrent bien. Qu'il suffise de penser comment Michel-Ange, dans ses peintures et ses sculptures, exprime la beauté du corps humain.

 

En outre, même dans le nouveau climat de ces derniers siècles, où une partie de la société semble devenue indifférente à la foi, l'art religieux n'a jamais interrompu son élan. Cette constatation se confirme si, des arts figuratifs, nous en venons à considérer le grand développement qu'a connu, dans le même laps de temps, la musique sacrée, composée pour répondre aux exigences de la liturgie ou liée seulement à des thèmes religieux. En dehors de tant d'artistes, qui se sont très largement consacrés à la musique sacrée - comment ne pas mentionner au moins un Pier Luigi da Palestrina, un Roland de Lassus, un Tomás Luis de Victoria ? -, on sait que beaucoup de grands compositeurs - de Händel à Bach, de Mozart à Schubert, de Beethoven à Berlioz, de Listz à Verdi - nous ont donné des œuvres d'une très grande inspiration dans ce domaine.

 

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Claude Monet

 

 

Vers un renouveau du dialogue

 

Il est vrai cependant que, dans la période des temps modernes, parallèlement à cet humanisme chrétien qui a continué à être porteur d'expressions culturelles et artistiques de valeur, s'est progressivement développée une forme d'humanisme caractérisée par l'absence de Dieu et souvent par une opposition à Lui. Ce climat a entraîné parfois une certaine séparation entre le monde de l'art et celui de la foi, tout au moins en ce sens que de nombreux artistes n'ont plus eu le même intérêt pour les thèmes religieux.

 

Vous savez toutefois que l'Église n'a jamais cessé de nourrir une grande estime pour l'art en tant que tel. En effet, même au-delà de ses expressions les plus typiquement religieuses, l'art, quand il est authentique, a une profonde affinité avec le monde de la foi, à tel point que, même lorsque la culture s'éloigne considérablement de l'Église, il continue à constituer une sorte de pont jeté vers l'expérience religieuse. Parce qu'il est recherche de la beauté, fruit d'une imagination qui va au-delà du quotidien, l'art est, par nature, une sorte d'appel au Mystère. Même lorsqu'il scrute les plus obscures profondeurs de l'âme ou les plus bouleversants aspects du mal, l'artiste se fait en quelque sorte la voix de l'attente universelle d'une rédemption.

 

On comprend donc pourquoi l'Église tient particulièrement au dialogue avec l'art et pourquoi elle désire que s'accomplisse, à notre époque, une nouvelle alliance avec les artistes, comme le souhaitait mon vénéré prédécesseur Paul VI dans le vibrant discours qu'il adressait aux artistes lors de la rencontre spéciale du 7 mai 1964 dans la Chapelle Sixtine. L'Église souhaite qu'une telle collaboration suscite une nouvelle «épiphanie» de la beauté en notre temps et apporte des réponses appropriées aux exigences de la communauté chrétienne.

 

 

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Mantegna

 

 

 

Dans l'esprit du Concile Vatican II

 

Le Concile Vatican II a jeté les bases de relations renouvelées entre l'Église et la culture, avec des conséquences immédiates pour le monde de l'art. Il s'agit de relations marquées par l'amitié, l'ouverture et le dialogue. Dans la constitution pastorale Gaudium et spes, les Pères conciliaires ont souligné «la grande importance» de la littérature et des arts dans la vie de l'homme : «Ils s'efforcent en effet de comprendre le caractère propre de l'homme, ses problèmes, son expérience dans ses tentatives pour se connaître et se perfectionner lui-même, pour connaître et perfectionner le monde; ils s'appliquent à mieux saisir sa place dans l'histoire et dans l'univers, à mettre en lumière les misères et les joies, les besoins et les forces de l'homme, et à présenter l'esquisse d'une destinée humaine meilleure.

 

En partant de ces bases, les Pères conciliaires ont, à la clôture des travaux, salué les artistes en leur lançant un appel en ces termes : “Ce monde dans lequel nous vivons a besoin de beauté pour ne pas sombrer dans la désespérance. La beauté, comme la vérité, c'est ce qui met la joie au cœur des hommes, c'est ce fruit précieux qui résiste à l'usure du temps, qui unit les générations et les fait communiquer dans l'admiration”. C'est précisément dans cet esprit de profonde estime pour la beauté que la constitution Sacrosanctum Concilium sur la liturgie avait rappelé la longue amitié de l'Église pour l'art. Et, en parlant plus spécifiquement de l'art sacré, “sommet” de l'art religieux, ce document n'avait pas hésité à considérer comme un “noble ministère” le travail des artistes quand leurs œuvres sont capables de refléter, en quelque sorte, l'infinie beauté de Dieu et d'orienter l'esprit de tous vers Lui. Grâce aussi à leur apport, “la connaissance de Dieu se manifeste mieux, et la prédication de l'Évangile devient plus facile à saisir par l'intelligence des hommes”. À la lumière de ce qui vient d'être dit l'affirmation du P. Marie-Dominique Chenu ne nous surprend pas, lui qui considère que l'historien de la théologie ferait œuvre incomplète s'il n'accordait pas l'attention qui leur est due aux réalisations artistiques - qu'elles soient littéraires ou plastiques -, qui constituent, à leur manière, “non seulement des illustrations esthétiques, mais de véritables “lieux” théologiques”.

 

 

 

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Vermeer de Delft

 

 

L'Église a besoin de l'art

 

Pour transmettre le message que le Christ lui a confié, l'Église a besoin de l'art. Elle doit en effet rendre perceptible et même, autant que possible, fascinant le monde de l'esprit, de l'invisible, de Dieu. Elle doit donc traduire en formules significatives ce qui, en soi, est ineffable. Or, l'art a une capacité qui lui est tout à fait propre de saisir l'un ou l'autre aspect du message et de le traduire en couleurs, en formes ou en sons qui renforcent l'intuition de celui qui regarde ou qui écoute. Et cela, sans priver le message lui-même de sa valeur transcendantale ni de son auréole de mystère.

 

L'Église a besoin, en particulier, de ceux qui sont en mesure de réaliser tout cela sur le plan littéraire et figuratif, en utilisant les infinies possibilités des images et de leur valeur symbolique. Dans sa prédication, le Christ lui-même a fait largement appel aux images, en pleine harmonie avec le choix de devenir lui-même, par l'Incarnation, icône du Dieu invisible.

 

Mais l'Église a également besoin des musiciens. Combien de compositions sacrées ont été élaborées, au cours des siècles, par des personnes profondément imprégnées du sens du mystère! D'innombrables croyants ont alimenté leur foi grâce aux mélodies qui ont jailli du cœur d'autres croyants et sont devenues partie intégrante de la liturgie, ou du moins concourent de manière remarquable à sa digne célébration. Par le chant, la foi est expérimentée comme un cri éclatant de joie et d'amour, une attente confiante de l'intervention salvifique de Dieu.

 

L'Église a besoin d'architectes, parce qu'il lui faut des espaces pour rassembler le peuple chrétien et pour célébrer les mystères du salut. Après les terribles destructions de la dernière guerre mondiale et avec la croissance des métropoles, une nouvelle génération d'architectes s'est formée autour des nécessités du culte chrétien, prouvant ainsi la puissance d'inspiration du thème religieux même au regard des canons architecturaux de notre temps. Souvent, en effet, on a construit des églises qui sont des lieux de prière et, en même temps, d'authentiques œuvres d'art.

 

 

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Jérôme Bosch

 

 

L'art a-t-il besoin de l'Église ?

 

Ainsi donc, l'Église a besoin de l'art. Mais peut-on dire que l'art a besoin de l'Église ? La question peut paraître provocante. En réalité, si on l'entend dans son juste sens, elle est légitime et profonde. L'artiste est toujours à la recherche du sens profond des choses, son ardent désir est de parvenir à exprimer le monde de l'ineffable. Comment ne pas voir alors quelle grande source d'inspiration peut être pour lui cette sorte de patrie de l'âme qu'est la religion ? N'est ce pas dans le cadre religieux que se posent les questions personnelles les plus importantes et que se cherchent les réponses existentielles définitives ?

 

De fait, le religieux est l'un des sujets les plus traités par les artistes de toutes les époques. L'Église a toujours fait appel à leur capacité créatrice pour interpréter le message évangélique et son application concrète dans la vie de la communauté chrétienne. Cette collaboration a été source d'enrichissement spirituel réciproque. En définitive, elle en a retiré comme profit la compréhension de l'homme, de son image authentique, de sa vérité. Cela fait apparaître aussi le lien particulier qui existe entre l'art et la révélation chrétienne. Ce qui ne veut pas dire que le génie humain n'a pas trouvé également des inspirations stimulantes dans d'autres contextes religieux. Il suffit de rappeler l'art antique, spécialement grec et romain, et celui encore florissant des plus anciennes civilisations de l'Orient. Cependant, il reste vrai que le christianisme, en vertu du dogme central de l'incarnation du Verbe de Dieu, offre à l'artiste un univers particulièrement riche de motifs d'inspiration. Quel appauvrissement serait pour l'art l'abandon de la source inépuisable de l'Évangile !

 

 

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Nicolas Poussin

 

 

Appel aux artistes

 

Par cette lettre, je m'adresse à vous, artistes du monde entier, pour vous confirmer mon estime et pour contribuer à développer à nouveau une coopération plus profitable entre l'art et l'Église. Je vous invite à redécouvrir la profondeur de la dimension spirituelle et religieuse qui en tout temps a caractérisé l'art dans ses plus nobles expressions. C'est dans cette perspective que je fais appel à vous, artistes de la parole écrite et orale, du théâtre et de la musique, des arts plastiques et des technologies de communication les plus modernes. Je fais spécialement appel à vous, artistes chrétiens : à chacun, je voudrais rappeler que l'alliance établie depuis toujours entre l'Évangile et l'art implique, au-delà des nécessités fonctionnelles, l'invitation à pénétrer avec une intuition créatrice dans le mystère du Dieu incarné, et en même temps dans le mystère de l'homme.

 

Aucun être humain, en un sens, ne se connaît lui-même. Non seulement Jésus Christ révèle Dieu, mais il “manifeste pleinement l'homme à lui- même”. Dans le Christ, Dieu s'est réconcilié le monde. Tous les croyants sont appelés à rendre ce témoignage; mais il vous appartient, à vous hommes et femmes qui avez consacré votre vie à l'art, de dire avec la richesse de votre génie que, dans le Christ, le monde est racheté : l'homme est racheté, le corps humain est racheté, la création entière est rachetée, elle dont saint Paul a écrit qu'elle “attend avec impatience la révélation des fils de Dieu”. Elle attend la révélation des fils de Dieu même à travers l'art et dans l'art. Telle est votre tâche. Au contact des œuvres d'art, l'humanité de tous les temps - celle d'aujourd'hui également - attend d'être éclairée sur son chemin et sur son destin.

 

 

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Archimboldo

 

 

Esprit créateur et inspiration artistique

 

Dans l'Église retentit souvent l'invocation à l'Esprit Saint : Veni, Creator Spiritus... – “Viens, Esprit Créateur, / visite l'âme de tes fidèles / emplis de la grâce d'en haut / les cœurs que tu as créés”.

 

L'Esprit Saint, «le Souffle» (ruah), est Celui auquel fait déjà allusion le Livre de la Genèse : “La terre était vide et vague, les ténèbres couvraient l'abîme et le souffle de Dieu agitait la surface des eaux”. Et il existe une telle affinité entre les mots «souffle - expiration et inspiration ! L'Esprit est le mystérieux artiste de l'univers. Dans la perspective du troisième millénaire, je voudrais souhaiter à tous les artistes de pouvoir recevoir en abondance le don des inspirations créatrices dans lesquelles s'enracine toute œuvre d'art authentique.

 

Chers artistes, vous le savez bien, nombreuses sont les stimulations, intérieures et extérieures, qui peuvent inspirer votre talent. Cependant, toute inspiration authentique renferme en elle-même quelque frémissement de ce “souffle” dont l'Esprit créateur remplissait dès les origines l'œuvre de la création. En présidant aux mystérieuses lois qui régissent l'univers, le souffle divin de l'Esprit créateur vient à la rencontre du génie de l'homme et stimule sa capacité créatrice. Il le rejoint par une sorte d'illumination intérieure, qui unit l'orientation vers le bien et vers le beau, et qui réveille en lui les énergies de l'esprit et du cœur, le rendant apte à concevoir l'idée et à la mettre en forme dans une œuvre d'art. On parle alors à juste titre, même si c'est de manière analogique, de “moments de grâce”, car l'être humain a la possibilité de faire une certaine expérience de l'Absolu qui le transcende.

 

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Michel-Ange

 

 

La “Beauté” qui sauve

 

Au seuil du troisième millénaire, je vous souhaite à tous, chers artistes, d'être touchés par ces inspirations créatrices avec une intensité particulière. Puisse la beauté que vous transmettrez aux générations de demain être telle qu'elle suscite en elles l'émerveillement ! Devant le caractère sacré de la vie et de l'être humain, devant les merveilles de l'univers, l'unique attitude adéquate est celle de l'émerveillement.

 

De cet émerveillement pourra surgir l'enthousiasme dont parle Norwid dans la poésie à laquelle je me référais au début. Les hommes d'aujourd'hui et de demain ont besoin de cet enthousiasme pour affronter et dépasser les défis cruciaux qui pointent à l'horizon. Grâce à lui, l'humanité, après chaque défaillance, pourra encore se relever et reprendre son chemin. C'est en ce sens que l'on a dit avec une intuition profonde que “la beauté sauvera le monde”.

 

La beauté est la clé du mystère et elle renvoie à la transcendance. Elle est une invitation à savourer la vie et à rêver de l'avenir. C'est pourquoi la beauté des choses créées ne peut satisfaire, et elle suscite cette secrète nostalgie de Dieu qu'un amoureux du beau comme saint Augustin a su interpréter par des mots sans pareil : “Bien tard, je t'ai aimée, ô Beauté si ancienne et si neuve, bien tard, je t'ai aimée ! ”.

 

Puissent vos multiples chemins, artistes du monde, vous conduire tous à l'Océan infini de beauté où l'émerveillement devient admiration, ivresse, joie indicible !

 

Puissiez-vous être orientés et inspirés par le mystère du Christ ressuscité, que l'Église contemple joyeusement ces jours-ci !

 

Et que la Vierge Sainte, la “toute belle”, vous accompagne, elle que d'innombrables artistes ont représentée et que le célèbre Dante contemple dans les splendeurs du Paradis comme “beauté, qui réjouissait les yeux de tous les autres saints” !

 

“Du chaos surgit le monde de l'esprit”. Partant des mots qu'Adam Mickiewicz écrivait dans une période particulièrement tourmentée pour la patrie polonaise, je formule un souhait pour vous : que votre art contribue à l'affermissement d'une beauté authentique qui, comme un reflet de l'Esprit de Dieu, transfigure la matière, ouvrant les esprits au sens de l'éternité !

 

Avec mes vœux les plus cordiaux !

 

Du Vatican, le 4 avril 1999, en la Résurrection du Seigneur.

 

 

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Publié le par BMC
Publié dans : #B.M.C.

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Toulouse-Lautrec – Tableau intitulé : “Gueule de bois, la buveuse” ayant pour modèle Suzanne Valadon.

 

 

Je reconnais que je n’ai pas une très grande admiration pour l‘œuvre de Maurice Utrillo, sans doute encore moins pour celle de Suzanne Valadon. Pourtant j’ai envie de vous parler d’eux. Leur vie fut atypique. Zola en aurait sans aucun doute fait un, voir plusieurs volumes (Cézanne lui a probablement suffi, souvenez-vous de l’Œuvre). Mais raconter leur vie sans pouvoir montrer leurs peintures relève d’une “haute voltige”.

 

 

Suzanne Valadon

 

Pour avoir une idée de ce que fut sa vie, il faut remonter jusqu'à la grand-mère d’Utrillo. Magdeleine Célina Valade née en 1865, de père inconnu.  Lingère de son état, elle épouse un dénommé Léger Coulaud, forgeron et mécanicien. Le dit Léger, condamné aux travaux forcés à perpétuité pour avoir fabriqué de la fausse monnaie,  meurt au bagne deux ans plus tard.

 

Dans le village où habite notre lingère c’est la honte, aussi va-t-elle décider de s’éloigner et trouver un emploi dans une auberge des environs.

 

Mais allez donc savoir comment ce genre de chose arrive ? Magdeleine se retrouve enceinte et accouche d’une fille née, comme elle, de père inconnu, prénommée Marie Clémentine Valade (Qui se fera connaître plus tard sous le nom de Suzanne Valadon).

 

Magdeleine n’a guère d’autre solution pour sauver son honneur que de quitter son Limousin natal, elle prend donc la décision de monter à la capitale avec sa fille. C’est à Montmartre qu’elle s’installe comme blanchisseuse.

 

La future Suzanne Valadon va être mise dans une institution religieuse dont elle gardera toute sa vie un épouvantable souvenir. Qu’a-t-elle vécu dans cette établissement, Dieu seul le sait. Si les murs pouvaient parler, ils auraient sans doute beaucoup de choses à nous conter !

 

Mais tout a une fin. Elle finit par s’échapper de la sinistre “prison” et va devenir petite main dans une maison de haute couture. Ce travail ne convient pas à son tempérament impétueux aussi va-t-elle  trouver un autre gagne-pain qui lui convient beaucoup mieux, comme trapéziste dans un cirque. Bien entendu, ce qui devait arriver arriva, elle qui n’avait pas une très grande expérience dans ce domaine fait une chute grave qui  lui interdit de poursuivre son nouveau métier.

 

N’ayant pas d’autre solution pour survivre, elle décide de seconder sa mère à la blanchisserie montmartroise. Comme on peut s’en douter ce travail ne lui convient pas du tout, mais par chance Montmartre est le lieu où les artistes ou “pseudos artistes et bohèmes de tous poils” foisonnent. La blanchisserie est fréquentée par toutes sortes de personnages haut en couleurs, rapins, prostituées etc. Parmi cette étrange faune il y a de nombreux modèles, aussi l’idée de devenir modèle va germer dans la tête de celle qui ne s’appelle pas encore Suzanne.

 

À l’époque devenir modèle était très facile, il suffisait de se rendre Place Pigalle où certains jours se tenait ce que l’on pourrait appelait “la bourse aux modèles”. Le spectacle était, paraît-il surprenant, on y trouvait des Jésus, des Saintes vierges, d’autres personnages qui n’avaient probablement rien à voir avec la Sainte Vierge et aussi des Apollons. Bref, la cour des miracles Place Pigalle. Et voilà Marie Clémentine devenue par l’opération du Saint Esprit (qui devait bien se trouver parmi les modèles) Suzanne Valadon modèle pour artistes.

 

La suite, on l’imagine aisément, elle va rencontrer, Toulouse-Lautrec, Degas, Renoir et tant d’autres. Puvis de Chavannes qui est à ce moment-là au sommet de sa gloire (on se demande bien pourquoi !) lui demande de poser pour une fresque destinée au grand amphithéâtre de la Sorbonne. C’est ainsi que notre midinette va se retrouver à la Sorbonne.

  

 

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Suzanne Valadon par Renoir

 

Suzanne va de plus en plus fréquenter les peintres. Prise par le démon de l’art, elle va bientôt se mettre à peindre, conseillée par ceux qui en font son modèle et souvent leur maîtresse, elle va petit à petit se créer un style. Rien de très passionnant dans sa peinture, mais ce n’est pas pour autant une peinture qui manque de personnalité. Si elle avait persisté, elle aurait sans doute réalisé des œuvres  probablement plus intéressantes, mais l’avenir allait en décider autrement, comme nous le verrons plus loin.

 

Le 26 décembre 1883 naît, 8 rue du Poteau à Montmartre, un petit Maurice, né de père inconnu, il faut croire que c’est une habitude dans la famille !

 

À ce moment-là Suzanne qui n’a que dix-huit ans  a pour amant un certain Miguel y Morlius Utrillo, journaliste espagnol, grand voyageur, architecte, peintre, critique d’art, homme de lettre, il a tout pour plaire. Miguel Utrillo jouit d’une grande notoriété, décoré de la légion d’honneur, c’est un personnage respectable. Il fréquente tous les lieux à la mode, le Moulin de la Galette, le Moulin-Rouge, le Chat Noir, enfin tous les endroits où l’alcool coule à flot et où, avec ses amis, il est de coutume de refaire le monde. 

Aussi Suzanne voit-elle d’un très bon œil sa décision de reconnaître le petit Maurice. C’est le 27 janvier 1891, soit neuf mois après sa naissance que l’homme de l’art se rend  à la mairie du IX°arrondissement pour y reconnaître cet enfant.

Miguel Utrillo est entre autres l’ami d’Erik Satie qu’il présente à Suzanne qui en fera un portrait et aussi son amant. La légende voudrait que  Suzanne Valadon ait  été l’unique maîtresse d’Erik Satie ?

 

 

 

Maurice Utrillo

 

Suzanne décide de confier le petit Maurice à la garde de sa grand-mère qui habite Pierrefitte. Souvenez-vous Magdeleine Célina Valade, veuve du faux-monnayeur bagnard Coulaud. Malheureusement la brave Magdeleine n’est pas très douée pour ce qui concerne l’éducation des enfants.

Dès l’âge de deux ans, le petit Maurice est atteint de crises d’épilepsie, il en gardera toute sa vie des séquelles.

Sa mère est très occupée par ses séances de pose et aussi la peinture qu’elle pratique de plus en plus, aussi ne voit-elle que très rarement son fils. Plus tard, alors même qu’il vouait une très grande admiration à sa mère, pour ne pas dire une vénération, il se plaindra de ne pas l’avoir vue davantage. Je ne sais pas si vous l’avez remarqué, il signera toujours ses tableaux Maurice Utrillo suivi du V de Valadon.

 

Les études du jeune Maurice sont comme on pourrait s’y attendre chaotiques, il fréquente plusieurs écoles sans succès, et finit par obtenir à la surprise générale  son certificat d’études primaires.

 

Dès le plus jeune âge, l’alcool va prendre une place importante dans sa vie provocant des scènes de violence et même de démence. À dix-huit ans, il a déjà fait plusieurs séjours à l’asile.

 

À vingt et un ans, Maurice Utrillo est interné pour six mois à l’hôpital Sainte-Anne. Probablement ce séjour lui sera bénéfique, c’est là qu’il va découvrir la peinture, fortement encouragé par sa mère, mais aussi par le Docteur Ettlinger, il commence une carrière de peintre autodidacte.

 

Maurice Utrillo va maintenant retourner à Montmartre, il fait la connaissance d’André Utter, qui devient son ami et “logiquement” l’amant de sa mère. André Utter et Suzanne Valadon se marieront en 1914.

 

En 1909 Utrillo expose pour la première fois, c’est à partir de 1909 et jusqu’en 1915 qu’Utrillo pratique ce qu’il a été convenu d’appeler “la période blanche”, sans doute la partie la plus intéressante de son œuvre. On a dit qu’à cette époque, il mélangeait du plâtre à sa peinture.

 

Un certain marchand d’art, Louis Libaude, remarque la peinture d’Utrillo ; elle commence à se vendre assez bien. Maurice Utrillo profite de ses revenus pour faire régulièrement la tournée des principaux bistrots de Montmartre, en particulier “Le Lapin Agile” et “La Belle Gabrielle”, il boit de plus en plus.

 

1914, C’est la guerre, grâce à l’intervention de sa mère… Utrillo est exempté de service militaire et définitivement réformé.

 

Dès 1915, le talent d’Utrillo est unanimement reconnu, ses tableaux deviennent de plus en plus colorés, il expose maintenant dans plusieurs galeries d’art.

 

Sa réussite ne change rien à son goût pour la boisson, ses crises d’alcoolémie et ses périodes d’enfermement sont de plus en plus fréquentes.

 

En 1921 la peinture d’Utrillo se vend de mieux en mieux. Devant le succès de son fils Suzanne Valadon ne peint pratiquement plus. André Utter, je ne sais pas, mais ça n’a pas beaucoup d’importance… C’est cette même année qu’André Utter et Suzanne décident d’acheter un château dans la région lyonnaise au bord de la Saône, le Château Saint-Bernard, Maurice suit, bien entendu le mouvement et muni d’un assortiment de cartes postales comme modèle de Montmartre il continue de peindre la butte Montmartre, encouragé par sa mère, André Utter et quelques bouteilles de rouge, Maurice produit de plus en plus.

 

Dans toute la France, de nombreuses expositions lui sont consacrées. À la même époque apparaissent sur le marché de nombreux faux tableaux ; en effet les peintures d’Utrillo sont très faciles à imiter, aussi les faussaires ne se privent pas de le faire. On pourrait dire de lui ce qu’on disait de Corot : Corot a peint 3.000 tableaux dont 10.000 sont aux Etats-Unis. On peut penser que de nombreux faux s’intégreront au catalogue raisonné qui sera réalisé plus tard, difficile d’avoir des preuves sur des tableaux peints à la même époque et avec la même technique.

 

En 1935 Maurice Utrillo est décoré de la Légion d’Honneur. Lui, ce qu’il aurait voulu, c’était Les Palmes Académiques… La même année sur les conseils insistants de sa mère, il va épouser une certaine Lucie Veau, veuve d’un banquier belge collectionneur des œuvres d’Utrillo. Lucie Veau se fera connaître (un peu) en faisant de “la peinture” (si on peut appeler ça comme ça !) sous le nom de Lucie Valore (à noter que son sobriquet commence par Val comme Valadon). Le mariage a lieu à l’église Sainte-Aussonne d’Angoulême.

Maurice et Lucie demeureront deux ans dans la région d’Angoulême avant de s’installer dans leur villa du Vésinet. Villa bien nommée : “La bonne Lucie”.

 

Suzanne Valadon meurt le 7 avril 1938, Maurice est complètement effondré, il ne pourra même pas assister à son enterrement.

 

André Utter meurt le 7 février 1948.

 

Maurice Utrillo continuera jusqu'à sa mort le 5 novembre 1955 à peindre dans sa villa du Vésinet des vues de Montmartre. À la fin de sa vie toujours alcoolique mais aussi de plus en plus mystique, pour ne pas dire superstitieux, il partagera son temps entre la boisson, les prières à la Sainte Vierge devant le petit autel qu’il a installé dans son atelier et, bien entendu la peinture.

 

 

Lucie Veau dite Valore meurt dix ans plus tard en 1965.

 

 

 

Certains pourraient s’étonner de ne pas voir de reproductions des œuvres des peintres dont il est question dans cet article, la raison en est fort simple, il suffit de voir les tarifs de reproductions pour comprendre. Je regrette infiniment cet état de fait, mais vous pouvez toujours consulter Google images.

 

D’autres peintres et pas des moindres m’ont donné l’autorisation de reproduire leurs œuvres.

 

Concernant Utrillo, je n’ai pas jugé nécessaire de demander cette autorisation après avoir vu le site officiel, j’ai bien compris que ma démarche serait inutile.

 

 

 

Aujourd’hui Monsieur Jean Fabris est détenteur des droits de reproductions des œuvres de Maurice Utrillo, Suzanne Valadon et Lucie Valore.

 

 

 À titre indicatif voici les tarifs pratiqués pour la reproduction des œuvres :

(Copie d’une page du site officiel Maurice Utrillo)

 

Droits de reproduction

 

TARIF des REPRODUCTIONS  

Hors Taxes TVA 5,50%

 

1ère Page de couverture

Pleine page       

621,04 €

½ page     

500,00 €

1/4 page   

300,00 €

Microformat      

45,00 €

2ème page

Pleine page       

463,00 €

½ page     

350,00 €

¼ page     

250,00 €

3ème page

½ page     

280,00 €

¼ page     

170,00 €

4ème page

½ page     

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Publié le par BMC
Publié dans : #B.M.C.

Tout d’abord je tiens à remercier Viviane, sans qui je n’aurais peut-être jamais connu cette étrange histoire (voir le blog de Viviane: “Ballade d’artiste”).

   

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Pour des raisons que l’on peut comprendre et par respect pour la famille, je ne ferai figurer aucun nom propre, ni même le nom du village. II suffit de savoir que la scène se passe quelque part dans un hameau du Béarn.

 

Les personnages :

 

Jean dit Jeannot

Le père Alexandre

La mère Joséphine

La sœur aînée Simone

La deuxième sœur Paule

 

Fin 1930 Alexandre et Joséphine achètent une ferme dans un petit village du Béarn. Circonstance aggravante, ils ne sont pas originaires de la région. À cette époque, toute personne qui n’est pas native du coin est considérée comme “estranger”. Venir d’ailleurs est toujours suspect. De plus la maison en question ressemble plus à une maison de maître qu’à une vulgaire ferme. Quarante hectares de terre, de nombreuses vignes.  Il n’en faut pas plus pour créer un climat de jalousie au sein du hameau.

 

Jeannot et ses deux sœurs fréquentent l’école du bourg. Ils sont de très bons élèves. Jeannot sera le seul de sa classe à décrocher son certificat d’études. Avoir son certif, à cette époque et au fin fond de la France profonde, n’était pas si courant que ça. Aussi monsieur le curé décide que Jean ira au séminaire. Quant à l’instit, il souhaite le diriger vers l’école normale (Don Camillo et Pepone, je vous ai reconnus).

 

Comme on pouvait s’y attendre, le père n’est pas de cet avis. Jeannot doit rester à la maison et par la suite reprendre l’exploitation à son compte.

 

À la maison, tout le monde travaille d’arrache pied, aussi l’argent ne manque pas. Bientôt ils achètent une traction, mais aussi un tracteur, alors même que leurs voisins  labourent avec un attelage de bœufs ou un cheval.

 

Jeannot est maintenant amoureux, il voudrait bien se marier. Mais il n’est pas question de faire un mariage d’amour, ici on se marie par intérêts. Bref, le mariage ne se fera pas, ce qui très probablement va laisser de lourdes séquelles dans l’esprit de Jeannot.

 

1959, la guerre d’Algérie. Jeannot est mobilisé dans les paras. Un béret rouge sur la tête, une tenue camouflée. À ce moment-là, les paras sont souvent regardés comme des demi-dieux. Qu’a-t-il vécu en AFN (Afrique Française du Nord), on n’en sait pas grand-chose. Toujours est-il que courant 1959 Jeannot bénéficie d’une mystérieuse permission (vu les circonstances, il était très difficile d’obtenir ce genre de dérogation).

 

Un jour, les voisins voient Jeannot, Paule et leur mère fouiller les environs, les bois, ils semblent rechercher le père, Alexandre. Ce dernier sera retrouvé pendu dans la grange.

 

Bien entendu les habitants du lieu ne vont pas se priver de raconter toutes sortes d’histoires. Des rumeurs circulent. Ces gens sont bizarres, ils parlent peu, ne sont pas franchement intégrés, c’est toujours et encore des “estrangers”.

 

On dit ; peut-être n’est-ce pas seulement une rumeur, que quelque temps avant ce drame Paule aurait quitté la région et serait revenu “délestée” d’un bébé qui n’était pas le bienvenu. Cela pourrait-il être la cause du suicide du père ? Bien entendu la rumeur (toujours elle) comme on pouvait s’y attendre va parler d’inceste.

 

Jeannot voulait s’engager dans l’armée, suite au suicide de son père, il pense que ce ne sera plus possible, chez les paras, on ne veut pas de fils de pendu. Nouvelle déception.

 

Simone, la sœur aînée, est maintenant mariée. Son mari n’a qu’une idée, récupérer la ferme ; lorsqu’ils se rendent compte que ce n’est plus possible, le couple se fâche définitivement avec la famille.

 

Ne reste plus à la maison que la mère Joséphine, la sœur Paule et, bien entendu, Jeannot.

 

Et c’est maintenant que tout bascule. En 1965 Jeannot entend des voix ; il se rend chez les voisins et tire un coup de fusil dans leur salle à manger, les mystérieuses voix lui ont commandé de tuer les voisins. Ce jour-là, par chance, il n’y aura pas de mort. 

 

À partir de maintenant Jeannot ne va pratiquement plus parler hormis à sa sœur Paule et à sa mère.

 

Une antenne vient d’être installée sur la colline face à la maison. Paule et Jeannot sont persuadés que c’est le Pape qui l’a faite installée pour pouvoir les espionner. Tout est bon : De Gaulle, l’église, même le maquis ? Je ne suis pas un spécialiste de la chose, mais je pense qu’à ce niveau, on peut parler de schizophrénie.

 

Maintenant Jeannot, fusil en bandouillere dont il ne se sépare plus, fait régulièrement des rondes sur son tracteur tout autour de la maison.

 

Le maire du village est prévenu, un médecin délivre un certificat de placement dans ce que l’on appelle encore un asile de fous. Les autorités s’en mêlent, une plainte est déposée au Procureur de la République. Trente gendarmes sont dépêchés afin de surprendre Jeannot  en flagrant délit de démence, ils reviennent bredouille. Jeannot résiste !

 

Jeannot a tenu bon, la famille vit maintenant en autarcie, à peine si Paule emprunte le tracteur pour aller une fois par semaine au marché faire quelques courses, elle non plus ne parle à personne.

 

On imagine aisément les discutions familiales, cette ambiance ne peut qu’être propice au développement de la démence.

 

Au hameau, tout le monde a peur, on sait Jeannot capable du pire, mais comment faire ? Les voisins n’en peuvent plus de ce climat, ils   déménagent.

 

Jeannot ne s’exprime plus guère que par onomatopées, il éructe plus qu’il ne parle.

 

Un jour de 1971, fait exceptionnel, le vétérinaire est appelé pour voir les bêtes. Lorsqu’il entre dans la cuisine, la mère est assise devant la cheminée. Raide morte, sans doute depuis plusieurs jours. Jeannot et sa sœur tentent en vain de la réchauffer pour la faire revivre (si vous avez un mort à la maison, n’essayez pas, ça ne fonctionne pas).

 

La nouvelle se propage dans le village. Jeannot et Paule sont formels, ils veulent garder leur mère à la maison. Comment ont-ils fait pour obtenir l’autorisation, difficile de comprendre. Toujours est-il qu’ils enterrent leur mère sous l’escalier, son tricot entre les mains ; ils déposent quelques fruits, du saucisson et une bouteille de rouge, “pour le voyage” et referment le trou.

 

Jeannot décide de rester près de sa mère, il s’installe dans l’ancienne salle à manger qui jouxte la pièce où elle  est enterrée. Il ne se nourrit pratiquement plus. C’est là qu’il va mourir d’inanition à l’âge de 33 ans.

 

Paule voudrait que son frère soit enterré dans la maison à côté de sa mère. Mais cette fois-ci, non seulement l’autorisation d’enterrer Jeannot à la maison lui est refusé, mais le corps de sa mère sera transféré au cimetière et enseveli avec celui de Jeannot à même la terre.

 

Paule est maintenant seule, à son tour elle va délirer, elle se nourrit uniquement de maïs, refuse toute nourriture fournie par l’assistante sociale. Elle pense que l’on cherche à l’empoisonner. Elle est vêtue de sacs de pommes de terre attachés par des ficelles. Le maire la visite, essaie de la raisonner, ce à quoi elle lui  répond que de toute façon elle va partir chez Farah Diba, loin de cette antenne qui leur a fait tant de mal. Par souci humanitaire on ne lui coupe pas l’électricité. Bien entendu elle ne s’occupe plus ni de la culture, ni des animaux qu’elle laisse mourir. C’est seulement en 1993, vingt ans après le décès de son frère, qu’on la retrouvera morte dans la porcherie.

 

Et c’est maintenant que commence la véritable histoire :

 

Vu l’état de saleté de la maison, les héritiers décident de faire venir un couple de brocanteurs afin de la vider de cet amoncellement d’immondices. Inutile de vous décrire l’état des lieux, poussière, moisissures, odeur de pourri, cadavres d’animaux, j’arrête ici cette description sordide.

Dans la pièce qui servait de chambre à Jeannot, une épaisse couche de poussière recouvre le parquet. Machinalement la femme du brocanteur repousse les déchets qui jonchent le sol et découvre des lettres sculptées à même les lames de chêne. Il s’agit de mots sculptés au couteau   et agrémentés de clous. Oserais-je dire : des mots crucifiés. Le texte intégral occupe environ 15 mètres carrés et se situe autour du lit de Jeannot. Il se trouve que le père de la personne qui a découvert ce parquet est psychiatre. Mis au courant, il propose aux héritiers de déclouer le parquet et de le remplacer par un neuf. Marché conclu, le psychiatre repart avec ses lames de parquet.

 

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Le parquet en question sera par la suite exposé en de nombreux lieux consacrés à l’art brut.

 

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Personnellement j’ai du mal à considérer ce parquet comme une œuvre d’art à part entière du point de vue sculpture et certainement pas comme une œuvre littéraire. Mais avouez que l’histoire est intéressante.

 

Voici le texte intégral du fameux parquet:

 

« La religion a inventé des machines à commander le cerveau des gens et bêtes et avec une invention à voir notre vue à partir de rétine de l'image de l'oeil abuse de nous santé idées de famille matériel biens pendant sommeil nous font toutes crapulerie l'Eglise après avoir fait tuer les juifs à Hitler a voulu inventer un procès type et diable afin prendre le pouvoir du monde et imposer la paix aux guerres l'Eglise a fait les crimes et abusant de nous par électronique nous faisant croire des histoires et par ce truquage abuser de nos idées innocentes religion a pu nous faire accuser en truquant postes écoute écrit et inventer toutes choses qu'ils ont voulu et depuis 10 ans et abusant de nous par leur invention a commandé cerveau et à voir notre vue a partir image rétine de l'oeil nous faire accuser de ce qu'il nous font à notre insu c'est la religion qui a fait tous les crimes et dégâts et crapulerie nous en a inventé un programme inconnu et par machine à commander cerveau et voir notre vue image rétine oeil… nous faire accuser nous tous sommes innocent de tout crime tort à autrui nous Jean Paule sommes innocents nous n'avons ni tué ni détruit ni porte du tort à autrui c'est la religion qui a inventé un procès avec des machines électroniques à commander le cerveau sommeil pensées maladies bêtes travail toutes fonctions du cerveau nous fait accuser de crimes que nous n'avons pas commis la preuve les papes s'appellent Jean XXIII au lieu de XXIV pour moi et Paul VI pour Paule l'Eglise a voulu inventer un procès et couvrir les maquis des voisins avec machine à commander le cerveau du monde et à voir la vue image de l'oeil fait tuer les juifs à Hitler ont inventé crimes de notre procès. »

 

Pour ce qui est de l’interprétation de ce texte, ce n’est pas si simple qu’il y paraît. Aussi je préfère laisser à chacun le soin du décodage… Notez tout de même que Jean (dit Jeannot) se prend pour Jean XXIV et fait succéder sa sœur Paule à Paul VI.

 

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Le Plancher de Jeannot est depuis cinq ans la propriété de l'entreprise de médicaments Bristol-Myers Squibb. Il est exposé désormais, dans la rue face à l'hôpital Sainte-Anne.

 

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A propos du plancher de Jeannot

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Publié le par BMC

art-maniac.net

" L'impuissance d'un jeune homme de trente ans: le sujet est casse-gueule, surtout quand c'est une femme qui décide d'en parler. Et pourtant... en évitant le trash, la provocation facile et l'auto-fiction à la mode, Clémence Dumper signe un premier roman étonnant.

 Alexis, à trente ans, n'a jamais réussi à faire l'amour et se sent chaque jour plus oppressé par une société qui établit des normes dans tous les domaines, jusque dans les plus intimes. Sensible et "inadapté", l'anti-héros va se lancer dans une quête frénétique et haute en couleurs pour retrouver cette part de virilité. Dans des chapitres courts, comme des instantanés de vie, l'auteure dépeint avec malice et sans pathos le malaise de celui qui veut vivre son désir. De solutions chimiques en abstinence forcée, en passant par les doutes sur l'hétérosexualité, Alexis se jette à corps perdu dans cette aventure, entrainant le lecteur avec lui dans un univers où le sexe, s'il est devenu une valeur comme une autre, est aussi un haut lieu de performance absolue. Oscillant entre humour et gravité, mêlant la poésie à la réflexion profonde sur la place que l'on cherche, Débandade est avant tout l'histoire d'un garçon. L'odyssée d'Alexis, si elle fait la part belle au sexe, permet aussi de creuser du côté de la famille, de l'adolescence, du déni: après une première partie où les problèmes du corps sont évoqués avec réalisme, le lecteur plonge dans les méandres plus sombres du personnage, se confronte avec lui au cœur du problème - douloureux.

 En choisissant le "tu", Clémence Dumper met le lecteur dans une position ambiguë par rapport à la narration: ce "tu" interpelle, remet en question, touche forcément et instaure une profonde intimité entre le lecteur et la narratrice.
Ce qui surprend le plus dans ce premier roman prometteur, c'est la facilité avec laquelle l'auteur mêle sensibilité (et non sensiblerie) et ironie. Malgré des mots crus, l'ensemble reste subtil et profondément touchant, ce qui n'est pas si fréquent en littérature contemporaine."

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